lundi, septembre 7, 2026
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Quand l’ambition personnelle devient instrument de déstabilisation institutionnelle…

Le cas Sonko à l’aune des précédents historiques.

 La primature comme tremplin manqué dans les systèmes politiques à exécutif bicéphale, la cohabitation entre un chef de gouvernement et un chef d’État constitue, par nature, une zone de tension institutionnelle latente. Lorsque cette tension cesse d’être fonctionnelle c’est-à-dire productrice d’équilibre démocratique pour devenir instrumentale, c’est-à-dire utilisée comme levier de conquête du pouvoir, elle génère ce que les politologues nomment une instabilité institutionnelle dirigée. C’est précisément le schéma que l’on observe dans la trajectoire d’Ousmane Sonko après son départ forcé de la Primature. Sa stratégie ne vise pas à répondre aux urgences sociales du Sénégal chômage des jeunes, inflation, accès aux services de base mais à créer une dualité de pouvoir artificielle en ciblant le Parlement comme nouveau point d’ancrage de déstabilisation.

La Mécanique Technique de la Déstabilisation Institutionnelle

Le concept de “Dual Power” ou Pouvoir Dual en science politique, le dual power (dvoevlastie en russe) désigne une situation où deux centres de pouvoir légitimants coexistent simultanément, rendant la gouvernance paralysée. Ce mécanisme a été théorisé par Lénine en 1917 pour décrire la coexistence entre le Gouvernement provisoire et les Soviets. “La dualité du pouvoir exprime une période de transition dans le développement de la révolution, quand celle-ci a déjà dépassé les cadres ordinaires, mais n’a pas encore atteint les formes ‘pures’”  Lénine, Pravda, Avril 1917. Appliqué au contexte sénégalais, voici le schéma opératoire présumé :

Les leviers techniques de cette stratégie différence fondamentale : L’Allemagne de Weimar était une démocratie fragilisée post-guerre avec une hyperinflation dévastatrice. Le Sénégal dispose d’institutions républicaines consolidées et d’une société civile vigilante ce qui rend la reproduction de ce schéma structurellement plus difficile.

La destruction de l’adversaire et le mécanisme Stalinien de prise de contrôle institutionnel. Après la mort de Lénine (1924), Staline applique une stratégie en trois temps que les historiens nomment la “tactique du coin” :

Étape 1 ; S’emparer des postes de contrôle : En tant que Secrétaire Général du Parti (poste considéré comme mineur), Staline contrôle les nominations. Étape 2 ; Créer des dualités fractionnelles : Il allie Zinoviev et Kamenev contre Trotski, puis les élimine à leur tour avec Boukharine.

Étape 3 ; Vider les institutions de leur substance: Le Politburo, le Soviet suprême, deviennent des coquilles vides entérinant ses décisions.

Le Coût Réel : Ce que cette stratégie fait payer au peuple

-Le Coût Économique de l’Instabilité Institutionnelle des études économétriques documentent précisément ce coût :  -1,5 à -3 points de PIB : Impact moyen d’une instabilité institutionnelle prolongée dans les économies émergentes d’Afrique subsaharienne (Banque Mondiale, 2022)

-Fuite des capitaux : Chaque épisode de crise politique augmente de 23% le risque pays perçu par les investisseurs dans les économies de la CEDEAO • Blocage des réformes : Paralysie parlementaire = impossibilité de voter des lois sociales (code du travail, couverture maladie universelle, financement de l’agriculture) .

Le Paradoxe de la politique identitaire comme substitut au programme le combat partisan comme écran : lorsqu’un acteur politique ne peut pas se prévaloir d’un bilan économique ou social, il lui reste deux outils :

  1. L’ennemi intérieur désigner un adversaire systémique (le “système”, “les oligarques”, “l’ancien régime”)
  2. La crise institutionnelle créer un désordre suffisant pour que l’opinion oublie la question “qu’avez-vous fait pour nous ?” C’est exactement ce que Hitler opérait avec la “trahison de novembre”, Staline avec les “saboteurs trotskistes”, et ce que l’on retrouve dans tout discours qui substitue la dramaturgie institutionnelle au programme de gouvernance.

Les Garde-Fous Institutionnels du Sénégal la constitution sénégalaise de 2001 (révisée) prévoit plusieurs mécanismes anti-déstabilisation : La différence avec Weimar est ici fondamentale : la République de Weimar n’avait pas de cour constitutionnelle effective. Le Sénégal dispose du conseil constitutionnel comme verrou institutionnel.

