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Fatick/ Korite 2025: Les Imams prêchent le retour à Dieu et le respect des préceptes de l’Islam

Fatick: Après une période de jeûne du mois béni du Ramadan, la majorité des communautés religieuses de Fatick, a célèbre avant-hier lundi 31 mars 2025, l’Eid El Fitr ou Korité.

Un rituel de deux rakas qui met ainsi un terme au jeun et pour lequel plusieurs fidèles musulmans ont convergé vers les mosquées de la ville pour célébrer l’évènement. Tout en offrant l’occasion à la plupart des Imams de prêcher le retour à Dieu et le respect des préceptes de l’Islam. Mais aussi en insistant sur l’importance de ce pilier de l’islam et ses bienfaits.

A la grande Mosquée du Boulevard Macky Sall où l’Imam Serigne Aguibou THIAM a dirigé la prière des deux (2) rakas, le Préfet Pape Madicke DRAME y a représenté le gouvernement. En présence du Commissaire chef du service régional de la sécurité publique, de Mrs Diéne  Diouf et de Mamadou Diouf, représentants respectivement le maire, Matar Ba et le Président du conseil départemental de Fatick Dr Cheikh Kanté.

Dans son sermon, Imam M. Aguibou THIAM a exhorté les fidèles à adorer Dieu mais surtout à suivre les enseignements du Prophète (PSL) à travers ses recommandations afin qu’elles puissent leur servir de bréviaire mais plus particulièrement à la jeunesse.

Il a remercié les autorités administratives pour la bonne collaboration qu’elles entretiennent avec le pouvoir spirituel mais également la disponibilité du Maire de la ville et du Président du conseil départemental qui aujourd’hui s’occupent à travers leur soutien à l’entretien de la grande mosquée notamment pour le paiement des factures d’électricité et d’eau mais surtout le gardiennage des locaux. Imam Aguibou THIAM a ensuite formulé des prières pour les nombreux fidèles qui ont assisté à la Prière tout en souhaitant que règne la paix au Sénégal.

A la mosquée du quartier de Darou Salam, l’Imam Ousmane Diouf à beaucoup plaidé sur le devenir de l’éducation en général, le rôle des femmes au sein de l’Islam. L’Imam a aussi évoqué la sécurité qui doit être renforcée dans la ville mais aussi et surtout la discipline qu’il convient aujourd’hui d’offrir en exemple aux générations futures.

Mohamadou SAGNE

A la mosquée de Mamadou Aladji Diallo: Les bienfaits du jeûne exaltés

FATICK / KORITÉ 2025

A la mosquée de Peulgha dirigée par l’Imam El hadji Mamadou Diallo, les bienfaits du jeûne ont été exaltés.

L’Imam El Hadji Mamadou Aladji DIALLO qui a dirigé la prière à axé son sermon sur les bienfaits du jeûne. Il est revenu sur le processus qui a motivé les fidèles non seulement respectauent les cinq (5) prières quotidiennes, mais accomplissaient également des œuvres de charité en donnant à manger à leurs semblables une manière de se repentir et avoir la bénédiction d’Allah.

Le guide religieux à laisser entendre, « qu’après le ramadan nous devons s’abstenir de tout pêché. Car, le ramadan est une occasion de rendre propre un boubou que nous voulons porter et que nous devons éviter de salir de nouveau après 30 jours d’abstinence ».

Il a exhorté les musulmans à l’unité et à l’entraide avant de terminer par des prières pour un Sénégal de paix et de prospérité. Après la prière les fidèles se sont rendus au cimetière musulman de Peulgha comme le veut la tradition, pour s’incliner devant la mémoire des disparus. Dewenati.

M. SAGNE

Assainissement de l’Enseignement Supérieur Privé: Abdourahmane Diouf annonce des réformes majeures

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, était l’invité de l’émission Point de Vue sur la RTS 1. Il a abordé la question de l’assainissement des universités privées, un chantier crucial alors qu’une centaine d’établissements ne remplissent pas les normes requises.

Dressant un état des lieux alarmant, le ministre a révélé que sur les 298 universités privées existant au Sénégal, au moins une centaine ne remplissent pas les conditions d’agrément, d’habilitation et d’accréditation. Pourtant, des étudiants pris en charge par l’État y ont été affectés par le passé. « Si vous avez une centaine d’universités qui ne remplissent aucune condition, devez-vous continuer à appuyer un système défaillant qui nuit aux étudiants et à leurs parents ? » s’interroge Dr Diouf.

Ce dysfonctionnement a conduit à des situations préoccupantes, où des étudiants ayant payé leurs études et obtenu leurs diplômes découvrent, une fois sur le marché du travail, que ces derniers ne sont pas reconnus.

Le ministre a insisté sur la nécessité d’un assainissement qui ne reposera pas sur une logique purement répressive. « Notre approche n’est pas celle du gendarme qui ferme tout. Nous allons tendre la main, envoyer des mises en demeure, discuter avec les établissements concernés. Mais à la fin, nous devons avoir un enseignement privé assaini.»

L’objectif est que les diplômes délivrés par les universités privées aient une égale dignité que ceux des établissements publics, garantissant ainsi aux étudiants une reconnaissance sur le marché de l’emploi.

Le ministère, en collaboration avec l’Autorité nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement Supérieur (ANAQ-SUP), a déjà entamé un travail d’audit et de restructuration du secteur. Des rapports ont été établis et serviront de base aux prochaines décisions du gouvernement. «Si nous ne mettons pas de l’ordre, nous continuerons à produire des diplômes sans valeur. Il est impératif d’agir maintenant. »

Au-delà de l’urgence, Dr Abdourahmane Diouf pose la question fondamentale de l’avenir de l’université sénégalaise. Il prône une réforme en profondeur pour garantir un enseignement supérieur de qualité, aussi bien dans le secteur public que privé.

Avec ces annonces, le ministère affiche sa volonté d’assainir un secteur clé pour l’avenir du pays, tout en ménageant une transition progressive pour les établissements concernés.

Rationalisation des Bourses Orientation des Nouveaux Bacheliers: De profondes réformes annoncées par le Mesri

On va vers de profondes réformes qui vont affecter le monde estudiantin. Invité à l’émission Point de Vue de la RTS 1, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a annoncé un modèle d’enseignement hybride bimodal qui va révolutionner l’enseignement supérieur.

« L’Université de Dakar consacre aujourd’hui beaucoup de ses ressources aux dépenses sociales. Il y a toujours des démunis qui comptent sur l’appui de l’Etat. Mais la grande partie de l’investissement doit aller à la pédagogie, à la recherche et à l’innovation.

C’est une forme de subvention mais qui n’est pas rationalisée. Aujourd’hui, nous servons sur 31 restaurants, 30 millions de repas par année sur le territoire national. Ce qui nous fait 45 milliards. L’étudiant qui est subventionné paie une partie minime équivalant à 4,5 milliards. C’est un dû, et l’Etat du Sénégal doit pouvoir continuer à le faire en faisant de la rationalisation.

En faisant de la rationalisation ; en faisant en sorte que ceux qui bénéficient des bourses le méritent effectivement. Nous avons trois catégories de bourses : les bourses sociales, les bourses d’excellences et les bourses normales », fait savoir Dr Abdourahmane Diouf. Selon lui, « Il faut qu’on mette en place des critères pour savoir qui mérite la bourse. Aujourd’hui, 70% des étudiants Sénégalais ont une allocation d’études. Si le Sénégal avait les moyens de l’assurer on aurait l’aurait octroyer à 100% de nos étudiants, mais aujourd’hui le système est en train de craquer, il a atteint ses limites.

