mercredi, septembre 9, 2026
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PROMOGED: Un Nouveau Visage pour Dakar et une Bouffée d’Oxygène pour Keur Massar

Dakar, Sénégal Sous la houlette de Mme Sophie Dione Sène, directrice du Projet de Promotion de la Gestion Intégrée et de l’Économie des Déchets Solides (PROMOGED), le Sénégal amorce une véritable transformation dans la gestion des déchets, avec un accent particulier sur la région de Dakar.

L’objectif phare du PROMOGED est clair : mettre en place des infrastructures modernes, respectueuses des normes environnementales et sociales, pour créer une économie circulaire autour des déchets. À Dakar, ce défi prend une ampleur particulière.

Un schéma stratégique a été élaboré, prévoyant trois infrastructures majeures : La réhabilitation de la décharge de Mbeubeuss, en activité depuis 1968, étalée sur 115 hectares avec une hauteur atteignant 30 mètres. La construction d’un centre dans la forêt classée de Mbao. L’installation d’un centre intégré de valorisation dans la forêt classée de Bambilore.

Ce dispositif vise à traiter toute la production de déchets dans la région de Dakar et à réduire progressivement l’impact environnemental et sanitaire de la décharge de Mbeubeuss, véritable plaie écologique au cœur de la capitale.

Le département de Keur Massar incarne l’un des enjeux les plus cruciaux du projet. Il s’agit d’une zone stratégique pour résorber une partie des déchets accumulés à Mbeubeuss, avec des travaux déjà entamés grâce à l’implication des autorités administratives et des parties prenantes locales. Outre les infrastructures, PROMOGED déploie une approche sociale inclusive.

En réponse aux besoins exprimés par les communautés, le projet a récemment remis un lot de médicaments d’une valeur de 39 millions de FCFA au département de Keur Massar. Une campagne de consultations médicales gratuites est également prévue, ainsi que la dotation d’une ambulance médicalisée conforme aux normes. PROMOGED, dont les actions se poursuivront jusqu’à fin 2026, ne se limite pas à une mission technique.

Il s’agit d’un levier de transformation durable, capable d’impacter positivement la santé, le cadre de vie et l’économie locale. « Il est temps de donner un autre visage à Dakar », a souligné Mme Sophie Dione Sène, appelant à une mobilisation collective pour faire de la gestion des déchets un pilier de développement durable au Sénégal.

Processus décisionnels en Afrique: Le MAEJT plaide pour l’inclusion des voix infantiles et juvéniles

 LE LANCEMENT PROTOCOLE OPERATIONNEL DE LA MISE EN ŒUVRE DE LA PARTICIPATION DES ENFANTS

Par Aïda BADIANE 

Dans le cadre de la finalisation de ce processus, le Webinaire de lancement officiel du Protocole opérationnel de participation des enfants s’est tenu ce mercredi. Cet événement a réuni les partenaires techniques et financiers, les représentants des autorités publiques, les acteurs de la société civile, les médias ainsi que le corps diplomatique accrédité à Dakar.

Le Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT), reconnu pour son engagement de plus de 30 ans en faveur de la protection des enfants et de la promotion de leurs droits en Afrique et sa structure d’appui Enda Jeunesse Action International (EJAI), ont procédé au lancement officiel du Protocole opérationnel de la mise en œuvre de la participation des Enfants, ce 16 juillet 2025 à 10h GMT, lors d’un webinaire régional.

Ce lancement, indique la modératrice, Rokhaya SIDIBE, marque une étape cruciale pour la reconnaissance de la parole des enfants comme levier de transformation sociale et de renforcement de la gouvernance inclusive en Afrique.

L’objectif global de ce webinaire de lancement du Protocole de participation des enfants est de mettre à la disposition des décideurs et des acteurs de protection de l’enfance un outil validé par les instances continentales en vue d’une participation effective, éthique et inclusive des enfants, y compris les plus vulnérables, dans les processus décisionnels les concernant au niveau communautaire, national, régional et continental. Ce, avec le soutien des Partenaires techniques et financiers.

Outre ses efforts de protection, le MAEJT place la participation significative des enfants au cœur de ses actions, en cohérence avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE), qui reconnaît à chaque enfant le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question le concernant ou l’intéressant.

Dans le cadre de son partenariat avec Enda Jeunesse Action International (EJAI), le MAEJT a mené un processus ambitieux d’élaboration d’un Protocole opérationnel de la mise en œuvre de la participation des enfants.

