PANEL SUR L’EXPLOITATION DU PETROLE DE SANGOMAR
À l’occasion de la clôture des cours de vacances de la CEERNF, un panel de haut niveau a posé le débat sur l’avenir économique du Sine face à l’ère pétrolière. Principal intervenant, l’expert en énergie Boubacar Mbodj a vigoureusement plaidé pour une intégration réelle de la région de Fatick dans la chaîne de valeur du gisement de Sangomar.
Le constat sans concession d’un expert du secteur
Ancien ministre-conseiller en énergie du président Macky Sall, Boubacar Mbodj a profité de cette tribune pour dresser un bilan critique de l’impact local de l’exploitation pétrolière. Selon lui, il y a un décalage inacceptable entre la richesse extraite et la réalité économique du territoire.
«Fatick est la première région du Sénégal où du pétrole a été découvert, mais elle peine encore à bénéficier des retombées de Sangomar», a-t-il déploré avec force. Rappelant la précision des chiffres, l’expert a souligné que «depuis le 11 juin 2024, la production à Sangomar a atteint 100 000 barils par jour».
Pour l’ancien conseiller, l’enjeu financier est colossal. En se basant sur un cours moyen de 60 dollars le baril, la production quotidienne génère plusieurs milliards de francs CFA. Dès lors, il refuse de voir le Sine maintenu à la marge : «Fatick est une région agricole où l’industrie est peu développée. On ne peut pas accepter que des volumes aussi importants soient produits chaque jour sans que les populations locales n’en voient suffisamment l’impact»
Activer les leviers juridiques du «contenu local»
Pour inverser cette tendance, Boubacar Mbodj exhorte les acteurs locaux à s’approprier le cadre législatif existant, en particulier les textes régissant le contenu local. Cette réglementation impose aux opérateurs pétroliers et à leurs sous-traitants de commander en priorité leurs services et fournitures auprès d’entreprises de droit sénégalais.
L’intervenant a insisté sur le fait que la ressource doit impérativement se transformer en opportunités concrètes à travers plusieurs secteurs clés : La formation professionnelle technique et spécialisée, La sous-traitance industrielle et la maintenance, Les services de logistique, de transport et de maintenance.
La jeunesse du Sine face aux mutations énergétiques
L’initiative de ce débat, portée par la Coordination des élèves et étudiants ressortissants de Ndiaye Ndiaye (CEERNF), a été saluée par l’ancien ministre-conseiller.
L’organisation estudiantine a transformé à travers ce panel une simple clôture de cours de vacances en un espace citoyen d’éveil des consciences.
Le message délivré invite la jeunesse de Fatick à ne pas rester simple spectatrice. L’anticipation, l’acquisition de compétences pointues et l’innovation entrepreneuriale apparaissent désormais comme les seuls leviers capables de briser le sentiment de faible retour économique exprimé par les populations locales.
Par A. S. DIOUF (avec En Relief)




