mardi, septembre 8, 2026
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Gestion des sardinelles: les pays de la CSRP s’engagent à sauver les stocks

La réunion du Groupe de Travail « Recherche-Aménagement » valide les mesures opérationnelles pour une pêche durable

Les 11 et 12 février 2026, les représentants des quatre pays de la Commission Sous Régionale des Pêches (CSRP) – Mauritanie, Sénégal, Gambie et Guinée-Bissau – se sont réunis à Dakar pour valider les mesures de gestion des sardinelles. Cette réunion du Groupe de Travail « Recherche-Aménagement » marque l’aboutissement d’un processus participatif qui a associé scientifiques, gestionnaires, organisations professionnelles de pêcheurs et secteur privé.

Les petits pélagiques, notamment les sardinelles, sont des ressources partagées entre les quatre pays de la CSRP et sont cruciales pour l’activité économique et la sécurité alimentaire de la sous-région. Cependant, l’avenir de cette pêcherie est menacé en l’absence d’un régime de gestion concertée. Le projet Sardinelles partagées phase II vise à renforcer les acquis de la première phase et à mettre en place un environnement favorable à la gestion des pêches selon l’Approche Écosystémique des Pêches (AEP).

Mesures validées

Les travaux ont permis de valider les mesures techniques suivantes :

– Mise en place d’un repos biologique harmonisé au niveau des quatre pays ;

– Application d’une taille minimale de capture de 18 cm ;

– Interdiction de l’utilisation des sardinelles pour la production de farine et d’huile de poisson ;

– Protection des sites critiques (zones de nurserie et de frai) comme zones de non prélèvement.

Engagements et perspectives

La validation de cette note d’orientation engage les quatre pays sur la voie pour traduire les recommandations du Comité des Pêches pour L’Atlantique Central Est (COPACE) en mesures opérationnelles, notamment la réduction immédiate de 60% de la mortalité par pêche.

Les sardinelles peuvent redevenir abondantes si tous les acteurs respectent leurs engagements : les gouvernements en appliquant les mesures de gestion, les pêcheurs en respectant les périodes de repos biologique et les partenaires en soutenant la transition. Le statu quo et la non-prise de décision risquent de provoquer un effondrement irréversible aux conséquences catastrophiques pour des millions de personnes.

Synthèse: Ch. Seck NDONG

Protection, alerte, référencement et prise en charge des enfants vulnérables: Les acteurs de première ligne à l’école des mécanismes de protection des enfants à Pikine

L’action éducative et de la protection sociale en milieu ouvert (AEMO) de Pikine et son partenaire Secours Islamique France (SIF) ont organisé un atelier de deux jours sur le renforcement des capacités des acteurs de première ligne. Ils ont été outillés sur les mécanismes de protection de l’enfant et les procédures de détection, d’alerte, de référencement et de prise en charge des cas de violences, d’abus, d’exploitation et de vulnérabilité des enfants.

Des délégués de quartiers, des marraines de quartiers (Badiénu Gox), des relais communautaires, des mamans de talibés et autres acteurs qui interviennent au niveau local dans la protection des enfants ont pris part à cet atelier.

Selon Awa Ndoye, cheffe de service entrante du service de l’action éducative et de la protection sociale en milieu ouvert (AEMO) de Pikine, l’objectif est de renforcer les compétences des acteurs communautaires de première ligne sur les mécanismes de protection de l’enfant et les procédures de prise en charge des cas de violences et vulnérabilité, en les donnant les moyens nécessaires pour qu’ils puissent faire leur travail convenablement, au niveau local.

L’atelier s’inscrit non seulement dans la réponse locale aux besoins du terrain, mais également dans la mise en œuvre concrète de la SNPE au niveau communautaire. « Cette initiative vise à harmoniser les pratiques, à renforcer les circuits de signalement et de traitement des cas, et à redonner une dynamique fonctionnelle aux 12 Comités communaux de protection conformément aux orientations nationales » a renseigné Bira Lo, membre du CDPE de Pikine.

Selon le point focal institutionnel du comité départemental de protection de l’enfant (CDPE) de Pikine, cet atelier venu à son heure, eu égard aux nouvelles problématiques et aux nouveaux besoins dans la prise en charge et de la protection des enfants. « Le besoin de formation des acteurs de première ligne est bien réel à Pikine » a-t-elle soutenu.

