mercredi, septembre 9, 2026
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Ziguinchor/ 7ème Colloque international du CREILHAC à l’Université Assane Seck: « Quand l’ombre du Pr Abdourahmane Bâ a plané dans les travaux »

L’UFR Lettres Arts et Sciences humaines à travers son Centre de Recherches interdisciplinaire de Langues, Littérature, Arts et Sciences humaines (REILHAC) a tenu son 7ème Colloque international sur le thème suivant: « Discours de société: Regards pluridisciplinaires ».

Par Jean DIATTA (Ziguinchor)

Une thématique choisie et déroulée durant trois jours (du 08 au 10 mai 2025) par les linguistes, les littéraires, les socio-anthropologues, les socio- linguistes, etc, où plusieurs communications (4 conférences plénières et 94 panels en présentiel et en ligne) ont permis de nourrir l’esprit intellectuel autour d’un sujet crucial…

Assane Seck de Ziguinchor, il est à retenir que les communications et les débats qui se sont succédé ont été très riches et ont répondu aux objectifs fixés par les organisateurs de ledit colloque en raison de la qualité des interventions. La parole a été plurielle durant cette rencontre où chacun a pu exprimer son point de vue.

Le colloque international « Discours en société: regards pluridisciplinaires » a été l’occasion de partager des expériences, des opinions, des attentes et perspectives sur ce sujet crucial. Tous les intervenants ont joué leur partition dans le cadre d’un dialogue direct et constructif.

C’est ce qui fait dire à l’adjoint au Directeur du CREILHAC, M. Mamadou Lamine Ndiaye, lors de la cérémonie de clôture que « les moments intenses de communion et de partage passés durant ces trois jours dans ce 7ème colloque international dans ce temple du savoir dénommé Université Assane Seck de Ziguinchor avec des moments de bonheur par des sommités intellectuelles venues de plusieurs contrées du monde, témoignent que les connaissances n’ont pas de frontières.

Chaque entité a apporté sa contribution sur les tâches. Vous comprendrez alors que la geste et l’importance des sciences sociales et humaines. Nous espérons la publication complète dans un futur proche des articles issus de ce Colloque « , dixit.

Qui s’est achevé sur une ambiance chaleureuse et conviviale avec la remise des attestations de communication et de participation à tous les communicants et aux participants les plus en vue. Pour couronner le tout, une photo de famille a été prise pour immortaliser cet événement scientifique.

 

Forum économique à Déali: les populations réclamant l’eau, l’électricité, des pistes praticables

Déali une commune de l’arrondissement de Sagatta Djoloff (département de Linguère) a abrité ce samedi un forum économique dont le thème «l’engagement citoyen», a réuni tous les cadres de ladite collectivité territoriale. Sous l’impulsion de l’association dénommée Pencum Djoloff, les populations ont saisi l’occasion de lister leurs doléances.

 Le journaliste Dame Ndiaye un des coordonnateurs de Pencum  Djoloff  de rappeler que l’année 2025 marque la huitième édition où les Djoloff Djoloff se rencontrent afin de dégager des pistes de développement pour leurs localités.

Revenant sur les préoccupations de Déali, Abdou Fatah Faye un jeune cadre de la Saed, juriste de formation de souligner les difficiles conditions de vie et d’existence de ses voisins dans le milieu. En cause, selon lui, plusieurs villages de la commune de Déali ont soif, manquent de lieux de soins, pas d’électricité, l’enclavement également hante le sommeil des 25000 âmes qui se réveillent quotidiennement dans la localité (Déali). «L’érection du collège d’enseignement moyen de Déali en lycée figure en bonne place dans le lot des doléances des populations», renchérit le jeune Abdou Fatah Faye.

Quant au maire de Déali Asser Sow, dans son discours, ce dernier de confirmer les difficiles conditions de vie de ses administrés dûes à un manque criard d’eau, d’électricité, de pistes praticables dans beaucoup de villages de sa commune. A cet effet, selon lui, il urge l’intervention du nouveau régime de venir au chevet Déali qui est la deuxième commune du département de Linguère au rang. L’édile de Déali Asset Sow de remercier vivement le journaliste Dame Ndiaye qui lui a offert l’opportunité.de soulever tous les problèmes dont souffre sa commune.

La construction des locaux de la brigade de gendarmerie de Déali, octroyer des financements au profit des femmes et des jeunes de Déali, des semences en qualité et en quantité suffisante, du matériel agricole adéquat font partie des préoccupations des populations de Déali.

