mardi, septembre 8, 2026
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Enseignement Supérieur: Le CESAG lance son Centre d’Incubation et d’Entrepreneuriat pour former la prochaine génération d’entrepreneurs africains

Par Ch. Seck NDONG

DAKAR – Le Centre Africain d’Études Supérieures en Gestion inaugure le CIE-CESAG, un incubateur pensé pour transformer les idées des jeunes en entreprises durables

Le Centre Africain d’Études Supérieures en Gestion (CESAG) a officiellement lancé ce mercredi 13 mai 2026 son Centre d’Incubation et d’Entrepreneuriat (CIE-CESAG), ainsi que son premier programme incubateur. La cérémonie s’est tenue à Dakar en présence du représentant du ministre sénégalais de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, du corps diplomatique, d’institutions régionales et internationales, et de partenaires techniques et financiers.

Dans son allocution de bienvenue, Rosaline Dado Worou Houndekon, directrice générale du CESAG, a qualifié l’événement d’« instant fondateur » pour l’institution et pour la jeunesse africaine. Elle a salué l’engagement des autorités sénégalaises et des partenaires, dont l’Agence Française de Développement, l’UEMOA, le West African Research Center et l’USAID.

Un incubateur ancré dans dix ans d’expérience YALI

Le CIE-CESAG ne naît pas ex nihilo. Il capitalise sur une décennie d’expertise acquise dans le cadre du programme YALI, initié par l’ancien président américain Barack Obama. Depuis 2015, le CESAG a formé 6 344 jeunes leaders issus de 25 pays africains, dont 47 % de femmes, à travers 43 sessions en business, leadership civique et management public.

« C’est cet héritage que nous institutionnalisons et amplifions aujourd’hui », a expliqué la DG du CESAG. L’ambition est claire : faire du CESAG « bien plus qu’un lieu d’enseignement, un véritable écosystème où les idées prennent corps et où les entrepreneurs de demain se révèlent ».

Un parcours de 6 à 9 mois pour les étudiants et jeunes diplômés

Le premier programme incubateur, ouvert pour l’année académique 2025-2026, s’adresse aux étudiants en Licence 3, Master 2 et MBA du CESAG et de ses institutions partenaires. Sur 6 à 9 mois, les apprenants bénéficieront d’un accompagnement structuré autour de quatre axes : maturation de l’idée, coaching et mentorat, formations hybrides en soft skills et leadership, et réseautage avec chefs d’entreprise, ONG et agences onusiennes.

À l’issue du parcours, chaque incubé recevra un certificat de compétence reconnu en leadership et entrepreneuriat. La formation s’inscrit dans la vision stratégique 2025-2029 du CESAG, qui vise à faire de l’institution « l’opérateur de choix de la transformation du capital humain africain ».

Un écosystème de partenaires et un signal fort pour la jeunesse

Le projet bénéficie du soutien de la Commission de l’UEMOA, de l’AFD, du WARC, de l’USAID, mais aussi de la Banque Mondiale, du DAAD, de la GIZ et d’autres partenaires. Lors du Leadership Talk inaugural, plusieurs figures de l’écosystème entrepreneurial, dont Omar Diallo de l’Alliance FinTech UEMOA, Awa Mbengue d’Awa BIO et Nabou Fall, ont partagé leur expérience avec les premiers incubés.

«Dans un monde traversé par les transitions numérique, écologique et démographique, la jeunesse africaine ne peut plus se contenter d’attendre l’emploi ; elle doit le créer », a affirmé Rosaline Dado Worou Houndekon.

Le CESAG, institution régionale placée sous la tutelle de la BCEAO et membre de l’AACSB et de l’EFMD, forme chaque année près de 2 000 apprenants et délivre 600 diplômés destinés aux administrations, institutions internationales et grandes entreprises du continent.

« Choisir le CESAG, c’est choisir l’excellence. Choisir le CIE-CESAG, c’est choisir un accompagnement sur mesure et un réseau panafricain vivant », a conclu la directrice générale, appelant les jeunes à « oser, inventer et ouvrir des chemins là où d’autres ne voient que des obstacles ».