En conclusion, l’histoire comme avertissement ce que les cas Hitler, Staline et leurs épigones nous enseignent, c’est une vérité invariante de la science politique : La déstabilisation institutionnelle n’est jamais un moyen de gouverner. C’est un aveu d’incapacité à gouverner. Un acteur politique qui, ayant échoué à l’exécutif, choisit de brûler la maison plutôt que de la rénover, révèle par cet acte même qu’il n’a jamais eu de projet pour ses concitoyens seulement un projet pour lui-même. Le Sénégal, démocratie multipartite stable depuis 1960, avec trois alternances politiques pacifiques au sommet de l’État, dispose de la mémoire institutionnelle et de la résilience civique nécessaires pour résister à ces tentatives. Le peuple sénégalais mérite un débat politique à la hauteur de ses souffrances réelles : l’emploi, la santé, l’éducation, la souveraineté alimentaire pas un théâtre de destruction institutionnelle au service d’une ambition personnelle.

SERGE MALOU

Enseignant Chercheur

Diploma Columbia University of New York

Teacher at the Department of Education (DOE) New York

Développement territorial: Papa Léity Mar appelle à mieux ancrer les politiques culturelles, artisanales et touristiques dans les territoires

Louga – L’adjoint au gouverneur chargé du développement a ouvert samedi les concertations régionales des états généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme en plaidant pour une territorialisation renforcée des politiques publiques

Papa Léity Mar estime que la culture, l’artisanat et le tourisme constituent des piliers essentiels du développement socio-économique de la région de Louga. S’exprimant à l’ouverture des concertations régionales des États généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme (EGCAT), il a insisté sur la nécessité de replacer la culture au cœur des stratégies de développement territorial. «Aucun processus de développement durable ne peut être envisagé sans une prise en compte sérieuse des réalités culturelles locales », a-t-il déclaré.

La rencontre a réuni autorités administratives, élus territoriaux et acteurs culturels, artisanaux et touristiques venus des départements de Louga, Linguère et Kébémer. Pour Papa Léity Mar, cette initiative répond à une attente de longue date des professionnels du secteur, qui réclamaient un cadre national de concertation et de réflexion.

Mieux connaître les potentialités locales

L’adjoint au gouverneur a salué les échanges qui ont permis, selon lui, de mettre en lumière les potentialités des 55 collectivités territoriales de la région. Il a plaidé pour que l’État se dote d’une cartographie exhaustive des sites et richesses culturelles afin d’orienter plus efficacement les politiques publiques et les investissements.

Les recommandations issues des travaux portent notamment sur le renforcement de la gouvernance territoriale, la création d’antennes départementales ou régionales dédiées aux services culturels et touristiques, et le recrutement de ressources humaines qualifiées.

Papa Léity Mar a pointé le déficit de moyens logistiques et humains. Il a déploré qu’un seul chef de service régional du tourisme couvre actuellement trois régions administratives, une situation jugée incompatible avec les ambitions de promotion touristique des territoires.

Financement et simplification administrative

Sur le financement, il a appelé à une « discrimination positive » en faveur des artisans âgés de plus de 40 ans. Selon lui, ces derniers atteignent souvent leur pleine maturité professionnelle à cet âge mais restent exclus des mécanismes de financement orientés majoritairement vers les jeunes et les femmes.

Il a également demandé un assouplissement des procédures administratives liées à l’obtention de licences et d’autorisations dans les secteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme, estimant que les lourdeurs freinent les initiatives locales et le développement économique.

Évoquant les atouts religieux et culturels de Louga, carrefour des foyers mourides, tidianes et khadres, il a souligné que cette richesse immatérielle constitue un levier majeur d’attractivité touristique. « Les touristes ne viennent pas seulement voir nos immeubles, mais surtout découvrir ce qu’ils ne trouvent nulle part ailleurs », a-t-il affirmé.

Les concertations régionales des EGCAT se poursuivent dans les autres régions du Sénégal. L’objectif est de contribuer à l’élaboration inclusive des futures politiques publiques dans ces secteurs stratégiques.

Massylla Moustapha Diongue 

Correspondant à Louga

Tension politique au Sénégal: la coalition DJONE exige le blocage de l’installation de Sonko à l’Assemblée nationale

Le climat politique sénégalais se crispe à nouveau au lendemain du limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko par le Président Bassirou Diomaye Faye.

