lundi, septembre 7, 2026
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Kolda: Ralliement du mouvement «Agir Pour Kolda» au parti KIIRAAY

C’est un tournant politique pour le mouvement « Agir Pour Kolda ». Lors d’une déclaration publique, son président Mohamed Mike Baldé a annoncé le ralliement de sa structure aux côtés de Abdourahman Baldé, dit «Doura», directeur général de la LONASE et responsable du parti KIIRAAY.

«Aujourd’hui est un jour important pour notre mouvement Agir Pour Kolda. Ce moment n’est pas celui d’un renoncement, encore moins celui d’un calcul politique. C’est un choix mûrement réfléchi, fondé sur une conviction : la politique doit avant tout servir l’intérêt de notre territoire et de nos populations », a-t-il déclaré.« Rassembler pour bâtir une nouvelle dynamique ».

Pour Mohamed Mike Baldé, cette décision vise à rassembler. « Ce ralliement n’est pas une affaire de postes, de privilèges ou d’intérêts personnels. C’est une décision politique assumée, libre et responsable. Nous voulons rassembler les forces, les compétences et les énergies capables de porter une nouvelle dynamique pour Kolda », a-t-il souligné.

Le président d’«Agir Pour Kolda» a tenu à préciser que son mouvement arrive avec « son identité, ses convictions et son histoire ». « Nous ne renions ni notre parcours ni les combats que nous avons menés. Au contraire, nous mettons notre expérience au service d’une ambition plus grande : construire une Kolda plus forte, plus respectée et plus confiante en son avenir ».

Appel à l’engagement et à l’unité

S’adressant à ses compagnons, Mohamed Mike Baldé a appelé à un engagement basé sur une vision. « Ne venez pas pour suivre des personnes, venez pour défendre une vision. La politique ne doit pas être un royaume où certains commandent et où les autres doivent simplement applaudir. Elle doit être un espace de dialogue, de respect, de responsabilité et d’action ».

Il a également plaidé pour « une politique intergénérationnelle, où l’expérience des anciens rencontre l’énergie et les idées de la jeunesse ».

En conclusion, le président d’«Agir Pour Kolda» a tendu la main à tous ceux qui partagent l’ambition de développer la région, « au-delà des appartenances et des sensibilités ». « Notre choix est donc clair. Nous voulons participer à une dynamique qui place Kolda au-dessus des intérêts individuels. Parce qu’au fond, notre objectif reste le même : Kolda ».

Évoquant les défis à venir, il a insisté : « Nous avons des jeunes à accompagner, des familles à soutenir, des territoires à développer et une confiance collective à reconstruire ». « Alors, aujourd’hui, nous ne fermons pas une porte. Nous ouvrons une nouvelle porte. Une nouvelle étape. Une nouvelle dynamique. Une nouvelle responsabilité. Mais surtout, un même objectif : Kolda ». « Kolda mérite mieux. Kolda mérite plus. Et Kolda mérite surtout que nous mettions nos différences de côté pour construire ensemble son avenir », a conclu Mohamed Mike Baldé.

Abdoulaye WANDIANGA, Correspondant à Kolda

Assemblée nationale: une majorité n’a pas tous les droits- (Par Abdoulaye Wilane)

 NOTE POLITIQUE

Ce qui se passe aujourd’hui à l’Assemblée nationale doit interpeller tous les démocrates sénégalais.

Le Parlement devrait être le lieu par excellence du débat contradictoire, du contrôle de l’action publique et de l’expression de toutes les sensibilités de la Nation. Or, les tensions répétées dans l’hémicycle, les controverses autour du Règlement intérieur et les restrictions de parole dénoncées par plusieurs députés de l’opposition donnent le sentiment préoccupant que la force du nombre tend parfois à prendre le pas sur les exigences du débat démocratique.

PASTEF dispose d’une large majorité parlementaire. C’est le choix des électeurs et il doit être respecté.

Mais une majorité parlementaire, aussi large soit-elle, n’est pas au-dessus des règles constitutionnelles, législatives et réglementaires qui organisent le fonctionnement de l’Assemblée nationale.

Elle peut voter les lois. Elle peut exercer les prérogatives que lui confère sa majorité. Elle peut soutenir et mettre en œuvre, dans le respect de la Constitution et des lois, le programme pour lequel elle a été élue.

Mais elle ne peut considérer l’Assemblée nationale comme sa propriété, ni l’opposition comme une simple présence tolérée.

Une opposition minoritaire en nombre ne doit jamais devenir une opposition mineure en droits.

Le courage de ceux qui défendent le débat parlementaire

C’est pourquoi je veux saluer les députés qui, malgré un rapport de forces largement favorable à la majorité, continuent d’exercer pleinement leur mission de contrôle.

Je veux particulièrement saluer le courage de Thierno Alassane Sall.

Son intervention récente mérite d’être remarquée. En défendant son droit à la parole et celui des députés à aborder les sujets qu’ils estiment relever de leur mission de contrôle, il a rappelé une chose essentielle : la parole d’un député ne lui est pas concédée par la majorité ; elle procède du mandat que lui ont confié les citoyens.

On peut être en désaccord avec ses positions. Mais lorsqu’un parlementaire refuse que le débat contradictoire soit affaibli, il défend une prérogative qui dépasse sa propre personne : il défend le Parlement.

Je veux également saluer Abdou Mbow, Aïssata Tall Sall, Pape Djibril Fall, Tafsir Thioye, ainsi que tous les députés de l’opposition qui continuent, chacun avec sa sensibilité, à questionner, contester et exercer leur mission de contrôle.

Fonds spéciaux : confidentialité ne signifie pas absence de contrôle

La controverse autour des fonds spéciaux illustre parfaitement l’importance de ce débat.

Il s’agit de deniers publics. Leur régime, leur finalité et les modalités de leur contrôle constituent donc des questions légitimes pour la représentation nationale.

Cela ne signifie évidemment pas que toutes les informations relatives à ces dépenses doivent être rendues publiques.

Certaines dépenses liées notamment à la sécurité, à la défense ou au renseignement peuvent légitimement exiger la confidentialité.

Mais le principe doit être clair : le caractère sensible de certaines dépenses peut justifier des modalités particulières de contrôle et de confidentialité ; il ne saurait toutefois supprimer tout contrôle parlementaire.