Aviation & climat: BNA obtient l’accréditation ISO 17029 et ouvre la voie à une vérification carbone africaine dans l’aviation

ABIDJAN – Bureau Norme Audit devient le premier organisme d’Afrique francophone accrédité pour vérifier les émissions de carbone de l’aviation civile, une avancée stratégique pour la souveraineté environnementale du continent

Marie Olivia KONAN

Un signal discret mais porteur a été envoyé au secteur aérien africain depuis Abidjan. Le 13 mai 2026, Bureau Norme Audit (BNA) s’est vu remettre l’accréditation ISO/IEC 17029 pour la vérification des émissions carbone dans l’aviation civile. Une première en Afrique francophone qui permet au continent de réduire sa dépendance aux cabinets étrangers sur les questions de conformité environnementale.

La cérémonie, organisée au siège du Système Ouest Africain d’Accréditation (SOAC), a réuni autorités de l’aviation civile, experts qualité et partenaires techniques. Elle consacre la capacité de BNA à intervenir dans les processus de vérification liés au mécanisme CORSIA de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale, le programme mondial de compensation et de réduction des émissions carbone du transport aérien.

Une reconnaissance technique à portée géopolitique

Jusqu’ici, les compagnies aériennes et aéroports africains devaient faire appel à des organismes étrangers pour certifier leurs émissions, une procédure coûteuse et parfois mal adaptée aux réalités locales. L’accréditation de BNA change partiellement la donne.

«Cette distinction illustre la qualité de la collaboration entre les autorités réglementaires, notamment l’ANAC, et le SOAC, afin de bâtir un système de conformité performant et robuste », a souligné Marcel Baguidi, représentant le président du SOAC.

Pour la Côte d’Ivoire, cette avancée positionne le pays comme un point d’ancrage technique de la transition environnementale aérienne en Afrique francophone. Dans un contexte où les critères climatiques deviennent des conditions d’accès aux marchés et aux financements internationaux, disposer d’un organisme africain accrédité constitue un levier de souveraineté normative.

Le carbone, nouveau critère de compétitivité

La mesure du temps où la compétitivité aéroportuaire se jouait uniquement sur les infrastructures et le volume de trafic est révolue. Aujourd’hui, la capacité à documenter, vérifier et réduire les émissions de gaz à effet de serre est devenue un critère de crédibilité internationale.

Pour les plateformes africaines, l’enjeu est direct : sans conformité aux mécanismes environnementaux mondiaux, elles risquent d’être marginalisées dans certaines chaînes de coopération, de financement et de connectivité.

« Ce processus nous a permis de démontrer la compétence de Bureau Norme Audit à réaliser ces vérifications, mais également son impartialité en tant qu’organisme de certification », a déclaré Olga Kouassi, directrice de BNA.

Une opportunité pour les hubs africains

De Dakar à Casablanca, de Kigali à Addis-Abeba, les aéroports africains cherchent à concilier croissance du trafic et exigences écologiques. La disponibilité d’un organisme africain accrédité ISO 17029 pourrait accélérer cette transition en offrant un accompagnement de proximité, aligné sur les standards internationaux.

Au-delà des obligations réglementaires, c’est aussi une question d’attractivité. Les investisseurs et bailleurs internationaux accordent une importance croissante à la gouvernance environnementale. En obtenant cette accréditation, BNA s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de l’expertise africaine dans l’architecture mondiale de la conformité et de la transition écologique.

L’événement d’Abidjan marque ainsi l’émergence d’écosystèmes africains capables de produire, contrôler et certifier selon les standards internationaux. Pour le secteur aérien du continent, le message est clair : la conformité environnementale n’est plus une contrainte périphérique, mais un passage obligé pour rester connecté au marché mondial. Et une partie de la réponse se trouve désormais en Afrique.

 

Sommet Africa Forward – Economie Bleue: Bassirou Diomaye Faye plaide pour une croissance africaine durable et équitable

Par A. L. NDIAYE (avec En Relief) 

Co-présidant avec le Premier ministre mauricien la table ronde de haut niveau sur l’économie bleue au Sommet Africa Forward, le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a livré un plaidoyer fort en faveur d’un modèle de développement conciliant impératif écologique et prospérité des peuples africains.

Devant plusieurs dirigeants et partenaires internationaux, le Chef de l’État a défendu la vision sénégalaise d’une économie bleue fondée sur la justice climatique, la souveraineté économique et la préservation des ressources naturelles.

Le Sénégal a porté haut la voix de l’Afrique au Sommet Africa Forward. Prenant part à la table ronde de haut niveau consacrée à l’économie bleue, le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a dressé un constat sans détour sur les déséquilibres climatiques mondiaux.

