Une surprise amère pour le peuple sénégalais. Le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre par Son Excellence le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, provoque un séisme politique qui ébranle l’opinion publique.
On s’interroge alors : quelle place occupe désormais « Sonko moy Diomaye, Diomaye moy Sonko » ? Quelle place occupe le projet qui les liait ? Certains répondront sans doute : « Le projet est tombé à l’eau jusqu’ici ». Au même moment, le slogan « Jubb, jubbal, jubbanti » semble orphelin, installant une situation cauchemardesque dans le quotidien de nombreux Sénégalais.
Une question taraude : le jeu en vaut-il la chandelle, pour Sonko comme pour Diomaye? Mais la discorde s’impose à chaque fois qu’une relation ou une collaboration entre deux hommes, deux peuples, vacille. C’est ce que nous vivons depuis le vendredi 22 mai 2026, date historique marquée par le décret présidentiel limogeant Ousmane Sonko. Ce décret transforme le duo Sonko-Diomaye en une dualité qui déçoit l’électorat des 54 % qui les avait portés à la tête du pays le 24 mars 2024.
Des indiscrétions vont bon train : si la divergence entre l’actuel locataire du Palais de la République et l’ex-chef du gouvernement persiste, quel homme politique sénégalais croira-t-on demain pour développer le pays de Senghor ? Certains rappellent le syndrome Mamadou Dia – Léopold Sédar Senghor au Sénégal, ou Thomas Sankara – Blaise Compaoré au Burkina Faso.
À mon humble avis, la situation actuelle n’est pas comparable. Sonko et Diomaye sont allés jusqu’à dire qu’ils ne faisaient qu’un : arithmétiquement, Sonko = Diomaye, Diomaye = Sonko. C’est ce message d’unité qui était ancré dans l’esprit de nombreux Sénégalais. Mieux, un climat de confiance et d’amitié a toujours existé entre les deux hommes. Qu’ils sachent que l’espoir de tout un peuple, jusqu’au vendredi 22 mai dernier vers 21 h, reposait sur ce rendez-vous d’unité.
À mes compatriotes d’ici et d’ailleurs, ne nous décourageons pas : tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir. Pour ceux qui annoncent déjà la séparation définitive entre Sonko et Diomaye, prudence : en politique, rien n’est jamais figé. Qui sait? En 2029, si les deux sont candidats et qu’il y a un second tour, celui qui se classera derrière ne pourra-t-il pas appeler à voter pour l’autre ? L’avenir nous édifiera.
En attendant, quoi qu’il advienne, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye sont conscients des attentes et des enjeux pour l’avenir du Sénégal.
Par Samba Khary Ndiaye



