lundi, septembre 7, 2026
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KHADRIYA: Cheikh Saadbouh TaqiouLah quitte ce bas monde, Cheikh Sidibouya lui succède

 RAPPEL À DIEU DU KHALIFE GÉNÉRAL DE L’AFRIQUE DE L’OUEST

La disparition de Cheikhna Cheikh Saadbouh TaqiouLah Ould Cheikhal Khalifa Ould Cheikhna Cheikh Saadbouh, affectueusement appelé «Yagueun», ne marque pas seulement la fin d’une vie consacrée à la spiritualité et à l’adoration. Elle ravive également la nécessité de rappeler une vérité historique et institutionnelle au sein de la Khadriya : Cheikh Saadbouh TaqiouLah était bien le Khalife général des Khadres de l’Afrique de l’Ouest.

Cette précision revêt une importance particulière au regard de certaines affirmations récentes ayant laissé entendre l’existence de plusieurs « Khalifes généraux autoproclamés ». Une telle présentation mérite d’être replacée dans son contexte, à la lumière de la tradition successorale de la famille de Cheikhna Cheikh Saadbouh et des décisions prises par ses anciens.

Une succession fondée sur l’ancienneté et la concertation

Le 17 avril 2022, après le rappel à Dieu de Cheikh Aya Ould Cheikh Talibouya, huitième Khalife, la question de la succession s’est posée au sein de la grande famille de Cheikhna.

Selon la tradition établie, le principe retenu repose sur l’ancienneté, la consultation des doyens et la reconnaissance du plus âgé des membres de la famille habilités à assurer cette responsabilité.

À cette époque, Cheikh Saadbouh TaqiouLah était le plus âgé des membres de la famille de Cheikhna Cheikh Saadbouh.

Les doyens et Khalifes des grandes familles concernées par le Khalifat se sont alors accordés sur sa désignation. Les familles de Cheikh Atkhana, Cheikh Makhfou, Cheikh Bounnene et Cheikhal Khalifa, notamment, ont participé à cette concertation.

Il ne s’agissait donc pas, selon cette tradition, d’une proclamation individuelle ou d’une démarche personnelle de conquête d’un titre. Il s’agissait d’une succession décidée dans le cadre d’un mécanisme traditionnel de consultation et de reconnaissance des anciens.

De Nimzath à Ngoumba, une reconnaissance consacrée

La désignation de Cheikh Saadbouh TaqiouLah fut d’abord consacrée à Nimzath, avant d’être confirmée par l’assemblée réunie à Ngoumba Guéoul le 23 juillet 2022.

Cette réunion revêt une importance particulière puisqu’elle a permis aux représentants des différentes familles concernées de confirmer la succession et d’arrêter un principe destiné à prévenir les divergences futures : à la disparition du Khalife en exercice, le plus âgé devait lui succéder.

C’est dans ce contexte qu’est apparue l’appellation de « Khalife des Khoulafaous », consacrant la place de Cheikh Saadbouh TaqiouLah comme figure de référence de la Khadriya issue de Cheikhna Cheikh Saadbouh.

Dès lors, réduire son accession au Khalifat à une simple « auto-proclamation » ne correspond pas au récit de la succession établi par les anciens et aux étapes de reconnaissance intervenues entre Nimzath et Ngoumba.

Une tradition qui remonte à Cheikhna Cheikh Saadbouh

La légitimité de cette succession trouve également son fondement dans l’histoire même de la famille.

À la disparition de Cheikhna Cheikh Saadbouh, ses fils avaient désigné leur frère aîné Sidibouya, connu sous le nom de Cheikhal Khalifa, pour lui succéder, conformément à la recommandation laissée par leur père.

Cette règle de transmission par l’aîné s’est ainsi inscrite dans la mémoire et la pratique de la famille.

Un siècle plus tard, Cheikh Saadbouh TaqiouLah, petit-fils de Cheikhna, a été appelé à exercer cette responsabilité en raison de son ancienneté et de la reconnaissance dont il bénéficiait auprès des différentes composantes concernées.

Loin d’être une circonstance fortuite, sa désignation s’inscrivait donc dans une continuité successorale revendiquée et assumée par les anciens.

Yagueun : un Khalife dans la discrétion et la continuité

Ceux qui ont connu Cheikh Saadbouh TaqiouLah décrivent un homme profondément attaché à la discrétion, à l’humilité et à l’adoration.

Son comportement était d’ailleurs à l’opposé de toute recherche de prestige ou de notoriété.

Son autorité s’exerçait davantage par la confiance, la sagesse et la continuité que par l’affirmation publique d’un pouvoir.

Un élément illustre particulièrement cette confiance : Cheikh Sidibouya Ould Hadramy Ould Bounnene Ould Cheikhna Cheikh Saadbouh fut régulièrement appelé à représenter son grand frère.

Il lui confia notamment des responsabilités majeures, parmi lesquelles la direction du Khayma en son absence et la conduite de la prière à Nimzath.

Ces responsabilités ne constituent pas, à elles seules, un acte juridique de succession, mais elles témoignent de la place particulière que Yagueun accordait à son frère et de la confiance qu’il lui portait.

Une succession qui confirme la continuité

À la disparition de Cheikh Saadbouh TaqiouLah, la même logique successorale a conduit à la désignation de Cheikh Sidibouya Ould Hadramy Ould Bounnene Ould Cheikhna Cheikh Saadbouh comme Khalife général des Khadres de l’Afrique de l’Ouest.

Cette succession vient précisément illustrer le principe arrêté par les anciens en 2022 : la continuité du Khalifat par l’ancienneté et la reconnaissance des doyens.