C’est le legs que nous avons trouvé et nous avons l’obligation de rationaliser les bourses. C’est une exigence, car tout le monde ne peut pas bénéficier d’une bouse. Il n’y a aucun Etat au monde ou tous les étudiants sont boursiers. On ne n remet pas en cause le principe des bourses, mais on ne va pas l’octroyer à un étudiant qui ne remplit aucune condition sociale ni pédagogique. »

Ces réformes vont également toucher les campus universitaires. Selon lui, « La façon dont ils vivent dans les campus est aussi à rationaliser. Rien que pour l’eau et l’électricité, on est à 12 milliards de dettes. Nous devons décloisonner et aller à l’ère de l’hybride bimodale. En 2025 l’enseignement n’est plus seulement que présentiel. L’enseignement peut se faire en dehors de l’amphithéâtre ».

Dans le même sillage, il signale que leur legs c’est la déstabilisation de l’année académique qui coûte à l’Etat aujourd’hui 40 milliards. « Chaque année, depuis 10 ans, le Sénégal perd 40 milliards juste parce que nous n’avons pas une année académique stable. Ce diagnostic a été fait par l’ensembles des membres et acteurs de la communauté universitaire qui ont joué un rôle important », précise Dr Diouf. Le premier élément de bilan, poursuit-il, « c’est se dire pourquoi les élèves ont le bac au mois de juillet et sont orientés 6 mois voire 1 an plus tard. Nous nous sommes engagés sur cette question et avons fait le nécessaire ».

Suffisant pour lui d’aborder la question de l’orientation des nouveaux bacheliers. « Pour la première fois depuis 10 ans, les étudiants ont été orientés deux mois après l’obtention du Bac. Mieux, pour cette année nous sommes en train d’optimiser cette performance. Ainsi nous allons commencer le processus d’orientation avant l’examen du baccalauréat. Cela nous permettra dans les semaines qui suivent l’examen, de procéder aux orientations », promet le ministre.

Diagnostic participatif communautaire: Plus d’une trentaine d’acteurs formés à Gossas

Gossas: Plusieurs acteurs de diverses catégories viennent de suivre à Gossas, au centre de formation professionnelle, une formation sur le « Diagnostic participatif communautaire ». C’était au cours dun atelier de trois (3) jours, du lundi 3 au mercredi 5 mars derniers.

Il s’agissait selon Mme Nafi Diouf, responsable apprentissage dans le projet: Formation professionnelle et d’insertion (PFPI), « d’acteurs qui tournent autour de l’école pour qu’ensemble, ils puissent s’imprégner des problèmes qu’ils vivent, qu’est-ce qui ne va pas à l’école et quelles sont les activités à mener pour résoudre ces problèmes-là. Mais également quels sont les responsables à impliquer ».

Ainsi, a souligné Mme Nafi Diouf, « pendant ces deux jours, nous avons convenu ensemble d’un plan d’action qui nous a permis de déterminer pour l’année scolaire de cette année en cours, les activités à mener et à quelle période faire ».

Tout cela souligne Mme Diouf, « entre dans le cadre des activités du projet, par rapport à ces cibles qui sont surtout les jeunes des centres de formation professionnelle et technique pour un objectif de 150 jeunes à former en apprentissage dans les unités de production pour cette année, dans la région de Fatick. D’ailleurs nous avons atteint voire même dépassé cet objectif puisqu’on est à 550 jeunes déjà formés et accompagnés. Ils ont même reçu leurs attestations également ».

Par rapport aux attentes, la responsable apprentissage du projet: Formation professionnelle et d’insertion (PFPI), souhaite selon elle, « un accompagnement du centre de formation professionnelle de Gossas pour les appuyer à pouvoir atteindre les objectifs du projet qui est destiné aux jeunes des centres de formation professionnelle, les jeunes des collèges, ceux des universités, particulièrement  les ISEM et les ISEP, également les jeunes qui sont dans l’apprentissage, qui sont dans les unités de production et les Daaras que nous accompagnons à travers des formations et à la suite de ces formations-là, il y a un accompagnement qui est fait ».

D’ailleurs a-t-elle souligné, « pour ceux qui sont dans l’apprentissage, l’accompagnement est fait à travers des kits. Par exemple, les jeunes déterminent quelles activités ils veulent faire et en fonction de ça, on leur achète ce dont ils ont besoin et on les accompagne. Également, il y a un suivi qui est fait pour voir comment se passent les activités ».

Il y a également les élèves qui sont dans les établissements de formation professionnelle et les collèges, pour qui des modules leur sont proposés et après cela, des activités leur sont proposées pour les mettre en pratique dans les classes.

Des modules qui sont entre autres le développement personnel, la communication, la culture numérique, l’aptitude et l’attitude au travail. En tout cas, tout ce qui gravite autour de l’entrepreneuriat pour permettre aux jeunes et même à l’enfant dès le bas âge de comprendre les enjeux, ce qui les attend par rapport à l’entrepreneuriat.

Donc, c’est avec la détermination et la motivation de tout un chacun (élèves, enseignants et autres acteurs) qui a été en bandoulière lors de l’atelier qui a aussi permis une appropriation du projet dont la première phase va couvrir la période de 2023 à 2028 couvrant l’ensemble des régions exceptées celles de Diourbel, de Kédougou et de Tambacounda.

Par Mohamadou SAGNE

 

Loi d’amnistie: Lamine Gueye, dénonce l’impunité, et appelle à la mobilisation

Le président du mouvement Askanwi Moonu Soxal, Lamine Gueye, a pris la parole pour dénoncer la loi d’amnistie adoptée en mars 2024, affirmant qu’elle créait «des conditions d’impunité en faveur des personnes qui ont commis des crimes graves».

Dans son intervention, il explique que « l’amnistie, c’est une mesure générale et collective, contrairement à la grâce présidentielle qui est une mesure individuelle», et précise qu’elle «efface les condamnations ou annule les poursuites pour certaines catégories d’actes, tout en préservant les droits des tiers».

Selon Lamine Gueye, l’amnistie telle que définie dans la loi, qui couvre des faits survenus entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024 tant au Sénégal qu’à l’étranger, inclut des infractions graves liées à des manifestations ou à des motivations politiques, et ce, même lorsque les auteurs n’ont pas été jugés.

Il déplore que cette mesure, en amnistiant des cas de torture, de meurtre et d’autres crimes de sang, prive les victimes de leur droit de voir les responsables traduits en justice, «alors que quasiment 80 personnes ont trouvé la mort lors des manifestations».

Lamine Guèye rappelle également que la reconsidération de cette loi est «une forte demande sociale» et insiste sur le fait que cette interprétation législative ne fait que confirmer une volonté d’impunité, critiquée depuis longtemps. Il salue par ailleurs la proposition de loi interprétative de l’honorable député Amadou Ba, estimant qu’elle permettrait de sortir de cette loi en excluant de l’amnistie les actes les plus graves, ce qui, selon lui, marquerait «le début de la fin de l’impunité dans ce pays».

Enfin, il appelle tous les citoyens et patriotes à se mobiliser le jour du vote à l’Assemblée nationale, que ce soit par des marches, des rassemblements ou le port de brassards, afin d’exprimer leur soutien sans faille au groupe parlementaire et à l’ensemble des responsables politiques qui œuvrent pour la justice.