La coalition DJONE, dirigée par Mohamadou Moustapha Diagne, en alliance avec Pencum Anskan wi, appelle fermement l’État à interdire la réunion parlementaire prévue ce mardi. Cette session extraordinaire vise à installer l’ex-chef du gouvernement à la présidence de l’Assemblée nationale.

Un risque de troubles institutionnels

La coalition d’opposition qualifie cette tentative d’installation de force de loi par la majorité Pastef. Elle demande le gel des activités parlementaires en attendant un arbitrage juridique.

Saisine juridique : Appel à l’arbitrage immédiat du Conseil constitutionnel.

Contestation légale : Ousmane Sonko n’ayant jamais siégé comme député, son éligibilité au perchoir est contestée.

Alerte sécuritaire : Risque majeur de troubles à l’ordre public en cas de tenue de la réunion.

Le réquisitoire d’un « bilan sombre »

Au-delà de la crise parlementaire, Mohamadou Moustapha Diagne a salué le « courage » du président de la République. Il dresse un portrait au vitriol des mois passés par Sonko à la Primature.Économie à genoux : Fuite des investisseurs et gel des relations avec le FMI.

Crise sociale: Grèves dans la santé et l’éducation, bourses d’étudiants impayées et détresse du monde paysan.

Médias asphyxiés : Retrait des conventions de partenariat et répartition inéquitable de l’aide à la presse.

Dérive politique : Une gouvernance axée sur le «populisme» et la reddition des comptes au détriment de l’action.

Un appel à la réconciliation nationale

Pour sortir de l’impasse, la coalition DJONE exhorte le chef de l’État à changer de méthode de gouvernance.

Ouverture politique : Consultation des anciens présidents de la République pour avis et conseils.

Apaisement social : Libération des détenus politiques et retrait des bracelets électroniques.

Justice : Garantie de procès équitables pour stabiliser le pays.

L’attention des observateurs reste désormais braquée sur l’hémicycle et la réaction des forces de l’ordre face à ce mot d’ordre de blocage.

A. Saleh

Développement local: Les acteurs du tourisme, de la culture et de l’artisanat réclament des infrastructures et une meilleure formation

Kolda – La ville a accueilli samedi les états généraux consacrés au tourisme, à la culture et à l’artisanat, réunissant les professionnels du Fouladou pour dresser un état des lieux et formuler des recommandations.

Présidée par Bonaventure Kalamo, adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, la rencontre a permis aux acteurs des trois secteurs de poser un diagnostic et de proposer des pistes pour relancer l’activité dans la région.

Réunis dans la capitale régionale, les professionnels ont évoqué à la fois les potentialités locales et les contraintes qui freinent le développement de leurs filières. Bonaventure Kalamo a salué le caractère inédit et participatif de l’initiative, portée par le ministère en charge du tourisme, de l’artisanat et de la culture.

«C’est une première au niveau régional, pour ne pas dire au niveau national. Nous avons tenu des états généraux sur trois grands secteurs. La démarche a été participative. Dans la salle, nous avons eu quasiment toutes les sensibilités, toutes les structures, toutes les associations, tous les corps qui évoluent autour de ces trois secteurs », a-t-il déclaré.

Tourisme: désenclaver pour valoriser les atouts

Sur le plan touristique, les participants ont mis en avant les atouts de Kolda en matière de chasse et de tourisme religieux, considérés comme des leviers sous-exploités. Ils appellent à une meilleure structuration et promotion de ces offres.

Pour Bonaventure Kalamo, le décollage du secteur passe par le désenclavement. « Kolda aujourd’hui ne profite pas pleinement de son potentiel. Un potentiel qui pourrait être dopé si nous avons des infrastructures de communication. Je parle par exemple de routes bitumées. Je parle aussi de l’aéroport de Kolda qui ne fonctionne pas. Les travaux devraient être repris », a-t-il indiqué.

Artisanat et culture : formation et équipements au cœur des attentes

La question de la formation et de l’accompagnement est revenue avec insistance pour l’artisanat. Les acteurs déplorent l’absence de dispositifs structurés, tout en soulignant leur rôle auprès d’enfants apprentis souvent en rupture scolaire. « Les responsables d’ateliers sont des acteurs du développement et de l’éducation, avec des enfants qui leur sont confiés pour les redresser », a expliqué l’adjoint au gouverneur.

