mardi, septembre 8, 2026
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Salma Sylla, une femme qui ouvre les étoiles: première docteure sénégalaise en astrophysique

Une nouvelle page écrite dans le paysage scientifique africain, Mme Salma Sylla entre dans l’histoire en devenant la première Sénégalaise à soutenir une thèse de doctorat en astrophysique, une discipline aussi exigeante que stratégique dans la compréhension de l’univers.

Devant un jury international composé d’experts venus de Belgique, du Bénin, de France, du Maroc et du Sénégal, la chercheure a présenté des travaux salués à l’unanimité.

 

Du débat sur les articles L29 et L30 modifiés et renvoyés à l’Assemblée nationale

La demande de seconde lecture par le président Bassirou Diomaye Faye sur la modification des articles L29 et L30 du Code électoral est un acte politiquement très significatif. Elle dépasse largement la simple technique juridique. Dans le contexte actuel, elle peut être lue comme un marqueur d’autonomie présidentielle face à la majorité parlementaire alignée sur Ousmane Sonko.

Depuis plusieurs mois, le Sénégal donne l’image d’un exécutif bicéphale où le centre réel du pouvoir paraît parfois se déplacer vers la Primature et l’appareil partisan du Pastef. En demandant une seconde lecture, Diomaye Faye rappelle qu’il demeure constitutionnellement le détenteur de la légitimité suprême de l’État.

C’est une manière de dire : « le Parlement a une majorité, mais l’arbitrage institutionnel final m’appartient encore ».

Une partie importante de l’opinion perçoit cette réforme des articles L29 et L30 comme une initiative principalement destinée à réhabiliter politiquement Ousmane Sonko sur le plan électoral.

En demandant une seconde lecture, le président tente probablement de se repositionner comme garant des principes républicains et de l’intérêt général, plutôt que comme simple accompagnateur des priorités du parti.

Diomaye Faye sait que les partenaires internationaux, les acteurs économiques et une partie des élites administratives observent avec inquiétude les tensions internes au sommet de l’État. Cette initiative peut être interprétée comme un signal de modération institutionnelle : refus de la précipitation ; recherche d’un consensus plus large ; volonté d’éviter une réforme électorale perçue comme personnalisée.

D’ailleurs, le président avait déjà publiquement exprimé son incompréhension face à la procédure d’urgence utilisée pour cette réforme.

Le fait essentiel est peut-être ailleurs : les divergences ne sont désormais plus seulement supposées ou commentées dans les médias ; elles commencent à produire des actes institutionnels concrets.

Quand un président demande une seconde lecture d’un texte porté par sa propre majorité parlementaire et soutenu politiquement par le Premier ministre, cela traduit une tension réelle dans la coordination du pouvoir.

Une bataille autour du contrôle du “Projet”.

Au fond, ce bras de fer concerne aussi le leadership symbolique du régime :

Sonko apparaît comme le chef politique du mouvement; Diomaye veut exercer pleinement la fonction présidentielle sans être réduit à un rôle d’exécutant institutionnel.

Cette séquence peut donc être comprise comme une tentative de rééquilibrage du pouvoir au sommet de l’État.

Politiquement, trois scénarios peuvent désormais émerger : un compromis discret entre les deux têtes de l’exécutif ; une montée progressive de la rivalité jusqu’à une recomposition politique ; ou une coexistence tendue durable, avec un président institutionnel et un Premier ministre dominant politiquement.

Le risque principal pour le Sénégal reste cependant l’installation d’une dualité permanente du pouvoir, source de paralysie, de confusion administrative et d’incertitude économique.

C’est généralement dans ce type de configuration que l’État devient moins lisible pour les citoyens comme pour les investisseurs.

Cette affaire est extrêmement sensible, elle est à suivre, car l’opinion nationale en boira le calice jusqu’à la lie du contenu et de l’issue.