Massylla Moustapha Diongue.

Appel à l’unité autour des guides religieux; pour une célébration harmonieuse de la Korité

À l’occasion de la célébration de l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois béni de Ramadan, le porte-parole du khalife de la famille omarienne, Thierno Cheikhou Tall, a lancé un appel à l’unité des musulmans autour des guides religieux pour préserver la cohésion et l’harmonie dans la pratique de l’islam au Sénégal.

Dans son allocution, après avoir rendu grâce à Dieu et prié sur le Prophète Mohamed (PSL), il a exprimé sa gratitude pour cette nouvelle opportunité de célébrer la Korité ensemble, tout en ayant une pensée pour ceux qui nous ont quittés. « Nous nous sommes réunis à nouveau cette année grâce à l’aide de Dieu, mais n’oublions pas que certains de nos frères et sœurs ne sont plus parmi nous », a-t-il souligné.

Thierno Cheikhou Tall a insisté sur l’importance de l’unité entre les foyers religieux du pays, rappelant que la majorité des confréries ont célébré l’Aïd el-Fitr le même jour. « C’est ce que Dieu attend des musulmans : qu’ils soient unis et qu’Il leur accorde Sa miséricorde », a-t-il affirmé. Il a également insisté sur le respect des décisions des autorités religieuses, notamment celles concernant l’apparition de la lune, appelant à ne pas se laisser influencer par des informations non vérifiées circulant sur les réseaux sociaux.

« Nous avons l’habitude de suivre nos guides religieux. Toute personne qui n’a pas de guide aura Satan comme leader », a-t-il averti, soulignant l’importance de faire confiance aux khalifes généraux et aux érudits islamiques pour les questions religieuses. Il a ainsi exhorté les fidèles à se fier aux décisions de la commission lunaire regroupant les représentants des différentes confréries, afin d’éviter les divisions inutiles.

L’appel à l’unité lancé par Thierno Cheikhou Tall résonne particulièrement dans un contexte où des divergences sur la date de la Korité persistent chaque année. Il a plaidé pour une concertation plus approfondie entre les commissions d’observation du croissant lunaire et les khalifes généraux, afin d’harmoniser les pratiques et d’éviter toute confusion parmi les fidèles.

Enfin, il a formulé des prières pour que Dieu accorde longue vie aux guides religieux et renforce la cohésion des musulmans. « Que Dieu unisse les cœurs et les esprits, pour que nos prières soient exaucées rapidement », a-t-il conclu.

Cet appel rappelle le rôle central des foyers religieux dans la structuration de la vie spirituelle au Sénégal et l’importance de la solidarité entre croyants pour préserver la paix et la concorde.

Massylla Moustapha Diongue.

Grande Mosquée Ibou Sakho de Nguékhokh: Le respect strict des recommandations divines rappelé aux fidèles

La fête de korité a été célébrée dans la piété et dans la joie à Nguékhokh. Les fidèles musulmans se sont rendus, lundi, à la grande mosquée Ibou Sakho pour les besoins de la prière des deux « raakas » à l’occasion de la célébration de la fête de korité marquant la fin du ramadan.

La prière des deux « raakas » a été dirigée par l’imam ratib, Aliou Ba, en présence de Pape Waly Faye et Mbaye Diouf, représentants du maire de la ville, Pape Songué Diouf. Après la prière des deux « raakas », au nom de l’imam ratib, l’imam Diop a axé son sermon sur le respect strict des recommandations divines qui incombe à tout musulman.

C’est ainsi que l’Imam Diop a tenu à rendre hommage au tout-puissant d’avoir permis aux fidèles musulmans de vivre dans la foi et dans l’allégresse l’édition 2025. Aussi, a-t-il saisi une fois de plus cette occasion pour rappeler à tout un chacun l’importance de l’esprit de partage et de solidarité au sein de la communauté.

Après avoir mis longuement l’accent sur les mauvais comportements des jeunes d’aujourd’hui, Imam Diop a laissé entendre que le mensonge et les commérages sont devenus aujourd’hui de véritables maux de la société sénégalaise. Il également noter que la grande mosquée de Serigne Alassane Mbaye a accueilli ce lundi les fidèles musulmans venus nombreux pour sacrifier à la tradition à savoir la prière des deux « raakas ».

Par Oumar Ngatty Ba

REVISITER L’HISTOIRE DE LA SÉNÉGAMBIE ANCIENNE: SUR LES TRACES DE CA DA MOSTO (1455-1456).

Par Yérim Thioube.

Apprenant Historien.

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Vénitien au service du Portugal, Alvise Ca da Mosto ou simplement CA DA MOSTO a exploré une partie des zones côtières sénégambiennes d’antan, respectivement en 1455 et en 1456.

Son journal de voyage est un témoignage de l’époque, dont l’exploitation nous renseigne, aujourd’hui, sur de nombreuses découvertes dont certaines, que nous sélectionnerons, parmi d’autres, sont de nature à mettre à mal, au passage, certains faits historiques considérés comme acquis (comme la datation du titre de « DAMEL ») et certaines thèses actuelles considérées comme « révisionnistes », par certains (comme l’existence de l’ethnie WOLOF en tant que telle), en même temps qu’il semble clore le débat sur la question de la domination du SINE par l’Empire du DJOLOF.*

1/ LE CONTEXTE :

Précédé cinq (05) années plus tôt, vers 1450, par des devanciers navigateurs portugais, eux-mêmes suivis, les années suivantes, par d’autres navigateurs portugais qui, eux, ont navigué dans le fleuve Sénégal (CA DA MOSTO dixit) avant lui, CA DA MOSTO, sans pénétrer lui-même dans ledit fleuve, a cependant visité, en 1455, une bonne partie de la Sénégambie ancienne, la partie côtière en particulier, y compris les actuels fleuves Saloum (plutôt un bras de mer qu’un fleuve), Gambie et Casamance.

2/ RÉSUMÉ DES INFORMATIONS MAJEURES DE CA DA MOSTO :

Plusieurs informations majeures peuvent être extraites de son journal de voyage, tant sur les plans nautique, des populations que politique :

  1. Sur le plan nautique :

A l’époque, les Portugais semblent avoir utilisé pour leurs expéditions maritimes la mesure du mille marin de 1,500 km, et la vieille lieue marine de 06 km. Ca da Mosto, qui était Vénitien, a dû certainement se conformer aux usages en vigueur sur les navires de mer portugais, ce, d’autant plus que le patron de sa caravelle était un Portugais.

Aussi, nous utiliserons dans ce texte le mille et la lieue marins portugais, en lieu et place du mille italien, plus précisément vénitien, de 1,834 km, sauf quand Ca da Mosto le spécifie, comme cela a été le cas une (01) seule fois dans son journal de voyage.