Autrement dit, la succession de Yagueun ne constitue pas une rupture avec l’histoire de la Khadriya. Elle en constitue, au contraire, la poursuite selon les règles traditionnelles établies au sein de la famille de Cheikhna.

Face aux polémiques, les faits plutôt que les déclarations

Dans ce contexte, les affirmations présentant Cheikh Saadbouh TaqiouLah comme l’un des prétendus « quatre Khalifes autoproclamés » apparaissent, au regard des éléments de succession rapportés, comme une lecture réductrice d’une réalité beaucoup plus complexe.

La question du Khalifat ne peut être appréciée uniquement à travers une déclaration individuelle ou une appréciation personnelle. Elle doit être replacée dans l’histoire de la famille, la tradition successorale, la consultation des anciens et les décisions collectives prises à Nimzath et à Ngoumba.

Or, les éléments rappelés établissent une séquence claire : décès du précédent Khalife, désignation de l’aîné, reconnaissance à Nimzath, confirmation à Ngoumba, puis exercice effectif du Khalifat par Cheikh Saadbouh TaqiouLah jusqu’à son rappel à Dieu.

C’est cette continuité qu’il convient de retenir.

Une vérité historique à préserver

Au-delà des divergences de lecture ou des polémiques de circonstance, une chose demeure : Cheikhna Cheikh Saadbouh TaqiouLah a exercé la fonction de Khalife général des Khadres de l’Afrique de l’Ouest dans le cadre d’une succession consacrée par les anciens de la famille et confirmée à Ngoumba.

La disparition de Yagueun appelle donc moins à la polémique qu’au devoir de mémoire.

Son héritage appartient désormais à ceux qui auront la responsabilité de préserver l’unité de la Khadriya, de respecter ses traditions et de transmettre aux générations futures l’histoire de cette grande famille spirituelle.

Que Allah SWT fasse miséricorde à Cheikhna Cheikh Saadbouh TaqiouLah, élève son rang auprès de Lui et récompense son œuvre.

Qu’Il accorde longue vie, santé et réussite à son successeur, Cheikh Sidibouya Ould Hadramy Ould Bounnene Ould Cheikhna Cheikh Saadbouh, et fasse de lui un Khalife rassembleur au service de l’unité de la Khadriya et de l’héritage spirituel de Cheikhna Cheikh Saadbouh.

Allahoumma Amine.

Par A. L. NDIAYE (avec En Relief)

Le totalitarisme rampant

TRIBUNE

Sous nos yeux s’installe une forme insidieuse de terreur intellectuelle : intimider, salir, insulter, menacer pour réduire au silence les cadres, les intellectuels, les religieux et tous ceux qui osent encore penser librement et contredire.

Nos valeurs de kersa, jom, sutura, jub, wer, teral et sella, qui ont longtemps cimenté notre société, sont progressivement détournées de leur sens pour devenir des instruments de coercition et de soumission.

Une jeunesse est parfois transformée en meute numérique, chargée de traquer la pensée différente, de dénuder les consciences et d’intimider ceux qui refusent la pensée unique.

Or, lorsqu’une société accepte la terreur intellectuelle, elle ouvre la porte à la terreur politique ; et lorsque la peur devient une méthode de conquête du pouvoir, la liberté deviendra sa première victime.

Ce qui fut dans le passé une arme contre un pouvoir finissant risque aujourd’hui de devenir une arme contre la République elle-même : ses institutions, son État de droit, sa démocratie et, finalement, le mandat souverain confié par le peuple au Président de la République.

C’est pourquoi refuser le silence est aujourd’hui un devoir civique.

Notre tradition n’est pas la soumission. Elle est le débat, la contradiction, la liberté de conscience et le respect de l’autre.

Opposons donc à la violence des mots la force des idées ; à l’intimidation, le courage; à la haine, la dignité ; à la confusion, la raison.

Marchons posément, humblement et humainement pour un Sénégal souverain, juste, démocratique et prospère.

Dakar, dimanche 6 août 2026

Professeur Mary Teuw Niane

Kaolack Sport City: Le Conseil départemental dévoile un ambitieux projet à 18 milliards de FCFA

Le Conseil départemental de Kaolack veut donner un nouveau souffle aux infrastructures sportives de la capitale du Saloum. Le président du Conseil départemental, Ahmed Youssouph Bengelloune, a présenté ce samedi aux acteurs du monde sportif et aux amoureux du football le projet « Kaolack Sport City », une initiative structurante destinée à faire de la ville un véritable pôle sportif, économique et touristique.

Conçu autour de plusieurs infrastructures majeures, le projet part d’un constat: Kaolack dispose encore d’un déficit en équipements sportifs modernes et adaptés à ses ambitions. Pour les autorités départementales, la réalisation de « Kaolack Sport City » doit ainsi accompagner l’attractivité croissante de la ville, notamment avec l’ouverture de l’autoroute à péage.

Sept composantes pour une nouvelle cité sportive

Le projet prévoit notamment la modernisation du stade, avec la construction d’une deuxième tribune. Cette première phase doit permettre d’améliorer les conditions d’accueil du public et de renforcer les capacités de l’infrastructure.

Une arène dédiée aux sports de combat figure également parmi les composantes du programme. Elle devra accueillir plusieurs disciplines, notamment le judo et d’autres sports de combat.

Autre volet important : la création d’un centre des métiers liés au sport. Cette structure aura pour vocation de former les sportifs, mais également les différents professionnels qui les accompagnent, notamment les entraîneurs, encadreurs et maîtres-nageurs.

Le programme prévoit aussi la construction d’une bibliothèque, destinée à encourager les jeunes à conjuguer pratique sportive et formation intellectuelle.