Le secret nécessaire à la protection de certains intérêts de l’État ne saurait signifier l’absence de contrôle par la représentation nationale.

L’argent public demeure de l’argent public.

Préserver nos institutions

Cette crispation institutionnelle intervient en outre dans un contexte économique et social qui appelle responsabilité, stabilité et confiance.

Les Sénégalais attendent des réponses sur leur pouvoir d’achat, l’emploi, l’avenir de la jeunesse, les difficultés des entreprises et les perspectives économiques du pays.

Le Sénégal ne peut pas se permettre d’ajouter aux difficultés économiques et sociales une fragilisation du fonctionnement de ses institutions démocratiques.

Nous avons besoin d’un Parlement fort, d’une majorité consciente de ses responsabilités et d’une opposition pleinement respectée dans ses droits.

J’en appelle aux consciences républicaines

J’en appelle aux citoyens, à la société civile, aux juristes, aux universitaires, aux médias et à toutes les forces vives de la Nation.

J’en appelle également à tous les partis d’opposition soucieux de l’avenir du Sénégal.

Nos différences politiques ne doivent jamais nous empêcher de nous retrouver lorsqu’il s’agit de défendre l’essentiel : la République, l’État de droit, le respect des institutions, les droits de l’opposition et la liberté du débat parlementaire.

Aujourd’hui, PASTEF est majoritaire. Demain, une autre formation politique pourra l’être.

C’est précisément pourquoi les règles doivent être défendues indépendamment de celui qui détient momentanément la majorité.

Aux députés de l’opposition qui continuent ce combat, je veux dire : tenez bon. Continuez à parler, à questionner et à contrôler.

Car lorsqu’on affaiblit la parole d’un député dans l’hémicycle, c’est une part de la voix du peuple sénégalais que l’on affaiblit.

Une majorité gouverne.

Une opposition contrôle.

Et la démocratie exige que chacune puisse pleinement exercer son rôle.

Abdoulaye Wilane

Porte-parole du Parti Socialiste

ASER-AEE Power: la Nébuleuse s’épaissit…

De «scandale amoul» aux investigations du parquet financier, Badara Gadiaga relance les interrogations sur les 37 milliards et les responsabilités dans le dossier

Invité ce mercredi sur le plateau de Sentv, dans l’« Entretien spécial » animé par le journaliste Mohamed Diop, Badara Gadiaga a remis l’affaire ASER-AEE Power au cœur du débat. Revenant sur le circuit du marché, les décaissements, les sorties publiques des principaux protagonistes et les procédures judiciaires en cours, il a surtout posé une question dérangeante : qui doit désormais répondre des zones d’ombre qui entourent ce dossier ? Une interrogation d’autant plus lourde que le parquet financier a confirmé la poursuite d’une enquête exhaustive et la saisine d’un juge d’instruction.

Le Parquet financier brise le silence

Pendant longtemps, l’affaire ASER-AEE Power s’est jouée sur le terrain politique et médiatique. Elle est désormais clairement entrée dans le champ judiciaire.

Dans un communiqué rendu public le 5 juin 2026, le parquet financier du Pool judiciaire financier a confirmé que les investigations confiées à la Section de recherches de Dakar se poursuivent. Le communiqué fait état de plusieurs procédures portant sur des faits présumés liés au contrat d’électrification rurale et rappelle notamment des plaintes pour tentative d’escroquerie, faux et usage de faux, ainsi qu’une plainte contre X pour faux, usage de faux et détournement présumé de deniers publics. Le parquet a également relevé des liens de connexité entre plusieurs procédures et saisi un juge d’instruction.

Pour Badara Gadiaga, ce tournant judiciaire change nécessairement la lecture du dossier. Selon lui, dès lors que des infractions sont visées, la question ne devrait plus être de savoir qui a le plus communiqué ou qui a remporté la bataille médiatique, mais de déterminer précisément les responsabilités.

«Qui a empêché la justice de faire son travail ?»

C’est l’un des points les plus sensibles soulevés par l’invité de Mohamed Diop.

Badara Gadiaga estime que les regards devraient désormais se tourner vers ceux qui, selon lui, auraient pu contribuer à empêcher ou à retarder le traitement judiciaire du dossier. Une manière de déplacer le curseur : au-delà du contentieux entre AEE Power Sénégal, AEE Power Espagne et l’ASER, il faudrait également s’interroger sur les conditions dans lesquelles les alertes, les plaintes et les contestations ont été traitées.

Une interrogation qui prend une résonance particulière alors que le parquet financier affirme aujourd’hui que les investigations se poursuivent avec diligence afin de faire toute la lumière sur les faits.

Le marché, les décaissements et le mystère des 37 milliards

Au cœur de la polémique, une enveloppe de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA destinée à un vaste programme d’électrification rurale.

Le dossier est devenu particulièrement sensible autour de l’utilisation des fonds décaissés et de l’écart entre les montants mobilisés et les réalisations sur le terrain. Une enquête publiée en mai 2026 soulignait que le projet, initialement destiné à électrifier de nombreux villages, avait connu de multiples rebondissements : renégociation du marché, suspension de financements, contestations sur les garanties et interventions successives des organes de régulation et de justice.

Badara Gadiaga a, lui, insisté sur le processus ayant conduit aux décaissements, appelant à reprendre le dossier étape par étape : qui a engagé quoi ? À quelle date ? Sur quelle base ? Qui a validé ? Où les fonds ont-ils été transférés ? Et surtout, à quelles fins ont-ils finalement été utilisés ?

Autant de questions auxquelles la justice devra apporter des réponses documentées.

José, l’espagnol, et les manœuvres qui interrogent

Autre zone d’ombre évoquée sur le plateau de Sentv : le rôle de José, présenté comme l’un des acteurs espagnols gravitant autour du dossier.

Badara Gadiaga est revenu sur ce qu’il considère comme des manœuvres successives et des positions difficiles à concilier. Dans un dossier déjà marqué par un conflit entre AEE Power Espagne et AEE Power Sénégal, les versions des protagonistes se sont souvent opposées.

La justice espagnole est d’ailleurs également saisie d’un volet du contentieux. En juin 2026, Thierno Alassane Sall avait annoncé avoir obtenu des documents judiciaires espagnols relatifs aux transactions bancaires au cœur du dossier.

Mais une question demeure : les flux financiers peuvent-ils être reconstitués de manière suffisamment précise pour établir la destination et l’utilisation effective des sommes décaissées ?