  • Le fleuve « Senega » (Sénégal), découvert pour les Portugais par Diniz Fernandez, en 1446, soit dix (10) plus tôt, avait, selon Ca da Mosto, deux (02) embouchures, distinctes l’une de l’autre, dont une principale qui semble avoir été au Nord (et pas au Sud) de l’actuelle ville de Saint-Louis, si l’on se réfère à la distance de 380 milles portugaises (mille de 1,500 km), entre le cap Blanc et le fleuve Sénégal : 570 km, en comparaison de la distance actuelle entre Nouadhibou et Ndiago qui est de 560 km.
  • La marée montante remontait dans le fleuve Sénégal jusqu’à une distance de plus de 60 milles (90 km), distance constatée par les Portugais, car la marée montante leur permettait de naviguer loin à l’intérieur en meilleure sécurité.
  • Le nom du fleuve Senega n’est pas récent : il ne provient ni des hollandais, ni des anglais et des français, ni même des portugais eux-mêmes, car, déjà en 1450, Ca da Mosto le mentionnait déjà : « nous parvînmes au fleuve qu’on nomme le ruisseau de Senega qui est le premier et le plus grand de toute la terre des Noirs »).
  • Le fleuve Saloum, qu’il n’a pas nommé par son nom, et dont les Portugais s’éloignèrent rapidement, dès que l’un de leurs interprètes noirs fut massacré sous leurs yeux.
  • Le fleuve « Gambra » (Gambie), que Ca da Mosto a remonté jusqu’à 60 milles (90 km), et a séjourné à terre onze (11) jours, existait déjà à l’époque sous l’appellation de Gambra, nom donné à ce fleuve par les autochtones eux-mêmes, gouvernés par leur roi Forosangole, lui-même vassal de l’Empereur du Mali (Ca da Mosto dixit). Ce qui semble être une indication supplémentaire que la Gambie était territoire Socé, habité par des populations d’origine Malinké.
  • Le fleuve « Casamansa » (Casamance), distant du fleuve Gambie d’une centaine de milles « qui font 25 lieues», soit 150 km.
  1. Sur le plan des peuples directement rencontrés ou identifiés :

Dans l’espace sénégambien (pas au-delà), les peuples que Ca da Mosto a directement rencontrés (les Maures, les Wolofs, les Sérères, les Socés et les Diolas) et celui qu’il identifie sur la base d’informations qu’il a obtenues (les Toucouleurs) existent toujours dans les territoires qui furent les leurs au moment de son passage et qu’ils continuent d’occuper encore aujourd’hui, 570 ans après.

Ca da Mosto ne cite pas les Peulhs, ni les Lébous et d’autres ethnies actuelles de la Sénégambie, mais il atteste sans ambiguïté de l’existence de six (06) groupes ethniques voisins, les uns des autres, au moment de son passage :

  • Les MauresBasanés »), séparés de la terre des noirs par le ruisseau de Senega.
  • Les Wolofs (Gilofes), « Le pays de ces Noirs sur le fleuve de Senega est le premier royaume des Noirs de la basse Ethiopie, et les peuples qui habitent aux rivages d’icelui, s’appellent Gilofes».
  • Les Toucouleurs (Tuchuror : Tekrour), « du côté de Levant » (Est).
  • Les Sérères (Barbacins et Sereres noirs) : qu’il situe avant le fleuve Gambie.
  • Probablement les Socés (qu’il n’a pas nommés par leur nom, tout en indiquant cependant leur existence), populations d’origine mandingues dont nous savons qu’ils sont, dans le passé et aujourd’hui encore, les principaux occupants de l’environnement immédiat du fleuve Gambie : Ca da Mosto a donné le nom du fleuve Gambra (ou Gambre), de leur roi Forosangole, vassal de l’Empereur du Mali, et de l’un de leur chef Batimansa.
  • Les Diolas, dont il ne nomme pas le groupe ethnique, mais qu’il associe directement au fleuve Casamance, lequel fleuve est aussi directement nommé, déjà en 1455-1456, que le fleuve Sénégal.
  1. Sur le plan politique :
  • L’Empire du Djolof dominait largement la Sénégambie, du fleuve Sénégal au fleuve Gambie, nombre de royaumes lui étant directement assujettis, y compris les habitants du cap Vert.

Cependant, Ca da Mosto exempte de cette domination le pays des Barbacins/Sereres qui, comme le précise Ca da Mosto, était « hors de la puissance et du domaine du royaume de Senega et de tout autre seigneur », au moment de son passage. A notre avis, si entre le passage de Ca da Mosto (1455) et la sécession du Cayor (1549), soit 94 ans, si donc l’Empire du Djolof n’a pas assujetti le pays Sérère dans cette plage de temps, il est peu probable que l’Empire d’un Djolof, désormais affaibli, ait eu les moyens de le faire après.

  • Le titre de BUDOMEL (BOUR-DAMEL), vassal de l’Empire du Djolof, que nombre d’historiens datent de la sécession victorieuse du Cayor contre cet empire (bataille de Danki, 1549) existait déjà au moment du passage de Ca da Mosto (1455), près d’un siècle auparavant, 94 années plus tôt exactement, sous l’appellation de « BUDOMEL ». L’antériorité de ce titre de DAMEL ne signifie pas la remise en cause de la bataille de Danki, mais impacte plutôt certaines explications avancées depuis longtemps sur l’origine du titre, qui est, en fait, clairement antérieur et non pas postérieur à ladite bataille.

3/ QUESTIONS PRÉJUDICIELLES MAJEURES :

1° question : Les Wolofs existaient-ils, ou non, dans la Sénégambie historique ?

La réponse est donnée sans équivoque par Ca da Mosto, suivi d’ailleurs par nombre d’autres explorateurs européens qui ont tôt fait d’identifier les « Gilofes », tant dans l’histoire ancienne que contemporaine du Sénégal. Sans compter les travaux de nombres d’érudits sénégambiens, toutes ethnies confondues, et de chercheurs de renom, dont Cheikh Anta Diop, entre autres.

Si avant 1455, ces ethnies, dont les noms et la localisation ainsi que les relations de pouvoir, comme on le verra plus loin, n’ont pas été inventés par Ca da Mosto, occupaient déjà les terroirs qui sont quasiment les leurs actuellement, quid des récentes théories contemporaines défendues par certains historiens qui soutiennent, en particulier, que les Wolofs n’existent pas ? Qu’en lieu et place des Wolofs, ce seraient plutôt les Lébous ? Or, Ca da Mosto ne mentionne d’ailleurs pas les Lébous comme groupe ethnique distinct, bien que les ayant cependant rencontrés au cap Vert et décrits comme des sujets du royaume de Senega. Ces théories, imprudemment reprises dans l’Histoire Générale du Sénégal et traduites en actes par les récentes statistiques nationales, semblent plus idéologiques que fondées sur des faits historiques.

2° question : Est-ce que le titre de DAMEL (le « BUDOMEL » de Ca da Mosto) existait déjà en 1455, date de son voyage dans la Sénégambie historique ?

Ici, Ca da Mosto nous confronte à un véritable problème auquel les historiens académiques et traditionnels doivent trouver réponse, car tous ensemble, et nous avec d’aileurs, ils ont considéré et continuent de considérer comme acquis que le titre de « DAMEL » résulte de l’indépendance du Cayor acquise après la bataille de DANKI en 1549 et traduit la rupture des liens de domination qui existaient entre le Cayor et l’Empire du Djolof.

Or, Ca da Mosto démontre que le titre de « DAMEL » était bien antérieur, et non postérieur, à cette bataille, qui a eu lieu en 1549. Ca da Mosto, lui-même, n’a pas été le premier et le seul à avoir visité ce « BUDOMEL », car, comme il le dit lui-même, d’autres navigateurs qui l’ont précédé lui ont fortement recommandé le commerce avec ce roi, réputé « bon client ». Ainsi, est-ce que le titre de « DAMEL » (« BUDOMEL ») existait-il déjà en 1455, alors que, pour presque tout le monde, le premier Damel du Cayor fut Déthié Fou Ndiogou FALL (1549) ou plutôt son fils Amary Ngoné Sobel FALL (1549-1593) ?