Une place centrale sportive devrait par ailleurs constituer un espace polyvalent pour l’organisation d’événements et la pratique d’activités physiques et sportives.

Un parc forestier pour une ville confrontée à la chaleur

Le projet entend également intégrer une dimension environnementale avec la création d’un parc forestier. Dans une ville régulièrement confrontée à de fortes températures, les promoteurs de « Kaolack Sport City » souhaitent aménager un espace vert permettant aux populations de se promener, de se détendre et de pratiquer des activités de plein air.

Cette composante vise à faire du site un véritable espace de vie, au-delà de sa seule vocation sportive.

Enfin, une zone mixte à vocation économique est prévue. Elle devrait regrouper des commerces, des boutiques, des plateaux de bureaux ainsi qu’un hôtel cinq étoiles. L’objectif est notamment de renforcer la capacité d’hébergement de Kaolack et de permettre à la ville d’accueillir dans de meilleures conditions des compétitions et rencontres sportives de niveau national et international.

Un investissement de 18 milliards et 5 000 emplois annoncés

Selon le président du Conseil départemental, le coût global prévisionnel du projet est estimé à 18 milliards de FCFA, avec un potentiel de création d’au moins 5 000 emplois directs.

Pour financer cette ambition, le Conseil départemental entend mobiliser plusieurs partenaires, notamment l’État, la Fédération sénégalaise de football, les partenaires institutionnels et privés, ainsi que des investisseurs dans le cadre de partenariats public-privé (PPP).

Mais les promoteurs veulent avancer progressivement. La première étape concerne la construction de la deuxième tribune du stade, dont le lancement a été annoncé lors de la présentation du projet. L’objectif affiché est de l’achever et de l’inaugurer au plus tard en janvier 2027.

Après cette première réalisation, le Conseil départemental prévoit d’engager successivement la construction du centre des métiers liés au sport, de l’arène, puis de la zone mixte destinée aux activités économiques et hôtelières.

Les acteurs sportifs associés à la réflexion

La présentation de « Kaolack Sport City » a également permis aux acteurs du sport de prendre connaissance du projet et d’apporter leurs observations. Selon les responsables départementaux, les premières réactions ont été globalement favorables.

Pour Ahmed Youssouph Bengelloune, cette démarche doit permettre de construire un projet en phase avec les besoins réels du monde sportif et les ambitions de développement de Kaolack.

À terme, « Kaolack Sport City » ambitionne ainsi de dépasser le simple cadre d’un complexe sportif pour devenir un nouveau pôle d’attractivité de la ville, en associant sport, formation, environnement, commerce, hôtellerie et création d’emplois.

Mouhamed Moustapha Camara – Correspondant à Kaolack.

 

Scandale autour du Projet d’électrification rurale: le Collectif «Sunu 37 milliards» exige des réponses

Le collectif «Sunu 37 milliards» remet sur la table plusieurs zones d’ombre dans le dossier du projet d’électrification rurale de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER).

Dans un communiqué publié le 6 septembre 2026, le collectif s’interroge notamment sur la gestion de l’avance de 37 milliards de francs CFA, les relations entre les différents protagonistes, les garanties bancaires, les accusations de surfacturation ainsi que le rôle de plusieurs responsables cités dans le dossier. Il réclame que toute la lumière soit faite sur les responsabilités, tout en appelant à distinguer les accusations des faits judiciairement établis.

Le dossier des 37 milliards de francs CFA liés au projet d’électrification rurale de l’ASER continue de susciter interrogations et controverses. Dans un communiqué rendu public dimanche, le collectif « Sunu 37 milliards » revient sur la chronologie des événements et interpelle les différents acteurs impliqués dans cette affaire.

Au cœur des interrogations figure notamment la gestion de l’avance versée dans le cadre du contrat avec AEE Power EPC. Le collectif affirme que le directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène, avait rencontré Seydou Kane le 2 août 2024. Selon le communiqué, ce dernier aurait alors alerté le DG sur la nécessité de vérifier la validité des garanties bancaires ainsi que l’utilisation de l’avance de démarrage.

Trois jours plus tard, le 5 août, Jean Michel Sène aurait écrit à José, représentant d’AEE Power EPC, afin d’obtenir des explications sur les dépenses effectuées et le solde disponible. Le collectif affirme que la réponse reçue le 7 août n’aurait pas apporté les éléments demandés sur l’utilisation des 37 milliards.

Autre étape relevée dans la chronologie : le 27 août, avec l’annonce d’une renégociation du contrat entre l’ASER et AEE Power EPC. Pour « Sunu 37 milliards », cette succession d’événements appelle des éclaircissements sur l’évolution des relations entre les différentes parties et sur les décisions prises au fil de la procédure.

Des accusations de surfacturation à clarifier

Le collectif revient également sur les accusations de surfacturation évoquées dans le dossier. Il cite notamment les déclarations attribuées à Jean Michel Sène concernant le prix des poteaux en béton, qui auraient été facturés à environ 1 million de francs CFA l’unité, contre un coût estimé à 200 000 francs CFA, soit, selon les accusations rapportées, une surfacturation évaluée à 15,3 milliards de francs CFA.

Le collectif relève toutefois une divergence dans les différentes versions publiques. Lors d’une interview accordée à Walf Quotidien, José n’aurait pas évoqué cette question de surfacturation, tout en reconnaissant, selon le communiqué, un rôle important de Seydou Kane dans les démarches administratives liées au projet.

Sur ce point, « Sunu 37 milliards » appelle à la prudence et à l’établissement des faits par les instances compétentes. Les accusations, contestations et déclarations des protagonistes ne sauraient, à elles seules, tenir lieu de conclusions judiciaires.