Un plaidoyer a également été lancé pour l’achèvement du village artisanal de Vélingara. Lancé en 2002, le projet n’a toujours pas été réceptionné, une situation qui handicape le secteur.

Sur le volet culturel, les participants ont insisté sur la nécessité de disposer d’un centre culturel opérationnel à Kolda. Le bâtiment actuel est jugé en état de délabrement avancé. « Beaucoup d’intervenants sont revenus sur la nécessité de réhabiliter, sinon de construire un centre culturel régional aux normes standards, parce que celui qui existe aujourd’hui est délabré et presque hors d’usage. Des jalons sont déjà posés au niveau du ministère pour qu’un projet de construction soit effectif », a précisé M. Kalamo.

Les conclusions de ces états généraux devraient être transmises aux autorités compétentes afin d’orienter les politiques publiques en faveur du tourisme, de la culture et de l’artisanat dans la région de Kolda.

Abdoulaye Wandiangga- Correspondant à Kolda

Entre Sonko et Diomaye la rupture s’installe ! Et si leur divergence persiste quel homme politique croira-t-on demain pour développer le pays de Senghor ?

Une surprise amère pour le peuple sénégalais. Le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre par Son Excellence le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, provoque un séisme politique qui ébranle l’opinion publique.

On s’interroge alors : quelle place occupe désormais « Sonko moy Diomaye, Diomaye moy Sonko » ? Quelle place occupe le projet qui les liait ? Certains répondront sans doute : « Le projet est tombé à l’eau jusqu’ici ». Au même moment, le slogan « Jubb, jubbal, jubbanti » semble orphelin, installant une situation cauchemardesque dans le quotidien de nombreux Sénégalais.

Une question taraude : le jeu en vaut-il la chandelle, pour Sonko comme pour Diomaye? Mais la discorde s’impose à chaque fois qu’une relation ou une collaboration entre deux hommes, deux peuples, vacille. C’est ce que nous vivons depuis le vendredi 22 mai 2026, date historique marquée par le décret présidentiel limogeant Ousmane Sonko. Ce décret transforme le duo Sonko-Diomaye en une dualité qui déçoit l’électorat des 54 % qui les avait portés à la tête du pays le 24 mars 2024.

Des indiscrétions vont bon train : si la divergence entre l’actuel locataire du Palais de la République et l’ex-chef du gouvernement persiste, quel homme politique sénégalais croira-t-on demain pour développer le pays de Senghor ? Certains rappellent le syndrome Mamadou Dia – Léopold Sédar Senghor au Sénégal, ou Thomas Sankara – Blaise Compaoré au Burkina Faso.

À mon humble avis, la situation actuelle n’est pas comparable. Sonko et Diomaye sont allés jusqu’à dire qu’ils ne faisaient qu’un : arithmétiquement, Sonko = Diomaye, Diomaye = Sonko. C’est ce message d’unité qui était ancré dans l’esprit de nombreux Sénégalais. Mieux, un climat de confiance et d’amitié a toujours existé entre les deux hommes. Qu’ils sachent que l’espoir de tout un peuple, jusqu’au vendredi 22 mai dernier vers 21 h, reposait sur ce rendez-vous d’unité.

À mes compatriotes d’ici et d’ailleurs, ne nous décourageons pas : tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir. Pour ceux qui annoncent déjà la séparation définitive entre Sonko et Diomaye, prudence : en politique, rien n’est jamais figé. Qui sait? En 2029, si les deux sont candidats et qu’il y a un second tour, celui qui se classera derrière ne pourra-t-il pas appeler à voter pour l’autre ? L’avenir nous édifiera.

En attendant, quoi qu’il advienne, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye sont conscients des attentes et des enjeux pour l’avenir du Sénégal.

Par Samba Khary Ndiaye

Engagement en faveur de l’homme noir: la Gambienne Mme Fatou Kinneh Jobe honorée pour son leadership

Ziguinchor: La vice-ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Gambiens à l’étranger de la République de Gambie, Mme Fatou Kinneh Jobe, a été honorée, jeudi, à Ziguinchor.

C’était lors de la Grande cérémonie culturelle des Lianes d’Or, pour son leadership inspirant et son engagement constant en faveur de la dignité et de la valorisation de l’homme noir.