C’est précisément là que se trouve l’un des nœuds de l’affaire.

Jean-Michel Sène : des sorties publiques qui alimentent la polémique

Badara Gadiaga n’a pas non plus épargné Jean-Michel Sène, directeur général de l’ASER.

Il a rappelé les différentes prises de parole du responsable, notamment ses accusations contre certains acteurs du dossier et ses explications sur le marché. En 2024, Jean-Michel Sène avait notamment accusé AEE Power Sénégal de surfacturation et évoqué publiquement des irrégularités portant sur certaines factures. Ces accusations ont été contestées par les parties adverses.

Pour Badara Gadiaga, l’accumulation de versions, de réponses et de contre-réponses contribue à épaissir le brouillard autour de l’affaire.

La question n’est donc plus seulement de savoir qui dit vrai dans la bataille médiatique. Il s’agit désormais de confronter les déclarations aux documents, aux mouvements bancaires, aux contrats, aux décisions administratives et aux actes de procédure.

«Il n’y a aucun scandale »: la phrase de Sonko rattrapée par la justice ?

L’autre séquence rappelée par Badara Gadiaga concerne Ousmane Sonko.

En octobre 2024, alors Premier ministre, Ousmane Sonko avait publiquement défendu Jean-Michel Sène au Dakar Arena, affirmant : « Il n’y a aucun scandale », tout en présentant le directeur général de l’ASER comme un exemple de rigueur et de transparence.

Cette déclaration, à l’époque politique, prend aujourd’hui une autre dimension à la lumière de la procédure judiciaire.

Il ne s’agit évidemment pas d’en déduire une quelconque culpabilité ou responsabilité personnelle. Mais une interrogation demeure légitime dans le débat public : que devient une affirmation politique lorsque le dossier qu’elle concernait se retrouve entre les mains d’un juge d’instruction ?

C’est précisément cette contradiction apparente entre le discours politique d’hier et la réalité judiciaire d’aujourd’hui que Badara Gadiaga remet sur la table.

La sortie de Maïmouna Dièye, autre épisode embarrassant

L’ancien ministre de la Famille, Maïmouna Dièye, n’échappe pas non plus à la relecture critique de Badara Gadiaga.

Il a rappelé sa déclaration controversée concernant Abass Fall, actuel maire de Dakar, selon laquelle, en substance, face à une accusation de cinq milliards de francs CFA, il faudrait « s’en ficher ».

Une sortie qui, replacée dans le contexte actuel, pose une question plus large : dans une République qui revendique la transparence et la reddition des comptes, quelle attitude les responsables publics doivent-ils adopter face aux accusations financières ?

La réponse ne peut être ni l’indignation sélective, ni la défense automatique, ni la condamnation médiatique. Elle doit être la production de preuves et le libre exercice de la justice.

L’acharnement contre Seydou Kane, une autre zone d’ombre ?

Dans son analyse, Badara Gadiaga s’est également interrogé sur ce qui ressemble, à ses yeux, à une focalisation persistante sur Seydou Kane. Sans préjuger des responsabilités que l’enquête judiciaire pourrait éventuellement établir, il relève que celui-ci semble avoir été placé au centre des accusations, alors que le dossier implique plusieurs acteurs, plusieurs étapes administratives et des mouvements financiers qui méritent d’être retracés dans leur intégralité. Pour Badara Gadiaga, cette insistance à mettre Seydou Kane au premier plan soulève une question de fond : ne serait-il pas devenu le bouc émissaire idéal d’une affaire dont les véritables ramifications pourraient se situer ailleurs ? Une interrogation d’autant plus légitime que la justice, désormais saisie, devra examiner les responsabilités de chacun, sans acharnement, sans protection et sans traitement de faveur.

Une affaire aux multiples zones d’ombre

L’affaire ASER-AEE Power ne se résume donc plus à une querelle entre une société sénégalaise et son partenaire espagnol.

Elle concentre aujourd’hui une succession de questions : les conditions d’attribution et de renégociation du marché, les garanties, les factures contestées, les décaissements, la destination des fonds, les performances du projet, les responsabilités des différents acteurs et, surtout, les raisons pour lesquelles le dossier a pris une telle ampleur avant de se retrouver pleinement sur le terrain judiciaire.

Une enquête publiée en 2026 relevait elle-même qu’aucun des documents examinés ne permettait alors d’établir avec certitude l’utilisation exacte des 37 milliards FCFA, laissant cette question au centre du dossier.

La justice comme seul arbitre

Au terme de son intervention, Badara Gadiaga a surtout remis en cause ce qu’il considère comme une lecture trop simpliste du dossier : les uns seraient forcément les victimes, les autres forcément les coupables.

Or, le communiqué du parquet financier impose une autre méthode : enquêter, vérifier, confronter et établir les responsabilités.

Le dossier est désormais entre les mains de la justice. Le parquet financier a confirmé que les investigations se poursuivent et qu’un juge d’instruction est saisi.

La question centrale n’est donc plus de savoir s’il faut parler de « scandale » ou de « scandale amoul ».

Elle est beaucoup plus simple et beaucoup plus grave : où sont passés les milliards, qui a décidé quoi, qui a exécuté quoi et qui devra répondre devant la justice ?

C’est à ces questions que l’instruction devra répondre.

Et c’est précisément cette exigence de vérité que l’entretien de Badara Gadiaga, face aux questions incisives du journaliste Mohamed Diop, vient remettre au centre du débat.

Synthèse: A. L. NDIAYE (avec En Relief)

 

 

 

Quand Badara Gadiaga rend hommage à Bougane Guèye Dany

L’éditorialiste salue le combat démocratique et l’engagement du président de Gueum Sa Bopp

Invité ce mercredi de Sene TV dans le cadre d’un entretien spécial, Badara Gadiaga a livré un témoignage particulièrement élogieux à l’endroit de Bougane Guèye Dany, président du mouvement Gueum Sa Bopp. L’éditorialiste a notamment tenu à rappeler plusieurs prises de position et actes posés par l’homme d’affaires et acteur politique dans le débat public sénégalais.

Selon Badara Gadiaga, Bougane Guèye Dany figurait parmi les premières personnalités à avoir publiquement contesté les chiffres relatifs à la dette du Sénégal, aujourd’hui au cœur des débats sur la situation financière du pays. Il rappelle que cette prise de position était intervenue avant l’arrestation du leader de Gueum Sa Bopp.