M. Sarr

Transition Energétique au Sénégal: La phase pilote du projet FETE a eu des impacts positifs dans la phase pilote, selon les initiateurs

L’association SUXALI JIGGEN et son partenaire ‘’Women Engage for a Common future (WECF)’’ ont organisé hier, à Dakar, une journée de restitution des résultats d’une étude de faisabilité qui a été lancée pour créer une filière de maintenance et de réparation des équipements solaires, destinés à la production, aux usages productifs dans le secteur agroalimentaire. C’est dans le cadre le projet FETE (Femmes engagées pour la transition énergétique et l’eau).

Selon Mme Fatou Ndoye présidente de l’Association SUXALI JIGGEN, la phase pilote du projet FETE a eu des impacts positifs sur le plan économique car il a permis aux femmes de développer leur autonomisation économique. « Ceci se manifeste par la facture énergétique » a soutenu la présidente de l’association SUXALI JIGGEN. Sur le plan climatique aussi, des impacts ont été notés. «Ce projet a permis de réduire leur emprunt carbone et d’avoir conscience des enjeux environnementaux » a ajouté Mme Ndoye.

À l’en croire toujours, le projet FETE a permis aux femmes d’accéder aux technologies solaires. Cependant plusieurs défis restent à relever. Il s’agit principalement du défi du financement et du défi de la maintenance des infrastructures solaires. « La mise en place d’une filière de maintenance des équipements solaires est un enjeu de taille.

Après l’installation des équipements solaires, nécessairement, nous avons besoin d’un accompagnement pour que les installations durent pendant des années » a souligné Mme Ndoye. « Il y’a aussi une nécessité d’avoir des mécanismes de financements pour les GIE et les organisations de femmes pour leur faciliter l’accès aux équipements solaires  » car nous sommes dans un projet pilote et nous souhaiterions l’élargir davantage » a-t-elle ajouté.

Le projet FETE (Femmes engagées pour la transition énergétique et l’eau) est financé par la région Eau de France. Son objectif était de contribuer à la transition énergétique, à permettre aux micro-entreprises de femmes d’accéder à des équipements solaires pour mieux impacter la transition énergétique. C’est un projet pilote. Il concerne dix groupements féminins, qui représentent plus de 300 femmes entrepreneures. Elles évoluent dans la transformation de fruits, légumes, de céréales et dans la transformation de produits halieutiques.

D’après Anne Barre chargée du plaidoyer genre et climat à ‘’Women Engage for a Common future (WECF)’’, leur objectif est de pérenniser les équipements solaires grâce à la réparation et à la maintenance, qui peuvent être organisées, grâce à la structuration d’une filière, au service des entreprises du milieu rural. « Les femmes ont besoin de l’énergie pour faire de la transformation.

Or, dans le secteur agroalimentaire, les petites entreprises féminines n’accèdent pas à aux équipements solaires et n’accèdent pas à la formation pour contribuer à la transition énergétique. Ce que nous voulons, c’est qu’à travers cette filière de maintenance et de réparation, que nous puissions former des jeunes femmes qui se mettront en contact avec le service de proximité de ses GIE et des petites entreprises féminines dans les territoires périurbains et ruraux » a indiqué Anne Barre.

Par M. Sarr

Tournée économique: Diomaye Faye fait de la sécurité le socle du développement dans le Sénégal oriental

A. L. NDIAYE (avec En relief)

Au terme de deux jours de tournée économique dans la région de Kédougou, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a placé les Forces de défense et de sécurité au cœur de sa vision du développement. De Saraya à Kédougou, le Chef suprême des Armées a réaffirmé que la stabilité des territoires demeure un préalable essentiel à l’équité territoriale et à la justice sociale.

Dans le cadre de sa tournée dans le Sénégal oriental, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est rendu dans le département de Saraya pour une visite aux Forces de défense et de sécurité déployées dans cette zone stratégique. Accueilli par les autorités de la Gendarmerie nationale, le Chef suprême des Armées a salué l’engagement et le professionnalisme des personnels, tout en leur transmettant le soutien constant de la Nation.