Mamadou Biguine Guèye

Journaliste

Coordonnateur du mouvement GEUEF/Action

Litige Foncier à Linguère: 9 hectares au cœur d’un différend entre les communes de Kamb et Warkhokh

Des populations réclament une délimitation claire entre Kamb et Warkhokh après l’attribution de 9 hectares à une entreprise. Une superficie de 9 hectares pourrait-elle être à l’origine d’un litige foncier entre deux communes voisines ? C’est la question qui agite depuis plusieurs jours les habitants de Kamb et de Warkhokh, dans le département de Linguère.

Selon le maire de Kamb, Birame Ba, ces 9 hectares ont été attribués en 2024 à une entreprise locale par le conseil municipal de Kamb. « Les 9 hectares se trouvent bien dans la commune de Kamb. Le bornage a été effectué au GPS et la zone concernée est située à Ndiaww-Ndiarno, à cheval entre Kamb et Warkhokh », a-t-il précisé. L’entreprise exploitante y extrait de la carrière rouge et emploie des riverains, ajoute-t-il.

De son côté, le maire de Warkhokh, Yoro Sow, a indiqué qu’il ne pouvait se prononcer pour l’instant. «Je dois d’abord me rendre sur les lieux avant de réagir», a-t-il déclaré.

Dans ce contexte de tensions, l’association Fedde Somme/Yitti, dont le président Gondiol Ka réside à l’étranger, revendique également ces terres. Elle estime que les 9 hectares relèvent de la commune de Warkhokh et a saisi le préfet de Linguère pour obtenir l’autorisation d’organiser une manifestation avec port de brassards rouges le samedi 23 mai 2026 à partir de 11h à Somme/Yitti.

Dans sa correspondance, l’association dénonce aussi l’exploitation de carrières par des entreprises de construction de routes à Loumbol Bobori et Soynde Samba Dalli. « Elles extraient la pierre rouge sans réhabiliter les sites, laissant de larges cratères qui constituent un danger pour les animaux », alerte-t-elle.

Fedde Somme/Yitti accuse en outre la commune de Kamb d’empiéter sur le territoire de Warkhokh et reproche aux deux mairies leur silence. « L’autorité administrative est appelée à régler définitivement ce problème en procédant à une délimitation claire et nette entre les deux entités », peut-on lire dans la lettre.

L’association déplore par ailleurs que les villages de Somme/Yitti ne perçoivent aucune redevance significative liée à l’exploitation des carrières et ne bénéficient ni de case de santé ni de lampadaires solaires, malgré leurs demandes répétées auprès de la commune de Warkhokh.

Fedde Somme/Yitti assure que la manifestation se déroulera dans le respect des lois et sans perturber la voie publique, et invite la presse nationale et internationale à y assister afin de relayer leurs revendications.

Interrogé sur cette demande, le préfet de Linguère a déclaré ne pas avoir encore été saisi officiellement d’un projet de manifestation.

Bathie NDIAYE – Correspondant à Linguère

Pêches et Economie maritime: Le ministre, Dr Fatou DIOUF, affiche un bilan positif au 1er trimestre 2026 

Infrastructures, réformes et aquaculture au cœur des avancées

Dakar, mai 2026 – Le ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Dr Fatou Diouf, dresse un bilan jugé « globalement satisfaisant » pour le premier trimestre 2026. Selon le département, les performances enregistrées traduisent une dynamique soutenue dans la mise en œuvre des projets structurants et un engagement renforcé pour une gestion durable du secteur.

Infrastructures : le Port de Ndayane en bonne voie 

Dans le volet transports maritimes et infrastructures portuaires, le taux de réalisation dépasse 30 %. Le Port de Ndayane affiche un avancement significatif, avec une livraison attendue début 2027. Parallèlement, la liaison maritime Dakar–Gorée a démarré avec l’acquisition programmée de deux navires en acier destinés à améliorer la desserte.