Le présentateur du document, Wilfried Onguene ESSOMBA, a fait savoir que ce processus a débuté par une étude de consultance des associations et coalitions de protection des enfants, suivi d’une cartographie des groupes et organisations dirigés par des enfants en Afrique du Centre, de l’Est et de l’Ouest. Il s’est poursuivi avec l’élaboration, l’expérimentation, l’amendement et la validation du guide à travers une approche inclusive impliquant : les enfants et jeunes issus des groupes et organisations d’enfants membres et non membres du MAEJT; les responsables / acteurs nationaux de protection de l’enfance; le Groupe de Travail Régional de Protection de l’Enfance (GRPE); des membres du consortium PROSCIDE (IBP, Gorée Institute, Natural Justice, Social Change Factory); et les directions techniques de la CEDEAO et de l’Union Africaine, en charge des droits de l’enfant.

Cet outil s’adresse prioritairement aux décideurs, aux acteurs institutionnels et associatifs, ainsi qu’aux parents et aux communautés. Il fournit des conseils techniques, des outils, des modèles et des ressources de formation pour permettre aux décideurs, qu’ils soient au niveau communautaire, local (les élus locaux) ou national (les gouvernements au niveau central et déconcentré), de mettre en place les conditions de construire un environnement favorable à la participation inclusive des enfants.

Il est le fruit d’un travail collaboratif, fondé sur l’expérience riche et diversifiée du 𝐌𝐀𝐄𝐉𝐓 en matière de participation des enfants, enrichi par les contributions de représentants d’organisations en Afrique, d’acteurs adultes avec l’appui stratégique et technique d’𝐄𝐧𝐝𝐚 𝐉𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐀𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐈𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 (𝐄𝐉𝐀𝐈).

Le Protocole opérationnel de mise en œuvre de la participation des enfants a d’ores et déjà été présenté aux instances régionales et africaines lors du Symposium du Comité Africain d’Experts sur les Droits et le Bien-être de l’Enfant (CAEDBE) sur les Droits de l’Enfant, tenu le 27 juin 2025 à Addis-Abeba, en collaboration avec les Communautés Économiques Régionales (CER).

 

Dakar- Gorée: Vers une traversée maritime plus sûre et plus moderne

Par Al Amine DIA

Gorée, Sénégal – Dans le cadre de la mise en œuvre du projet de renforcement de la sécurité de la liaison maritime Dakar–Gorée, l’Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM) a organisé une séance de présentation à l’intention des populations de l’île. Cette rencontre marque une étape importante vers une transformation profonde des conditions de transport entre la capitale et l’île historique.

Le Directeur général de l’ANAM, M. Bekaye Diop, a salué l’ambition de ce projet phare, destiné à offrir aux usagers des conditions de voyage optimales grâce à deux bateaux de dernière génération et à la construction d’un nouveau quai de débarquement.

Réalisé en partenariat avec la République de Corée, ce projet est mené en collaboration avec l’entreprise coréenne ADOHA. Une délégation coréenne, dirigée par M. Lee, a pris part à l’événement et présenté les détails techniques et opérationnels du projet.

Des infrastructures modernisées pour une traversée repensée

Le projet prévoit la conception et la réalisation, sur une durée de 33 mois, de deux bateaux futuristes d’une capacité de 350 passagers chacun, ainsi que d’un nouveau quai répondant aux normes internationales de sécurité.

La traversée Dakar–Gorée, longue de quelques kilomètres, est aujourd’hui assurée par trois bateaux, dont un seul est actuellement en service, les deux autres étant hors d’usage. Le navire en fonctionnement présente plusieurs défaillances : manque de sécurité, inconfort, lenteurs aux quais, et non-conformité aux standards actuels.

Gorée, qui compte environ 2 000 habitants, peut accueillir jusqu’à 8 000 visiteurs par jour. Face à cet afflux, le quai actuel, vétuste et usé, ne garantit plus la sécurité des passagers ni celle des bateaux, justifiant pleinement la nécessité de sa reconstruction.

Les nouveaux bateaux seront conçus pour s’adapter aux réalités locales, tout en offrant un confort maximal : quatre toilettes (hommes/femmes), cinq soutes à bagages légers, et, suite aux suggestions des habitants, une cabine médicale intégrée.

Une dynamique participative saluée par les autorités locales

Le maire de Gorée, M. Augustin Senghor, s’est félicité de l’annonce du projet, tout comme les habitants de l’île, qui voient enfin poindre une réponse concrète à des années de difficultés liées à la traversée. L’implication active des populations dans le processus a permis d’enrichir le projet de nouvelles composantes pratiques et humaines.

