FONDS D’APPUI ET DE DÉVELOPPEMENT DE LA PRESSE (FADP)
Par A. L. NDIAYE
Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a publié, ce mardi, le rapport détaillé du FADP 2025. Un exercice inédit de reddition des comptes qui met en lumière une enveloppe de plus de 1,89 milliard FCFA, largement orientée vers les radios communautaires et la presse en ligne, dans un contexte de transformation du paysage médiatique sénégalais.
Le gouvernement franchit un nouveau cap dans sa politique de transparence. Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a rendu public le rapport de gestion 2025 du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), dévoilant en détail l’utilisation d’une enveloppe globale de plus de 1,89 milliard FCFA destinée aux entreprises de médias.
Présenté par le ministre Alioune Sall comme un exercice inédit de reddition des comptes, ce document met en évidence une répartition marquée par la priorité accordée aux radios communautaires. Avec une dotation de 412,2 millions FCFA, celles-ci arrivent en tête des bénéficiaires, confirmant leur rôle stratégique dans la diffusion de l’information de proximité.
La presse en ligne s’impose également comme un acteur majeur du secteur, en captant 326,8 millions FCFA. Une allocation qui reflète la montée en puissance du numérique dans l’écosystème médiatique sénégalais. Les télévisions reçoivent 157,5 millions FCFA, tandis que la presse écrite, confrontée à des difficultés économiques persistantes, bénéficie de 106 millions FCFA. Les radios commerciales, quant à elles, ferment la marche avec 96,25 millions FCFA.
Au total, 164 bénéficiaires ont été retenus, dont une large majorité de radios communautaires (127), aux côtés de 37 entreprises de presse réparties entre médias en ligne, presse écrite, télévisions et radios commerciales.
Pour encadrer la distribution des ressources, des plafonds ont été instaurés selon les catégories de médias. Ils varient de 5 millions FCFA pour les radios communautaires à 50 millions FCFA pour les télévisions, en passant par 40 millions pour la presse en ligne, 35 millions pour les radios commerciales et 25 millions pour la presse écrite. Selon les autorités, cette mesure vise à garantir plus d’équité et à optimiser l’impact des financements publics.
Dans le détail, plusieurs groupes médiatiques se distinguent. Dans le secteur audiovisuel, 2STV et le Groupe Walfadjri TV figurent parmi les principaux bénéficiaires. Du côté des radios commerciales, SEN RADIO et le Groupe Walfadjri Radio arrivent en tête. Sur le segment numérique, Seneweb et Dakaractu dominent, tandis que la presse écrite voit des titres comme Walfadjri et Sud Quotidien tirer leur épingle du jeu.
Au-delà des chiffres, la publication de ce rapport s’inscrit dans une dynamique de réforme structurelle du secteur, en phase avec les orientations du président Bassirou Diomaye Faye. Les autorités revendiquent une gestion fondée sur la transparence, le respect des critères d’éligibilité et l’égalité de traitement.
Une démarche qui ambitionne de restaurer la crédibilité du FADP et d’accompagner durablement la mutation du paysage médiatique national, à l’heure où les défis économiques et technologiques redéfinissent les équilibres du secteur.