Pêche : des infrastructures halieutiques réceptionnées 

Plusieurs projets ont été finalisés. Le Laboratoire national d’analyse des produits halieutiques a été réceptionné provisoirement. Le Marché central aux poissons de Thiès, achevé à 100 %, est déjà opérationnel. Le complexe frigorifique de Hann, dont les infrastructures sont terminées, sera mis en service dans les prochaines semaines avec la nomination de son directeur et le déploiement progressif des équipements et du personnel.

Réhabilitation et réformes en cours 

Le ministère a lancé un programme de réhabilitation des services déconcentrés. À Saint-Louis, les travaux de reconstruction ont atteint 40 % d’exécution. Le personnel a été temporairement redéployé pour assurer la continuité du service.

Sur le plan législatif, les avant-projets du Code de la pêche maritime, du Code de la pêche continentale et du Code de la marine marchande sont finalisés ou en cours d’élaboration. Ces réformes visent à adapter le cadre normatif aux standards internationaux et à garantir une gestion durable des ressources.

Le département renforce également la certification des produits halieutiques, notamment pour répondre aux exigences de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique.

Aquaculture: un levier stratégique 

L’aquaculture s’impose comme un axe prioritaire pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la pêche illicite. Le trimestre a été marqué par une augmentation des dotations en aliments pour poissons, la création de nouvelles unités de production et le lancement d’un projet d’usine nationale d’aliments pour poissons. L’objectif est de réduire la dépendance aux importations et d’améliorer la compétitivité locale.

Perspectives 2026

Le ministère entend accélérer les investissements et consolider les acquis pour faire du secteur un pilier du développement économique et social du Sénégal. «Ce bilan traduit la volonté du Gouvernement de faire des pêches et de l’économie maritime un moteur de croissance durable et inclusive», indique le département.

Lutte contre les flux financiers illicites: La société civile outillée face au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme

Par Mame Khady NDAO

Le Conseil des ONG d’appui au développement (CONGAD) a lancé ce dimanche à Dakar une tournée de renforcement des capacités de ses organisations membres, en partenariat avec la GIZ, dans le cadre du projet REDTRA – Renforcement de l’État de droit et de la transparence pour promouvoir la cohésion sociale.

Cette initiative vise à outiller la société civile sénégalaise face aux risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, dans un contexte de raréfaction des financements et de vulnérabilité accrue des ONG.

« Nos organisations font face à d’énormes difficultés financières et deviennent plus fragiles. Elles ont un besoin accru de ressources, mais doivent aussi évoluer dans un environnement complexe et sensible », a expliqué Malick Ndome, membre du Conseil d’administration du CONGAD. Selon lui, être bien outillé est une condition sine qua non pour « accéder à des financements sûrs et préserver la crédibilité vis-à-vis des bailleurs et partenaires techniques et financiers ».

Le responsable a identifié deux principaux risques : la perte de crédibilité et les sanctions de l’État. « L’utilisation de fonds d’origine douteuse peut entraîner la suspension d’agréments ou le retrait de confiance de l’État, qui dispose de mécanismes de contrôle via la CENTIF et d’autres institutions », a-t-il rappelé. Il a également mis en garde contre les circuits informels, rappelant que « tout argent qui ne passe pas par les circuits formels devient suspect et peut avoir des conséquences néfastes sur l’économie ».

REDTRA : transformer la vulnérabilité en force 

Lancé en mai 2025, le projet REDTRA est le fruit d’une coopération entre l’Allemagne et le Sénégal pour promouvoir la bonne gouvernance et la transparence. Son quatrième axe, dédié au renforcement de la société civile, a désigné le CONGAD comme partenaire stratégique.

« On ne peut gagner la bataille de la transparence sans les ONG, qui sont au cœur du dispositif de vigilance au Sénégal », a souligné Touradou Sow, conseiller technique à la GIZ. Il a toutefois averti que « malgré une réglementation dissuasive, les ONG restent des proies. Face à la rareté des financements, les délinquants financiers affinent leurs techniques pour s’infiltrer dans vos structures ».