Par Bathie Ndiaye (Linguère)

Coordonnateur d’AWALÉ MALIKA; Souleymane SAGNE est un intellectuel engagé, une figure politique montante

Le Coordonnateur d’AWALÉ MALIKA, Souleymane SAGNE est un intellectuel engagé, une figure politique montante dans la commune de Malika, et un acteur central du changement local. À la fois homme de réflexion et d’action, il met son savoir, son éthique et son expérience au service d’une gouvernance municipale moderne, inclusive et participative.

Son engagement au sein d’AWALÉ MALIKA traduit une volonté ferme de rupture avec les anciennes pratiques. Il aspire à bâtir une commune où l’éducation, l’emploi, la justice sociale et la transparence deviennent des leviers du développement local. Son approche est fondée sur la rigueur intellectuelle, la planification stratégique et la participation citoyenne.

Sur le plan moral, il est reconnu pour sa droiture, son sens du devoir, sa proximité avec les populations et sa capacité à fédérer toutes les composantes sociales. Il inspire la confiance par sa constance à la ferme volonté de changement, sa loyauté, son sens du travail bien fait, son respect des valeurs humaines et sa vision claire d’un Malika uni et rayonnant.

Souleymane SAGNE n’est pas seulement le coordonnateur d’un mouvement politique. Il est l’espoir de toute une jeunesse et le symbole d’une nouvelle gouvernance locale, portée par la compétence, l’intégrité et la volonté inébranlable de moderniser Malika au bénéfice de ses citoyens.

Pour un développement endogène durable; Amadou Tidiane Diallo salue l’engagement des femmes de Keur Massar Nord

À l’occasion d’un important atelier de formation axé sur l’éducation financière et la valorisation des produits locaux, Amadou Tidiane Diallo, responsable de Pastef et acteur du développement, a été mis à l’honneur en tant que parrain de l’événement. L’initiative, portée par le GIE des Amazones de Keur Massar Nord sous la présidence de Madame Touré, s’inscrit dans une dynamique de soutien à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Dans son intervention, Amadou Tidiane Diallo, a rappelé l’importance de la chaîne de valeur communautaire: «Nos produits locaux, une fois transformés, créent une véritable valeur ajoutée bénéfique à toute la population. Nous voulons bâtir une économie solide fondée sur nos propres ressources naturelles, intellectuelles et humaines».

L’événement, qui s’est tenu dans la salle des fêtes de la commune, a réuni plusieurs autorités venues encourager cette initiative, dont l’honorable députée Marie Angélique, l’honorable Ramatoulaye Ndom, Alassane Touré (cadre de Pastef), et Appolinaire Diatta. Tous ont unanimement salué le leadership des femmes de Keur Massar Nord, devenues un modèle de professionnalisation et de résilience économique.

«Elles ont compris qu’un premier niveau de succès consiste à passer à l’échelle, à penser en termes de pérennisation et de développement durable», a conclu M. Diallo, convaincu que cette démarche est un levier fort pour la souveraineté alimentaire et l’autonomisation économique locale.

Dionewar/ 3ème édition des 72h de Ngodane fondatrice du village: Les insulaires se remémorent de leur descendance

Dionewar: Le temps d’un « VSD », les 18,19 et 20 avril 2025 derniers, les populations insulaires de l’île de Dionewar ont passé d’importants moments de ressourcement et de brassage culturel mais également de prières à l’île de Sangomar.

L’association des « Simalas No Ngodane », selon son Président, Boubacar Sarr, « a mis les petits plats dans les grands dans un élan de retrouvaille de toute la famille éparpillée partout à travers le Sénégal et au-delà pour célébrer cette édition ». Ceci, ajoute-t-il, « en respect à notre principal objectif de regrouper tous les fils et filles et petits-fils de Ngodane, de nous connaître entre nous, mais également pour élaborer des projets ensemble et participer activement à la vie socio-économique du village ».

Ainsi, cette troisièmme édition a été une belle occasion pour ces insulaires de communier ensemble autour du même idéal. Celui de revisiter toute une histoire liée à cette dame du nom de Ngodane. Elle était connue pour sa bravoure, sa générosité et son génie d’avoir eu l’idée ingénieuse de fonder une communauté solidaire, travailleuse et hospitalière.