«Les bonnes choses savent se faire attendre », a déclaré un habitant de Gorée, exprimant l’espoir collectif d’une traversée plus sûre, plus rapide et plus agréable.

 

 

 

 

Antesri_2050: Monsieur le ministre, nous suivons, nous observons et nous applaudissons.

Le Sénégal est à la croisée des chemins en matière d’enseignement supérieur. Notre système est massifié, nos universités sont surpeuplées, nos enseignants surchargés, nos filières souvent déconnectées du marché de l’emploi. Pourtant, notre jeunesse regorge de talents, d’intelligence et d’ambition.

Aujourd’hui, l’État, à travers le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a engagé une refondation profonde de ce secteur stratégique. Cette refondation n’est ni une réforme cosmétique, ni un effet d’annonce: c’est une réponse courageuse à des chiffres qui parlent d’eux-mêmes, à une situation qui n’est plus tenable.

Nous savons que cette réforme suscite espoirs, interrogations, et parfois méfiance. C’est légitime. Mais refusons de tomber dans le piège de la suspicion permanente. L’heure n’est pas à la posture, mais à la construction collective d’un avenir meilleur.

Aux d’étudiants, Vous avez été et restez les vigies de notre système éducatif. Vous avez porté des revendications justes, souvent au prix de sacrifices. Aujourd’hui, vous avez un rôle crucial : accompagner la refondation, l’orienter, la corriger si besoin, mais surtout, ne pas la saboter. Votre force est dans la proposition, la vigilance constructive, et non dans le blocage systématique.

À leurs défenseurs,Vous avez soutenu les luttes étudiantes parce que vous croyez en l’équité, en l’inclusion et en la justice sociale. Cette refondation a besoin de votre relais, de votre plaidoyer, de votre capacité à convaincre les plus sceptiques. Accompagnez ce processus en gardant le cap des intérêts supérieurs de la jeunesse.

Ensemble pour une refondation inclusive

La refondation réussira si chacun accepte de jouer son rôle dans la dignité, le respect mutuel et la clarté des objectifs. Ce pays ne peut pas se permettre un autre cycle de blocage, de violence et de précarité silencieuse dans nos campus.

La refondation ne doit pas être l’affaire du ministère seul. Elle est la réponse exigée de toute la nation, avec les étudiants au centre. Le changement crée la panique et la peur aux yeux de ceux qui se console du présent. Selon eux bien que prometteur l’innovation serait perçue négativement et souvent de trop. Comment peut-on refuser le bien ? Ah non ! Et si bien que le résultat sera orienté vers l’industrialisation et vers le besoin de tous les secteurs

Camarades, citoyens, leaders, syndicalistes, critiques, décideurs : ne nous opposons pas inutilement. Discutons, proposons, avançons.

Ce n’est pas la réforme qu’il faut critiquer, c’est le statu quo qu’il faut dépasser.

Je tiens à exprimer tout mon soutien et mes encouragements à l’endroit du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) pour son engagement ferme en faveur de la refondation du secteur de l’enseignement supérieur au Sénégal. Cette initiative courageuse est aujourd’hui plus que nécessaire, au vu des réalités chiffrées qui interpellent notre conscience collective.

Avec plus de 286 000 étudiants répartis dans les établissements publics et privés, le Sénégal fait face à une massification accélérée de son enseignement supérieur. Cette croissance démographique étudiante, si elle témoigne d’un fort engouement pour le savoir, doit impérativement s’accompagner d’un renforcement qualitatif des moyens humains, techniques et structurels.

Avec seulement 2 495 enseignants-chercheurs, le ratio enseignants/étudiants est alarmant. Il s’établit à près de 1 enseignant pour 115 étudiants, ce qui compromet gravement la qualité de l’encadrement académique, de la recherche et de l’innovation.

Nos 8 universités publiques, malgré leurs efforts louables, sont aujourd’hui dépassées par la demande. Les 298 établissements privés, bien que nombreux, ne sont pas tous à la hauteur en matière de standards académiques et de reconnaissance des diplômes. Le besoin de structuration, de régulation et de soutien est donc crucial.

Le pays ne compte que 6 instituts supérieurs spécialisés, 62 filières professionnelles, 16 écoles doctorales et 7 centres régionaux des œuvres universitaires (CROUS). Ces chiffres montrent l’ampleur du chemin à parcourir pour un système équilibré, équitable et orienté vers le développement local et international.

C’est pourquoi la refondation du secteur s’impose comme un devoir historique. Il faut :

– Repenser les contenus pédagogiques pour les aligner sur les réalités économiques,

– Décentraliser l’offre de formation pour corriger les déséquilibres territoriaux,

– Renforcer la recherche scientifique au service de l’innovation,

– Moderniser les infrastructures et améliorer les conditions sociales des étudiants.