Mais au-delà de son engagement dans le débat économique et politique, Badara Gadiaga a également mis en avant l’engagement de Bougane Guèye Dany auprès des populations en difficulté. Il souligne notamment que ce dernier aurait été, selon lui, le premier responsable politique à se rendre à Matam pour apporter son soutien aux populations durement touchées par les inondations.

Un engagement de terrain que l’intervenant considère comme révélateur de la personnalité de Bougane Guèye Dany. Pour Badara Gadiaga, le président de Gueum Sa Bopp est avant tout « un démocrate qui a beaucoup lutté pour le Sénégal », une appréciation qui tranche avec les nombreuses controverses ayant jalonné le parcours politique de ce dernier.

L’éditorialiste est également revenu sur la période ayant entouré l’arrestation de Bougane Guèye Dany. Il a indiqué lui avoir envoyé Me Fall, avocat ayant participé à sa défense aux côtés de ses autres conseils.

À travers ce témoignage, Badara Gadiaga a ainsi choisi de mettre en lumière une autre facette de Bougane Guèye Dany : celle d’un acteur politique engagé dans le débat national, mais également présent, selon lui, aux côtés des populations confrontées aux difficultés sociales et aux catastrophes naturelles.

Un hommage qui intervient dans un contexte politique où les prises de position, les engagements et les combats des différents acteurs sont régulièrement scrutés. Pour Badara Gadiaga, il importe aussi de reconnaître les actions et les convictions de ceux qui, à ses yeux, ont contribué au débat démocratique et à la défense des intérêts du Sénégal.

A. L. NDIAYE (avec En Relief)

Sénégal: le Prix d’un Mot…

Comment une phrase mal choisie aurait coûté au pays 4,7 milliards de dollars d’investissements- (Par Dr Cheikh Niang)

 Un mot peut valoir des milliards. Le Sénégal vient d’en faire l’amère expérience, et la facture, elle, ne plaisante pas.

En 2023, les investisseurs étrangers injectaient 4,79 milliards de dollars dans le pays. En 2025, ce chiffre est tombé à 37 millions. Une chute de 98,9%. Presque à zéro. À ce niveau-là, on ne parle plus de ralentissement, on parle d’un robinet qu’on a fermé et dont on a ensuite égaré la clé.

Une partie de cette baisse était prévisible et n’a rien de scandaleux : les grands projets gaziers et pétroliers, Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim, ont achevé leur phase de construction en 2024 et sont entrés en production. Mécaniquement, les besoins en capitaux étrangers pour bâtir ces infrastructures ont disparu, comme s’éteint le chantier une fois l’immeuble livré. Ce phénomène, à lui seul, explique une partie du recul.

Mais il n’explique pas tout. Une chute de 98,9%, qui ramène les flux à un niveau quasi nul, dépasse largement ce que la seule fin d’un cycle d’investissement pétrolier aurait dû produire. Le reste de l’histoire, celui qui transforme un ralentissement attendu en effondrement brutal, est le prix d’un discours.

Une phrase qui a tout changé

Tout est parti d’un mot : «falsifications». C’est ainsi que le Premier ministre a qualifié les écarts constatés sur la dette publique. Un mot fort, qui marque les esprits en conférence de presse. Sauf qu’en matière de crédibilité financière, marquer les esprits des investisseurs n’est jamais gratuit.

Problème : ce n’est pas ce que dit le rapport officiel de la Cour des comptes. Ce document, nettement plus mesuré, parle d’anomalies, d’écarts de méthode, de limites dans le périmètre des chiffres. Nulle part il n’établit une fraude organisée. Autrement dit, on a commandé un rapport d’expertise comptable et on en a fait un aveu de culpabilité qu’il ne contenait pas.

La différence entre les deux mots peut sembler anecdotique. Elle ne l’est pas. Pour un investisseur à New York, Londres ou Dubaï, « falsification » ne veut dire qu’une chose : on ne peut pas faire confiance aux chiffres de ce pays. Et le plus étonnant, c’est que cette accusation n’est pas venue d’un rival ou d’un partenaire mécontent : elle est venue du gouvernement lui-même, parlant de son propre bilan. C’est un peu comme si un élève, plutôt que de laisser le jury évaluer sa copie, se levait en plein examen pour crier qu’il a triché : personne n’a le temps de vérifier, tout le monde retient simplement l’aveu.

Ce simple mot a suffi à faire fuir les capitaux et à faire grimper le coût de la dette, bien au-delà de ce que le seul essoufflement naturel des investissements pétroliers laissait présager. Les agences de notation ont dégradé le pays, les marchés ont sanctionné. Un an après, la facture est là : plus personne n’investit, et le seul argent qui circule encore est celui qui était déjà coincé sur place.

Le mirage des chiffres qui montent

Voici où l’histoire devient troublante. Si les nouveaux investissements se sont taris, le stock total d’argent étranger au Sénégal, lui, a augmenté : +21% en un an, pour atteindre près de 25 milliards de dollars.

De quoi parle-t-on vraiment ? Pas de nouvel argent qui arrive. Il s’agit des profits des grands projets gaziers, désormais en production, qui restent sur place pour financer l’exploitation courante plutôt que de repartir vers les sièges sociaux à l’étranger. Un peu comme un locataire qui, faute de trouver mieux sur le marché, préfère repeindre son salon plutôt que déménager : il investit là où il est déjà, non par enthousiasme pour le quartier, mais parce que c’est simplement plus pratique.

En clair : ce n’est pas de la confiance retrouvée. C’est de l’argent qui était déjà là et qui reste, faute de meilleure destination. Le stock gonfle, mais aucun investisseur nouveau ne fait le choix du Sénégal. Le tableau paraît flatteur sur le papier. Il cache en réalité un désert d’investissements neufs, à l’image d’un compte en banque qui grossit uniquement grâce aux intérêts accumulés, alors que son titulaire a cessé d’y déposer le moindre centime depuis des mois.

Bons élèves sur le papier, oubliés dans les faits

Le plus frustrant, c’est que le Sénégal n’est pas mauvais élève sur tout. Le dernier classement mondial de la Banque mondiale sur le climat des affaires lui accorde de bonnes notes : 71 sur 100 pour le droit du travail, 66 sur 100 pour l’accès au crédit. Sur le papier, c’est presque un bon bulletin scolaire.