Face à ses homologues et aux partenaires internationaux, le Chef de l’État a rappelé une réalité que le continent africain ne cesse de dénoncer : l’Afrique, bien qu’étant le continent le moins pollueur de la planète, demeure celui qui subit le plus lourdement les conséquences des dérèglements climatiques. Une situation qu’il a qualifiée d’inacceptable au regard des efforts et des sacrifices consentis par les peuples africains.

Mais loin d’un discours victimaire, le Président sénégalais a surtout défendu une vision ambitieuse et pragmatique du développement durable. Pour lui, la préservation de l’environnement ne peut être pensée en opposition avec les aspirations légitimes des populations africaines à la prospérité, à l’emploi et à la dignité. Les deux impératifs doivent désormais avancer ensemble, dans une dynamique complémentaire et indissociable.

S’appuyant sur l’expérience sénégalaise, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a présenté l’économie bleue comme un puissant levier de transformation économique et sociale. Une approche qui articule protection des écosystèmes, création de richesses et redistribution équitable des revenus tirés de l’exploitation des ressources marines et fluviales.

Dans cette perspective, plusieurs réformes structurelles ont été engagées par le Sénégal pour répondre aux défis environnementaux et économiques. Le Chef de l’État a notamment évoqué la modernisation du secteur de la pêche, le développement de l’aquaculture, la lutte contre la surpêche et la pêche illicite, mais aussi la réforme foncière, l’organisation des coopératives agricoles et le renforcement des mécanismes modernes de conservation post-récolte.

Le Président a également mis en avant la promotion du tourisme vert comme moteur de croissance durable, capable de générer des emplois tout en préservant les équilibres écologiques.

En clôturant son intervention, le Chef de l’État a réaffirmé la ligne directrice de la diplomatie sénégalaise : bâtir un modèle où la protection de la planète et le développement de l’Afrique cessent d’être perçus comme des contradictions. Pour Dakar, ces deux combats doivent au contraire se renforcer mutuellement afin d’ouvrir la voie à une croissance souveraine, inclusive et durable pour les générations futures.

 

Casablanca: Mamadou Gueye l’Original, président de la GOC, doublement distingué au PADEL 2026

Par Ch. Seck NDONG

La Génération Originale Citoyenne (GOC), en partenariat avec le Collectif des Femmes Sénégalaises au Maroc (FSM) et l’association Les Femmes Battantes du Maroc, a organisé deux sessions de formation en saponification à Casablanca. L’initiative a réuni des responsables venues de plusieurs villes marocaines.

Au-delà de l’aspect économique, l’événement a été marqué par un message fort lancé par le président de la GOC, Mamadou Gueye l’Original, alias Mamadou Gueye l’Original. Lors de la grande cérémonie de remise des distinctions du Grand Prix Panafricain des Leaders (PADEL) 2026, il a lancé un appel émouvant pour la libération des supporters sénégalais actuellement détenus au Maroc.

Doublement honoré au cours de la soirée, Mamadou Gueye l’Original, a reçu le Grand Prix Panafricain des Leaders PADEL 2026 ainsi que le Super Grand Prix des Leaders Africains PADEL 2026. Une reconnaissance qui consacre son engagement citoyen et son action en faveur de la diaspora sénégalaise.

«Vive la Génération Originale Citoyenne. Vive le Sénégal. Vive l’Afrique », a conclu le président de la GOC, sous les applaudissements du public marocain.

Innovation éducative : 8 startups au Sénégal et 5 au Bénin intègrent la 3ᵉ cohorte du Mastercard Foundation EdTech Fellowship

Le programme Mastercard Foundation EdTech Fellowship lance sa 3ᵉ cohorte pour accélérer la transformation numérique de l’éducation au Sénégal et au Bénin.

La cérémonie de lancement de la 3ᵉ cohorte du Mastercard Foundation EdTech Fellowship s’est tenue ce lundi 11 mai 2026 à Dakar. Ce programme vise à accompagner et accélérer des startups engagées dans la transformation des systèmes d’apprentissage au Sénégal et au Bénin.

Fort du succès des deux premières éditions, qui ont permis d’accompagner 10 startups et d’impacter plus de 240 000 apprenants au Sénégal, cette nouvelle cohorte marque une étape supplémentaire dans la structuration d’un écosystème éducatif innovant et inclusif. « Sur plus de 300 candidatures, 8 startups sénégalaises et 5 startups béninoises ont été sélectionnées », a annoncé Amayel Talla, directrice du programme Mastercard Foundation EdTech Fellowship.