La mission confiée au CONGAD est claire : « transformer votre vulnérabilité en force en vous dotant des compétences nécessaires pour manipuler les instruments de prévention contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ».

Vers un document de référence et une table ronde 

La formation en cours débouchera sur l’élaboration d’un document de référence qui sera largement diffusé. Une table ronde est également prévue pour partager les conclusions de l’atelier et alimenter la réflexion, suivie d’un rapport final.

La GIZ réaffirme ainsi son rôle de facilitateur de la coopération allemande au Sénégal. «Nous activons un partenariat de confiance avec le CONGAD pour protéger l’espace civique sénégalais», a conclu Touradou Sow.

Le CONGAD, qui regroupe de nombreuses organisations membres, entend désormais faire de la traçabilité et de la conformité aux normes du GAFI et du GIABA un standard pour l’ensemble de la société civile sénégalaise.

 

2029 – gagner, même quand le pays perd: Réflexion sur la mentalité de supporter et la crise citoyenne au Sénégal.

À mesure que l’horizon de 2029 se rapproche, une question semble s’imposer dans le débat public : qui va gagner ? Cette interrogation, en apparence naturelle dans une démocratie, mérite pourtant d’être examinée de plus près. Car derrière sa banalité se cache peut-être le symptôme d’un déséquilibre plus profond. Ce qui domine aujourd’hui, ce n’est pas seulement une compétition politique normale, mais une manière particulière de penser la politique elle-même. Une manière qui tend à la réduire à un affrontement de camps, où l’essentiel n’est plus la transformation du pays, mais la victoire.

Pour comprendre ce qui bloque aujourd’hui le Sénégal, il faut accepter de déplacer le regard. Le problème n’est pas seulement institutionnel, ni uniquement politique. Il est plus profond. Il tient à une manière de penser, presque invisible parce qu’elle est devenue normale. Une manière de se positionner face au monde, face aux autres, face au pouvoir. Cette manière de penser peut être résumée simplement : la mentalité de supporter.

Ce concept n’est pas une formule. C’est une clé de lecture. Une fois qu’on l’a compris, beaucoup de choses deviennent soudainement évidentes.

Une mentalité simple : appartenir et gagner

Dans un stade, le rôle du supporter est clair. Il choisit une équipe. Il s’y identifie. Il la défend. Et surtout, il veut qu’elle gagne. Peu importe pourquoi. Peu importe ce que cela change dans sa vie.

Quand l’équipe gagne, il ressent une victoire personnelle. Quand elle perd, il ressent une frustration intime.

Pourtant, objectivement, rien n’a changé : son salaire est le même, ses difficultés sont les mêmes, ses conditions de vie sont les mêmes. Mais le sentiment de victoire suffit.

C’est là le cœur du mécanisme : le cerveau humain peut se satisfaire d’une victoire symbolique comme si elle était réelle.

Dans le sport, cela ne pose aucun problème. C’est même le principe du jeu.

Des quartiers au sommet : la même logique partout

Au Sénégal, cette mentalité dépasse largement le sport. Elle structure des comportements sociaux entiers.

Dans les quartiers, les associations sportives et culturelles mobilisent des ressources importantes. On cotise, on organise, on investit. Souvent chez des maroubouts chez charlatan. Mais souvent, l’objectif principal n’est pas de créer un impact durable comme financer des projets structurants ou améliorer concrètement la vie collective mais de remporter une compétition, exister symboliquement, “être devant les autres”.

Un élément particulièrement révélateur apparaît à ce niveau. Lorsqu’on observe la vie des quartiers, on constate qu’il est extrêmement difficile de réunir l’ensemble des habitants autour d’un projet commun. Qu’il s’agisse d’initiatives économiques, d’actions éducatives ou de réflexions collectives, les tentatives de mobilisation se heurtent presque toujours à des divergences, des résistances ou, plus simplement, à de l’indifférence.