Monsieur le Ministre, vous avez tout notre soutien. Cette refondation est une opportunité pour bâtir un enseignement supérieur sénégalais moderne, inclusif et porteur de transformation. Restons mobilisés pour accompagner cette dynamique salvatrice, car l’avenir de notre jeunesse et de notre pays en dépend.

Vive l’Enseignement Supérieur !

Vive la Recherche et l’Innovation !

Vive le Sénégal !

Vive le MESRI !

Bâtissons ensemble un Sénégal nouveau

#Vision_2050

#ANTESRI_2059

 Souleymane SAGNE

Délégué Communal de AWALÉ MALIKA

IRIS HÔTEL Toubab Dialaw, un réceptif en plein essor…

REPORTAGE

L’AVENIR TOURISTIQUE DU SENEGAL EN PARTAGE

À l’occasion du «Yendou des Acteurs du Tourisme», la station balnéaire de Toubab Dialaw affiche ses ambitions et invite les professionnels à redécouvrir son potentiel.  Sous un soleil généreux, la brise de l’océan caressant les filaos, un parfum d’avenir flotte sur la petite côte. Ce samedi 12 juillet, les acteurs du tourisme, de la culture, de l’hôtellerie et du développement local se sont donné rendez-vous à l’IRIS Hôtel de Toubab Dialaw pour une journée placée sous le signe du partage, de la découverte et de la projection collective.

Baptisée «Le Yendou des Acteurs du Tourisme», conduit par le Directeur d’Exploitation de l’ IRIS Hôtel, Moustapha NDAO, cette rencontre marque une étape dans la construction d’une destination émergente, à l’image du nouveau Sénégal: ouverte, créative, durable.

Toubab Dialaw – Ndayane : entre patrimoine et futur

Longtemps connue pour son charme discret, ses falaises et ses ateliers d’artistes, Toubab Dialaw prend aujourd’hui un virage stratégique. Située à une heure à peine de Dakar, à quelques encablures de l’aéroport international Blaise Diagne, et à deux pas de Ndayane – site du futur port en eau profonde –, la localité voit s’ouvrir devant elle une ère nouvelle.

Ce Yendou, terme wolof désignant un moment de détente, de partage et de réflexion, se veut donc plus qu’une simple rencontre conviviale. C’est un signal lancé à tout un secteur: celui du tourisme sénégalais, en quête de régénération post-Covid, mais aussi en attente de diversification. Car ici, on ne parle pas seulement de plages. On parle d’identité culturelle, de formation artistique, d’investissements structurants, d’écotourisme, de création d’emplois locaux.

Un hôtel, un chantier, une ambition Le cadre de cette rencontre : l’IRIS Hôtel, établissement bien connu des initiés pour son atmosphère paisible et son architecture intégrée au paysage. Récemment rénové, il propose désormais de nouvelles installations pensées pour le confort, mais aussi pour répondre aux attentes d’une clientèle mixte – à la fois locale, diasporique et internationale.

Mais l’annonce phare du jour, c’est sans conteste la présentation du chantier d’extension de l’hôtel. Une visite guidée permet aux participants de découvrir en exclusivité le futur complexe «Hôtel du Port», une structure de 110 chambres, conçue pour anticiper l’ouverture du port en eau profonde de Ndayane. Selon ses promoteurs, ce projet vise à accueillir les flux touristiques et professionnels que cette nouvelle infrastructure va générer, tout en renforçant l’offre hôtelière haut de gamme dans la région. «Nous croyons au potentiel de cette zone. Il ne s’agit pas seulement de construire des chambres, mais de proposer une expérience complète : mer, culture, gastronomie, formation.

«Ce chantier est un pari sur l’avenir», déclare un représentant du projet.

Un buffet et des rythmes: l’hospitalité au cœur Après la visite, les convives sont invités à un buffet à volonté, généreusement offert par l’établissement. Autour de la piscine, les rires fusent, les discussions s’animent, les cartes de visite circulent. Au loin, les musiciens installés près de la piscine donnent le ton: une animation musicale festive, métissage de rythmes traditionnels et de sonorités actuelles, accompagne les échanges.

Le tourisme sénégalais, souvent cantonné à des images de plages ou de safaris, révèle ici une autre facette : l’hospitalité active. Car derrière chaque plat, chaque sourire, chaque note de musique, se cache une équipe, une volonté, une vision. Le service est impeccable, mais humain. L’organisation bien huilée, mais sans ostentation. On sent que l’objectif est ailleurs: créer des liens durables.