Ca da Mosto pouvait-il anticiper d’un (01) siècle, 94 ans plus tôt exactement, la création du titre de DAMEL en le décernant à un roi dès 1455 ?

4/ EXPLOITATIONS CIBLÉES DU JOURNAL DE VOYAGE DE CA DA MOSTO :

« Depuis que nous eûmes outrepassé le cap Blanc, nous navigeames à vue toujours d’icelui, tant que par nos journées nous parvînmes au fleuve qu’on nomme le ruisseau de Senega qui est le premier et le plus grand de toute la terre des Noirs ; et entrâmes par cette côte là où ce fleuve sépare les Noirs d’avec les Bazanés, qu’on nomme Azanaghes, divisant semblablement la terre seiche et aride (qui est le désert susnommé) d’avec le pays fertile, qui est celui des Noirs».

EXPLOITATION DE CE PASSAGE :

Ca da Mosto, qui naviguait à vue des côtes, et non pas au large, nous informe que, déjà, en 1455, le fleuve Sénégal (du moins dans sa partie côtière Ouest Atlantique Nord-Ouest) marquait la frontière entre le pays des «basanés», que nous appelons communément «Maures», et celui des Noirs, qu’il appellera «GILOFEs» (WOLOFS). L’ancienne capitale du WALO, NDIOURBEL, n’ayant été transférée sur la rive droite du fleuve qu’en 1702, soit 247 ans après le passage de Ca da Mosto, peut-on supposer qu’au moment où ce dernier passait à vue des côtes (ce qui lui a permis d’être aussi affirmatif pour ce qui concerne l’occupation par les « Basanés » de la frange côtière Nord-Ouest du fleuve Sénégal, mais ne lui a pas permis de voir plus loin au-delà), il n’a pas pu avoir connaissance qu’à l’intérieur du pays, au Nord du fleuve Sénégal, à une centaine de kilomètres de l’Océan Atlantique, se trouvait encore NDIOURBEL, la première capitale du WALO, fermement tenue par le Brack d’où il gouvernait son royaume sous la sujétion de l’Empire du Djolof ?

« Et cinq ans avant (donc en 1450) que je me misse à la route de ce voyage, ce fleuve fut découvert par trois caravelles du Seigneur Infant, qui entrèrent dans icelui et traitèrent paix avec ces Noirs, parmi lesquels ils commencèrent à démener le train de marchandise ; en quoi faisans d’année à autre, plusieurs navires s’y sont transportées de mon temps ».

EXPLOITATION DE CE PASSAGE :

⁃ La découverte du fleuve Sénégal n’a pas été faite par Ca da Mosto, mais par d’autres navigateurs portugais, cinq (05) ans plus tôt.

⁃ Ces prédécesseurs portugais de Ca da Mosto pénétrèrent, eux, dans le fleuve et commercèrent des marchandises pacifiquement (et non conflictuellement) avec les Noirs. Les années suivantes, plusieurs autres navires y entrèrent aussi. Il est à noter qu’en 1446, cinq (05) ans avant ceux qui ont précédé Ca da Mosto de cinq (05) ans aussi, Diniz Fernandez, lui, avait été moins pacifique en capturant quatre (04) piroguiers Wolofs qu’il avait ramenés avec lui.

« Ce fleuve est grand et large en bouche de plus d’un mille, étant assez profond, et fait encore une autre bouche un peu plus avant avec une ile au milieu. Par ainsi, il s’embouche dans la mer en deux endroits, à chacun desquels il fait plusieurs bans d’arène et levées, qui se jettent au large dans la mer par l’espace d’un mille ; et en ce lieu, monte la marée et cale de six à six heures, dont le montant se jeté avant dans le fleuve par plus de 60 milles, selon que j’en ai été informé par les Portugais, qui ont navigé dans icelui longuement » :

EXPLOITATION DE CE PASSAGE :

Ca da Mosto nous informe :

⁃ que la 1ère embouchure du fleuve Sénégal qu’il a rencontrée était large de plus de 1,500 km ;

⁃ que la 2ème embouchure était « un peu plus avant, avec une île au milieu » ; il n’en donne pas la largeur comme il l’a fait pour la 1ère ;

⁃ qu’au total, le fleuve Sénégal avait, en 1455, deux (02) embouchures devant lesquelles il y’avait des bancs de sable (arène) et des levées (bourrelets de rive ou crêtes de plage en bordure de la mer ou encadrant un chenal de marée), hauts-fonds qui s’enfonçaient dans la mer jusqu’à une distance de un mille (1,500 km) ;

⁃ que la marée montante (le flot) et descendante (le jusant) couvre et découvre de 06 heures à 06 heures (définition de la marée qui confirme, entre autres précisions supra et infra de la chronique de Ca da Mosto, les observations qu’il a faites sur d’autres points de son récit : « Les marées sont des phénomènes périodiques résultant de l’attraction de la lune et du soleil. La mer est attirée par la Lune et monte durant 6 heures : c’est le flot. Puis quand l’attraction de la Lune disparaît, la mer baisse durant 6 heures : c’est le jusant) »;

⁃ que cette marée montante s’est fait constater jusqu’à une distance de 60 milles (90 km) à l’intérieur du fleuve Sénégal. Ca da Mosto précise qu’il n’a pas, lui-même, pénétré à l’intérieur du fleuve Sénégal. Mais, il nous informe que des navigateurs portugais y ont profondément pénétré entre 1450 (date qui correspond aux 05 ans qu’il donne avant son arrivée à lui) et 1455 (date de son arrivée), au point que ces navigateurs ont pu l’informer que la marée montante pouvait se sentir jusqu’à cette distance de 60 milles dans le fleuve, marée montante que ces navigateurs ont dû utiliser pour naviguer en meilleure sécurité dans ledit fleuve.

«Et qui y veut entrer, faut qu’il voise selon l’ordre des eaux, pour cause de ces levées, qui sont à la bouche d’icelui fleuve, depuis lequel jusques à cap Blanc, on compte 380 milles, étant la côte toute sablonneuse, jusques auprès de cette bouche environ 20 milles ; et s’appelle la côte d’Anterote, laquelle est du domaine des Azanaghes bazanés».

EXPLOITATION DE CE PASSAGE :

Ca da Mosto nous révèle que :

⁃ celui qui veut entrer dans le fleuve, doit louvoyer selon la profondeur des eaux (tirants d’eau) entre les écueils, bourrelets et autres bancs de sable qui sont situés à l’avant de l’embouchure du fleuve ;

⁃ la distance entre la 1ère embouchure du fleuve Sénégal et le Cap Blanc (approximativement l’actuelle NOUADHIBOU) est de 380 milles d’alors (équivalent 570 km) ; cette distance donnée par Ca da Mosto correspond relativement, à 78 km près, à la distance maritime d’aujourd’hui entre NOUADHIBOU et SAINT-LOUIS qui est de 350 milles modernes de 1.852 m (soit 648 km).

⁃ Ce qui correspond aussi, à mon avis, à d’anciennes cartographies de la côte ouest Atlantique des années 1500 qui placent l’embouchure carrément plus au nord de son emplacement actuel ; les réponses que les géologues pourraient apporter sur le bien-fondé des observations de Ca da Mosto, sur lesquelles se base notre lecture littérale de son récit, seraient les bienvenues ; la question est : où se trouvait la 1ère et grande embouchure du fleuve Sénégal dans les années 1400 (à admettre qu’il y en ait eu 02, comme le soutient Ca da Mosto) ?