À l’issue d’un briefing sur la situation sécuritaire locale et les dispositifs opérationnels en place, le Président de la République a exhorté les FDS à maintenir un haut niveau de vigilance, à renforcer l’anticipation et à consolider leur collaboration avec les populations, dans un esprit de proximité et de confiance. Pour le Chef de l’État, la sécurité constitue un pilier fondamental de la souveraineté nationale et un levier indispensable au développement durable.

De retour à Kédougou, le Président Diomaye Faye a visité les réalisations du programme Promovilles, notamment les voiries urbaines réhabilitées, assainies et éclairées, ainsi que plusieurs infrastructures socio-éducatives. Des investissements structurants, financés par l’État avec l’appui de la BADEA, qui améliorent le cadre de vie des populations tout en générant des emplois locaux.

La tournée s’est achevée par la visite d’une importante infrastructure réalisée au profit de la Gendarmerie mobile, avant les honneurs militaires à l’aéroport de Kédougou. Une séquence finale hautement symbolique, qui consacre la place centrale des Forces de défense et de sécurité dans l’architecture du développement national.

À travers cette tournée, le Président de la République confirme une approche globale de l’action publique, fondée sur la présence sur le terrain, la sécurité des territoires et l’investissement dans le capital humain, en droite ligne avec la vision Sénégal 2050.

 

Tambacounda– Kédougou/ Alpha Thiam: «Dans le Sénégal oriental, la République a repris toute sa place»

La tournée économique du Président de la République, S.E. Bassirou Diomaye Faye, dans les régions de Tambacounda et de Kédougou marque un tournant politique et stratégique majeur dans la conduite de l’action publique. Pour Alpha Thiam, cette séquence présidentielle consacre le retour d’un État présent, à l’écoute et résolument engagé dans la transformation structurelle des territoires.

Selon lui, cette tournée dépasse le cadre protocolaire pour s’inscrire dans une démarche républicaine assumée, fondée sur la proximité, l’écoute des populations et la recherche de solutions concrètes aux défis économiques et sociaux du Sénégal oriental. « Le Président Bassirou Diomaye Faye a montré que le développement ne se décrète pas depuis Dakar, mais se construit sur le terrain, avec les populations », souligne-t-il.

À Tambacounda, l’accueil populaire réservé au Chef de l’État a été révélateur de cette nouvelle relation entre la République et les citoyens. Les populations ont découvert un Président marqué par l’humilité, la sérénité, le calme et une écoute empathique, incarnant pleinement son rôle de Père de la Nation. Cette posture, estime Alpha Thiam, restaure la confiance et redonne tout son sens à l’action publique.

Sur le fond, la tournée s’est distinguée par sa cohérence et sa densité. Formation professionnelle, emploi des jeunes, désenclavement, connectivité numérique, accès aux services essentiels et sécurité ont été abordés dans une approche globale, traduisant une vision intégrée du développement territorial. « Le Sénégal oriental n’est plus en marge; il devient un espace stratégique du projet national », affirme Alpha Thiam.

Cette dynamique s’inscrit pleinement dans la Vision Sénégal 2050 et l’Agenda national de transformation, qui positionnent le pôle territoire Sud comme un levier central de souveraineté productive et de création d’emplois durables. Dans ce cadre, l’ADEPME a joué un rôle structurant lors de la tournée, en assumant son leadership institutionnel en tant que bras technique de l’État pour la transformation et la compétitivité des PME.

Présente sur le terrain aux côtés des entrepreneurs, des jeunes et des femmes, l’ADEPME a assuré un relai opérationnel entre la vision stratégique des autorités et les réalités économiques locales. Son action a permis de poser les bases de programmes d’accompagnement territorialisés, axés sur la formalisation des entreprises, la structuration des chaînes de valeur agro-sylvo-pastorales et la valorisation des productions locales.

À l’horizon 2050, Tambacounda et Kédougou ont vocation à devenir des hubs régionaux de transformation agro-industrielle, d’entrepreneuriat territorial et d’innovation inclusive. Une ambition à laquelle l’ADEPME entend contribuer activement, en facilitant l’accès aux équipements, aux financements, à la certification et aux marchés, tout en soutenant l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Pour Alpha Thiam, le message final de cette tournée est sans équivoque : « Le développement durable du Sénégal repose sur un équilibre maîtrisé entre sécurité, cohésion sociale, équité territoriale et investissement dans le capital humain. C’est cette vision, incarnée sur le terrain par le Président de la République, qui trace la voie d’un Sénégal souverain, productif et équitable».