Vers un modèle sénégalais du tourisme intégré

Ce qui ressort du Yendou, c’est l’ambition collective de bâtir un tourisme intégré : un tourisme qui ne soit pas un îlot déconnecté de son territoire, mais un vecteur de transformation locale.

La présence de l’École des Sables, la montée en gamme des hôtels, l’organisation d’événements artistiques et spirituels, la création de lieux de restauration à haute valeur symbolique, la volonté de former les jeunes et l’hospitalité : tout converge vers une approche holistique du développement.

Un élu local résume avec des mots simples mais justes: « Ici, on veut montrer que le tourisme peut être un moteur d’éducation, de dignité, et de souveraineté culturelle. »

Une destination d’avenir à construire ensemble

Ce Yendou n’est pas une fin, mais un début. Une invitation à co- construire, une destination qui ne renie rien de son âme, mais qui s’ouvre au monde avec exigence. Toubab Dialaw est un carrefour. Un carrefour entre la mer et la terre, entre les traditions et la modernité, entre la contemplation et l’action.

Au sortir de cette journée, les visages sont souriants, les esprits stimulés, les projets esquissés.

Chacun repart avec une conviction: le Sénégal n’a pas besoin de copier des modèles étrangers pour rayonner. Il lui suffit de valoriser ce qu’il a d’unique.

Des échanges sur le développement touristique intégré et durable vont suivre. Et dans cette vision, le tourisme n’est pas un luxe, mais un levier stratégique de souveraineté, de cohésion sociale et de création de valeur locale.

Par Ch. Seck NDONG

L’École des Sables: un joyau international

… Suite REPORTAGE

L’autre moment fort de la journée est sans nul doute la visite guidée à l’École des Sables, à quelques mètres de là. Fondée par la grande chorégraphe Germaine Acogny, indique Hervé BREUILT, ce centre international de danses africaines contemporaines est l’un des piliers culturels de la région.

Plus qu’une école, c’est un laboratoire artistique, un pont entre les continents, une fabrique de citoyenneté par la danse. Les participants découvrent les studios, les espaces de résidence, les scènes en plein air. Ils échangent avec les formateurs, assistent à une répétition, s’émerveillent devant la rigueur des jeunes danseurs venus de toute l’Afrique et d’Europe.

«Le tourisme culturel est un levier majeur pour nos territoires. Il ne s’agit pas seulement de montrer, mais de faire vivre des expériences. L’École des Sables incarne cette dynamique », explique un acteur culturel venu de Thiès.

Penser le développement autrement Entre deux coupes de bissap et quelques bouchées de yassa, les conversations prennent de la hauteur. On parle d’infrastructures, certes, mais aussi de durabilité, de gouvernance locale, de circulation des artistes, d’accès au foncier, de formation professionnelle.

Les collectivités locales, les entrepreneurs culturels, les professionnels du tourisme, les bailleurs de fonds, les journalistes, les artistes présents s’accordent sur un constat : le développement touristique de la zone doit s’ancrer dans une logique inclusive, équitable et visionnaire.

La proximité avec le port de Ndayane offre certes des opportunités logistiques et économiques majeures, mais aussi des défis : préservation de l’environnement, pressions foncières, spéculations. Il s’agit donc d’agir avec discernement, en pensant long terme.

Ch. S. NDONG

 

Conférence publique de Sebi arts: l’émigration, entre atout et problématique

Sebikotane, Dakar – Le samedi dernier, l’organisation SEBI ARTS a tenu une conférence publique portant sur un sujet d’actualité brûlantes: «L’Émigration, atout et problématique». La conférencière invitée, Mme Houleye Thiam, sociologue et assistante sociale installée à Columbus (États-Unis), a brillamment exposé les enjeux multiples de l’émigration dans le contexte africain et plus particulièrement sénégalo-mauritanien.

D’entrée, Mme Thiam a affirmé: «Quand il faut parler, il ne faut surtout pas se taire. Émigrée et activiste, je suis bien placée pour en parler». Reprenant une citation américaine, elle a souligné que parler de l’Histoire est la meilleure manière d’inspirer.

Trois dimensions de l’émigration

Son intervention s’est structurée autour de trois axes;

Les raisons qui poussent à partir ailleurs

Mme Thiam a évoqué la discrimination, l’insécurité, l’espoir de réussite, la politique locale défaillante ainsi que les pressions du système international. Des facteurs qui poussent chaque année des milliers de jeunes à tenter leur chance au-delà des frontières.