Mais à quoi servent de bonnes règles si personne ne vous fait confiance ? On peut avoir le règlement de copropriété le plus rigoureux du quartier, si les voisins pensent que les comptes ont été trafiqués, personne ne viendra investir dans les parties communes. La démonstration est cruelle, mais limpide : un bon classement administratif ne rassure aucun investisseur si la parole de l’État, elle, est mise en doute. Les bonnes notes de conduite ne remplacent jamais la confiance perdue.

Le verdict

Le constat est sans appel. Oui, une partie du recul des investissements étrangers était inscrite dans le calendrier des projets pétroliers depuis longtemps. Mais le Sénégal a transformé un ajustement attendu en débâcle en perdant, en un an, la quasi-totalité de ses nouveaux investisseurs étrangers hors hydrocarbures. Ce n’est pas parce que le pays manquait d’atouts — il en a, et pas des moindres — mais parce qu’un mot mal pesé a suffi à faire douter le monde entier de la fiabilité de ses chiffres.

Le stock d’IDE continue d’augmenter, mais c’est un trompe-l’œil : une façade repeinte de fraîche date sur un immeuble dont plus personne ne veut acheter les étages. Ce sont des profits captifs, pas de nouveaux paris sur l’avenir du pays. Tant que la confiance ne sera pas restaurée, aucune statistique flatteuse ne pourra masquer cette réalité brute : les investisseurs ont voté avec leurs pieds, et ils sont partis sans laisser d’adresse.

Dr Cheikh NIANG, CFA — Expert en Finance

 

 

Lutte contre la malnutrition dans la commune de Loul Sessène: L’ONG Nutri-Aide internationale présente les réalisations du projet « Hautes Technologies »

L’ONG Nutri-Aide internationale, présente au Sénégal depuis 2010, a effectué une visite de terrain ce jeudi dans le village de Ndiol Mangane, commune de Loul Sessène, département de Fatick, pour présenter les réalisations du projet «Hautes Technologies pour combattre la malnutrition ».

«Nous sommes en visite des réalisations du projet Hautes Technologies pour combattre la malnutrition dans la commune de Loul Sessène», a expliqué Pierre Diatta SARR, coordinateur pays de Nutri-Aide internationale.

Des outils pour mieux produire et mieux conserver

Parmi les infrastructures clés : un pluviomètre, un thermomètre et un magasin de stockage communautaire.

L’objectif est de donner aux communautés des données fiables pour mieux planifier les campagnes agricoles. «Un des axes du projet a consisté à permettre aux communautés d’avoir des éléments de données pour pouvoir comprendre quand est-ce qu’ils doivent semer, suivre leur culture jusqu’à la récolte», a précisé le coordinateur.  Le magasin de stockage répond à un besoin crucial : offrir un espace sécurisé pour conserver les produits après les récoltes. Géré par un comité représentatif du village, il fonctionne sur la base d’une contribution symbolique de 50 francs CFA par jour de dépôt.

Des observateurs communautaires ont également été formés. Ils collectent des données via une application, transmises à l’Université de Turin qui les retraite et renvoie des bulletins météorologiques. Cela permet aux paysans de mieux caler leur calendrier agricole.

Un centre de récupération nutritionnelle pour les enfants de 0 à 5 ans

La visite a aussi permis de découvrir le Centre de Récupération et d’Éducation Nutritionnelle (CREN), construit par Nutri-Aide dans le cadre du projet. C’est le seul de toute la zone de Diofior.

Géré par Sœur Madeleine NDOUR, pédiatre, le centre prend en charge les enfants de 0 à 5 ans souffrant de malnutrition aiguë sévère ou modérée. «On fait la pesée, la taille à l’arrivée. On fait des causeries avec les mamans sur l’importance de l’alimentation. Si c’est une malnutrition aiguë sévère, on donne du Plumpy Nut.

Si c’est modéré, on prépare des repas enrichis : bouillie avec lait, pain, oseille, tamarin ; et à midi du riz avec carottes et navet », détaille la coordinatrice.

Le centre est passé de 2160 enfants au démarrage à un taux de malnutrition ramené à 8% aujourd’hui grâce au travail communautaire.

Remerciements et plaidoyer

Nutri-Aide a salué le rôle de la mairie de Loul Sessène et du maire Sidya Diouf pour la facilitation. Le projet est financé par la Présidence du Conseil des Ministres italiens via le fonds 8/1000. Les responsables du centre lancent un appel à l’État : « Nous avons besoin que le ministère de la Santé nous soutienne en affectant ici du personnel pour que la structure puisse fonctionner de façon efficace ». Une nouvelle pédiatrie, financée par la fondation italienne Prosolidar, est également en cours d’équipement.

Pour Nutri-Aide, l’ambition est de pérenniser et vulgariser ces actions partout où le besoin se fera sentir afin d’assurer une meilleure sécurité alimentaire dans la région.

Reportage : Ch. Seck NDONG et Aïda BADIANE (images)  

Pêche & Agriculture/ Gouvernance: UA-BIRA et FishGov2 pour des politiques halieutiques cohérentes

Vers un alignement des politiques de pêche et d’aquaculture avec le CPSR/PFRS et l’adaptation au changement climatique

Un atelier national de consultation et de validation se tient à Dakar sur le thème de l’alignement des politiques et stratégies nationales de pêche et d’aquaculture et des Plans Nationaux d’Investissement Agricole avec le Cadre Politique et Stratégie de Réforme pour la pêche et l’aquaculture en Afrique – CPSR/PFRS, l’adaptation au changement climatique et les instruments internationaux pertinents.

Organisé dans le cadre de la Phase 2 du projet FishGov2 mis en œuvre par l’UA-BIRA avec le soutien de l’Union Européenne, l’atelier vise à accélérer la réforme du secteur et à assurer une meilleure cohérence des politiques nationales.

Un secteur vital mais menacé

En Afrique, plus de 10 millions de personnes tirent leurs revenus de la pêche et de l’aquaculture, en majorité dans des exploitations familiales. Le secteur joue un rôle clé dans l’alimentation, la nutrition, la réduction de la pauvreté et la création de richesses.

Toutefois, ces acquis sont gravement menacés par le manque de coordination institutionnelle, les défaillances de gouvernance, la surexploitation des stocks à forte valeur commerciale, ainsi que par la dégradation de l’environnement et les impacts du changement climatique.