Des innovations apportées dans l’organisation

« Nous avons alors pensé pour cette édition 2025 qu’il fallait apporter des innovations dans l’organisation et qui soient aussi de taille », nous a révélé le Président Boubacar Sarr. Il est revenu sur la soirée culturelle qui, souligne-t-il, « nous a permis un retour aux sources, à travers le vécu culturel de l’île qui rime avec son fanal lié à l’histoire  culturelle même de Dionewar. Et, à ce titre, nous avions sollicité l’expertise d’un de nos frères Babou Sarr pour la matérialisation du fanal qui, pendant longtemps n’a pas été exhibé ».

Une innovation de taille qui a ainsi donné l’occasion aux populations de savourer les rythmes de la culture sérère et mieux comprendre l’importance du fanal lors de la soirée culturelle au premier et au deuxième jour de l’événement. Une soirée marquée par une forte mobilisation des populations jusqu’à une heure avancée de la nuit assaisonnée par le rythme du Nguel Serere accompagné des guitaristes qui ont imprimé un élan d’enthousiasme aux nombreux spectateurs qui ne voulaient pas rater ce rendez-vous tant attendu qui a constitué l’un des temps forts des 72 heures de Ngodane à Dionewar. Dont il s’agissait de joindre l’utile à l’agréable.

Un autre temps fort de ces journées, la séance de consultations médicales gratuites à l’initiative du Dr Lamine Coura Faye, pharmacien de son état qui a su mobiliser près d’une vingtaine de médecins et spécialistes en gastroentérite, en cardiologie, des dentistes et orthopédistes, des ophtalmologues, entre autres agents de santé.

A l’arrivée, près de 500 patients ont été diagnostiqués et à qui ont été prescrits des médicaments pendant que d’autres présentant des pathologies assez compliquées, ont été  orientés vers des structures de santé en terre ferme. Des conseils et des enseignements ont aussi été prodigués relativement à l’hygiène bucco dentaire.

Tout ceci, selon Boubacar Sarr, « a été bien apprécié par les populations. Un autre aspect sanitaire qui a alimenté la chronique cette année à Dionewar, c’est le phénomène de Djinne Maïmouna vécu dans tout le Sénégal. Mais, un phénomène qui a été observé au niveau du lycée ce qui nous a poussé à contacter un spécialiste, qui a d’abord tenu une conférence pour sensibiliser les gens, leur montrer et expliquer le comportement à avoir vis-à-vis de ces esprits invisibles pour pouvoir se protéger devant une telle situation. Il s’en est suivi le lendemain d’une séance de consultation, sachant que beaucoup de jeunes élèves particulièrement les filles, sont victimes des effets de ce phénomène de Djinné Maimouna ».

Pèlerinage à Sangomar, l’île du sortilège et de la divinité

Le pèlerinage à l’île de Sangomar a été également une étape cruciale du programme de cette 3e édition des 72h de Ngodane. Une île du sortilège et de la divinité, toujours en l’état malgré son émiettement suite à la coupure de la brèche mais, qui reste toujours vouée au culte de la divinité avec ses esprits invisibles (Pangols en sérères). Elle est située sur la pointe de l’Océan atlantique, à l’embouchure avec le fleuve Saloum. Ce qui rend l‘accès très difficile surtout en période de haute marée naturellement caractérisée par l’intensité des vents et la furie des eaux. Une situation qui perturbe régulièrement la navigation d’un sens comme de l’autre.

Mais, cela n’entache en rien l’ardeur des insulaires de la contrée d’y effectuer le pèlerinage tout comme d’autres visiteurs d’ailleurs pour aller se recueillir à cet endroit mythique, quasi solitaire avec sa dense forêt.

Un pèlerinage aux allures ressourcement auprès du génie tutélaire et protecteur de sa lignée maternelle. Cela, après

avoir été briefées par les gardiens du temple car, contrairement aux autres périmètres insulaires où l’on peut entrer et sortir en toute liberté, il n’est pas donné à n’importe qui de se rendre à l’île de « Sangomar » sans au préalable respecter les principes édictés par l’Alkali, le gardien terrien.

« A l’île de Sangomar, l’accès est interdit à tout visiteur portant un habit de couleur rouge, aux preneurs d’images mais aussi aux coupeurs de bois entre autres », nous fait-on savoir.