En revanche, une exception notable subsiste : les associations sportives et culturelles, notamment les équipes de football de quartier. Autour de ces structures, la mobilisation devient possible. Les habitants, parfois divisés sur de nombreux sujets, parviennent à se retrouver, à cotiser, à s’organiser et à s’impliquer. Une forme d’unanimité, rare ailleurs, se construit autour de l’ASC.

Ce contraste est significatif. Il ne s’explique pas seulement par l’attrait du sport, mais par la nature du lien proposé. L’ASC offre un cadre simple : un camp, une identité, un objectif immédiat : gagner. Cette clarté réduit les ambiguïtés, dépasse les divergences et permet une adhésion rapide. Là où les projets structurants exigent débat, compromis et vision à long terme, la logique du supporter propose une finalité directe, lisible et émotionnellement engageante.

Autrement dit, ce qui réunit le plus efficacement aujourd’hui n’est pas nécessairement ce qui transforme le plus la réalité, mais ce qui active le plus fortement les ressorts de l’appartenance et de la victoire.

Dans la lutte, les foules se déplacent par milliers pour soutenir un lutteur. L’engagement est total : financier, émotionnel, physique. Mais là encore, la finalité est claire : la victoire du camp.

Même dans les discussions quotidiennes, autour du football européen par exemple entre Barça et Real, certains débats prennent une intensité disproportionnée. On défend un club comme on défendrait une cause vitale. On peut se fâcher, rompre des relations, créer des divisions… pour des équipes qui, concrètement, n’ont aucun impact sur notre réalité quotidienne.

Ces exemples peuvent sembler anecdotiques. Mais ils révèlent un schéma constant : l’appartenance à un camp + la recherche de victoire = moteur principal de mobilisation.

Le basculement critique : quand la politique devient un match

Le problème devient grave lorsque cette logique s’applique à la politique.

Car la politique n’est pas un jeu. Elle détermine des réalités concrètes : l’emploi, l’éducation, la santé, les infrastructures, la sécurité. Elle exige donc une posture différente: celle du citoyen, capable d’évaluer, de comparer, de sanctionner.

Or, lorsque la mentalité de supporter s’impose, cette posture disparaît.

Le citoyen ne se demande plus : Est-ce que ce dirigeant produit des résultats ? Est-ce que ses décisions améliorent la situation ?

Il se demande : Est-ce que c’est mon camp ? Et à partir de là, tout bascule.

S’il s’agit de “son camp”, alors : les erreurs sont minimisées, les échecs sont justifiés et les contradictions sont ignorées

Comme un supporter qui défend son équipe même après une mauvaise performance, le citoyen- supporter défend son leader indépendamment des faits.

Imaginons une entreprise dont les clients continuent d’acheter le produit, même s’il devient mauvais.

Même s’il est plus cher. Même s’il ne fonctionne plus.

Pourquoi ? Parce qu’ils “supportent” la marque.

Que va faire l’entreprise ? Elle n’a aucune raison de s’améliorer. C’est exactement ce qui se passe en politique. Quand les citoyens cessent d’être exigeants, les dirigeants cessent d’être performants.

Le symptôme le plus révélateur : suivre toujours le gagnant

Un phénomène encore plus révélateur apparaît : la mobilité des soutiens. Dans une logique citoyenne, on soutient des idées, une vision, un projet. On peut rester fidèle même dans la difficulté, parce que la conviction est profonde. Dans une logique de supporter, c’est différent. On ne suit pas une vision. On suit la victoire. Quand un acteur politique monte, il attire. Quand il faiblit, il est abandonné.

C’est le même comportement que dans un stade : quand une équipe domine, elle attire plus de supporters, quand elle perd, les tribunes se vident.

Appliqué à la politique, cela crée une instabilité permanente et une superficialité des engagements. Une société sans exigence ne peut pas progresser

Les conséquences de cette mentalité sont lourdes.