Les atouts de l’émigration

Elle a reconnu les opportunités professionnelles, la possibilité de découvrir d’autres cultures et de bénéficier d’un certain confort matériel. Autant de bénéfices qui attirent, parfois à tort, ceux qui idéalisent l’Occident.

Les problématiques rencontrées

Mme Thiam n’a pas manqué de souligner le prix souvent lourd payé par les émigrés : choc culturel, déracinement, nostalgie du pays natal, difficultés d’éducation des enfants selon les repères culturels d’origine, et surtout la publicité mensongère véhiculée par certains anciens émigrés qui peignent un tableau idyllique, loin de la réalité.

Un appel à la vérité et à la valorisation de l’Afrique

Face à cette complexité, elle a lancé un appel fort : « Que les émigrés qui rentrent parlent des réalités de leur pays d’accueil. Il est temps de valoriser nos pays et de croire que le futur, c’est l’Afrique».

Mme Thiam a conclu par une dénonciation sans détour du racisme encore présent en Mauritanie : « Des personnes souffrent simplement parce qu’elles sont noires. Ce n’est pas normal au XXIe siècle. »

Elle a également posé une question fondamentale : « Ce que nous gagnons dans l’émigration vaut-il ce que nous perdons ? » Pour elle, l’émigration n’est pas un mirage, mais une réalité à démystifier. Les solutions sont à la fois collectives et individuelles.

Interventions complémentaires

La conférence s’est enrichie de l’intervention de M. Abdoulaye Racine Senghor, qui a rappelé: «/L’histoire de l’humanité est l’histoire des migrations. Tenter d’arrêter l’émigration, c’est comme vouloir arrêter la mer avec ses bras».  Il a mis en garde contre l’illusion de l’ailleurs et l’obsession de réussir sans effort. Pour lui, seul le devoir de l’effort mène à la réussite.

D’autres intervenants ont ensuite pris la parole, avant que la conférencière ne réponde aux questions du public, clôturant ainsi une rencontre riche, sincère et inspirante.

Al Amine DIA

 

 

Pastalibérie: Le chant de cygne d’un gourou

Dans le théâtre politique sénégalais, la scène s’assombrit et le rideau semble sur le point de tomber sur une tragédie aux accents burlesques. « Pastalibérie », cette République imaginaire façonnée par les excès du pouvoir Pastef, incarne aujourd’hui le chant de cygne d’un gourou politique dont l’ombre plane sur le pays : Ousmane Sonko. Ce dernier, Premier ministre « super fort » autoproclamé de facto, joue une partition dissonante, oscillant entre la posture de l’opposant vindicatif et celle d’un homme d’État en quête de légitimité. Mais derrière cette façade se cache un spectacle absurde où la gouvernance vacille, la liberté d’expression se délite, et la cohésion nationale s’effrite.

Le Sénégal traverse une crise politico-judiciaire sans précédent, marquée par une fracture interne au sommet de l’exécutif entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Sonko. Cette rivalité, loin d’être un simple différend d’ego, illustre une lutte de pouvoir qui paralyse l’action gouvernementale et nourrit un climat d’incertitude. Comme le souligne Alioune Tine, il faut « arrêter tout de suite cette crise » avant qu’elle ne dévaste davantage la fragile stabilité institutionnelle.

L’obsession du contrôle s’est traduite par une répression accrue de la liberté d’expression avec la prise d’otage de personnalités publiques telles qu’Abdou Nguer, Moustapha Diakhaté, Bachir Fofana. Le cas emblématique de Badara Gadiaga, chroniqueur arrêté et poursuivi pour avoir exercé son droit fondamental à la critique, est symptomatique d’un régime qui confond dissidence et subversion. Il paraîtrait que Sonko « l’effaceur » tient une liste d’une centaine de citoyens engagés qui le dérangent. Un Ibou Fall (Sénégalaiserie) ou un Omar Faye (Léral Askan Wi) sont désormais prévenus. Le Parti socialiste et d’autres acteurs politiques dénoncent cette dérive autoritaire, rappelant que « les libertés démocratiques sont des conquêtes de haute lutte » qu’il faut impérativement préserver. Le journaliste emprisonné devient ainsi une icône de la résistance, un « esprit » qui refuse de se taire malgré la machine judiciaire mise en branle.

Sur le plan économique, le Sénégal, malgré une croissance affichée à 8,4% en 2025, ploie sous le poids de la vie chère et du chômage galopant, surtout chez les jeunes. Les mesures gouvernementales, souvent perçues comme des coups de communication, peinent à masquer une réalité sociale douloureuse. La diplomatie contradictoire entre le président et son Premier ministre, entre recentrage africain et postures populistes, ajoute à la confusion et fragilise la crédibilité du pays sur la scène internationale.