La cérémonie a été l’occasion d’échanger sur les perspectives du numérique éducatif en Afrique de l’Ouest. « Ce programme, financé par la Fondation Mastercard et mis en œuvre par EtriLabs, vise à accompagner et à accélérer des jeunes entreprises technologiques dans les secteurs de l’éducation au Sénégal et au Bénin, deux pays où l’écosystème entrepreneurial se développe rapidement », a expliqué Amayel Talla.

Chaque startup sélectionnée bénéficie d’une subvention de 75 000 dollars, ainsi que d’un accès à un réseau de mentors, d’experts et d’universitaires. « Nous déployons un plan d’accélération pour renforcer ces entreprises et faire émerger un véritable écosystème EdTech dans les deux pays, avec l’objectif d’atteindre 8 000 apprenants par an », a-t-elle précisé.

Au-delà du financement, l’ambition est de « permettre à un nombre croissant de Sénégalais et de Béninois d’accéder à un apprentissage de qualité ».

Le processus de sélection s’est intensifié au fil des éditions. « La première année, nous avions reçu environ 100 candidatures. Cette année, nous en avons compté plus de 300 », a souligné Amayel Talla. « Nous accompagnons des startups qui disposent déjà d’un produit technologique opérationnel, génèrent des revenus et comptent des apprenants », a-t-elle conclu.

Par Y. ND (avec En Relief)

Biennale de la danse en Afrique 2026: la danse thérapie en milieu Lébou

(Par Abdou Khadre Gaye, écrivain, président de l’EMAD)

Dans le cadre de la biennale de la danse en Afrique, organisée au Sénégal, à Toubab Dialaw, du 29 avril au 3 mai 2026, sous la direction artistique de Germaine Acogny, s’est tenue, à l’École des Sables, le 1er mai, une table ronde sur le thème : Création, Culture et Liberté. Présidée par Pape Massene Séne, avec comme modérateur Dr Massamba Gueye, elle s’est déroulée en présence du Pr Ibrahima Wane, de Gacirah Diagne et Hardo Ka, entre autres. L’activité a vu la participation d’éminents experts et acteurs de la danse d’horizons divers. Je partage avec vous ma communication sur le thème : La danse thérapie en milieu lébou :

Vous avez assisté à la prestation des troupes léboues, vous avez entendu la chaude voix de Barham Ciss de Dialaw, les tambours de Modou Diop de Bargny, vous avez vu les pas de danse. Je vous invite maintenant à imaginer… Imaginons une vaste mer, bleue : le soleil brille, les mouettes dansent la ronde dans le ciel. Une pirogue richement décorée glisse dans les eaux. Le piroguier laboure les flots avec sa pagaie. À droite, puis  à gauche. Droite. Gauche. Droite. Gauche.

Cette image illustre mieux que n’importe quelle autre la danse léboue. La pagaie qui laboure la mer de droite à gauche constitue les sauts de pied. Le reste du corps représente la pirogue qui coule et se balance suivant le mouvement de la pagaie. Et la musique, la mer qui l’emporte. Et ça saute. Les pieds soulèvent le sable comme la pagaie soulève l’eau. Droite, gauche…

La chorégraphie se joue presque à l’identique chez les chanteurs de la confrérie musulmane Layenne assis sur le sable de plage et imitant les mouvements du pagayeur, les mains se soulevant et descendant en cascade, le buste se balançant d’avant en arrière dans une parfaite synchronisation.

Car le danseur lébou ne cherche pas à échapper à la pesanteur, mais plutôt à s’enraciner dans la terre. Il ne convoite pas le ciel, mais plonge les yeux obstinément dans la terre, la terre mère, sa terre natale. Vous vous souvenez certainement de la chanson :

Coy naaw dal si ngér

Coy naaw dal si ngér

Lumu naaw naaw dal si ngér

Coy naaw dal si ngér

Le perroquet vole et atterrit sur l’arbuste

Le perroquet vole et atterrit sur l’arbuste

Aussi loin que porte son vol il atterrit sur l’arbuste

Le perroquet vole et atterrit sur l’arbuste

Vous vous rappelez aussi certainement le film d’Alex Haley, Racines : Kunta Kinte, réduit en esclavage aux Amériques, confie son message à l’Afrique à un insecte. De même, pour transmettre des messages où que ce soit au monde, le lébou n’envoie pas l’aigle, qui habite le ciel, ni même la blanche colombe, mais la sauterelle qui par ses sauts revient toujours à la terre. Pour transmettre des messages à ses morts, il commissionne la petite souris qui se promène sous la terre…

Jinaxoo Mbaay

Yow mi dëkk si biir suuf, etc.