Forte de plus de quinze années d’expérience dans la diplomatie et l’administration publique, Mme Jobe a occupé d’importantes fonctions au sein de l’appareil d’État gambien et dans plusieurs missions diplomatiques, notamment au Sénégal et en Chine, avec des accréditations en Asie.

Elle s’est distinguée par son rôle dans le renforcement de la coopération internationale, la promotion du dialogue entre les peuples et la consolidation des partenariats Sud-Sud.

Figure montante du leadership féminin africain, elle incarne une diplomatie moderne, dynamique et engagée au service de l’Afrique, de sa jeunesse et de ses valeurs de justice, de dignité et d’excellence.

À travers cet hommage, Ziguinchor consacre une voix forte du leadership africain contemporain, résolument tournée vers la défense de l’homme noir et la promotion d’un avenir solidaire et prospère.

Par I. SANÉ

 

Medina Yoro Foulah: Le Dr Momath Ndiaye se prononce sur le limogeage de Sonko, les locales et les projets du département

Le récent du premier ministre, Ousmane Sonko continue d’alimenter les débats au sein de classe politique sénégalaise plus particulièrement au sein du parti Pastef. Les réactions viennent de partout que ce soit du côté de l’opposition ou encore du camp du pouvoir.

Ce limogeage du premier ministre n’est pas « surprenant » selon Docteur Momath Ndiaye, enseignant-chercheur à l’École Supérieure Polytechnique de l’UCAD et membre de Pastef-Les Patriotes dans le département de Médina Yéro Foulah.

« La situation était devenue intenable. D’un côté, on avait un premier ministre qui voulait accélérer la mise en œuvre des promesses faites aux populations, à savoir la rupture à tous les niveaux, et de l’autre, un président de la République qui semble s’inscrire dans la continuité du système. Donc, il y’avait deux directions aux antipodes l’une de l’autre », analyse-t-il.

Pour lui, « sans aucun doute, c’est le premier ministre qui était sur la bonne direction car chacun sait que les problèmes de notre pays sont en grande partie causés par un système qui favorise la prévarication, la corruption, l’injustice ». Il rappelle toutefois qu’« une révocation relève de l’ordre normal des choses puisque les textes réservent au président le pouvoir de nommer à tous les postes civils et militaires. Reste à voir qui va être le nouveau premier ministre », conclut-il.

Originaire du département de Médina Yéro Foulah, le Dr Ndiaye dit se sentir « redevable » à ce département de la région de Kolda. Il dresse un constat sévère de la situation locale. « L’état actuel de ce territoire ne suscite que désolation, tellement la zone est gangrenée par des problèmes de toute nature à savoir l’enclavement, l’absence d’électricité et de connexion internet, le chômage galopant, le manque d’infrastructures sanitaires et scolaires».

S’il estime que les autorités qui se sont succédées « ont sans doute essayé d’apporter des solutions », il juge leurs résultats « faméliques au regard de l’étendue des difficultés ». Sur sa candidature aux prochaines locales, il reste prudent mais ouvert. « Étant membre du Pastef et étant à cheval sur les règles du parti, je reste à l’écoute du parti. Mais oui, si je suis choisi, c’est volontiers que j’accepterais car ce serait un formidable moyen de contribuer au développement de ma localité ».

Dr Momath Ndiaye revient aussi sur la relance du Domaine Agricole Communautaire de Fafacourou. Lancé en 2018, le projet avait été stoppé peu après son démarrage. « L’idée des DAC était une bonne idée qui pouvait aider à développer des zones comme le Myf qui sont des terroirs agricoles. Que les DAC soient insérés dans les programmes des pôles ou pas, j’exhorte vivement les autorités à continuer et terminer ce DAC, d’abord parce qu’il a été démarré, ensuite parce qu’il aura des effets extrêmement positifs pour les populations », plaide -t-il.

S’agissant de la récente visite du président Bassirou Diomaye Faye à Médina Yéro Foulah, il se félicite d’un déplacement attendu depuis 40 ans. Il salue les projets lancés ou inaugurés comme le centre de santé de niveau 2, la zone industrielle, l’installation électrique et portion de la boucle du Fouladou. Mais, il adresse deux messages au chef de l’État.

« Les problèmes de Médina Yéro Foulah sont tellement nombreux que les projets annoncés sont comme une goutte d’eau dans l’océan. Myf a besoin d’un programme spécial pour être mis à niveau avant de pouvoir espérer se développer ». Il l’invite également « à mettre la pression sur les entreprises qui ont gagné les marchés pour qu’elles respectent les délais, surtout pour l’hôpital car la santé n’attend pas ».