Face à ces défis, l’Union Africaine a adopté en juin 2014 à Malabo le CPSR/PFRS comme plan directeur pour une gestion durable. Ce cadre est complété par le Mécanisme Africain de Réforme de la Pêche – MARP et par le « Guide de mise en œuvre du CPSR » élaboré de manière participative.

Aligner les politiques nationales et les PNIA

L’objectif général de cette consultation est de veiller à la cohérence des politiques nationales de pêche et d’aquaculture avec le CPSR/PFRS et les conventions internationales. Il s’agit également d’évaluer dans quelle mesure les PNIA intègrent les priorités du secteur.

En effet, si le PDDAA et les PNIA mobilisent des ressources pour l’agriculture, la pêche et l’aquaculture y restent souvent sous-représentées. Or, leur intégration effective est essentielle pour :  Inclure la gestion durable des ressources aquatiques dans les politiques agricoles ; renforcer la résilience des communautés de pêcheurs face au changement climatique ; favoriser les investissements structurants pour la sécurité alimentaire et la création de richesse.

Le CPSR agit ainsi comme un levier complémentaire au PDDAA avec un référentiel technique spécifique au secteur halieutique.

Deux études au cœur des travaux

L’atelier porte sur la validation de deux études réalisées par des consultants nationaux:  L’analyse des politiques nationales liées directement ou indirectement au secteur et les recommandations pour l’alignement et la domestication des instruments mondiaux.  L’évaluation de l’alignement des stratégies nationales de pêche et d’aquaculture et des PNIA au CPSR et à l’adaptation au changement climatique.

Objectifs et résultats attendus

À travers un processus consultatif, l’atelier vise à :  Permettre aux parties prenantes d’examiner les constats et recommandations ; recueillir des contributions pour enrichir le rapport final ; promouvoir l’appropriation nationale des réformes pour assurer leur mise en œuvre.

Concrètement, il s’agit d’identifier les lacunes politiques, de définir des axes prioritaires d’action et de renforcer les capacités des États pour la ratification des instruments mondiaux.

Près de 25 acteurs mobilisés

Sont attendus à cet atelier près de 25 participants : représentants des institutions nationales de pêche et d’aquaculture, organisations intergouvernementales, ONG, Acteurs Non Etatiques, experts et partenaires techniques et financiers.

Enjeu : Faire de la pêche et de l’aquaculture un pilier de l’Economie Bleue Africaine – SEBA et de l’Agenda 2063, en garantissant une gouvernance efficace et des investissements cohérents pour un secteur durable et résilient.

Synthèse : Ch. Seck NDONG

Port Autonome de Dakar: Doune Pathé Mbengue ouvre le chantier d’une nouvelle doctrine de performance et de souveraineté

Par Assane NIANG
Spécialiste en communication institutionnelle et Consultant international

Dakar, 14 août 2026

Au Port autonome de Dakar, la passation de service ne doit pas être regardée comme un simple rituel administratif marquant le passage d’une direction à une autre. Elle constitue le point de départ d’un nouveau cycle de gouvernance dont les premières orientations dessinent déjà une ambition plus large : faire de la performance portuaire un levier direct de compétitivité, de création de valeur et de souveraineté économique.

L’installation de Doune Pathé Mbengue intervient dans un contexte où le Port de Dakar doit simultanément répondre aux exigences de son environnement immédiat, aux mutations du commerce maritime et aux impératifs de transformation de l’économie sénégalaise.

La question n’est donc plus seulement de savoir comment administrer une infrastructure stratégique. Elle est de savoir quel rôle le Port doit jouer dans le prochain modèle économique du Sénégal.

C’est à cette question que le nouveau Directeur général semble vouloir apporter une première réponse.

  • UNE GOUVERNANCE QUI VEUT PARTIR DU TERRAIN

Le premier enseignement de son propos tient à la méthode.

Doune Pathé Mbengue place l’accessibilité, l’écoute et la proximité au cœur de son approche. Ce choix peut paraître managérial. Il est en réalité profondément stratégique.

Dans une infrastructure aussi complexe qu’un port, l’information utile ne se trouve pas toujours dans les rapports. Elle circule dans les quais, les terminaux, les services techniques, les entreprises concessionnaires, les organisations professionnelles et auprès des agents qui vivent quotidiennement les contraintes de l’exploitation.

Un directeur général qui veut être accessible ne fait donc pas simplement le choix d’un management plus humain. Il cherche à raccourcir la distance entre le terrain, le diagnostic et la décision.

C’est là que se situe l’un des enjeux majeurs de cette nouvelle gouvernance : transformer l’écoute en capacité d’action.

Car dans l’économie portuaire, une lenteur administrative n’est jamais neutre. Elle peut se traduire par un coût supplémentaire pour une entreprise, un retard dans une chaîne d’approvisionnement, une perte de compétitivité pour un exportateur ou une moindre attractivité pour un opérateur international.

  • LA PERFORMANCE NE SE DÉCRÈTE PAS : ELLE SE MESURE

L’autre marqueur du discours du nouveau Directeur général est la recherche d’une plus grande continuité opérationnelle.

La perspective d’une optimisation de certains services selon une logique 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, lorsque les impératifs de trafic le nécessitent, mérite d’être considérée pour ce qu’elle est : un signal adressé à l’ensemble de la chaîne logistique.

Un port moderne ne peut être performant que si ses différents maillons évoluent avec suffisamment de cohérence.

Le navire, le terminal, la manutention, les formalités, les accès, le transport terrestre et les différents services associés doivent fonctionner dans une même logique de fluidité.

C’est précisément ici que se joue la bataille de la compétitivité.

  • LE TEMPS DEVIENT UNE VARIABLE ÉCONOMIQUE

Chaque délai inutile représente potentiellement un coût. Chaque procédure simplifiée, chaque blocage levé, chaque heure économisée peut contribuer à améliorer l’attractivité de la plateforme.

La performance du Port ne doit donc pas être réduite à des volumes de trafic. Elle doit être appréciée à travers une série d’indicateurs beaucoup plus exigeants : temps de séjour, fluidité des opérations, qualité de service, prévisibilité, coûts logistiques et satisfaction des opérateurs.

C’est sur ces résultats, davantage que sur les déclarations, que sera jugée la nouvelle direction.