Un lieu de prière et de recueillement

Dans certaines circonstances, tout visiteur doit être accompagné par l’Akali. Car, l’île de Sangomar est un lieu de prière et de recueillement et où il est interdit de poser des questions relatives au site et de ses occupants invisibles. Pour autant des prières y sont accomplies à la mosquée (une petite) qui y est édifiée mais également à l’intérieur de la petite chambre qui se trouve aussi sur l’ile réputée être dans un calme plat.

Pour rappel, lîle de Sangomar était à l’époque, un lieu de retraite du défunt président poète Léopold Sédar Senghor qui aimait s’y rendre très souvent. L’ile constitue également, à travers la richesse de ses périmètres en herbe sauvage, un endroit rêvé d’une zone de pâturage pour les troupeaux des habitants de Dionewar qui y transportent leurs animaux chaque année en période d’hivernage pour les faire paître tranquillement loin des regards indiscrets des voleurs de bétail. Cela, compte tenu de sa végétation d’une diversité d’espèces arboricoles mais aussi d’une faune sauvage et la flore, dont le seul occupant est le génie protecteur et sa famille qui sont invisibles. Ici, on y trouve un environnement   parsemé de palmerais, de baobabs et d’autres espèces végétales qui cohabitent parfaitement avec des oiseaux de toutes espèces, des crabes et autres genres de reptiles difficiles à surprendre dans leurs cachettes.

Pour dire qu’à part les sages du village choisis comme Alkalis (les gardiens terriens), personne d’autre ne peut percevoir ce génie de Sangomar qui avait par la suite, face à la rareté de l’eau, avait guidé Ngodane à traverser le lit de l’affluent pour rejoindre l’autre île d’en face. C’était pour lui permettre de se procurer de l’eau. Et c’est cette île qui se distinguait par un grand caïcédrat (Ngane en Sérère) qui y avait poussé, qui deviendra plus tard, le village de Dionewar.

Dionewar, une île où il fait bon vivre

A la faveur de l’acte 3 de la décentralisation, l’ex-communauté rurale de Dionewar a été érigée en commune de plein exercice. Elle fait partie de l’arrondissement de Niodior, dans le département de Foundiougne (région de Fatick).

« Ici, les habitants y mènent une vie paisible, le 9village est doté de potentialités marines  incroyables. Des palétuviers, les poissons frais et autres fruits de mer, qui font que la  localité connait un engouement fulgurant. Dionewar est de ces villages sénégalais d’ailleurs qui accueillent le plus de touristes en période de haute saison touristique grâce à son beau paysage. A peu près peuplé de 5000 habitants, le village a une vocation agricole et de pêcherie. On y circule en calèche, à dos d’âne ou à pied. Le visiteur prend l’envie d’y revenir après un séjour grâce à l’hospitalité légendaire de ses habitants mais surtout son beau paysage et la richesse de sa culture sérère. Une ile où il fait bon vivre au cœur des îles du Saloum, dotée de réceptifs touristiques qui participent à rendre l’endroit paradisiaque compte tenu de sa position située entre la mer et la lagune.

L’impact négatif de l’érosion côtière

Toutefois, les difficultés sont énormes à Dionewar. L’île est très impactée par l’érosion marine depuis l’ouverture de la brèche entre le village de pêche de Djiffer et l’île de Sangomar un certain 6 février 1987. « Depuis cette date, nous avons perdu beaucoup de surface. Des centaines et des centaines d’hectares, les arbres n’en parlons pas s’y ajoutent les voies d’accès qui sont complètement bouchées faisant que pour voyager, que ce soit les personnes et les biens, nous sommes obligés d’embarquer ou de débarquer sur 2,5 km », nous laisse entendre avec désolation, Ibrahima Bira Sarr, qui fut Président de l’ex Conseil rural de Dionewar devenu commune.

Les voyageurs sont donc obligés de marcher plus de 2km pour pouvoir embarquer dans une pirogue, le débarquement aussi. Ce qui, selon Ibrahima Bira Diop, « veut dire que le coût du transport va forcément augmenter impactant du coup les évacuations sanitaires. Mais également, les matériaux et autres marchandises que l’on utilise aussi bien pour les constructions que pour la cuisine, nous reviennent beaucoup plus cher. A titre d’exemple, aujourd’hui, quand on n’a pas sa propre pirogue et qu’on a pas aussi des jeunes chez soi pour pouvoir trouver du sable, on est obligé d’acheter et pour disposer d’une tonne de briques on est obligé de payer approximativement plus de 200 000 francs. Donc, vous voyez ce que cela fait ait en termes de coûts ».