Dans une société de supporters : l’exigence disparaît, la responsabilité s’affaiblit et la performance devient secondaire

Les dirigeants, conscients de cela, adaptent leur comportement. Ils investissent moins dans les résultats et davantage dans la consolidation de leur base : communication, mobilisation, polarisation.

Le débat public, lui, se transforme. Les grandes questions structurantes passent au second plan. L’attention se focalise sur les rapports de force, les rivalités, les échéances électorales.

La question dominante devient : “Qui va gagner ?”

Et non : “Qu’est-ce qui va changer ?”

Le paradoxe final : gagner sans avancer

On se retrouve alors dans une situation paradoxale.

Un camp gagne. Puis un autre. Les victoires s’enchaînent. Mais le pays, lui, n’avance pas au même rythme.

Le véritable défi du Sénégal n’est pas simplement politique. Il est culturel et psychologique.

Il s’agit de sortir du stade.

De comprendre que la politique n’est pas un match à gagner, mais une réalité à construire. De passer d’une logique d’appartenance à une logique d’exigence.

Un supporter célèbre. Un citoyen évalue. Un supporter suit. Un citoyen choisit. Un supporter veut gagner. Un citoyen veut que son pays avance.

Tant que cette transformation n’aura pas lieu, les changements resteront superficiels. Les alternances continueront, mais les résultats structurels tarderont.

Car au fond, un pays ne progresse pas parce qu’un camp gagne. Il progresse lorsque ses citoyens deviennent suffisamment exigeants pour que personne ne puisse se permettre d’échouer sans conséquence.

Ameth DIALLO

Coordinateur national de Gox Yu Bees – Les Bâtisseurs

 

 

ODD 2030: La société civile mobilisée pour le Rapport National Volontaire 2026

Par Mame Khady NDAO

Le Groupe de travail des Organisations de la Société Civile sur le suivi des Objectifs de Développement Durable (GT-OSC-ODD) a lancé une série d’ateliers interrégionaux dans le cadre de l’élaboration du Rapport National Volontaire (RNV-2026) du Sénégal. Les rencontres se tiennent à Dakar, Louga, Kolda et Kaolack et réunissent organisations de la société civile, administrations et institutions publiques.

L’objectif est de dresser un état des lieux de la mise en œuvre des ODD au Sénégal et de formuler des contributions en vue de la présentation du rapport national aux Nations Unies lors du Forum politique de haut niveau.

Un processus à mi-parcours avec des défis persistants 

«Nous sommes à mi-parcours de l’échéance 2030. Il reste cinq ans pour atteindre des résultats définitifs », a indiqué Ibrahima Yade, président du Conseil d’administration du CONGAD. Si des avancées sont notées, il reste des défis majeurs et des marges d’amélioration à identifier pour ajuster les politiques publiques sur la période 2025-2030.

Pour cette revue, le Sénégal a choisi de mettre l’accent sur cinq ODD prioritaires : les villes durables, l’accès à l’eau et à l’assainissement, l’énergie durable et abordable, l’industrialisation et l’emploi, ainsi que le renforcement des partenariats pour l’atteinte des objectifs.

Un rapport inclusif, fruit d’un partenariat État- Société civile 

«Ce n’est pas un rapport de l’État. La société civile élabore aussi ses contributions parallèles », a souligné Souleymane Sow, coordonnateur de l’Unité de coordination et de suivi de la politique économique au ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération. Ce partenariat permet au Sénégal de produire un rapport inclusif qui reflète la réalité du terrain.

Le Sénégal présente cette année sa troisième Revue Nationale Volontaire. Le processus s’inscrit dans le cadre de l’Agenda national de transformation 2050 et de sa déclinaison quinquennale, la Stratégie nationale de développement, elle-même alignée sur les 17 ODD. L’un des quatre axes stratégiques porte sur le capital humain de qualité, avec un focus sur l’éducation, la santé et la protection sociale des groupes vulnérables.