Par Ch. Seck NDONG

Qu’arrive-t-il à mon peuple ? – (Par AKG)

FARAM FACCE DANS UN CAR RAPIDE

Le car rapide bringuebalait de gauche à droite, d’avant en arrière, secouant les passagers, les basculant d’un sujet de conversation à un autre. L’atmosphère était plutôt conviviale. On salua la performance des lions à la CAN 2025. Le courage de Pape Thiaw, la foi de Sadio Mané, la générosité de Diomaye. On commenta la prestation de Youssou Ndour à la cérémonie de réception de la coupe, non sans rire de son drôle de face-à-face avec Sonko, sa virevolte semblable à un pas de danse et son chant énigmatique. Pour en arriver au renommage de rues du Plateau jugé politicien au regard de la démarche exclusiviste du maire et son approche clientéliste. On posa des questions : « Pourquoi privilégier les politiques et les religieux dans le parrainage des rues ? », « Pourquoi honorer une même personne plusieurs fois ? C’est insensé, d’autant que le Plateau dispose de tant de fils méritants, tant de héros connus ou méconnus… », « Seydou Nourou Tall est un grand marabout aimé et respecté de tous. Un pionnier du dialogue islamo-chrétien au Sénégal. Mais il a déjà les allées Seydou Nourou Tall et le lycée Seydou Nourou Tall. Pourquoi une avenue en plus ? », « Le Pape du Sopi lui aussi a son stade, n’est-ce pas ? », « Pourquoi pas les artistes, sportifs et anonymes exemplaires parmi les récipiendaires ? », « Pourquoi aucune femme ? » On rappela que le maire du Plateau avait dernièrement rebaptisé l’avenue Faidherbe du nom du président Macky Sall. « Pour lui plaire », ajouta quelqu’un. « Maintenant que Macky a quitté le pouvoir, il lui faut réajuster son tir », ajouta un autre. « Un vrai roublard ! Ne soyez pas surpris s’il rebaptise la place de l’Indépendance place Pastef, le marché Sandaga, marché des Patriotes », s’esclaffa un troisième. Puis la discussion tomba sur l’acharnement des Sonkistes sur Serigne Moustapha Sy Al Amine et la convocation de Pape Ngagne Ndiaye et Doudou Wade suite à l’émission Faram Facce de la TFM du mercredi 28 janvier 2026. « On est toujours dans l’intimidation ! », « On veut museler les Sénégalais ! », « Ça ne passera pas ! »

« Qu’arrive-t-il à mon pays ? Qu’arrive-t-il à mon peuple ? interrogea une dame d’une quarantaine d’années. On nous avait promis la rupture, la fin de la partisanerie et de l’arbitraire, plus d’égalité, plus de liberté, plus de vérité, plus de justice, plus de démocratie et une meilleure qualité de vie… »

« Qu’arrive-t-il à mon pays ? Qu’arrive-t-il à mon peuple ? » répéta un homme à barbe poivre et sel resté silencieux pendant tout le temps du trajet. Après une pause, il continua d’une voix grave de plus en plus forte et imposante : « De la fêlure à la fracture, le Sénégal traîne les pieds, rampe tel un ver de terre, se nourrit de larme et de poussière. Du pays de la téranga au pays du gatsa-gatsa, les Sénégalais s’enfoncent chaque jour un peu plus dans la fosse, au-delà du quatrième sous-sol…

– C’est vrai, murmura une voix !

– Oui, c’est vrai, murmura une autre voix ! »

L’homme reprit : « Hélas, la piqûre d’épine héritée de la colonisation est devenue une plaie purulente, une gangrène puante. Et comme si le marasme économique, le mal être social et l’incivisme ne suffisaient pas, les dénigrements, les mensonges et les insultes sont devenus un concert de vocifération, un vacarme diabolique. Et dansent les coups de gueule, les coups de patte, les coups de poignard dans le dos et les coups de poignard dans la plaie… »

