Le Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (PACASEN) a mobilisé 2,756 milliards de francs CFA entre 2019 et 2025. Cette enveloppe a permis de financer 85 projets structurants dans les communes de Louga, Kébémer, Linguère et Dahra, a-t-on appris ce jeudi lors d’un atelier régional de capitalisation des résultats.
Une exécution financière rigoureuse
Selon les données présentées au cours de cette rencontre, les quatre communes bénéficiaires ont reçu un financement global de 2 756 318 521 FCFA, tandis que le montant total des contrats signés s’élève à 2 771 154 267 FCFA (soit un taux d’engagement de 100,5 %). Les décaissements effectués atteignent quant à eux 2 014 999 497 FCFA, affichant un taux d’exécution et de décaissement d’environ 73 %.
Selon le secrétaire général de l’Agence de développement municipal (ADM), Papa Sambaré Ndiaye, cet atelier visait à capitaliser les acquis du PACASEN dans la région de Louga. L’objectif est d’identifier les bonnes pratiques ainsi que les difficultés rencontrées, en vue d’améliorer les futurs programmes d’appui aux collectivités territoriales.
Il a rappelé que, à l’échelle nationale, le PACASEN a mobilisé 130 milliards de francs CFA au profit de 124 communes pilotes, tout en précisant que les collectivités territoriales demeurent les maîtresses d’ouvrage principales des investissements réalisés.
«Le PACASEN n’est pas venu imposer ses propres règles. Il accompagne le processus de décentralisation existant en renforçant les capacités des collectivités territoriales, qui réalisent elles-mêmes leurs infrastructures et leurs investissements », a-t-il souligné.
Le programme apporte également des réponses concrètes aux besoins exprimés par les communes, notamment en matière de renforcement des capacités, de mobilisation des ressources et d’amélioration de la gouvernance locale.
Une transformation visible sur le terrain
L’adjoint au gouverneur de la région de Louga chargé du Développement, Papa Leity Mar, a salué les résultats obtenus. Il estime que les investissements réalisés depuis 2019 ont profondément transformé les quatre communes bénéficiaires.
«Les réalisations sont visibles dans plusieurs secteurs, notamment la voirie, les infrastructures économiques, les équipements sportifs, les unités de transformation et les dispositifs d’appui aux groupements de femmes », a-t-il déclaré. Il a également mis en avant la rigueur du mécanisme d’évaluation du PACASEN, fondé sur la performance des collectivités et le respect des principes de bonne gouvernance.
L’exemple de Kébémer : un visage « complètement changé »
Le PACASEN a « complètement changé le visage » de Kébémer, a relevé le maire de la commune, Mamadou Lamine Thiam.
Parmi les réalisations marquantes, l’édile a cité : la résorption des déficits en eau et en électricité (avec l’extension des réseaux) ; l’installation de 90 stands modulaires au marché hebdomadaire ; la rénovation du stade El Hadji Ibrahima Samb, désormais doté d’une pelouse synthétique ; l’aménagement d’une place publique ; la réhabilitation des abattoirs et la construction de salles de classe.
Selon le maire, ces investissements ont grandement contribué à dynamiser l’économie locale, à améliorer les services de base et à renforcer les performances sportives de la commune. Il a enfin insisté sur la nécessité de pérenniser ce type d’investissements afin d’accompagner durablement le développement des collectivités territoriales, dont les ressources propres restent structurellement limitées.
Massylla Moustapha Diongue, correspondant à Louga.