Pour dire que le transport coûte excessivement cher aux insulaires de l’île de Dionewar et ses environs. « Ici, tout le monde sait qu’évacuer un malade avec une charrette, ce n’est pas confortable. Il faut prendre une pirogue, traverser pour joindre le village de pêche de Djiffer pour qu’à partir de là, qu’on puisse prendre une ambulance pour aller vers les structures de santé les plus adaptées », a indiqué Boubacar Sarr, le président de l’association des « Simalas No Ngodane ».

Il ajoute que, « les commerçants ne pouvant pas vendre à perte, sont obligés de juguler avec les coûts du transport pour pouvoir vraiment s’en sortir. C’est pour dire qu’aujourd’hui, nous ne pouvons pas ressentir les efforts que l’Etat a fait dans la baisse des produits de première nécessité. Ce qui montre combien, en tenant compte ne serait-ce de ces exemples, la commune de Dionewar a cette particularité de souffrir de son enclavement avec pour conséquence un seuil de pauvreté assez élevé ».

Face à toutes ces préoccupations soulevées par le président Boubacar Sarr, l’association des « Simalas No Ngodane », qui travaille à la réunification de sa famille très large et éparpillée un peu partout, nourrit l’ambition légitime de contribuer au développement socio-économique du village de Dionewar, à travers le regroupement de tous ses fils et filles et les petits-fils de Ngodane afin de relever les défis et participer à  la résolution des principales difficultés qui gangrènent notre commune et ses trois îles que sont: Dionewar, Niodior et Falia.

L’urgence s’impose aujourd’hui de réécrire l’histoire de Ngodane pour pouvoir faire face au phénomène de l’érosion côtière. Un phénomène qui menace en permanence la plupart des îles du Saloum mais particulièrement, celles de Dionewar,  Niodior et Betenti, situées en face alentours de la pointe de Sangomar. Mais aussi et surtout de réfléchir sur les perspectives liées à la découverte de puits pétroliers non loin des côtes sénégalaises, au large de Sangomar.

L’association des « Simalas No Ngodane » travaille déjà dans cette perspective pour mieux cerner cette histoire de leur ancêtre du nom de Ngodane qui serait originaire du Gabou mais arrivée au Sénégal par la Guinée Bissau qui vivait à l’époque de nombreuses guerres tribales. Ngodane s’est ensuite déportée vers le Nord, à la conquête d’une terre paisible où elle pouvait vivre avec ses enfants dans la tranquillité c’était en 1136 au 12e siècle où en 1234 au 13e siècle comme l’ont fait comprendre d’autres sources.

« Mais, il faut dire que Ngodane, telle que son histoire nous a été révélée, n’a pas choisi cette terre où elle a enfanté la lignée des Simala Ngodane dans le hasard. En ce sens que selon la tradition orale, ces deux lieux actuels : de Dionewar et de l’île de Sangomar lui ont été décrits en rêve par le génie protecteur de l’île de Sangomar même tout en lui recommandant d’occuper un site qui est entouré par l’eau. Un périple qui la mena ensuite à l’emplacement actuel de l’île de Dionewar », nous a révélé Ibrahima Bira DIOP, anciennement président de l’ancien Conseil rural de Dionewar.

Reportage de Mohamadou SAGNE

Concertation sur la pêche artisanale: Dr Fatou Diouf réaffirme son engagement à accompagner la transformation dudit secteur

L’allocution du ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires

Monsieur le Secrétaire Général du Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires,

Monsieur le Directeur de Cabinet du Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires,

Monsieur le Représentant du Ministre des Forces armées,

Monsieur le Représentant du Ministre des Finances et du Budget,

Monsieur le Représentant du Ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique,

Monsieur le Représentant du Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique,

Mesdames et Messieurs les Directeurs généraux,

Mesdames et Messieurs les Directeurs nationaux,

Mesdames et Messieurs les chefs de services,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Société civile,

Mesdames et Messieurs les acteurs de la pêche, de l’aquaculture, et des infrastructures maritimes et portuaires,

Messieurs les Facilitateurs,

Mesdames et Messieurs, à vos rangs, titres et qualités,

Permettez-moi, à l’entame de mes propos, d’adresser mes remerciements les plus sincères à chacune et chacun d’entre vous pour avoir bien voulu répondre à notre invitation qui, d’ailleurs, est également la vôtre, puisque nous partageons ensemble ce secteur dans toutes ses composantes.