🔹 DU PORT DE TRANSIT AU PORT CRÉATEUR DE VALEUR

Mais le véritable enjeu dépasse la seule performance opérationnelle.

Le Port autonome de Dakar doit progressivement être pensé comme un outil de politique économique.

Un port qui se contente de recevoir et de redistribuer des marchandises accompagne le commerce.

Un port qui facilite la transformation, l’industrialisation, l’exportation et l’intégration des entreprises nationales participe à la transformation de l’économie.

C’est dans cette perspective que la question de la consommation locale et du contenu local prend toute son importance.

Les activités générées autour du Port représentent un écosystème considérable : transport, maintenance, services, logistique, sécurité, restauration, sous-traitance, ingénierie, numérique et prestations spécialisées.

La véritable question économique est alors simple : quelle part de cette valeur créée autour du Port reste effectivement dans l’économie sénégalaise ?

Cette interrogation doit être au cœur de la nouvelle étape.

Il ne s’agit pas d’opposer systématiquement entreprises nationales et opérateurs internationaux. Le Sénégal a besoin des deux.

Il s’agit plutôt de construire un écosystème dans lequel les entreprises sénégalaises peuvent accéder davantage aux opportunités générées par l’activité portuaire, monter en compétence, investir, recruter et devenir elles-mêmes compétitives à l’échelle régionale.

Le contenu local ne doit donc pas être conçu comme une fermeture. Il doit être conçu comme une politique de montée en gamme.

  • FAIRE DU PORT UNE PORTE D’ENTRÉE DE LA SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE

Cette approche conduit naturellement à une réflexion plus large sur la souveraineté.

La souveraineté économique ne signifie pas vivre en autarcie. Elle signifie disposer de suffisamment de capacités productives, logistiques et institutionnelles pour ne pas subir les transformations de l’économie mondiale.

Dans cette architecture, le Port occupe une position singulière.

Il est à la fois une porte d’entrée, une porte de sortie, un espace de connexion aux marchés internationaux et un point stratégique de la chaîne d’approvisionnement nationale.

Il peut donc contribuer à une politique économique qui favorise davantage la transformation locale, l’accès des producteurs sénégalais aux marchés extérieurs et l’intégration des filières nationales dans les chaînes de valeur régionales.

L’ambition pourrait être de passer progressivement d’une logique de port de passage à une logique de port de création de valeur.

Cela suppose de faciliter l’activité des industries locales, de renforcer les conditions d’exportation des produits transformés et d’améliorer l’articulation entre les infrastructures portuaires et l’arrière-pays économique.

Le Port ne produit pas tout. Mais il peut rendre possible beaucoup de choses.

🔹 LA SOUVERAINETÉ COMMENCE AUSSI PAR LA MAÎTRISE DES FLUX

Dans un monde marqué par les crises géopolitiques, les tensions commerciales et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la maîtrise des flux devient une question stratégique.

Un pays qui maîtrise mieux ses infrastructures logistiques dispose d’une capacité supplémentaire à absorber les chocs extérieurs.

C’est pourquoi la performance portuaire doit être intégrée à une vision nationale plus large : politique industrielle, agriculture, pêche, commerce extérieur, transport, transformation locale et développement des territoires.

Le PAD peut être l’un des points de convergence de ces politiques.

Mais cela suppose une coordination beaucoup plus forte entre les différents acteurs de l’écosystème.

Le Port ne peut pas, à lui seul, résoudre toutes les fragilités de l’économie nationale. Il peut en revanche devenir l’un des accélérateurs de leur résolution.

🔹 TROIS CONDITIONS POUR TRANSFORMER L’AMBITION EN RÉSULTATS

La nouvelle direction aura désormais à franchir trois seuils.

  • L’investissement.

La modernisation d’une grande infrastructure portuaire exige des ressources, une programmation pluriannuelle et une capacité à mobiliser efficacement les investissements publics et privés.

  • La transformation numérique.

La fluidité portuaire passe nécessairement par la simplification des procédures, l’interopérabilité des systèmes, la traçabilité et une circulation plus rapide de l’information entre les différents acteurs.

  • Le capital humain et le dialogue social.

Aucune transformation durable ne peut être imposée durablement contre ceux qui doivent la mettre en œuvre. L’écoute annoncée par le nouveau Directeur général devra donc se traduire par un dialogue structuré, une responsabilisation des équipes et une politique de montée en compétence.

Ces trois dimensions sont indissociables.

  • Investir sans réformer les processus ne suffit pas.
  • Numériser sans transformer les pratiques ne suffit pas.
  • Réorganiser sans embarquer les femmes et les hommes du Port ne suffit pas.

La transformation sera nécessairement globale.

  • LE TEMPS DES RÉSULTATS

Doune Pathé Mbengue dispose désormais d’un espace pour transformer les orientations annoncées en résultats.

Le Port autonome de Dakar n’a pas besoin d’une révolution verbale. Il a besoin d’une amélioration mesurable de son efficacité, d’une relation plus fluide avec ses partenaires, d’une meilleure valorisation de son potentiel et d’une contribution plus visible à l’économie nationale.

Les prochains mois permettront de mesurer la portée réelle de cette nouvelle doctrine.

Les indicateurs seront simples à observer : plus de fluidité, moins de délais, une meilleure qualité de service, davantage de valeur créée localement et une capacité accrue du Port à accompagner les ambitions économiques du Sénégal.

La passation de service est donc terminée.

Le véritable rendez-vous commence maintenant.

Car la question n’est plus seulement de savoir qui dirige le Port autonome de Dakar.

La question est désormais de savoir ce que le Port de Dakar peut devenir pour le Sénégal.

Et sur ce terrain, la nouvelle direction vient d’ouvrir un chantier qui dépasse largement les murs de l’institution : celui d’un Port plus performant, plus accessible, plus intégré à son économie et davantage au service de la souveraineté nationale.

Assane NIANG
Spécialiste en communication institutionnelle et gouvernance
Consultant international
📧 assane.niang1290@gmail.com

 

NutriAid forme 600 agriculteurs et lance des observatoires communautaires pour mieux prévoir les récoltes

REPORTAGE

DÉVELOPPEMENT / SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

À NDIOL MANGANE, NUTRIAID CLOTURE SON PROJET « HAUTE TECHNOLOGIE » CONTRE LA MALNUTRITION

Le projet « Haute technologie pour combattre la faim et la malnutrition » porté par NutriAid International tire à sa fin dans la commune de Loul Séssène, région de Fatick. Financé par le gouvernement italien à travers le fonds 8×1000, le programme s’est articulé autour de trois axes : sécurité alimentaire, santé nutritionnelle et innovation communautaire.

