À Mont-Rolland, Yves Lamine Ciss a officiellement lancé, samedi 29 août, La Convergence pour l’Avenir et le Progrès (CAP Sénégal). L’économiste et maire de la commune veut faire de la production, de la transformation locale, de l’emploi et de l’industrialisation des territoires les nouveaux marqueurs du débat public.
Face à ce qu’il considère comme une politique trop enfermée dans les controverses, il appelle à «sortir des débats stériles» pour s’attaquer aux véritables urgences économiques et sociales du pays.
Un discours qui tranche.
Pour Yves Lamine Ciss, le Sénégal ne peut plus se contenter de débats politiques sans lendemain. Au lancement de CAP Sénégal, le maire de Mont-Rolland a livré un plaidoyer résolument orienté vers l’action, invitant les acteurs politiques à remettre l’économie réelle au centre des priorités nationales.
Agriculture, élevage, pêche, formation professionnelle, industrialisation des communes, emploi et transformation des produits locaux : autant de secteurs qu’il considère comme les leviers d’un développement durable et territorialement équilibré.
«Depuis deux ans, on ne discute pas des vrais problèmes du Sénégal»
Le responsable politique n’a pas mâché ses mots sur l’état du débat public. Il déplore que les querelles politiques et les controverses autour de la dette publique, du patrimoine des dirigeants ou encore des fonds spéciaux prennent le pas sur les préoccupations quotidiennes des Sénégalais.
Son message est clair : le Sénégal doit davantage parler de production, de création de richesses et d’emplois.
Yves Lamine Ciss appelle ainsi l’Exécutif, l’Assemblée nationale et l’ensemble de la classe politique à déplacer le centre de gravité du débat vers les questions qui touchent directement les populations : produire davantage, transformer localement, former les jeunes et créer des opportunités économiques dans les territoires.
Produire, Transformer, Industrialiser
Pour le maire de Mont-Rolland, la souveraineté alimentaire ne saurait être un simple slogan. Elle passe par un accompagnement renforcé des producteurs, le développement des coopératives, la modernisation du secteur primaire et surtout la transformation locale des matières premières.
Son ambition va également au-delà de l’agriculture. CAP Sénégal veut promouvoir l’industrialisation des communes, afin que les territoires ne soient plus uniquement des zones de production, mais deviennent également des espaces de transformation et de création d’emplois.
Cette connaissance du terrain, selon Yves Lamine Ciss, doit davantage inspirer les grandes orientations nationales. Les collectivités territoriales doivent, à ses yeux, être pleinement associées à la définition et à la mise en œuvre des politiques de développement.
Un appel à la réconciliation de la famille socialiste
Le lancement de CAP Sénégal a aussi été marqué par un appel à la réconciliation au sein de la famille socialiste.
S’adressant à ses « camarades socialistes », Yves Lamine Ciss estime que les divergences internes ne doivent pas condamner cette famille politique à l’effacement. Il plaide pour la reconstruction d’une force capable de contribuer pleinement au débat national.
Mais CAP Sénégal entend dépasser les frontières partisanes. «La porte n’est fermée à personne», a-t-il lancé, affichant ainsi la volonté de construire un espace politique ouvert à toutes les bonnes volontés. Une assemblée générale devra prochainement permettre de poursuivre la structuration du mouvement et de mettre en place ses instances dirigeantes.
Une nouvelle offre politique ?
Avec CAP Sénégal, Yves Lamine Ciss entend manifestement occuper un espace politique fondé moins sur les querelles que sur les solutions. Le défi sera désormais de transformer ce discours en propositions concrètes et en programme structuré, capable de dépasser les frontières de Mont-Rolland.
Le maire affiche à travers CAP Sénégal, une ambition : faire émerger un Sénégal qui produit, transforme, industrialise ses territoires et crée des emplois pour sa jeunesse. La cérémonie de lancement a notamment enregistré la présence de l’honorable député Maguette Sène, maire de Malicounda, et de Macoumba Diouf, maire de Latmingué.
Par A. L. NDIAYE (avec En Relief)