Des responsabilités politiques dans le débat

Le volet politique n’est pas absent du communiqué. Le collectif évoque notamment les déclarations de José concernant l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Selon la version rapportée, celui-ci aurait été impliqué dans certaines démarches administratives liées aux exonérations prévues par le contrat.

Le collectif estime que ces déclarations doivent également être examinées à la lumière des responsabilités institutionnelles de chacun et des procédures effectivement suivies.

D’autres noms apparaissent également dans le communiqué, notamment ceux d’Abass Fall et d’El Hadji Talla Diop. Sur ce dernier point, « Sunu 37 milliards » demande que soient clarifiées les circonstances entourant la vérification d’une quittance fiscale présentée dans le dossier, ainsi que l’identité du service compétent et les éléments techniques ayant conduit à sa qualification éventuelle de « faux ».

L’Agent judiciaire de l’État interpellé

Le collectif s’interroge, par ailleurs, sur le rôle de l’Agent judiciaire de l’État (AJE), qui aurait initialement été constitué partie civile dans le dossier avant de ne plus apparaître dans la procédure telle qu’elle est aujourd’hui évoquée publiquement.

Pour « Sunu 37 milliards », cette évolution mérite une explication afin de comprendre la stratégie judiciaire retenue et le positionnement de l’État dans cette affaire.

«Où sont passés les 37 milliards ?»

Au-delà des noms et des accusations croisées, le collectif estime que la priorité doit rester la clarification de l’utilisation des fonds publics et l’évaluation des résultats du projet d’électrification rurale.

Où sont passés les 37 milliards ? Pourquoi les résultats attendus du projet ne sont-ils pas au rendez-vous ? Qui a pris les décisions déterminantes ? Et quelles responsabilités devront, au terme des investigations, être retenues ?

Autant de questions auxquelles les Sénégalais attendent des réponses. Pour le collectif « Sunu 37 milliards », seule une procédure transparente et rigoureuse permettra de lever les nombreuses zones d’ombre qui entourent encore le dossier ASER.

Abdou Latif NDIAYE

 

Inondations à Dimaguène (Diakhao Sine): le DG de la SIRN promet des motos- pompes aux populations sinistrées

Le quartier de Dimaguène, dans la commune de Diakhao Sine, fait face depuis plusieurs jours à d’importantes inondations qui plongent de nombreux ménages dans la souffrance. Face à cette situation, Babacar Faye, Directeur général de la Société des Infrastructures de la Réparation Navale (SIRN), s’est rendu sur place pour apporter son soutien aux populations sinistrées.

C’est sur invitation de son frère de parti, Abdou Mbaye, que le DG de la SIRN a effectué le déplacement à Dimaguène. Sur les lieux, Babacar Faye a pu constater la situation difficile vécue par les populations, dont plusieurs habitations sont envahies par les eaux.

Face à l’urgence, il a promis de mettre à la disposition des sinistrés des motos-pompes afin de faciliter l’évacuation des eaux stagnantes et de contribuer à soulager les ménages affectés.

Prenant la parole devant les populations, Babacar Faye leur a exprimé toute sa solidarité avant de réaffirmer son engagement à apporter une réponse rapide à la situation.

Pour le DG de la SIRN, les conditions de vie imposées par les inondations exposent les populations à des risques sanitaires importants. Il estime ainsi qu’une assistance urgente est nécessaire.

« Les conditions dans lesquelles ces populations vivent dans les eaux ouvrent la voie à toutes sortes de maladies. Donc, c’est une urgence de leur porter assistance. C’est justement pour cela que je tiens à envoyer les motos-pompes le plus rapidement possible », a-t-il déclaré.

Cette visite de Babacar Faye s’inscrit dans une dynamique de solidarité et de proximité que les responsables du parti Kiiray – Les Patriotes Républicains entendent maintenir auprès des populations de Diakhao, particulièrement en cette période d’hivernage marquée par de nombreuses difficultés.

M. L. TOURÉ (avec En Relief)

À Kaolack, le SET multiplie les actions de proximité et affiche ses ambitions pour 2027

Le parti  S.E.T / Sénégal En Tête poursuit ses activités de proximité à Kaolack. Sous l’impulsion de sa coordonnatrice communale, Mme Coumba Ba, la formation politique entend renforcer sa présence sur le terrain à travers des actions sociales, environnementales et économiques.

Selon Mme Coumba Ba, coordonnatrice La vision du parti S.E.T/ Sénégal En Tête à  Kaolack dirigé par Moustapha Mamba Guirassy a rappelé au public la vision de la formation politique dénommée est de construire un Sénégal plus juste, solidaire et démocratique, où l’intérêt général, la vérité, l’équité et le développement du pays priment sur les intérêts particuliers.

Dans le cadre de la lutte contre les effets du changement climatique, le SET a organisé une opération de reboisement au quartier Keur Maloum, où une quinzaine d’arbres ont été plantés. Une initiative qui traduit, selon les responsables du parti, leur volonté de contribuer à la préservation de l’environnement et à l’amélioration du cadre de vie des populations.

Ces activités se sont également poursuivies avec des visites de proximité dans plusieurs quartiers de la commune. Des panels réunissant notamment des enseignants membres du parti ont permis d’échanger sur les enjeux de développement et sur les orientations politiques du SET.

Sur le plan social, Coumba Ba affirme vouloir placer les populations, notamment les femmes, les enfants et les personnes vulnérables, au cœur de son engagement. Le parti a également mené des actions en faveur de l’autonomisation des femmes, à travers des initiatives destinées à lutter contre la pauvreté et le chômage.