Le car rapide dansait sur l’asphalte luisant de soleil : « … Et l’on se surveille, l’on s’espionne, l’on s’accuse. On loue des chiens aboyeurs, des chiens renifleurs. On paye des insulteurs. On fouille les ordures. On ouvre les sépultures. Rien n’est épargné. Ni les institutions ni les personnes qui les incarnent, pas même les anciens, pas même les morts… »

Il marqua un silence pour laisser des clients descendre à l’arrêt, puis reprit avec le redémarrage enfumé de la carcasse roulante : « Et les citoyens bien odorants ravalent leurs effluves. Les vertueux se cachent. Les chefs de partis adoptent des postures de gourous. Les militants se muent en adeptes. Les influenceurs en chroniqueurs, les chroniqueurs en mercenaires… Et bon nombre de journalistes en agents de propagandes. Bon nombre de marabouts en politiques. Tenez ! Un vendeur de talismans anti-prison qui promettait d’accroître la longévité des Sénégalais à coup de formules magiques est devenu un chroniqueur hors pair, un expert en Tout. Et l’influence croissante des ignorants et des charlatans fait peur aux intelligents… »

Après une secousse, suivie d’un court silence : « Voici quelques éléments qui attestent de la déchéance : Le président de la République et son Premier ministre s’envoient des piques assassines, cependant que leurs partisans se lapident les uns les autres et que l’opposition perd la boussole, que les magistrats sont vilipendés, les chefs religieux dénigrés, le patrimoine piétiné, l’art et la culture oubliés. Et au même moment où le président du parti au pouvoir tutoie le président de la République, le drapeau du parti côtoie celui de la république dans une proximité suspecte. Des conducteurs de Jakarta en colère, mettent le feu à un car de transport en commun qui a percuté fatalement un des leurs, tout comme des manifestants, dans les séquences précédentes du film des événements, avaient jeté un cocktail Molotov dans un car Ndiaga Ndiaye, entraînant la mort par calcination de deux passagers. Un influenceur insatisfait des flèches verbales décochées à son adversaire lui plante un couteau au cœur. Un mari met un terme à une dispute avec sa femme d’un coup de pistolet mortel…

– Shettttt, tu es en train de décortiquer, grave !

– Laisse-le donc terminer son décorticage ! »

L’homme, caressant sa barbe : « L’insulte est reine. Les insulteurs sont princes. Cependant, tout le monde ne dispose pas d’une liberté d’exercice : on arrête les uns, laissant les autres libres, selon leur camp ou leur sensibilité politique. Mais rappelez-vous qu’il n’y a guère longtemps, l’actuel PM alors opposant déclarait, sans sourciller, que les présidents Senghor, Diouf et Wade méritaient la potence, que les domiciles des pontes du pouvoir recelaient des sacs d’argent volés au peuple. Il déclarait que le président Sall devait être déchu à la manière de Samuel Do et que la jeunesse combattante devait se sacrifier, sans craindre la mort, car leurs mères enfanteraient à nouveau. Il disait aux jeunes de ne pas écouter les moralisateurs leur reprochant leur virulence, leur violence et leur insolence, anticorps obligatoires contre le système…

– Pourtant son marabout dit qu’il est en phase avec Serigne Touba et El H. Malick…

– Son marabout ou son militant ? »

Le car s’arrêta. Le harangueur se leva : « Aujourd’hui, le jeu est clair, conscient ou inconscient, voulu ou non, je ne sais pas. Le voici : dire, contredire, dédire, faire, contrefaire, défaire…» Il salua et descendit sous les remerciements.  Le chauffeur embraya.