La société civile mobilisée pour ne laisser personne de côté 

Pour Plan International Sénégal, représenté par Aïssatou Lo, conseillère technique en éducation, la revue est une occasion de rappeler l’importance du capital humain, notamment l’éducation, la santé et l’autonomisation des femmes et des jeunes filles. « Plan International a un nouveau plan stratégique 2026-2030 visant à atteindre 4 millions d’enfants et de jeunes, avec un focus sur les filles. Nous sommes prêts à accompagner tous les partenaires dans cet objectif », a-t-elle déclaré.

L’ONG Brook Afrique de l’Ouest, représentée par Paul Emmanuel Diédhiou, responsable du développement des projets, met l’accent sur les équidés de trait, souvent oubliés dans les politiques publiques. « Ces animaux jouent un rôle clé dans l’accès à l’eau des ménages ruraux. À travers l’ODD 6, nous voulons identifier les gaps en matière d’alimentation du bétail et travailler avec nos partenaires pour y remédier», a-t-il expliqué.

Des attentes fortes pour les cinq prochaines années 

Au sortir de ces ateliers, les acteurs attendent une meilleure prise en compte des besoins et des réalités vécues par les populations sur le terrain. L’enjeu est de définir les mesures d’accélération nécessaires pour que le Sénégal soit au rendez-vous de 2030.

Le Forum politique de haut niveau réunira à New York le gouvernement du Sénégal, le secteur privé, la société civile et les élus territoriaux pour présenter les progrès réalisés et les défis restants dans la mise en œuvre des 17 ODD.

 

Kolda: Un CEM à Bel Air et une école élémentaire à Sinthiang Tountouroung approuvés par le conseil municipal

Le conseil municipal de Kolda a approuvé ce jeudi la construction d’un collège d’enseignement moyen (CEM) et d’une école élémentaire dans la commune. Réunis en session ordinaire à la salle de délibération de la mairie, les conseillers ont validé ces deux projets jugés prioritaires pour répondre à la forte demande scolaire.

Le CEM sera implanté au quartier Bel Air, sur un site situé dans la zone du lycée, tandis que la nouvelle école élémentaire verra le jour au quartier Sinthiang Tountouroung. Selon le maire de Kolda, El Hadji Mamadou Diao dit Mameboye, ces infrastructures s’inscrivent dans le cadre du lotissement du site affecté par le ministère de l’Urbanisme à la commune.

« Le deuxième point de l’ordre du jour porte sur le lotissement du site affecté par le ministère de l’Urbanisme à la commune de Kolda. Ce site abritera le CEM de Bel Air au niveau de la zone lycée et l’école élémentaire de Sinthiang Tountouroung », a précisé l’édile.

Gestion budgétaire et aménagement urbain à l’ordre du jour 

Outre le volet éducatif, le conseil municipal a examiné plusieurs points financiers. Les conseillers ont débattu du virement de crédits numéro 1 au titre de l’exercice 2026 et ont procédé à l’examen et au vote du compte administratif de 2025.

La session a également été l’occasion d’évoquer le processus en cours de déguerpissement des occupants irréguliers des berges du fleuve ainsi que le projet de construction de nouveaux marchés dans la commune.

Avec ces initiatives, la municipalité entend renforcer l’offre scolaire et améliorer le cadre de vie des populations de Kolda.

Abdoulaye WANDIANGA – Correspondant à Kolda

Pôle-Territoire Louga-Diourbel: l’UNCCIAS plaide pour un moteur de transformation économique

Louga : L’Union nationale des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal (UNCCIAS) appelle à une mobilisation forte des acteurs économiques autour du futur pôle-territoire Louga–Diourbel, présenté comme un levier stratégique pour l’industrialisation du pays.

En déplacement à Louga, le président de l’UNCCIAS, Abdoulaye Sow, a insisté sur le rôle déterminant que pourrait jouer cette nouvelle entité dans la transformation structurelle de l’économie sénégalaise. Selon lui, la mise en synergie des potentialités des régions de Louga et de Diourbel permettra de créer un espace attractif pour les investissements et favorable à la création d’emplois durables.