À l’occasion de ces rencontres, la coordonnatrice communale du SET s’est également prononcée sur les prochaines élections municipales de 2027, laissant entrevoir ses ambitions pour la ville de Mbossé Coumba Djiguène.

Mouhamed Moustapha Camara – Correspondant à Kaolack

Sénégal-FMI: la fausse bonne nouvelle qui pourrait coûter cher aux Sénégalais

Une bouée peut aussi devenir une ancre. C’est exactement ce qui vient d’arriver au Sénégal avec son accord fraîchement conclu avec le FMI — et la facture ne se limite pas aux marchés financiers.

Ce que le marché a vu en premier : de l’oxygène

À court terme, cet accord est une bouffée d’air pour un pays privé d’accès aux marchés internationaux depuis près de deux ans. Un programme de 2,2 milliards de dollars, soit 475 % de la quote-part du Sénégal au FMI, débloque un canal de financement officiel que Dakar avait perdu depuis la fameuse conférence de presse du premier ministre d’alors. Concrètement, cette liquidité réduit la pression de refinancement immédiate d’un Trésor public jusque-là dépendant du marché régional.

Ce que le marché a vu ensuite : une facture qui arrive

Les Eurobonds, eux, raisonnent en années. L’annonce a été immédiatement recontextualisée comme le prélude à un traitement de la dette externe via le Cadre commun renforcé du G20. Sur l’obligation en euros à échéance 2028, particulièrement scrutée en raison d’un coupon attendu à la mi-septembre, le volume de vente enregistré le mardi 1er septembre a atteint 13,1 millions de dollars — un pic inédit depuis deux semaines selon les données Bloomberg — avant une correction de plus de 8 centimes sur le titre. Les Eurobonds sénégalais se négocient désormais à des niveaux historiquement bas, certains sous les 50 centimes de leur valeur nominale.

La promesse de Cheikh Diba : redresser sans étouffer

Lors de sa conférence de presse du 1er septembre, en marge de la fin de mission du FMI, le ministre de l’Économie a cherché à concilier deux impératifs a priori contradictoires : assainir les finances publiques tout en préservant les ménages vulnérables. Sa ligne directrice : réaffirmer que les dépenses sociales resteront une priorité budgétaire pour les trois prochaines années, tout en poursuivant l’ajustement nécessaire pour restaurer la soutenabilité de la dette.

Le chiffre le plus révélateur de cette conférence n’est pas une promesse, mais un constat brut sur la marge de manœuvre réelle de l’État : en 2026, 25 francs sur 100 de recettes mobilisées seront absorbés par le seul paiement des intérêts de la dette. Ce chiffre doit se lire en creux derrière chaque annonce sociale du même jour, car il rappelle que tout renforcement de la protection sociale se fera dans un espace budgétaire déjà largement préempté par le service de la dette.

Le pari social : les bourses familiales en amortisseur

Face à ce risque de pression accrue sur les ménages, le gouvernement mise sur une carte connue : les bourses de sécurité familiale. L’enveloppe, actuellement de 70 milliards de francs CFA pour 500 000 familles, doublera à 140 milliards à partir de 2027, avec un million de ménages bénéficiaires visés. Le Premier ministre a même demandé, dès cette semaine, d’accélérer le ciblage des subventions et de garantir le versement des bourses avant la fin septembre, en amont de la rentrée scolaire.

Cela sera-t-il suffisant ?

La question mérite d’être posée sans détour, car l’écart entre l’ambition affichée et la contrainte budgétaire réelle interroge :

  • Le doublement des bourses familiales n’est pleinement calibré qu’à partir de 2027, alors que l’ajustement budgétaire et la pression du service de la dette s’exercent dès 2026 — un décalage temporel qui expose les ménages à un effet immédiat sans amortisseur renforcé.
  • Un million de ménages ciblés à terme reste modeste face à une population sous pression, dans un contexte de ralentissement économique marqué.
  • La croissance hors hydrocarbures et agriculture, seule capable d’absorber l’effort d’ajustement dans la durée, est projetée à seulement 3 % en 2026, bien en deçà des 5,5 % initialement inscrits en loi de finances.

Le calibrage précis de cette consolidation budgétaire — rythme de l’ajustement, articulation entre service de la dette et dépenses sociales, ampleur réelle de la relance hors hydrocarbures — reste à ce jour flou dans la communication du 1er septembre. Toutes ces réponses sont attendues lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, désormais fixée au 8 septembre devant l’Assemblée nationale — un rendez-vous institutionnel qui devra apporter les précisions que la seule conférence de presse ministérielle n’a pas fournies.

Le double impératif : rassurer le marché, protéger la population

Le Sénégal se trouve à la croisée de deux urgences de communication qui, pour l’instant, restent mal résolues. Côté marché, l’exécutif doit rapidement lever l’ambiguïté sur le périmètre exact du traitement de dette et ses paramètres, faute de quoi chaque nouvelle rumeur continuera de coûter des points de valorisation sur la courbe des Eurobonds. Côté population, il doit démontrer, chiffres à l’appui, que le doublement des bourses familiales n’est pas une simple annonce différée, mais un dispositif réellement calibré pour amortir un choc qui frappera avant que les filets sociaux renforcés ne soient pleinement opérationnels. Sur ces deux fronts, le silence ou l’à-peu-près ne sont plus des options : ils coûtent déjà, en points de base sur la dette et en confiance sociale, un prix que le pays ne peut plus se permettre de payer deux fois — la déclaration de politique générale du 8 septembre sera le premier test de cette double exigence de clarté.