Bref, pour mieux comprendre la danse léboue, disons un mot sur la conception de l’homme de ce peuple de la mer qui se considère comme fils de la terre. L’homme, disent les lébous, n’est ni supérieur ni inférieur à l’animal. Ni au végétal. Ni au minéral. Il doit, toutefois, conquérir et conserver au cours de sa vie les qualités de l’homme comme il faut, l’homme qui est comme il doit être. Il doit ressembler au prototype exemplaire, c’est-à-dire être nité. Dans le cas contraire, il sera dit rabé (semblable à l’animal). Sa vocation est de produire de la lumière et d’éclairer le monde, niit. Car nit dafay niit, dit le proverbe.

Ainsi, tous les rites, rituels, chants et danses lebous vont dans le sens de cette mission de préservations des vertus et de surveillance de l’équilibre cosmique. La communauté se surveille, surveille ses membres, surveille son environnement en vue de repérer toutes les fissures, déchirures et fractures. Et à les réparer bien sûr. Par le chant et la danse, entre autres.

Commençons par le ndaw rabbin ou gammu qui procède au bilan comportemental annuel de la communauté et de ses membres. Car pense le peuple lebou : « na mbuba tilim, waaye bu der tilim » (qu’importe que l’habit soit sale, mais que jamais la peau, c’est-à-dire la réputation, ne le soit).

Et chantent les festivalières :

Gii gammu kusi ñaaw dee

Kusi rafet maala jur si sama bir

À ce gammu les personnes laides mourront de honte

Quant aux personnes belles, elles sont miennes, issues de mon ventre

Vous comprenez certainement qu’il s’agit là de la laideur et de la beauté morale. Car, à l’occasion du ndaw rabbin, qui est une sorte de compétition de beauté morale, seront célébrées les belles actions qui ont marqué l’année et dénoncé les mauvaises. Et comme pour recoudre le tissu social, seront rappelés tout au long de la cérémonie les liens de parenté à travers les chants panégyriques.

Et les files des danseuses à la queue leu leu, pagnes tissés en escaliers autour des reins, boubou indigo retroussé, foulards en bouquet de fleurs, donnent l’image d’une régate. Imaginez… Imaginons plusieurs pirogues avec une bonne douzaine de rameurs dans chacune, battant les flots en cadence. Droite, gauche. Droite, gauche. Imaginons le mouvement d’ensemble…

En ce qui concerne le baaw naan, il s’agit de chants et danses pour faire rire Maam Yalla (grand père dieu) et ainsi réparer les robinets du ciel et faire tomber la pluie…

Maam Yalla may nu walaangan

Ngoxii, ngox

Grand père Dieu, offre- nous une pluie ruisselante

Et que chantent les grenouilles

Venons-en maintenant au ndëpp, la danse thérapeutique par excellence, qui replante le lébou dans sa lignée et ses traditions, le guérissant ce faisant de tous les dysfonctionnements entrainés par la fracture responsable des maladies dont il souffre. Dans le ndëpp, en vérité, le rab ou l’esprit ancestral s’empare de la personne pour se manifester par son entremise à travers un bakk (chant devise) et des pas de dance. Le tout se terminant par une chute (daanu), comme un tremblement de terre remettant les choses à l’endroit.

Donc, dans le ndëpp, en vérité, ce n’est pas la personne possédée qui chante et danse, mais, à travers elle, le rab qui la possède, ou, plus précisément, qui l’habite, car elle est demeure et réceptacle. C’est la raison pour laquelle on dit de la personne en transe dafa xar, c’est-à-dire qu’elle est déchirée ou fracturée par l’esprit qui l’habite. Le ndëpp vise à sortir l’esprit de la personne et à le fixer (sampp) avec des pilons cassés et des cornes dans l’autel domestique ou xambb.