Je récapitulais en silence, sourd aux commentaires : « La générosité du président envers les lions est louable, mais la bienveillance présidentielle doit aussi regarder du côté des étudiants en attente de leur bourse, des agriculteurs en souffrance… Certes, le renommage de rues peut s’avérer nécessaire, mais mauvais, pitoyable même quand un politicien en mal d’argument en fait un fonds de commerce, un paravent pour cacher le vide de ses réalisations. Grisé certainement par la cérémonie de réception de la coupe d’Afrique au palais de la République, le maire du Plateau a voulu organiser sa fête sans avoir remporté de trophée ni aidé quiconque à gagner quoi que ce soit. Hélas, il ignore que prendre les odonymes aux morts pour les donner aux vivants constitue un attentat à la mémoire. Également la décolonisation systématique de l’espace public… L’homme à la barbe a raison, la dérive des valeurs s’accélère. Et la jeunesse malsaine que dénonçait Diouf est belle comparativement à celle d’aujourd’hui qui ne se limite pas à jeter des cailloux, mais vise à anéantir moralement ses antagonistes, à les effacer… En vérité, lorsque ceux qui doivent construire ensemble s’insultent et se battent, c’est que la bête a vaincu l’humain dans les cœurs… Concernant le manque de respect aux marabouts, j’invite les talibés à ne pas oublier dans leur colère légitime les principes spirituels et se laisser prendre dans le piège de l’arrogance et de la méchanceté. En conséquence, je prie les acteurs d’éviter les outrances. Mieux vaut allumer une lampe que maudire l’obscurité. Je les prie de méditer le conseil en quatre mots de Borom Darou au PM : « Modération, Flexibilité, Magnanimité, Tolérance. » Ainsi que la parabole du khalife des Layennes : « Celui qui creuse le tas de sable sur lequel siège le pouvoir n’aura rien lorsque viendra son tour de règne. »

Le car poursuivait sa course bringuebalante. Je songeais : « Les meilleures variantes de Faram Facce, Jakaarlo, Ndoumbelane et autres émissions dérangeantes ne se jouent pas sur les plateaux de télévision, mais dans les transports en commun et les grands-places qui les inspirent et qu’ils inspirent. »  Puis me vint à l’esprit cette pensée de Victor Hugo : ‘‘Si l’on met un bâillon à la bouche qui parle, la parole se change en lumière, et l’on ne bâillonne pas la lumière.’’ »

Abdou Khadre Gaye

Écrivain

Président de l’EMAD

 

 

Réforme de l’Acte IV: entre nécessité historique et exigence de cohérence territoriale

L’annonce imminente de la réforme de l’Acte IV de la décentralisation marque, sans conteste, un moment charnière dans l’évolution du paysage institutionnel sénégalais. En révélant que le projet de texte sera prochainement soumis à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko remet au cœur du débat une question longtemps éludée : celle de la viabilité réelle de nos collectivités territoriales et de leur capacité effective à porter le développement local.

Depuis l’Acte III, la décentralisation sénégalaise repose sur une ambition louable : rapprocher l’action publique des citoyens. Toutefois, l’expérience a mis en lumière des limites structurelles majeures. La prolifération des collectivités – plus de 550 à l’échelle nationale – n’a pas toujours été accompagnée d’un transfert adéquat de ressources financières, humaines et techniques. Résultat : de nombreuses communes, notamment rurales, peinent à assurer les missions les plus élémentaires, réduisant la décentralisation à une promesse inachevée.

Le diagnostic posé lors de la tournée dans le département de Guinguinéo est, à cet égard, sans faux-semblants. L’absence d’infrastructures de base, la faiblesse des budgets locaux et la dépendance quasi systématique à l’administration centrale traduisent une décentralisation davantage administrative que réellement fonctionnelle. Dans ce contexte, l’option évoquée du redécoupage territorial et du regroupement de communes apparaît moins comme une rupture idéologique que comme une réponse pragmatique à une impasse économique.

D’un point de vue technique, la viabilité d’une collectivité territoriale repose sur trois piliers essentiels : une assiette financière suffisante, une taille critique permettant la mutualisation des services, et une capacité de planification locale cohérente. Or, nombre de communes actuelles ne remplissent aucune de ces conditions. Le regroupement, s’il est mené de manière concertée, fondée sur des critères objectifs et respectueuse des identités locales, pourrait favoriser l’émergence de pôles territoriaux plus solides, capables de concevoir et de piloter des projets structurants.

Cependant, la réussite de cette réforme ne saurait se limiter à une simple reconfiguration de la carte administrative. Le renforcement des capacités financières des collectivités, annoncé comme un axe central de l’Acte IV réformé, devra s’accompagner d’un véritable transfert de compétences effectives, d’un cadre de gouvernance clarifié et d’un mécanisme de péréquation transparent pour corriger les inégalités territoriales.

L’engagement de l’État à conserver la maîtrise des grands projets structurants – à l’image de la construction annoncée de lycées – est, dans cette perspective, un signal d’équilibre. Il rappelle que la décentralisation ne signifie pas désengagement de l’État, mais redéfinition intelligente des rôles entre le niveau central et le niveau local.

