PROJET DE PLANTATION DE PALMIERS À HUILE
Un projet de plantation de palmiers à huile est envisagé par le groupe SWAMI AGRI dans la région de Kolda. Celui-ci se heurte au rejet d’une frange des populations des cinq communes concernées, malgré une adhésion majoritaire. C’est tout le sens du Comité régional de développement (CRD) tenu ce mardi à Kolda, convoqué par le gouverneur pour plancher sur la question.
Les autorités ont échangé avec l’ensemble des parties prenantes du projet à travers un Comité régional de développement élargi. L’objectif est de trouver des solutions afin d’amener les populations à une acceptation pleine du projet.
« Nous sommes aujourd’hui à Kolda dans le cadre d’un Comité régional de développement (CRD) axé sur le projet de plantation de palmiers à huile envisagé par le groupe SWAMI AGRI ici dans la région, précisément dans cinq communes des départements de Kolda et de Vélingara. Nous avons réuni le comité régional de développement élargi à toute la communauté, sur instruction du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, qui nous a demandé de continuer le processus de concertation que nous avions initié depuis le 19 février 2026 », a déclaré Moustapha Ndiaye, gouverneur de Kolda.
Les échanges montrent qu’une bonne partie de la population adhère au projet. Cependant, force est de reconnaître qu’il y a des personnes réticentes par rapport à son implantation. D’où, selon le gouverneur, la nécessité de poursuivre les concertations afin d’obtenir une totale adhésion des populations.
« À la suite, nous avons libéré la parole aux populations qui se sont exprimées largement sur ce projet adopté, voulu et accepté par, je peux dire, la majorité des populations, mais avec aussi des personnes qui sont jusqu’à présent réticentes. Ça, il faut le reconnaître. Et c’est ce que nous avons recherché. C’est-à-dire, on est venu faire aujourd’hui avec ces populations-là, munis des informations utiles qu’on devrait porter à leur attention, faire le point avec ces populations, identifier les potentiels points de blocage avec elles, relever les avis des uns et des autres pour pouvoir trouver ensemble avec elles toujours les meilleures solutions, les orientations que nous devons emprunter pour appuyer la mise en œuvre de ce projet dans la région de Kolda », souligne Moustapha Ndiaye.
Un projet structurant pour la souveraineté alimentaire
Selon l’autorité administrative, le projet est d’une importance capitale, car c’est un projet structurant qui vise le développement socio-économique de la région.« Je dois rappeler que c’est un projet structurant. Un projet qui vise le développement socio-économique de la région et qui s’inscrit également dans le cadre de la politique d’atteinte de la souveraineté alimentaire. Nous savons que l’huile de palme entre dans la chaîne et au vu de ce que nous avons regardé, c’est un projet pour lequel nous devons continuer l’ingénierie sociale, continuer les échanges et continuer la concertation pour pouvoir obtenir une acceptation sociale du projet pleine et entière. Ce ne sera qu’au bénéfice du partenaire. Mais sachez que l’administration territoriale est totalement engagée aux côtés du partenaire pour la mise en œuvre de ce projet », explique-t-il.
La question foncière au cœur des débats
La question du foncier a été largement débattue au cours de cette rencontre. Les populations réticentes à l’implantation du projet dans la région craignent une spoliation foncière. Les autorités administratives rassurent.
« C’est une approche de coopératives à mettre en place. Les terres qui abriteront ce projet là, ce sont des terres qui seront délibérées, affectées à des populations organisées en coopérative agricole. Ce sont des terres qui appartiendront, à partir de leur délibération, à ces coopératives et qui seront mises à la disposition des coopératives qui seront constituées dans les différentes contrées. Et ce sont ces coopératives là qui vont travailler avec le promoteur qui amènera bien entendu son investissement. Mais j’ai bien aimé la formule de l’administrateur du projet qui a dit : nous n’achetons pas de terres. Nous ne vendons pas de terres. Il n’y aura aucun mètre carré qui sera immatriculé au nom de SWAMI AGRI », assure M. Ndiaye.
Avant de conclure : « Je crois que c’est un message très clair qui doit faire taire tout le monde sur la spéculation concernant une tentative de spoliation au détriment des populations. Il n’en est absolument rien. Et c’est quelque chose qui nous motive parce que nous ne pouvons pas, en tant qu’État du Sénégal, en tant qu’administration territoriale, être les complices d’une spoliation de terres au détriment des populations».
Abdoulaye WANDIANGA