Dr Cheikh NIANG, PhD, CFA

Expert en Finance

Membre de la Société d’économie politique (SEP)

Environnement: Le gouvernement veut désormais mesurer l’impact des projets sur le terrain

Le constat est désormais clairement posé: malgré les ressources importantes mobilisées en faveur de l’environnement, leurs effets restent encore insuffisamment perceptibles par les populations.

Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Aliou Gori Diouf, a relayé cette préoccupation du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, à l’occasion du lancement de cinq microprojets d’adaptation au changement climatique.

Le Sénégal veut-il changer de méthode dans la conduite de sa politique environnementale ? Le message porté par le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Aliou Gori Diouf, laisse penser que l’heure est désormais à une approche davantage axée sur les résultats.

Lors d’un échange avec le chef de l’État, le ministre dit avoir reçu une interpellation claire sur l’impact réel des nombreux projets financés dans le secteur de l’environnement. Selon lui, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye estime que les ressources mobilisées doivent davantage se traduire par des changements perceptibles dans la vie quotidienne des populations et dans les territoires. «Le ministère de l’Environnement mobilise beaucoup de ressources, mais le chef de l’État ne ressent pas suffisamment les impacts des projets sur les populations », a rapporté Dr Aliou Gori Diouf.

Pour le ministre, cette préoccupation constitue désormais une exigence dans la mise en œuvre des politiques publiques environnementales. Il ne s’agit plus seulement de multiplier les programmes, de mobiliser des financements ou de mettre en place des stratégies, mais de démontrer leur utilité concrète sur le terrain.

Du financement à l’impact

C’est dans cette logique que s’inscrit le lancement officiel de cinq microprojets d’adaptation au changement climatique, financés à hauteur de 700 000 euros par la coopération allemande.

La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Le Ndiambour, dans le cadre du Projet de mise en œuvre des actions régionales et nationales d’adaptation en Afrique centrale et de l’Ouest, dénommé PACO. Le programme est porté par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, à travers la Direction du changement climatique, de la transition écologique, des financements verts et des financements verts (Dcctefv), en partenariat avec la Coopération allemande (GIZ) et le Centre de suivi écologique (CSE).

À travers sa composante consacrée aux microprojets, le PACO entend justement rapprocher les politiques d’adaptation des réalités vécues par les communautés.

Pour Dr Aliou Gori Diouf, l’enjeu est de passer de la planification à l’action. Les initiatives retenues doivent permettre de répondre directement aux vulnérabilités identifiées dans les territoires, tout en servant de terrain d’expérimentation pour des solutions susceptibles d’être reproduites à plus grande échelle.

Cette démarche présente, selon le ministre, un double intérêt : apporter des réponses immédiates aux besoins des communautés et permettre de tester des solutions innovantes avant d’envisager leur réplication.

Cinq projets, cinq territoires

Les cinq microprojets sont déployés dans les régions de Saint-Louis, Thiès, Kaolack, Fatick et Kolda. Ils interviennent sur plusieurs problématiques liées à l’adaptation au changement climatique : sécurité alimentaire, gestion durable de l’eau, développement des filières agricoles, égalité de genre et renforcement des capacités des communautés.

La mise en place de fermes intégrées intelligentes, l’amélioration de l’accès à l’eau et la disponibilité de semences adaptées figurent notamment parmi les actions envisagées.

L’objectif affiché est d’atteindre directement plus de 12 000 bénéficiaires dans les différentes zones d’intervention.

Au-delà des chiffres, le défi sera donc de vérifier, sur le terrain, les changements effectivement produits par ces investissements. Car c’est précisément sur ce point que se situe l’interpellation présidentielle : faire en sorte que les financements environnementaux soient visibles dans les territoires et ressentis par les populations.

134 candidatures pour cinq projets retenus

Le processus de sélection illustre par ailleurs l’intérêt suscité par le mécanisme de financement. À la suite de l’appel à manifestation d’intérêt lancé en août 2025, 134 dossiers de candidature ont été enregistrés. Au terme de la sélection, seuls cinq projets ont été retenus.

Les promoteurs des cinq initiatives sélectionnées ont reçu leurs chèques lors de la cérémonie de lancement.

Pour le ministère, cette expérience doit aller au-delà du financement de quelques initiatives. L’ambition est de faire émerger, à partir des territoires, des solutions d’adaptation éprouvées et susceptibles d’alimenter les futures politiques publiques ainsi que les projets de plus grande envergure.

Le PACO apparaît ainsi comme une première réponse à une question devenue centrale : comment transformer les financements environnementaux en résultats mesurables et directement perceptibles par les populations ?

C’est désormais sur cette capacité à produire des effets concrets dans les territoires que devrait se mesurer l’efficacité des politiques d’adaptation au changement climatique.

Par A. Gaye (avec En Relief)

AMPHI de rentrée des CPGE 2026-2027: Le Pr. Magaye Diop plaide pour une livraison rapide du complexe pédagogique et social

THIÈS – Deux générations sont déjà sorties des Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE) implantées à l’École Polytechnique de Thiès (EPT) depuis 2022. Cette année, 50 nouveaux bacheliers scientifiques – 30 garçons et 20 filles – sélectionnés constituent la 3ème promotion. Ils ont rejoint les salles de classe aux côtés de ceux de la 2ème année, surnommés « les Topins ».

Un amphi de rentrée académique a été organisé, mercredi, à l’EPT par le directeur des CPGE, Pr. Magaye Diop, en présence du directeur du CROUS de Thiès, Cheikh Tidiane Gaye et de son équipe, du corps professoral, des étudiants et de leurs parents.