« Et me semble fort étrange et admirable, que de là le fleuve, tous les peuples sont très noirs, grands, gros, de belle taille, bien formés, le pays verdoyant, peuplé d’arbres et fertile ; et deçà, les habitants se voient maigres, essuis, de petite stature, et le pays sec et stérile ».

EXPLOITATION DE CE PASSAGE :

Ca da Mosto n’a pas manqué de souligner que :

⁃ les habitants sont « très noirs, grands, gros, de belle taille, bien formés » par opposition aux habitants de l’autre côté du fleuve : « maigres, essuis (ancien mot français pour désigner un lieu où l’on sèche les cuirs tannés et, par extension, une couleur de cuir tanné), de petite taille », d’une part ;

⁃ le pays des Noirs est verdoyant, peuplé d’arbres et fertile » par opposition au pays des basanés qui est «sec et stérile », d’autre part. Or, nous savons que, de nos jours encore, la végétation est toujours verdoyante et la terre fertile de l’autre côté des deux rives du fleuve Sénégal, tant en territoire sénégalais que mauritanien. C’est dire que c’est un peu plus loin, à plusieurs dizaines de kilomètres de la rive mauritanienne du fleuve que l’on commence à rencontrer le pays « sec et stérile » dont fait mention Ca da Mosto.

« Le pays de ces Noirs sur le fleuve de Senega est le premier royaume des Noirs de la basse Ethiopie, et les peuples qui habitent aux rivages d’icelui, s’appellent Gilofes. Toute la côte et cette région dont nous avons ci-dessus fait mention, consiste tout en plat pays jusques à ce fleuve, et par delà encore ; tant qu’on parvient à cap Verd, qui est pays relevé et le plus haut qui soit en toute la côte, c’est à savoir quatre cens milles plus outre qu’icelui cap. Et selon ce que j’ai peu entendre, ce royaume de Senega confine du coté de Levant avec un pays nommé Tuchuror, devers Midi, avec le royaume de Gambra, de la partie de Ponant, avec la mer Oceane, et du coté de Tramontane, se joint avec le fleuve susnommé, qui sépare les Bazanés d’avec ces premiers Noirs ».

EXPLOITATION DE CE PASSAGE :

Ca da Mosto nous confirme, ici, que :

⁃ « Le pays de ces Noirs sur le fleuve de Senega est le premier royaume des Noirs de la basse Ethiopie » : à moins qu’il entende désigner tout l’Empire du DJOLOF, ce pays des Noirs sur le fleuve Sénégal est le WALO, qui, à cette époque, bien que dépendant de l’Empire du DJOLOF (constitué vers 1350, soit 105 ans avant l’arrivée de Ca da Mosto au Sénégal), avait une existence propre comme Royaume à part depuis, au moins, les années 1300. En effet, en 1455, date du voyage de Ca da Mosto, c’est le Brack « Tédieck », Tany Yacine MBODJ, qui était, selon une des listes généalogiques en circulation, au pouvoir dans la plage de temps entre 1446 et 1457 (?). Ou si ce n’est lui, ce serait son suivant, le Brack « Dyoss », Yerim Mbagnick Ndoye Demba MBODJ, au pouvoir dans la plage de temps 1457-1475 (?). Pour dire que, dans tous les cas, ce premier royaume des Noirs semble correspondre à celui du WALO, déjà constitué à cette époque ; à moins que Ca da Mosto ait fait abstraction du WALO en faisant directement référence à l’Empire du DJOLOF qui contrôlait presque toute la Sénégambie d’alors, y compris le WALO ;

⁃ les peuples qui habitent aux rivages du fleuve Sénéga s’appellent les GILOFEs (WOLOFs), sans ambiguïté aucune ; nous notons que le mot « rivages » est au pluriel dans le texte de Ca da Mosto, ce qui semble indiquer que les deux rives du fleuve étaient occupées par cette même ethnie Wolof ;

⁃ le royaume de Senega est délimité ainsi qu’il suit : à l’Est (Levant), par le pays Toucouleur ; au Sud (Midi), par le royaume de Gambra (Gambie) ; à l’Ouest (Ponant), par l’Océan Atlantique ; et au Nord (Tramontane), par le fleuve Sénégal qui « sépare les Bazanés d’avec ces premiers Noirs » ;

⁃ le terrain est plat sur toute la côte, depuis le cap Blanc jusqu’au cap Vert. Ca da Mosto a escalé à terre, tant chez « BUDOMEL » avec qui il voulait commercer, au meilleur prix, ses quelques sept (07) chevaux d’Espagne ainsi que ses draps de laine et ses soieries embarqués à bord de son navire, qu’au cap Vert où il s’est approvisionné dans l’une des trois (03) îles voisines, comme il le dit plus loin dans son récit ;

⁃ Selon Ca da Mosto, la distance entre le cap Blanc et le cap Vert est de 400 milles d’alors, soit 600 km (mille portugais). La distance entre le même cap Blanc et l’embouchure du fleuve Sénégal d’alors étant de 380 milles (570 km), la marge de la distance entre l’embouchure du fleuve Sénégal et le cap Vert serait de 30 km (600 km – 570 km). Ce qui est impossible car la distance entre SAINT-LOUIS et DAKAR est de quelques 200 km et non pas d’une trentaine de kilomètres (30 km). Il y’a donc, ici, un écart important de quelques 163 à 170 km dans la localisation du cap Vert par rapport à l’embouchure du fleuve Sénégal. Quand on sait l’importance des caps pour se repérer et se diriger dans la navigation ancienne, cette distance très inexacte résulte, à notre avis, soit d’une involontaire erreur de transcription, du fait de Ca da Mosto lui-même ou de son éditeur, soit, au contraire, d’une volonté délibérée de masquer les distances réelles pour se réserver l’exclusivité des bonnes affaires et des bons clients comme le « BUDOMEL » ?.

En effet, plusieurs hypothèses : s’agit-il d’une erreur d’édition car le journal de Ca da Mosto, décédé en 1488, a été rédigé en vénitien par lui-même dans les années 1460, mais a été édité post-mortem en 1507-1508, soit 19 ans après sa disparition, son rédacteur n’étant plus de ce monde en ce moment pour vérifier l’édition? s’agit-il d’une erreur de traduction de la version latine, publiée en 1532, d’un texte initialement rédigé en vénitien, soit 44 ans après le décès de l’auteur ? s’agit-il d’une erreur de transcription de Ca da Mosto lui-même, car, habituellement, il est très précis dans ses calculs et observations ? ou s’agit-il du résultat d’une stratégie commerciale volontaire dont le but est de brouiller les pistes pour que d’éventuels concurrents ne puissent exploiter ses données commerciales ? On sait qu’il avait embarqué quelques chevaux d’Espagne et d’autres marchandises, comme draps de laine, ouvrages de soie, etc.. pour les vendre au seul « BUDOMEL », réputé bon payeur selon les dires de ses prédécesseurs portugais ? Nous penchons pour cette dernière hypothèse car Ca da Mosto est un excellent navigateur qui ne pouvait commettre une telle erreur de calcul de distance sans raison. Cette hypothèse de camouflage volontaire des réelles distances nautiques est confortée par ce qui suit sur les distances qu’il donne entre le fleuve Sénégal et le pays de BOUR-DAMEL.