Ainsi, par la bouche de la personne sous son emprise, l’esprit fait connaître son bakk ou chant devise, ou si vous préférez chant indicatif, lequel indique le rythme des tambours. Car le bakk est aussi bien chanté par le public que joué par les tamtams. S’en suivent les pas de danse, le langage du corps, qui, dans le prolongement du bakk, révèle davantage l’identité du rab par des mimes suggestives. Ce qui fait que si le rab est pêcheur le possédé jouera à la pêche. De même s’il est cultivateur ou éleveur. Si la personne est habitée par un rab blanc, elle réclamera une casquette, une cigarette, parfois de la bière, en se dandinant comme un Européen. Si par contre il est marabout, il réclamera chapelet et tapis de prière en récitant des versets, etc.

Dans son ouvrage Les lebous parlent d’eux-mêmes, El H. Malick Sarr écrit à peu près ceci à propos d’une possédée : lorsqu’elle a entendu le chant de son génie, elle s’est déchirée et s’est déchainée. Elle a dansé en communion avec l’esprit qui la possède. Elle a fait le tour du cercle des spectateurs, s’est prosternée, a embrassé la terre, puis s’est dressée tel un cobra. Elle a ensuite labouré la terre avec ses mains. Enfin le rab l’a terrassé et l’a mis dans un état de quasi-mort.

Voici, en exemple, quelques bakk de rab :

D’abord ce chant devise où le génie déclare être fils d’éléphant, trop gros pour servir de grillade :

Ëppë në mbërëm

Doomu nay ëppë në mbërëm

Ensuite celui-ci de la possédée dont les pas de danse imitent le phacochère auquel elle s’identifie :

Mbaam alla maangi

Ku mu matt yaa tey !

Enfin, ce chant ou le génie du nom de Fatim Demba Mbaye est identifié à travers les localités qu’elle habite :

Faatim Demba Mbaay

Yaa dëkkë Mbaan

Yaa dëkkë Ngéy Ngéy

Yaadi borom Lewe

Faatim Demba Mbaay

Pour terminer, je donne les étapes du ndëpp, selon des spécialistes de l’hôpital Fann qui ont étudié le phénomène :

D’abord, il y a le seet (chercher). La prêtresse cherche les causes des troubles de son patient, entre autres méthodes, en lisant la position des cauris jetés sur le van ou celle des racines flottantes dans les canaris. S’il s’avère que le mal est le fait d’un génie, et s’il réclame comme offrande une chèvre, un mouton ou une vache, le ndëpp  s’impose. On fixe alors la date et la durée du rituel.

Ensuite, le tamtam annonce le début des festivités où tous les humains et tous les génies de la contrée sont conviés. C’est le sajj (battre les premiers coups de tamtam).

On procède au mesurage des membres du patient en y versant du mil que les femmes pileront ensuite pour faire le nakka (gâteau de mil dilué dans du lait caillé) destiné au public. Le mil est purificateur. Cette phase est appelée natta, c’est à dire mesurer.

Par le jeegget (enjambement), le malade enjambe sept fois l’animal du sacrifice pendant que les tamtams battent et que, par des chants, les prêtresses implorent le génie d’accepter l’offrande qu’on lui destine.

Le njappa (ablution) débarrassera l’animal du sacrifice de toute souillure. Puis, le malade crache ses vœux dans la gueule ouverte de l’animal, c’est le ñaan.

Ensuite, on le recouvre de sept ou douze mètres de percale et on le couche sur le côté de l’animal. Et, encore une fois, les femmes font sept fois leur tour, en chantant. Cette étape où l’on égorge l’animal est appelée rendi (immolation).

On recueille le sang de l’animal égorgé et l’on procède à l’enterrement symbolique du malade. C’est le bukatu.

On lave le malade avec le sang de l’animal, puis avec du lait frais. Le sang transmet les désirs du malade au rab qui le possède. Le lait  matérialise son retour parmi les vivants. C’est à ce moment qu’on peut l’entendre chanter ainsi :

Wooy déewu ma

Da nu ne damaa dée

Te déewu ma…

Non, je ne suis pas mort

On dit que je suis mort

Alors que je ne le suis pas…

Cette étape est appelée sangu (se laver).

On enroule sur tout le corps du malade les intestins de l’animal sacrifié. C’est le roog.

Enfin, le sampp fixe symboliquement le rab dans le xambb, avec un pilon cassé planté au sol (d’où le terme sampp). Il marque sa conciliation avec la personne malade et avec la communauté.

Le tastal marque la fin du ndëpp.