 Abdoulaye WANDIANGA- Correspondant à Kolda.

Politique – le «temps du Balai»: Le parti FNDR salue la révocation du Premier ministre

Ch. Seck NDONG

Le Parti Forces Nouvelles Dimbali Sa Rew (FNDR) soutient la décision du président Bassirou Diomaye Faye de mettre fin aux fonctions du Premier ministre et y voit un acte de restauration de l’autorité de l’État.

Alpha Thiam Secrétaire général du Parti Forces Nouvelles Dimbali Sa Rew (FNDR), membre de la Coalition Diomaye Président, a rendu public vendredi 22 mai 2026 un communiqué pour saluer la décision du président de la République de mettre fin aux fonctions du Premier ministre.

Le FNDR qualifie cette décision de « forte, courageuse et profondément républicaine». Pour le parti, elle marque « un tournant majeur dans la restauration de l’autorité de l’État, du respect des institutions et du retour à une orthodoxie républicaine conforme aux valeurs profondes du peuple sénégalais ».

Selon le texte signé par son secrétaire général Alpha Thiam, le chef de l’État a répondu à une « majorité silencieuse de Sénégalaises et de Sénégalais » qui ne supportaient plus « certaines dérives, certaines postures et certaines formes d’irrespect incompatibles avec les exigences de l’État et de la République ».

« Le temps du balai a sonné »

Le parti revient sur le symbole du balai brandi par Bassirou Diomaye Faye pendant la campagne présidentielle. Il estime que ce geste prend aujourd’hui tout son sens et résume la rupture attendue « dans la responsabilité, dans la discipline, dans l’éthique et dans le respect des institutions ».

Le FNDR insiste sur la nécessité de stabilité, de sérénité et de discipline républicaine dans un contexte marqué par des menaces sécuritaires régionales et des défis économiques. « La République est au-dessus des individus. Les institutions sont au-dessus des ambitions personnelles. Le Sénégal restera toujours au-dessus de tout », écrit le parti.

S’appuyant sur les articles 42, 43 et 45 de la Constitution, le communiqué rappelle que le président est gardien de la Constitution, détermine la politique de la Nation et est chef suprême des armées. « Nul ne peut défier durablement l’autorité du président de la République, fragiliser les institutions ou installer le désordre au sommet de l’État », souligne le FNDR.

Appel au rassemblement autour du chef de l’État

Le parti encourage le président à poursuivre « le nettoyage de l’espace politique et administratif » afin d’écarter les responsables qui refuseraient de reconnaître l’autorité de l’État. Il appelle à la formation d’une équipe gouvernementale composée « d’hommes et de femmes d’État compétents, disciplinés, loyaux ».

Le FNDR invite l’ensemble des patriotes, souverainistes, républicains et forces vives de la Nation à se rassembler autour de Bassirou Diomaye Faye pour accompagner la construction d’un Sénégal « juste, stable, prospère et souverain ».

« Le moment exige du courage. Le moment exige de la discipline. Le moment exige du rassemblement national », conclut le communiqué, qui remercie le président d’avoir « entendu le peuple silencieux » et « choisi la République ».

 

Dialogue national: Diomaye consulte les anciens Premiers ministres

Le Chef de l’État ouvre le bal des concertations au Palais

Par Ch. Seck NDONG

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé ce jeudi 21 mai le premier cycle des consultations de la Journée nationale du dialogue en recevant plusieurs anciens Premiers ministres au Palais de la République. Dans un contexte économique et sécuritaire sous tension, le Chef de l’État mise sur l’écoute et la concertation pour installer un dialogue présenté comme durable et inclusif.

Le Palais de la République a servi, ce jeudi, de théâtre à l’ouverture officielle de la Journée nationale du dialogue voulue par le président Bassirou Diomaye Faye. Dès les premières heures de la journée, le Chef de l’État a engagé une série de consultations avec plusieurs anciens Premiers ministres aux trajectoires politiques différentes, dans une démarche présentée comme républicaine et transpartisane.