En définitive, la réforme de l’Acte IV peut constituer le socle d’une nouvelle gouvernance territoriale, à condition qu’elle soit pensée non comme une réforme politique de circonstance, mais comme un chantier national de rationalisation, de justice territoriale et d’efficacité publique. Le défi majeur résidera dans la capacité à associer les élus locaux, les populations et les experts techniques afin que cette réforme ne soit pas seulement votée, mais véritablement appropriée et mise en œuvre au bénéfice des territoires.

La décentralisation n’est pas une fin en soi ; elle est un outil. Encore faut-il qu’elle soit économiquement viable, institutionnellement cohérente et socialement acceptée. C’est à cette condition que l’Acte IV réformé pourra tenir sa promesse : faire des collectivités territoriales de véritables moteurs du développement local.

Makhete Djite

Consultant décentralisation

Développement local

 

Serigne Moustapha Saliou Mbacké: une vie de fidélité, de droiture et de lumière – (Par Alioune Aw)

Il est des hommes dont la disparition ne se mesure ni aux honneurs, ni à la renommée, mais à la profondeur de leur fidélité. Serigne Moustapha Saliou Mbackè appartenait à cette lignée rare. Son rappel à Allah le dimanche 16 février 2025, en plein mois de Chaabane — temps de purification des cœurs et d’élévation des œuvres — ne peut être réduit à un simple événement : il est un appel à la méditation, un rappel que certaines vies sont des manuels vivants de foi et de droiture.

Fils de Serigne Saliou Mbackè et héritier spirituel de Khadimou Rassoul, Serigne Touba, il a vécu une foi totale, où la pratique et la connaissance ne font qu’un. Gardien de l’orthodoxie islamique, il transformait chaque geste en adoration et chaque action en service de Dieu et des hommes. Sa spiritualité, profondément soufie, faisait du travail un vecteur de purification et d’élévation : l’agriculture, l’effort quotidien, le service aux autres, étaient autant de chemins vers Allah. Le jihad le plus noble, disait-il, se mène contre soi-même, et la victoire véritable réside dans la purification du cœur et la discipline de l’âme.

Intellectuel rigoureux et érudit, Serigne Moustapha Saliou Mbackè a consacré sa vie à défendre l’Islam et à transmettre les enseignements de son grand-père Serigne Touba et de ses pères, Serigne Abdou Lahat Mbackè, Serigne Souhaibou Mbackè et Serigne Saliou Mbackè. Sa capacité à conjuguer science religieuse et réflexion pratique faisait de lui un guide reconnu dans la Mouridiya, capable d’éclairer les cœurs tout en proposant des solutions concrètes aux défis spirituels et sociaux. Il n’était pas seulement un transmetteur de savoir, mais un véritable défenseur de la foi, veillant à préserver l’orthodoxie tout en incarnant la justice, la sagesse et l’humilité dans chacun de ses actes.

Humble, discret, détaché des honneurs, il rappelait que la vraie grandeur réside dans la fidélité, l’intégrité et la constance. Sa générosité était silencieuse, sa fermeté tranquille, sa rectitude évidente dans chaque parole et chaque acte. Dans un monde où le bruit et l’apparence dominent souvent, il incarnait la noblesse discrète des serviteurs fidèles de Dieu. Son départ laisse un vide tangible, mais surtout un héritage lumineux. Il interroge chacun sur le sens de la foi vécue, sur la place du travail comme adoration et sur la discipline de l’âme comme véritable richesse.

Il montre que la voie de l’Islam n’est ni dans le bruit ni dans les postures, mais dans l’équilibre entre science, labeur et spiritualité. Ainsi, son exemple demeure un guide pour tous : la foi est exigence, le soufisme est discipline, le travail est adoration, et la vie se mesure dans la fidélité silencieuse à Dieu. Que son rappel inspire les générations à venir, et que son héritage continue d’éclairer la Mouridiya et au-delà. Qu’Allah, dans Sa miséricorde infinie, accueille Serigne Moustapha Saliou Mbackè parmi les véridiques, le place auprès des serviteurs proches de Lui et fasse de son parcours une lumière durable pour tous. Amine.