AKG, Toubab Dialaw, 1er mai 2026

Sécurité A Touba Sam Fall: Deux voleurs de bétail arrêtés avec 24 moutons à la veille de la Tabaski

Linguère – La gendarmerie de Dahra Djoloff interpelle deux malfaiteurs et récupère 24 moutons volés à Déali.

Deux individus ont été arrêtés et 24 moutons volés ont été récupérés dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 mai 2026 à Touba Sam Fall, une localité de la commune de Déali, dans le département de Linguère.

Les deux suspects, M. Ka, 23 ans, et M. Sow, 18 ans, ont été interpellés par les éléments de la brigade de gendarmerie de Dahra Djoloff, sous la conduite du commandant Sène. Ils faisaient partie d’un groupe de trois malfaiteurs ayant dérobé le cheptel dans la commune de Déali. Le troisième complice, âgé d’une trentaine d’années, est toujours en fuite. Des recherches sont en cours pour l’arrêter, selon des sources concordantes.

Les 24 moutons saisis ont été restitués à leurs propriétaires.

À l’approche de la Tabaski, période marquée par une recrudescence des vols de bétail, la brigade de gendarmerie de Dahra Djoloff a renforcé son dispositif de sécurité. Des patrouilles sont menées de jour comme de nuit dans toutes les communes relevant de sa circonscription afin de garantir la quiétude des populations.

« Le commandant Sène et ses hommes sont en permanence sur le terrain. Ils sillonnent l’ensemble des communes pour assurer la sécurité, au grand soulagement des habitants », indique-t-on.

Bathie NDIAYE – Correspondant à Linguère

Education et Petite Enfance: Aly Ngouye Ndiaye inaugure une nouvelle case des Tout-Petits à Thély Nord

Le maire de Linguère Aly Ngouye Ndiaye poursuit son investissement dans l’éducation préscolaire avec l’ouverture d’une nouvelle case des Tout-Petits. Conscient du rôle central de l’éducation dans le développement local, l’ancien ministre a inauguré, ce vendredi, une nouvelle case des Tout-Petits au quartier Thély Nord. Une infrastructure longtemps attendue par les habitants, qui devient désormais une réalité.

Entouré du préfet Modou Thiam et des autorités éducatives, religieuses et coutumières, le maire a exprimé sa satisfaction de « investir sur la petite enfance, levier du développement de demain ». Il a précisé que cette réalisation, inscrite au budget municipal, s’inscrit dans la continuité des autres cases déjà construites dans la commune. « D’autres structures similaires verront le jour », a-t-il promis.

La commune de Linguère compte déjà les cases des Tout-Petits du quartier Abattoir, communément appelée Ngouille Guissé, ainsi que celle de Mbaba Seck. À cette occasion, Aly Ngouye Ndiaye a également annoncé la construction prochaine d’une case des Tout-Petits à Linguère Coumba.

Au-delà de la petite enfance, le maire a réaffirmé sa volonté d’élargir la carte scolaire. «Mon équipe et moi ne ménagerons aucun effort pour renforcer les infrastructures scolaires et booster le secteur éducatif dans notre collectivité », a-t-il assuré.

En marge de la cérémonie, Aly Ngouye Ndiaye a été interrogé sur la relecture du code électoral récemment adoptée par l’Assemblée nationale. « Je n’ai pas de commentaire particulier. Cela relève de la procédure législative normale », a-t-il répondu. Il a rappelé que « l’Assemblée avait voté une loi qu’elle a transmise au président de la République.

Ce dernier avait trois options : l’envoyer en seconde lecture, la soumettre au Conseil constitutionnel ou la promulguer. La première option a été retenue et une session a été convoquée aujourd’hui pour le vote de la loi. On verra la suite ».

Les populations de Linguère, jeunes, femmes et personnes âgées, saluent unanimement les réalisations du maire dans plusieurs secteurs. « Il n’a qu’un seul souci : développer sa localité », confie un habitant.

Bathie NDIAYE – Correspondant à Linguère

Environnement et Recherche: UCAD-ASERGMV – Un partenariat pour la restauration des terres et la résilience écologique

L’Université Cheikh Anta Diop et l’Agence Sénégalaise de Reforestation signent une convention pour la gestion durable des écosystèmes. Structure de référence dans l’enseignement supérieur et la recherche en Afrique, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) s’engage aux côtés de l’Agence Sénégalaise de Reforestation et de la Grande Muraille Verte (ASERGMV) pour répondre aux défis environnementaux.