«Je passai le fleuve de Senega avec ma caravelle, sur laquelle navigeant, je parvins au pays  de Bur-Domel, qui est distant d’icelui fleuve par l’espace de 800 milles selon la côte, qui est toute basse et sans montagne depuis ce fleuve jusques à Bur-Domel, lequel nom est le titre du seigneur, et non pas celui du pays même : car on l’appelle terre de Bur-Domel comme pays d’un tel seigneur ou conte, pour auquel parler, je pris terre là.

Joint aussi, que j’avais été informé par aucuns Portugais (lesquels avaient eu affaire avec lui) que c’était un seigneur fort plein de courtoisie et homme de bien, et auquel on se pouvoit fier, et payait raisonnablement la marchandise qu’il prenait ».

EXPLOITATION DE CE PASSAGE :

⁃ Selon Ca da Mosto, la distance entre l’embouchure du fleuve Sénégal et le pays de « BUR-DOMEL » est de 800 milles (1.200 km). Ce qui est impossible. Car, c’est plus de 2,5 fois à 3 fois la distance nautique entre le port de SAINT-LOUIS et le port de BANJUL qui est de 452 km. Dans une autre échelle de valeurs, cette distance de 1.200 km donnée entre la bouche du fleuve Sénégal et le pays de « BUR DOMEL », c’est presque la distance maritime entre le port de ZIGUINCHOR et SAINT-LOUIS. Ceci nous renforce dans l’idée que les Portugais ont intentionnellement masqué les distances réelles, à des fins de concurrence commerciale avec les autres nations européennes. Peut-on y voir la confirmation de leur souci de conserver l’exclusivité du commerce sénégambien jugé par eux plus intéressant que le commerce mauritanien, parce qu’étant à la source d’une grande partie de ce dernier, en or et en esclaves, entre autres, quand on sait que le Portugal avait décrété pour dix (10) ans l’exclusivité du commerce du Banc d’Arguin au seul profit des Portugais ?

«Au temps que j’arrivay en ces parties là, le roy de Senega se nommoyt Zucholin, qui pouvoyt avoir ataint la vingt et deuxieme année de son aage ».

⁃ BUR-DOMEL, avait un Seigneur au-dessus de lui, lequel ne pouvait être que le BOURBA-DJOLOF, du nom de « Zucholin » (Tioukoli), selon Ca da Mosto qui s’est trompé ou a été induit en erreur, car « son » Bourba Djolof n’est pas Leeyti Tioukouli NDIAYE, qui a régné de 1440 à 1450, mais plutôt son successeur Ndiélène Mbey Leeyti NDIAYE, 1450-1465, qui est le véritable Bourba Djolof contemporain de Ca da Mosto.

⁃ Mais, nous répétons, ici, la question préjudicielle du début : est-ce que le titre de DAMEL existait déjà en 1455, au moment de la visite de Ca da Mosto au Sénégal, alors que, pour l’histoire, le 1er DAMEL du Cayor indépendant fut Déthié Fou Ndiogou FALL (1549) ou son fils, Amary Ngoné Sobel FALL (1549-1593) ? Ca da Mosto pouvait-il anticiper de presque un (01) siècle plus tôt (94 ans exactement) la création du titre de DAMEL en nommant ainsi le roi du CAYOR dès 1455 ? A mon avis, il y’a ici un très important problème de date à résoudre par nos historiens académiques et traditionnels, tous confondus.

«… après avoyr pris congé du seigneur BUDOMEL, et singlant en mer pour laisser cette cote, …, primmes la route d’iceluy cap … le jour ensuivant … vinmes à découvrir le cap Verd, lequel est distant du lieu d’où je feys depart, par l’espace de trente mille italiennes.

Le cap Verd est fort beau et hault… et au contour d’iceluy y’a plusieurs bourgades de païsans Noirs … et dépendent encore iceux Noirs de ce royaume de Senega susnommé ».

EXPLOITATION DE CE PASSAGE :

⁃ Ce passage est la seule fois où Ca da Mosto exprime une distance en milles italiens. Etant Vénitien, le mille italien de Vénise était de 1,834 km à l’époque.

⁃ Après avoir décrit certains villages du cap Vert, il précise que leurs habitants sont sous l’autorité du royaume de Senega.

« Au delà de ce petit goulfe, toute la cote est habitée de deux générations, l’une nommée Barbacins et l’autre Sereres, toutes deux noires, mais hors de la puissance et du domaine du royaume de Senega et de tout autre seigneur… Et est avenu souventefoys, qu’aucuns roys de Senega leur voulurent jadis faire guerre pour les subjuguer, mais ils ont été tousjours vaillamment repoussés, tant par les fleches envenimées … comme par la difficulté de leur païs ». 

EXPLOITATION DE CE PASSAGE :

⁃ « Barbacins et Sereres » ne font évidemment qu’un. Mais, le mérite de Ca da Mosto est d’identifier clairement le groupe ethnique sénégambien des Sérères et de préciser tout aussi nettement que ce dernier n’est pas sous l’autorité du royaume de Senega (Empire du Djolof), malgré les tentatives répétées de l’Empire de le dominer, dans le passé, vaines tentatives à cause des redoutables flèches empoisonnées des Séreres et de l’accès difficile de leurs territoires.

5/ RECOMMANDATIONS :

  • Etudier les déplacements successifs de l’embouchure principale du fleuve Sénégal depuis les années 1400, au moins.
  • Rechercher les vestiges de la présence portugaise en Sénégambie ancienne, et particulièrement, dans le fleuve Sénégal dans lequel ils ont « longuement » navigué et commercé (ce qui suppose des escales et autres points de commerce à terre). Jusqu’où les navigateurs portugais sont-ils allés à l’intérieur du Fleuve quand on sait qu’ils ont été en mesure d’indiquer que la marée montante se faisait sentir jusqu’à une centaine de kilomètres dans ledit Fleuve ?
  • Revisiter l’Histoire Générale du Sénégal dans ses parties relatives à l’histoire des Wolofs comme ethnie à part entière, lesquelles parties sont manifestement inexactes, au vu des preuves historiques de leur existence et présence dans les terroirs qu’ils habitent actuellement. D’ailleurs, Ca da Mosto n’est pas le seul européen à attester ce fait, établi, à sa suite, par nombre d’autres visiteurs, explorateurs et colonisateurs européens, et également par de très nombreux chercheurs, érudits et traditionnalistes sénégambiens, toutes ethnies confondues.
  • Reconsidérer l’unanimité des historiens, chroniqueurs et généalogistes traditionnels quant à la datation, voire la signification réelle, du titre de DAMEL. En effet, il semble que le titre ne soit pas postérieur à l’indépendance du Cayor, mais bien antérieur, car il était connu bien avant 1455, au point d’être un partenaire commercial privilégié des navigateurs portugais.

 

Amendement Niadiar Sène, loi Ezzan, loi interprétative Amadou Ba…: Ces gymnastiques politiciennes qui ont balafré le Sénégal

 Par Babou Biram FAYE

 Le Sénégal, souvent cité comme un modèle démocratique en Afrique, a pourtant, été marqué par des manœuvres législatives controversées qui ont laissé des cicatrices profondes dans son histoire politique. Parmi ces lois, l’Amendement Niadiar Sène, la Loi Ezzan et la loi interprétative de la loi d’amnistie et d’autres qui sont antérieures, ont en commun d’avoir été imposées par les tenants du pouvoir dans un contexte de rapport de force politique. Présentées comme des décisions souveraines, elles ont, en réalité, servi des intérêts partisans, sapant ainsi les fondements de la démocratie et fragilisant les institutions.