Il est tentant de comparer cette situation à d’autres tentatives de partage ou de dépôt du pouvoir exécutif dans le monde. En Russie, entre Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, un tel exercice a connu un semblant de succès, bien que controversé. En Afrique, en revanche, toutes les tentatives similaires ont échoué : Mauritanie, Niger, Congo, Gambie… Ces expériences douloureuses témoignent de la difficulté à conjuguer ambitions personnelles et stabilité institutionnelle dans des contextes où la démocratie peine à s’enraciner.

Dans cette farce tragique, le Premier ministre Sonko multiplie les coups de communication, usant d’une rhétorique virulente sur les réseaux sociaux, mais sans parvenir à incarner l’homme d’État que le Sénégal attend. Baba Dieng résume cette posture en parlant d’une « farce tragique » où un homme politique en position de pouvoir persiste à agir comme un opposant vindicatif, au détriment de la stabilité institutionnelle.

Le peuple sénégalais, loin d’être un simple spectateur passif, observe avec un mélange d’amertume et de vigilance. Talla Sylla le rappelle avec force : « Il ne faut jamais confondre un peuple silencieux avec un peuple qui se tait ». Ce silence apparent est une attente, un avertissement que le pouvoir ferait bien de ne pas ignorer sous peine d’être balayé par la vague du mécontentement.

Dans ce contexte, la société civile, bien que parfois attaquée et stigmatisée, dont les membres ont été taxés de « fumiers » par le gourou, demeure un acteur essentiel de régulation et de veille. Son rôle est d’autant plus crucial que le pays semble s’enfoncer dans une « ère de post-vérité », où les faits dérangeants sont réduits à de simples opinions, et où la démocratie est mise à mal par la peur et la censure.

Pour sortir de cette impasse, il faudra plus que des gesticulations politiques ou des gestions à court terme. Il faudra un sursaut collectif, un retour à l’essence même de la démocratie : le respect des institutions, la liberté d’expression, la justice indépendante, et une gouvernance tournée vers le bien commun. Comme le disait Franklin D. Roosevelt, « la seule chose que nous ayons à craindre, c’est la peur elle-même ». Le Sénégal doit dépasser ses peurs, ses divisions, et ses illusions pour écrire une nouvelle page de son histoire.

Pastalibérie, ce théâtre de l’absurde et de l’illusion, pourrait bien être le dernier acte d’un gourou politique en déclin. Mais c’est aussi, et surtout, un appel à la vigilance citoyenne, à la renaissance démocratique et au sursaut d’un mandat présidentiel enfin assumé. Le rideau n’est pas encore tombé, mais le spectacle doit changer de décor, sous peine de sombrer dans l’oubli.

Dr. Papa D. Faye, citoyen engagé

Courriel : papa.faye6369@gmail.com

Autonomisation des femmes: L’U-IMCEC débloque 250 millions pour l’AFAAD

Par Ibrahima FALL

Banlieue de Dakar- Dans le cadre de la promotion de l’autonomisation économique des femmes, la Banque U-IMCEC a procédé à une remise symbolique d’un financement de 250 millions de francs CFA à l’Association de Femmes pour l’Appui aux Actions de Développement (AFAAD).

La cérémonie s’est tenue en présence du Directeur Général de l’U-IMCEC, M. Ousmane Thiongane, et de la présidente de l’AFAAD, Mme Khady Guèye. Ce financement s’inscrit dans une dynamique de renforcement de capacités et d’appui à l’entrepreneuriat féminin, en particulier dans les zones périurbaines.

Pour Mme Khady Guèye, cette enveloppe représente une opportunité concrète pour accompagner les femmes dans la mise en œuvre de leurs activités agricoles et génératrices de revenus, favorisant ainsi la valorisation des produits locaux. «Ces fonds sont disponibles à la banque et destinés à toutes les femmes désireuses de se lancer dans une activité économique, à travers des procédures simples et bien définies », a précisé la présidente de l’AFAAD.

M. Thiongane, pour sa part, a réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir les femmes comme levier stratégique du développement local: «Nous finançons des groupes de cinq femmes, peu importe leur nombre global, sur une durée de dix mois renouvelables, avec une augmentation progressive. Notre objectif est de travailler avec les acteurs des banlieues qui constituent un maillon essentiel pour le développement d’un pays».