Autour de la table présidentielle se sont succédé Cheikh Hadjibou Soumaré, Abdoul Mbaye, Aminata Touré, Amadou Ba, puis dans l’après-midi Sidiki Kaba et Mamadou Lamine Loum. Selon la présidence, les échanges ont porté sur la situation économique du pays, les défis sécuritaires ainsi que les équilibres institutionnels dans un environnement international jugé particulièrement exigeant. Mais au-delà des dossiers abordés, c’est surtout le symbole politique de ces rencontres qui retient l’attention.

En réunissant, le même jour, des figures issues d’horizons parfois opposés, le Chef de l’État cherche à installer l’image d’un dialogue placé au-dessus des clivages partisans. Une manière aussi de rappeler que l’expérience de l’État dépasse les appartenances politiques et demeure un patrimoine national.

Le pouvoir insiste d’ailleurs sur cette logique de continuité républicaine. Pour la présidence, avoir dirigé un gouvernement constitue une expérience précieuse dont la Nation ne peut se priver dans les périodes de turbulence et de recomposition.

Cette première journée marque ainsi le ton d’une séquence politique que le régime veut inscrire dans la durée. Depuis son accession à la magistrature suprême le 2 avril 2024, Bassirou Diomaye Faye affirme faire de l’écoute et de la concertation les piliers de sa gouvernance. La Journée nationale du dialogue apparaît désormais comme l’un des rendez-vous majeurs de cet agenda politique.

Reste à savoir si cette dynamique réussira à convaincre l’ensemble de la classe politique, notamment certains pôles de l’opposition qui affichent encore leurs réserves sur les finalités du dialogue. En attendant, le Chef de l’État poursuit ses consultations et annonce déjà d’autres rencontres avec “d’autres voix de la Nation” dans les prochains jours.

Absence de Malang Sarr en sélection: «Le Vieux supporter» interpelle et salue le choix de Pape Bouna Thiaw

Dakar – Dans une tribune, le Vieux supporter Sidy Malick Ndiaye revient sur le parcours de l’équipe nationale sans Malang Sarr et défend la composition actuelle de Pape Bouna Thiaw à l’approche du Mondial 2026.

La question de la non-sélection de Malang Sarr refait surface dans le débat public sénégalais. Dans une tribune rendue publique, Sidy Malick Ndiaye, se présentant comme « Le Vieux Supporter », revient sur le parcours de l’équipe nationale depuis 2017 et interroge le choix de carrière du défenseur franco-sénégalais.

L’auteur rappelle qu’Aliou Cissé a mené le Sénégal lors de la CAN 2017, du Mondial 2018 en Russie et de la CAN 2019 où les Lions ont disputé la finale contre l’Algérie, sans faire appel à Malang Sarr. Il souligne également que le Sénégal a remporté sa première CAN en 2022 au Cameroun sous la houlette d’Aliou Cissé, toujours sans le joueur formé à Nice et passé par Chelsea et Monaco.

«Deux étoiles sans Malang Sarr»

Sidy Malick Ndiaye estime que le défenseur a privilégié un appel éventuel de l’équipe de France dirigée par Didier Deschamps, au détriment du Sénégal. « Il attendait toujours que Didier Deschamps s’intéresse à lui, mais hélas ! Ce dernier l’a encore snobé », écrit-il.

Il ajoute que le Mondial 2026, organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, aurait pu être la première et dernière Coupe du monde du joueur vu son âge, alors que « s’il avait accepté de rejoindre son pays, il en serait à sa troisième ».

Le supporter salue la composition mise en place par Pape Bouna Thiaw, nommé pour suppléer Aliou Cissé. Selon lui, le sélectionneur a « ratissé large » pour bâtir l’équipe qui a remporté la CAN face au Maroc, pays organisateur, et qui aborde désormais la phase finale du Mondial 2026.

Soutien au sélectionneur actuel

« Le Vieux Supporter est en phase avec le sélectionneur Pape Bouna Thiaw qui, heureusement, assume son choix d’aller à la conquête du monde avec son équipe qui lui a donné entière satisfaction », conclut la tribune.

L’auteur félicite le coach et l’équipe nationale, qu’il présente comme ayant décroché « deux étoiles sans Malang Sarr ». Il conclut par un message de soutien : « Vive le Sénégal qui gagne ! États-Unis, Canada, Mexique nous voilà ! Faites-nous place pour le triomphe ! »

Malang Sarr, né en 1999, a joué pour les équipes de jeunes de la France mais n’a jamais été appelé en sélection A. Il reste éligible pour le Sénégal, pays d’origine de ses parents.

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