Ces lois sont taillées sur mesure au gré des intérêts du pouvoir. Ce sont des textes législatifs qui, bien que différents dans leur formulation et leur contexte, poursuivent le même objectif consistant à consolider un pouvoir en place en modifiant les règles du jeu politique à son avantage.

Beaucoup de lois, aussi scélérates les unes les autres, ont marqué la scène politique sénégalaise, chacune ayant servi à consolider le pouvoir en place, à neutraliser des adversaires ou à remodeler le paysage politique selon des intérêts partisans.

 Introduction du multipartisme limité

En 1976, sous le Président Léopold Sédar Senghor, le Sénégal adopte une réforme constitutionnelle instaurant un multipartisme limité à trois familles idéologiques que sont les socialistes, les libéraux et les communistes. Cette loi, bien qu’élargissant la compétition politique, restait une manœuvre pour structurer l’opposition et la contrôler.

Ce n’est qu’en 1981, avec le Président Abdou Diouf, que le multipartisme intégral est adopté, avec la réforme de 1991 et la limitation du mandat présidentiel.

Une révision constitutionnelle limite le mandat présidentiel à sept ans renouvelables une seule fois.

Si cette réforme semblait renforcer la démocratie, elle a été motivée par la nécessité de calmer les tensions avec l’opposition après les contestations électorales

En 1998, l’Amendement Niadiar Sène (du nom du député socialiste de Mbour) a modifié les conditions d’éligibilité à l’élection présidentielle, empêchant potentiellement certains candidats de se présenter. Cette réforme a été perçue comme une stratégie de verrouillage du pouvoir, instaurant une règle non par souci de démocratie, mais, pour barrer la route à des adversaires politiques.

 Jeu de ping-pong entre Wade et Macky

Lors de son accession au pouvoir en 2000, Abdoulaye Wade fait voter une nouvelle Constitution en 2001, réduisant le mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une seule fois.  Cependant, en 2008, il fait modifier cette disposition pour revenir à un septennat, préparant ainsi son éventuelle réélection en 2012.

Entre temps, en 2011, le Président Abdoulaye Wade, dans son imagination fertile, a tenté d’imposer le ticket présidentiel. Cherchant à assurer une transition douce pour son fils Karim Wade, Wade père introduit une réforme visant à élire simultanément le président et le vice-président avec seulement 25 % des suffrages, au premier tour. Cette tentative provoque une mobilisation massive et conduit à l’échec de cette réforme qui a suscité la forte contestation du M23 et de toutes les forces vives de la Nation Sénégalaise. Et Macky Sall fut élu, à l’élection présidentielle de 2012, malgré la troisième candidature du Président Wade.

Après son élection en 2012, Macky Sall a organisé un référendum, en 2016, pour proposer des réformes en profondeur. Il ramène le mandat présidentiel à cinq ans. Mais, une décision du Conseil constitutionnel l’empêche de l’appliquer immédiatement, ce qui lui permet de faire un septennat au lieu de cinq ans. Cette réforme a, également, été perçue comme une manière de gérer son calendrier politique tout en conservant un cadre favorable à sa réélection.

En 2018, la loi sur le parrainage a également été une manœuvre politicienne. Adoptée sous Macky Sall, cette loi imposait à tout candidat à l’élection présidentielle de recueillir un nombre significatif de parrainages citoyens ou politiques. Présentée comme un moyen de rationaliser les candidatures, elle a été critiquée pour son caractère sélectif visant à limiter la participation de certains opposants.

La réforme du Code électoral de 2021 a abouti à l’invalidation de certaines candidatures. Avant les élections locales de 2022, certaines modifications du Code électoral ont permis d’invalider des candidatures d’opposants comme Ousmane Sonko à Ziguinchor. Cette réforme a renforcé la perception d’une instrumentalisation de la justice et du processus électoral.

 Sonko et le Pastef dans le même tempo

A la veille de l’élection présidentielle de 2024, suite à une instabilité profonde née de la confrontation entre le pouvoir en place et l’opposition, notamment, le Pastef de Ousmane Sonko, le Président Macky Sall a utilisé le même procédé pour sauver le pays et se sauver lui- même, en faisant voter une loi d’amnistie ayant permis la sortie de prison de Sonko et ses partisans.

Derrière le discours officiel de réconciliation nationale, elle a été perçue comme une tentative d’effacer les fautes politiques et judiciaires de certains leaders pour leur permettre de revenir sur la scène publique sans entraves.

Aujourd’hui encore, l’histoire se répète. Une loi interprétative de cette loi d’amnistie de 2024, portée par le député Amadou Ba (différent de l’ancien Premier Ministre), adoptée sous le gouvernement actuel, s’inscrit dans la même logique. Avec son lot de tôlées, de critiques et batailles politiques sans rendement, qui chahutent, encore la stabilité nationale.

 Conséquences désastreuses sur la démocratie et la stabilité nationale

Ces lois ont provoqué, à chaque fois, des réactions vives au sein de l’opinion publique et des acteurs politiques. Elles ont été dénoncées comme des atteintes à l’État de droit et à l’indépendance des institutions. L’impact de ces décisions se mesure à plusieurs niveaux: L’affaiblissement des institutions reste le premier impair noté dans de pareilles décisions unilatérales. En instrumentalisant l’Assemblée nationale pour voter des lois partisanes, ces régimes successifs ont réduit le Parlement à une simple chambre d’enregistrement des volontés du pouvoir exécutif.

Il s’y ajoute un désenchantement démocratique. À force de manipulations législatives, une partie de la population a perdu foi en la sincérité du jeu démocratique, renforçant l’abstention lors des élections et le rejet des élites politiques.

A cela, il faut, aussi, ajouter une instabilité politique accrue. Chaque adoption de ces lois a suscité des contestations et des tensions, parfois violentes, prouvant que ces manœuvres n’apportaient pas la paix sociale, mais, plutôt une crispation du débat public.

Une constance dans la manipulation des lois à des fins politiques

Depuis l’indépendance, chaque régime a utilisé des réformes législatives ou constitutionnelles pour consolider son pouvoir ou neutraliser des adversaires. Ces pratiques ont affaibli la confiance des citoyens dans les institutions et contribué à l’instabilité politique.

Si le Sénégal veut préserver sa démocratie, il devient impératif d’instaurer un cadre où les réformes sont véritablement au service du peuple et non des intérêts partisans. Il faut, donc, restaurer l’éthique politique. C’est une urgence démocratique qui se présente devant les politiques qui sont les garants des institutions et du peuple sénégalais.

Si le Sénégal veut préserver son modèle démocratique, il est impératif de mettre un terme à ces gymnastiques législatives opportunistes. Cela passe par un renforcement du rôle du Conseil constitutionnel pour éviter que des lois contraires aux principes démocratiques ne soient adoptées à des fins partisanes, une réforme du fonctionnement parlementaire afin de garantir une véritable séparation des pouvoirs et d’empêcher la majorité présidentielle de légiférer uniquement pour protéger ses intérêts et un engagement éthique des acteurs politiques qui doivent cesser d’instrumentaliser la loi pour des calculs électoralistes ou de protection personnelle.

L’histoire a montré que ces manipulations, loin de stabiliser le pays, ont nourri la méfiance, le désordre institutionnel et l’incertitude politique. Il est temps de rompre avec ces pratiques et de réhabiliter la souveraineté populaire, seule garante d’une démocratie saine et durable.

 B.B.F.

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