L’initiative vise non seulement à offrir un accès facilité au financement, mais aussi à favoriser l’autonomisation financière des bénéficiaires, leur permettant de sortir du cycle de la pauvreté et de la précarité et, à terme, de créer leur propre entreprise. Avec ce nouveau partenariat entre l’AFAAD et l’U-IMCEC, c’est tout un réseau de femmes entrepreneurs qui se dessine à l’horizon, porteur d’espoir et de changement durable pour les communautés locales.

 

 

État et Société civile: partenaires pour la nation

Depuis la dernière élection présidentielle, le Sénégal a fait le choix du renouveau. Ce choix, porté par le peuple souverain, a permis l’émergence d’un nouvel élan, symbolisé par la jeunesse, la rupture, la souveraineté, la justice sociale et la redevabilité. Ce moment historique a vu l’arrivée à la tête de l’État du Président Bassirou Diomaye Faye, figure de sérénité et de rassemblement, et la nomination de M. Ousmane Sonko, Premier ministre, porteur d’un engagement de longue date pour la transformation structurelle de notre pays.

Nous saluons sincèrement cette volonté de redonner sens à la chose publique, de remettre les citoyens au centre de l’action de l’État, et de moraliser la vie politique. Ces ambitions rencontrent d’ailleurs, sur de nombreux points, les préoccupations constantes de la société civile sénégalaise depuis des décennies.

Toutefois, dans un climat national encore fragile et marqué par des douleurs récentes, nous devons tous faire preuve d’une responsabilité historique et d’un sens élevé de l’État. La stabilité d’une nation, surtout après une période de tension, repose sur la capacité de ses dirigeants à rassurer, à rassembler et à inclure. Et dans cette dynamique, la société civile joue un rôle irremplaçable.

C’est à ce titre que nous avons été interpellés par les propos récents du Premier ministre à l’égard des organisations de la société civile, laissant entendre une volonté d’encadrer, voire d’interdire, le financement étranger à ces structures. Nous comprenons la préoccupation légitime de souveraineté. Mais nous pensons qu’il est essentiel de distinguer entre l’ingérence politique extérieure et l’appui technique et financier légitime que de nombreux partenaires mettent à disposition d’acteurs locaux, dans la transparence et le respect des lois sénégalaises.

Les OSC sénégalaises, dans leur grande majorité, sont au service du bien commun. Elles travaillent dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’environnement, de la démocratie, de la paix, du genre, des droits humains. Elles accompagnent l’État, complètent son action, alertent quand il le faut, et forment des générations entières de citoyens engagés.

Certaines de ces structures jouissent d’une reconnaissance internationale, collaborent avec l’Union africaine, les Nations Unies, l’Union européenne, et d’autres instances multilatérales. Les réduire à des instruments d’influence ou de subversion serait non seulement injuste, mais aussi contre-productif pour notre diplomatie et notre image dans le concert des nations.

Nous voulons croire que ces propos sont le fruit d’une tension passagère, d’une volonté mal interprétée ou d’un malentendu à dissiper. En tant qu’acteurs responsables de la société civile, nous restons ouverts au dialogue, au partenariat sincère avec l’État, et nous espérons que les autorités sauront voir en nous des alliés pour construire un Sénégal inclusif, pacifié et prospère.

Par ailleurs, nous attirons l’attention sur le climat social préoccupant marqué par des convocations et arrestations de citoyens dont l’engagement n’a souvent rien à voir avec le trouble à l’ordre public. Le pays a besoin d’apaisement, de pardon, de justice, mais aussi de paix des cœurs. Le Sénégal post-2024 ne peut pas être une revanche, il doit être une réconciliation.

Monsieur le Premier ministre,

Vous avez l’intelligence politique, le courage et la légitimité populaire nécessaires pour ouvrir cette voie du rassemblement. Le Président Diomaye Faye, par son calme et sa posture d’écoute, a lui aussi l’opportunité historique d’être le Président de la réconciliation nationale. Ce duo peut devenir un exemple en Afrique, à condition d’écouter toutes les voix constructives, même critiques, qui ne veulent qu’une chose : un Sénégal debout, digne, uni, respecté.

La République est un projet collectif. Il ne peut se faire ni sans l’État, ni sans la société civile. Nous pouvons, ensemble, donner corps à ce modèle de gouvernance partagée qui fera date dans l’histoire politique du Sénégal.

Il est encore temps d’instituer ce dialogue, de refuser les divisions, d’écarter les extrémismes, et d’écrire, ensemble, cette nouvelle page de notre destin commun.

Khalil Guèye Directeur Exécutif du RIDHA (Réseau International pour la Démocratie, le Développement et les Droits Humains en Afrique)

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