Un complexe en attente depuis 2023

Lors de la célébration de cette rentrée académique 2026-2027, le directeur des CPGE a rappelé que ces classes préparatoires sont hébergées par l’EPT depuis le lancement du projet en 2022. C’est durant cette même année qu’a eu lieu la pose de la première pierre du grand complexe pédagogique et social destiné aux CPGE dans l’enceinte de l’EPT. Ce complexe, qui comporte 99 chambres de 3 lits chacune, des salles pédagogiques, des salles de sport et des restaurants, devait être livré en 2023 pour permettre véritablement aux CPGE de monter en puissance.

Face au retard dans la livraison de cette infrastructure, qui est dans sa phase de finition, le directeur des CPGE a lancé un véritable cri du cœur pour que le complexe soit réceptionné cette année.

Le Pr. Magaye Diop plaide auprès des autorités étatiques pour la réception de ce grand complexe « qui va permettre à ce modèle d’excellence de monter véritablement en puissance en termes d’effectifs et de filières de formation ».

Vers l’essaimage du modèle dans les pôles territoires

Après cela, a-t-il souligné, la 4ème phase du projet consistera à « prendre ce modèle d’excellence implanté à Thiès pour l’essaime à travers les pôles territoires ».

« Cela rejoint la politique de l’État dans le cadre de la création des pôles territoires avec des spécificités bien connues dans chaque territoire. Dans chaque territoire, nous allons implanter des CPGE pour pouvoir servir de vivier à la formation d’ingénieurs », a-t-il déclaré.

Le directeur Magaye Diop a tenu à remercier particulièrement le ministre de l’Enseignement supérieur, Dr. Boubacar Camara, « qui a cette vision et qui est en phase avec la filière des CPGE pour pouvoir s’appuyer sur ce vivier pour créer ces écoles d’ingénieurs dont le Sénégal a tant besoin ».

Il a également associé à ses vifs remerciements les partenaires stratégiques, notamment dans le cadre de la coopération triangulaire France-Tunisie-Sénégal. Selon lui, la France a appuyé les CPGE à travers l’Accord Inter-Gouvernemental (AIG) et la Tunisie a accompagné avec des enseignants qualifiés. «Avec cette coopération triangulaire, les CPGE de Thiès sont considérées comme les meilleures classes préparatoires dans la sous-région », a-t-il soutenu, tout en rappelant qu’à l’issue des concours d’ingénieurs organisés dans la sous-région, les étudiants des CPGE de Thiès sont toujours classés premiers, avec également de très bons résultats sur le plan international.

«Nous sommes sur la bonne voie et ce qui reste à faire, c’est de consolider les acquis», a-t-il ajouté. Le directeur a enfin remercié vivement le directeur du CROUS de Thiès, Cheikh Tidiane Gaye et son équipe pour l’accompagnement « qui permet aux étudiants des CPGE de pouvoir s’épanouir au niveau du campus social pour mieux performer dans le campus pédagogique ». « L’État sénégalais a entre ses mains un modèle d’excellence de formation d’ingénieurs. C’est le lieu de se tourner vers ces CPGE, de leur donner les moyens pour permettre d’intégrer tous les bacheliers scientifiques», a-t-il conclu.

Oumar Ngatty Ba

Economie du Sénégal: Ma contribution dans l’effort de redressement en cours  

La quatrième dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s, désormais abaissée à Caa2 avec perspective négative, intervenue le 28 août 2026 constitue un signal d’alarme majeur. Elle intervient en pleine mission ( du 19 août au 1 septembre) du FMI au Sénégal .Les difficultés mises en avant concernent notamment les besoins élevés de refinancement, le poids de la dette, les tensions sur la liquidité et l’absence d’un nouveau programme avec le FMI qui limite l’accès du pays à des financements concessionnels et accroît sa dépendance au marché financier régional. Elle traduit, selon l’agence, une hausse du risque de défaut du Sénégal, dans un contexte marqué par des tensions persistantes sur les finances publiques, alors que Dakar cherche à restaurer la confiance des investisseurs et à améliorer la soutenabilité de ses finances publiques.

Quelles mesures pour redresser l’économie et restaurer la confiance ?

Cette quatrième dégradation de note doit surtout être considérée comme un avertissement sérieux appelant une réponse forte, cohérente et crédible. Au-delà de la notation elle-même, l’enjeu fondamental est la restauration de la confiance : confiance des citoyens, des investisseurs, des partenaires techniques et financiers, des entreprises et des marchés.

Face à cette situation, le Sénégal doit engager un véritable plan national de redressement économique et financier, ( PNREF) fondé sur les mesures prioritaires suivantes :

1. Conclure  un accord avec le FMI

À l’issue d’une mission menée à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026, Le  Fonds monétaire international (FMI) et les autorités sénégalaises sont parvenus à un accord de 36 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars pour  appuyer le programme de réformes économiques et financières du Sénégal. Le programme envisagé accorde une place importante au redressement des finances publiques  tout en protégeant les ménages vulnérables .La stratégie budgétaire reposera notamment sur « le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures et la rationalisation des dépenses », tout en consolidant les filets de protection sociale.

Il ne s’agit pas seulement d’obtenir de nouveaux financement , la conclusion de ce  nouveau programme tant attendu  permettra de restaurer la confiance des partenaires et de faciliter l’accès à des financements moins coûteux. Le Sénégal  devra poursuivre les réformes destinées à renforcer la gestion des finances publiques, la gouvernance budgétaire , la transparence et la gestion de la dette.