Face aux entrepreneurs membres des chambres consulaires des deux régions, M. Sow a souligné la nécessité d’accélérer la modernisation des infrastructures, de structurer les chaînes de valeur et de bâtir un environnement propice aux affaires. « Le pôle-territoire Louga–Diourbel est appelé à devenir un véritable moteur de croissance », a-t-il déclaré.

Le président de l’UNCCIAS a également mis en avant la spécificité de la région de Louga, marquée par une forte tradition migratoire. Il considère la diaspora lougatoise comme un atout majeur, susceptible de contribuer au financement et au développement des initiatives économiques locales.

Cependant, plusieurs défis restent à relever. Abdoulaye Sow a évoqué l’insuffisance des infrastructures, les difficultés d’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises, ainsi que la faiblesse du tissu industriel. Autant de contraintes qui, selon lui, nécessitent des réponses concertées entre les pouvoirs publics et le secteur privé.

Malgré ces obstacles, le potentiel du pôle- territoire Louga–Diourbel demeure important. Les atouts agricoles, les ressources halieutiques à forte valeur ajoutée et la position stratégique en matière de commerce et de logistique constituent des bases solides pour impulser une dynamique de développement.

Dans ce contexte, l’UNCCIAS invite les acteurs économiques à dépasser le stade du diagnostic pour entrer résolument dans l’action. « L’heure n’est plus aux constats, mais à l’engagement collectif », a martelé M. Sow, appelant à faire de Louga un pôle de prospérité.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la réforme territoriale engagée par les autorités sénégalaises, visant à regrouper les 14 régions en huit pôles-territoires, en fonction de leurs complémentarités économiques.

Massylla Moustapha Diongue, correspondant à Louga

Fête du travail à Kolda: Les centrales syndicales déposent leur cahier de doléances de l’année dernière

À Kolda, la célébration de la Fête internationale du travail s’est tenue ce 1er mai 2026 sans dépôt de cahier de doléances auprès des autorités administratives. Toutes les centrales syndicales de la région ont décidé de s’en abstenir, estimant que les revendications transmises l’année dernière n’ont pas été satisfaites.

Dans ce contexte, le Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen et du secondaire (CUSEMS/Authentique) a organisé une conférence pour expliquer à sa base les termes du protocole d’accord signé avec le gouvernement à l’issue d’une grève de près de deux mois. «Ce qui était prévu à Kolda, c’était de tenir une conférence pour discuter du protocole d’accord et éclairer les enseignants sur les points d’accord conclus avec le gouvernement», a déclaré Maimouna Diallo, secrétaire générale adjointe départementale du CUSEMS/Authentique à Kolda.

La question du mouvement national des enseignants a également été débattue. « C’est un sujet qui pose beaucoup de problèmes à certains enseignants qui souhaitent muter mais rencontrent des difficultés par méconnaissance des procédures », a-t-elle souligné.

Le CUSEMS se dit toutefois disposé à maintenir le dialogue avec l’État. «Le CUSEMS Authentique reste à la disposition du gouvernement car c’est dans l’intérêt de tous : enseignants, élèves et État. Nous restons ouverts à toute proposition pouvant faire avancer l’école sénégalaise », a conclu Mme Diallo.

Les autres corps emboîtent le pas. Les agents municipaux de la commune de Kolda ont également boycotté le dépôt du cahier de doléances. Ils ont célébré la journée en organisant un Sargal dédié au maire, El Hadji Mamadou Diao dit Mameboye, dans l’enceinte de la mairie.

Le personnel du centre hospitalier régional de Kolda a, pour sa part, tenu une conférence dans une salle d’une entreprise de la place afin de débattre du code du travail.

 Abdoulaye WANDIANGA – Correspondant à Kolda

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