C’est ce qu’a expliqué M. Pierre Diatta Sarr, coordinateur national de NutriAid au Sénégal, lors du bilan de clôture.

Axe 1 : Sécuriser les récoltes et les stocks

Le premier volet a concerné directement les producteurs. Au cours des dernières années, environ 600 agriculteurs ont été formés aux techniques de conservation et de stockage.

Des magasins communautaires de stockage ont également été construits pour permettre aux ménages de garder les produits de récolte et de mieux réguler l’accès à la nourriture en période de soudure.

Axe 2 : Renforcer la prise en charge de la malnutrition.

Le deuxième axe a ciblé la santé. Dans le cadre du projet, le CREN de l’hôpital « Divine Providence » de Loul Séssène a été réhabilité et équipé. Cet hôpital, géré par la communauté des Filles du Saint Cœur de Marie, sert aujourd’hui de centre de référence pour les enfants malnutris.

Il reçoit les cas référés par les 6 postes de santé que compte la commune. Des agents communautaires ont aussi été formés pour le dépistage et le suivi.

Axe 3 : L’innovation avec les observateurs communautaires

La partie la plus novatrice du projet repose sur la collecte de données. Des jeunes de 8 villages ont été formés pour devenir des observateurs communautaires.

Équipés et encadrés en partenariat avec une université de Turin, ils collectent chaque semaine des données météorologiques : pluie, température. Ils renseignent aussi sur la disponibilité et les prix des denrées alimentaires les plus utilisées dans la localité.« Ces données sont partagées et diffusées au niveau de toute la commune. Cela permet aux acteurs agricoles d’avoir une meilleure appréciation pour planifier leurs cultures», explique Pierre Diatta Sarr.

Aujourd’hui, la commune de Loul Séssène dispose donc de données fiables pour anticiper les campagnes agricoles, un outil crucial dans une zone où les ménages utilisent encore des méthodes traditionnelles.

Un projet pour durer…

Pour le coordinateur national, l’enjeu était aussi la durabilité. Grâce au partenariat universitaire, l’encadrement des observateurs va se poursuivre au-delà de la durée du projet. «C’est le moment de remercier tous les acteurs qui nous ont précédés sur le terrain et dont l’engagement a permis d’obtenir ces résultats», a-t-il déclaré.

NutriAid, qui n’intervient pas que dans la commune de Loul Séssène, lance un appel : «Nous tendons nos bras à tout acteur ou toute organisation qui souhaiterait collaborer avec nous dans le domaine de la malnutrition et de la sécurité alimentaire de manière globale».

Par Ch. Seck NDONG et Aida BADIANE (images)

FEMME-AFFAIRE: la restitution de la Baseline ouvre une nouvelle phase d’action en faveur des femmes

Par Ch. S. NDONG (avec En Relief)

Dakar, 13 août 2026 – Le Programme FEMME-AFFAIRE – Autonomisation économique des femmes et des filles a franchi une étape importante avec la restitution, jeudi à Dakar, des résultats de son étude Baseline. La rencontre a réuni les représentants des pouvoirs publics, de la Délégation de l’Union européenne au Sénégal, du consortium de mise en œuvre ainsi que plusieurs acteurs impliqués dans l’accompagnement des femmes et des communautés.

Financé avec l’appui de l’Union européenne, le programme entend contribuer à une meilleure structuration des activités économiques portées par les femmes et à leur accès aux ressources, au financement, aux marchés et aux réseaux. Pour la Délégation de l’Union européenne au Sénégal, représentée par Seynabou Touré Laye, cette ambition s’inscrit dans une approche plus large intégrant l’autonomisation économique des femmes et des jeunes, le recours aux outils numériques et le renforcement de la résilience.

Une étude pour mieux orienter les interventions

La Baseline constitue désormais un outil de référence pour le programme. Elle permet de mieux cerner les activités économiques des femmes dans les territoires ciblés, leur niveau de structuration, leurs besoins ainsi que les contraintes auxquelles elles sont confrontées.

Pour Sécou Sarr, Secrétaire exécutif d’ENDA Tiers Monde, représentant le consortium, l’enjeu est maintenant de faire de ces enseignements un véritable outil de décision. Il s’agit notamment de dégager des priorités et de renforcer les synergies entre les différents acteurs afin que le diagnostic puisse déboucher sur des actions concrètes.

Cette démarche rejoint les orientations du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, représenté lors de la rencontre par Dr Nancy Ndour. Le ministère considère l’autonomisation économique des femmes comme un enjeu à la fois social, économique et territorial, en cohérence avec les orientations du Sénégal 2050.

L’économie sociale et solidaire au cœur de la démarche

Le Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, représenté par Mme Niang Ndeye Matou Diakhoumpa, a mis en avant le rôle de l’économie sociale et solidaire dans la consolidation des initiatives économiques féminines.

Dans les territoires, les femmes sont déjà fortement engagées dans la production, la transformation, le commerce, l’artisanat, l’agriculture et les services. Toutefois, ces activités demeurent souvent confrontées à des difficultés de structuration, de financement, d’équipement et d’accès aux marchés.

L’enjeu est donc de favoriser progressivement le passage vers des activités plus structurées, plus résilientes et davantage créatrices de valeur et d’emplois, notamment à travers la formalisation, le renforcement des capacités, la numérisation et l’accès à des mécanismes de financement adaptés.

Des synergies pour amplifier les résultats

Mis en œuvre par le consortium ENDA Tiers Monde – Nature Communautés Développement (NCD) – Danish Refugee Council (DRC), FEMME-AFFAIRE repose sur une mobilisation de plusieurs catégories d’acteurs.

La restitution de la Baseline marque ainsi le passage à une nouvelle séquence : celle de la priorisation, de la coordination et de la mise en œuvre.

L’ambition partagée est de mieux exploiter les complémentarités entre l’État, les partenaires techniques et financiers, les organisations de mise en œuvre et les acteurs territoriaux afin que les résultats du programme puissent produire des effets durables en faveur des femmes et des filles.

De la connaissance à l’action: telle est désormais la prochaine étape de FEMME-AFFAIRE.

 

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