  1. Mettre en place un plan réaliste de maîtrise de la dette

Le Sénégal doit procéder à une revue complète de sa dette publique, de ses garanties et de ses engagements éventuels afin de disposer d’une vision exhaustive et transparente de la situation financière de l’État. A cet effet, le Gouvernement vient d’annoncer la mise en place d’un Plan de Traitement de la Dette du Sénégal ( PTDS) .

Il est nécessaire de :

  • privilégier les financements concessionnels et à maturité longue ;
  • limiter le recours aux emprunts coûteux à court terme ;
  • améliorer la gestion des échéances de remboursement ;
  • réduire progressivement le poids du service de la dette dans le budget ;
  • éviter que l’endettement ne serve principalement à financer des dépenses de fonctionnement.

Chaque nouvel emprunt devrait être soumis à une exigence claire : quel impact économique, quelle rentabilité et quelle capacité de remboursement ?

3. Accélérer l’assainissement budgétaire sans casser la croissance

La croissance de 6,7% de 2025 est liée à la première année complète  de production pétrolière. Hors hydrocarbures, elle n’a été que de 2,2%.elle a cependant rebondi à 4,7% au premier trimestre 2026, soutenue par la consommation privée .La réduction du déficit budgétaire est indispensable. Il convient  tout de même de préciser qu’il est passé de 13,4% du PIB en 2024 à 6,4% du PIB en 2025 .L’État doit réduire en priorité les dépenses inefficaces, les gaspillages et les doublons administratifs. A titre d’exemple, plusieurs Agences ayant des conflits de compétence, comme l’ASEPEX, le Bureau de Mise à Niveau, l’ADEPME et le CICES pourraient être regroupées en une seule grande Agence au titre de la rationalisation des dépenses publiques. Il faut aussi  préserver les dépenses qui préparent l’avenir : éducation, santé, infrastructures prioritaires, agriculture, industrie, numérique et formation professionnelle (à ce titre nous suggérons aux Autorités de  s’abstenir de dissoudre l’ANAMO) .L’objectif doit être de passer d’une logique d’austérité subie à une logique de discipline budgétaire efficace.

4. Élargir l’assiette fiscale plutôt qu’augmenter continuellement la pression sur les mêmes contribuables

Il convient de signaler que 28,6% des recettes fiscales  mobilisées provient de l’impôt sur le revenu (IR).L’amélioration des recettes publiques doit reposer sur une fiscalité plus juste et plus efficace.

Cela suppose notamment :

  • une meilleure lutte contre la fraude et l’évasion fiscales ( chaque année le Sénégal perd environ 161 milliards de FCFA en raison de ces deux fléaux) ;
  • la digitalisation complète des administrations fiscales et douanières ;
  • la réduction des exonérations fiscales injustifiées ;
  • l’intégration progressive des activités informelles dans l’économie formelle ;
  • une meilleure taxation des activités fortement rentables, dans le respect de la compétitivité nationale.

Le Sénégal doit rechercher davantage de recettes sans étouffer les entreprises et les classes moyennes.

5. Faire de la production nationale la priorité absolue

Le redressement financier ne sera durable que s’il repose sur une économie productive. Le Sénégal doit réduire sa dépendance excessive aux importations ( à fin juin 2026 elles se chiffraient à 3284 milliards de FCFA) en soutenant davantage :

  • l’agriculture et la transformation agroalimentaire ;
  • la pêche et l’économie bleue ;
  • l’industrie manufacturière ;
  • l’élevage ;
  • le tourisme ;
  • le numérique ;
  • les petites et moyennes entreprises.

L’objectif doit être simple : produire davantage au Sénégal, transformer davantage au Sénégal et exporter davantage depuis le Sénégal.

6. Apurer progressivement la dette intérieure de l’État

Les retards de paiement de l’État fragilisent les entreprises, réduisent leur trésorerie et limitent leur capacité à investir et à créer des emplois.

Un plan transparent et progressif d’apurement de la dette intérieure doit donc être mis en œuvre, en donnant une priorité aux petites et moyennes entreprises les plus vulnérables. Fort heureusement 300 milliards de FCFA sont inscrits dans le budget 2026.La relance de l’économie passe également par la restauration de la confiance entre l’État et le secteur privé.

7. Restaurer la transparence  de l’État

La confiance se reconquiert d’abord par la transparence. Les autorités doivent communiquer régulièrement sur :

  • le niveau réel de la dette ;
  • l’exécution du budget ;
  • les engagements financiers de l’État ;
  • les résultats des réformes engagées ;
  • l’utilisation des ressources publiques.

Le Sénégal doit mettre en place un véritable tableau de bord public du redressement économique, permettant aux citoyens, aux investisseurs et aux partenaires de suivre objectivement les progrès accomplis.

8. Mettre en place une cellule nationale de suivi du redressement économique

Une cellule de crise économique et financière, placée sous l’autorité du Ministère de l’économie des finances et du plan , pourrait assurer le suivi régulier des principaux indicateurs : déficit budgétaire, dette, service de la dette, recettes fiscales, investissements, dette intérieure et croissance. Cette structure devrait produire régulièrement un rapport public sur l’état d’avancement des engagements pris.

9. Retrouver un consensus national sur l’économie

Le redressement du Sénégal ne peut être l’affaire exclusive du Gouvernement. Il doit associer l’État, le secteur privé, les syndicats, les collectivités territoriales, les universitaires, les experts et la société civile.

Un Pacte national pour la stabilité et le redressement économique permettrait de définir des priorités communes et de donner une visibilité à moyen et long terme aux acteurs économiques. La crédibilité financière du Sénégal  se construira  par la transparence, la rigueur, la production et la constance dans les réformes.

Marie Bâ AIDARA

Economiste/Ecrivain

Ancien Ministre

mariebabacarba@gmail.com

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