Face à la dégradation des terres, à la désertification et aux effets du changement climatique, les deux institutions ont ratifié une convention de partenariat visant à produire des solutions concrètes fondées sur la recherche, l’innovation et l’expertise scientifique.

L’accord prévoit le développement de programmes de recherche appliquée sur la restauration des terres et la gestion durable des écosystèmes. Il permettra également d’offrir aux étudiants et jeunes chercheurs des opportunités de stages, de formation et d’immersion sur le terrain, tout en favorisant le partage de données, d’expertises et d’infrastructures scientifiques.

Autre axe majeur : la promotion de l’innovation et des emplois verts, ainsi que le renforcement des capacités techniques et scientifiques des acteurs impliqués dans les programmes de reforestation et de résilience écologique.

Pour le recteur de l’UCAD, le professeur Alioune Badara Kandji, « l’université ne peut rester en marge des grands enjeux de société. Elle doit être un espace de réflexion, mais aussi un acteur engagé dans l’action et dans la transformation positive des territoires ». Il a salué le leadership du directeur général de l’ASERGMV et l’engagement de ses équipes dans la mise en œuvre de projets à fort impact environnemental et social.

De son côté, le Dr Sekouna Diatta, directeur général de l’ASERGMV, a estimé que « la signature de cet accord constitue le point de départ d’une coopération dynamique que nous souhaitons concrète, opérationnelle et durable ». « Nous veillerons ensemble à traduire les engagements contenus dans cette convention en actions tangibles, en projets innovants et en résultats mesurables au bénéfice des communautés, de la recherche scientifique et du développement durable de notre pays », a-t-il déclaré.

Pape Bakary DIATTA

Promotion du Made In Africa: Mme Fabira Dramé plaide pour un numérique au service du développement durable en Afrique

Par Ch. Seck NDONG

La 7ᵉ édition de la Foire internationale des Produits africains (FIPA) a officiellement ouvert ses portes ce lundi 4 mai 2026 au Monument de la Renaissance africaine à Dakar. Placée sous le thème «Le numérique au service du développement durable : opportunité et défi pour l’Afrique », la manifestation se veut un espace d’échanges, de valorisation des savoir-faire et de promotion de l’entrepreneuriat africain.

Dans son allocution d’ouverture, Mme Fabira Dramé, présidente de la Plateforme BAY SA WAAR et commissaire générale de la FIPA, a rappelé l’ambition continentale de l’événement. « La FIPA est une affaire continentale. Elle se veut un lieu déterminant d’échanges, de valorisation de nos richesses et de promotion des femmes et des hommes qui entreprennent pour rehausser notre image, notre dignité et notre souveraineté », a-t-elle déclaré.

Inscrite dans l’ère du digital, cette édition entend répondre aux incertitudes d’un monde en mutation. «Qui sommes-nous? Que bâtissons-nous? Quel est notre rêve dans ce monde où le doute s’installe? La FIPA se veut le lieu de l’espérance, celui d’un regard lucide et d’une foi ardente en des lendemains d’épanouissement », a souligné Mme Dramé.

Elle a salué l’engagement des partenaires institutionnels et techniques, à commencer par le Monument de la Renaissance africaine et son administrateur général, M. Birame Mbarou Diouf, ainsi que le ministère du Commerce et de l’Industrie, agissant selon la vision du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Des structures comme l’AEME, l’ASEPEX, le CICES et l’ADPME, la Mairie de Ouakam, la Chambre de Commerce, ainsi que les autorités religieuses et coutumières, ont également été remerciées pour leur contribution.

Un hommage particulier a été rendu à deux experts français en propriété industrielle et intellectuelle, Norbert Merckling et Alain Kaiser, venus renforcer les capacités des entrepreneurs exposants. Mme Dramé a aussi salué le soutien constant de deux mentors de la FIPA: le ministre Sérigne Modou Bousso Lèye et le professeur Abdoulaye Racine Senghor.

«Nous voulons que la FIPA soit un moment de présentation de nos produits, de leur valorisation et de leur conquête du monde. Avec vous tous, nous y arriverons », a-t-elle conclu.

La FIPA, portée par la Plateforme BAY SA WAAR, se positionne ainsi comme un rendez-vous incontournable pour la promotion du Made in Africa et l’accompagnement des entrepreneurs vers les marchés internationaux.

 

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