ALIOUNE AW

Keur Massar Nord

E-mail : badou60@gmail.com.

Intervilles Rotary:  un don médical de 2 millions FCFA pour soulager 2 500 diabétiques à Saint-Louis

La deuxième édition des Intervilles des clubs Rotary du Sénégal s’est tenue du 6 au 8 février 2026. Placée sous le thème « Économie bleue et employabilité des jeunes : quelles initiatives pour un développement inclusif des territoires ? », cette rencontre nationale a également été marquée par un important geste de solidarité en faveur de l’Association des diabétiques de Saint-Louis.

La cérémonie de remise du don s’est déroulée ce samedi 7 février devant le siège de l’association, en présence des autorités locales. D’une valeur estimée à 2 millions de francs CFA, le lot de matériel médical est destiné à soutenir 2 500 personnes diabétiques dans la région de Saint-Louis, qui affiche l’un des taux de prévalence du diabète les plus élevés du Sénégal.

«Saint-Louis présente le taux de prévalence du diabète le plus élevé du pays. Face à cette situation, nous nous sommes dit qu’il était important de nous rapprocher de l’Association des diabétiques pour voir comment apporter une contribution concrète à la prise en charge de la maladie », a expliqué Madame Dieynabou Diallo, présidente du comité d’organisation des Intervilles.

Selon elle, ce constat a motivé le choix porté sur la ville tricentenaire. Le don vise à renforcer le dépistage, le suivi médical et la prévention du diabète. Il est composé notamment de lecteurs de glycémie, de bandelettes, de lancettes, de tensiomètres, d’ophtalmoscopes et de monofilaments.

Le président de l’Association des diabétiques de Saint-Louis, Amadou Doudou Diop, s’est félicité de cet appui qu’il qualifie d’opportun et vital. « Saint-Louis est un cas spécifique. L’urgence est réelle et nécessite des interventions fortes avant que les dégâts ne se multiplient », a-t-il souligné. «Rotary est venu apporter un appui important pour nous permettre d’intervenir dans tous les quartiers de Saint-Louis, avec un double objectif : stabiliser, voire inverser le taux de prévalence du diabète, mais aussi permettre aux malades de mener une vie saine et équilibrée », a-t-il ajouté.

De son côté, le maire de Saint-Louis, Dr Amadou Mansour Faye, a salué un geste fort qui met en lumière l’importance des partenariats dans l’accompagnement des populations vulnérables et la lutte contre les maladies chroniques. « En ma qualité de maire, je salue cette initiative, notamment pour la cible visée. C’est aussi l’occasion de tendre la main à l’État afin que, dans le cadre de la CMU, le diabète soit pris en compte au même titre que d’autres maladies bénéficiant d’un accompagnement spécifique », a-t-il plaidé.

Par B. Diaw (avec En Relief)

109ème édition du Gamou de Mboula: l’ancienne députée Anya Mbengue tire sur le régime actuel

L’ancienne députée et native de Mboula, Anya Mbengue, a exprimé son mécontentement envers le régime actuel du Sénégal lors de la 109ème édition du Gamou annuel de Mboula. Selon elle, le pays traverse une période difficile, avec une économie en berne et des chefs de ménages désemparés.

Anya Mbengue a regretté le départ de l’ancien président Macky Sall, qui, selon elle, avait mis le pays sur les rails. Elle a critiqué la tournée économique du président Bassirou Diomaye Faye, la qualifiant de « ballade » qui coûtera cher au Sénégal. « L’actuel régime n’a pas encore posé d’actes concrets, pas de chantiers à inaugurer jusqu’ici, ce sont des chantiers de Macky Sall qui sont en vogue », a-t-elle déclaré.

L’ancienne députée a également soutenu la candidature de Macky Sall au Secrétariat des Nations Unies, affirmant qu’il a toutes les chances de réussir vu ses compétences et ses preuves dans le monde. Elle a rappelé les réalisations de Macky Sall au Sénégal, notamment l’électrification des villages, et a déploré le manque de campagne arachidière cette année, qui affecte les paysans.

Anya Mbengue a terminé sa déclaration en lançant un ultimatum: « Soit Macky Sall gagne le poste de Secrétariat des Nations Unies, soit Macky Sall revient au Sénégal ».

Bathie NDIAYE (Linguère)

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