En effet, j’ai l’immense plaisir d’être parmi vous aujourd’hui pour procéder au lancement des travaux de cet atelier de deux jours, consacré aux concertations sur la pêche artisanale. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des échanges déjà organisés dans l’ensemble des régions de pêche du Sénégal.

Toutefois, elle est, avant tout, la résultante des instructions données par son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République, à l’occasion du Conseil des ministres du 05 mars 2025.

En effet, considérant que la pêche artisanale est un sous-secteur névralgique qui occupe une frange importante de la population active et, prenant en compte les difficultés constatées ces dernières années, le Chef de l’Etat avait, à cette occasion, demandé à Monsieur le Premier Ministre et au Ministre en charge des Pêches que je suis, d’engager des concertations inclusives avec tous les acteurs concernés en vue d’asseoir la relance et le développement de ce sous-secteur vital de l’économie nationale.

Sur cette base, j’ai, dès la réunion de coordination de mon département tenue le 11 mars 2025, instruit mes services d’engager un dialogue inclusif et responsable.

C’est pourquoi, je tiens à exprimer ma sincère gratitude à toutes les parties prenantes qui se sont activement investies dans ces concertations menées depuis la base pour matérialiser cette volonté si chère au Président de la République. Les conclusions issues de ces échanges au niveau local, seront partagées et discutées tout au long de cet atelier, dans un esprit de dialogue constructif et de co-construction.

Mesdames, Messieurs,

Le Sénégal dispose d’un littoral de 718 km et d’un espace maritime estimé à 198 000 km². Sa Zone Économique Exclusive (ZEE), qui s’étend sur 200 milles nautiques, bénéficie de conditions naturelles particulièrement favorables à l’abondance et à la diversité des ressources halieutiques. En parallèle, notre pêche continentale s’appuie sur un réseau hydrographique d’environ 3 000 km, propice à une activité halieutique significative.

Le secteur des pêches et de l’aquaculture revêt une importance stratégique, tant pour la production qu’il génère, que pour sa contribution à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et les revenus qu’il procure à l’État.

Cependant, malgré ce potentiel, le secteur, et plus particulièrement le segment artisanal, fait face à de sérieuses difficultés qui menacent sa durabilité. La principale contrainte réside dans la surcapacité de pêche- directe et indirecte- , le non-respect des tailles minima autorisées, ainsi que l’usage croissant d’engins et de méthodes inappropriés, entraînant une surexploitation des stocks et une forte détérioration de la rente halieutique.

Ces pratiques nuisent non seulement aux écosystèmes marins et côtiers, mais compromettent aussi les moyens de subsistance des communautés qui dépendent étroitement de ces ressources.

Face à cette situation, l’État du Sénégal a mis en œuvre diverses mesures de gouvernance, notamment :

  • la mise en place d’organes de concertation;
  • l’élaboration de plans d’aménagement et de gestion des pêches;
  • l’adoption de stratégies de lutte contre la pêche illicite, Non déclarée et Non réglementée.

Toutefois, les difficultés s’accumulent, aggravant la pauvreté dans les communautés côtières.

C’est pourquoi, dans une démarche participative et inclusive, nous avons souhaité initier ces journées de dialogue, fondées sur l’écoute, la transparence et la co-construction. Trois axes guideront nos travaux :

  1. Le respect de la réglementation: Le cadre légal encadrant la pêche artisanale vise à garantir la durabilité des ressources et l’équité entre les acteurs. Son application effective est indispensable pour préserver notre patrimoine halieutique. Il nous appartient de renforcer ensemble les mécanismes de contrôle, tout en favorisant l’appropriation des règles par les communautés.
  2. La gestion des infrastructures de pêche artisanale : Celles-ci, notamment les quais, les marchés centraux au poisson et les complexes frigorifiques,  doivent être administrées de manière durable, inclusive et professionnelle, dans l’intérêt des acteurs, des collectivités territoriales mais aussi et surtout de l’Etat qui en est le bailleur.
  3. La subvention des moteurs hors-bord : Des efforts notables ont été réalisés pour faciliter l’accès des pêcheurs à des équipements. Toutefois, des évaluations s’imposent sur l’efficacité de ces subventions et pour identifier des alternatives plus cohérentes pour un meilleur avenir du secteur des pêches, surtout du segment artisanal.

Mesdames, Messieurs,

Vous conviendrez avec moi que la tenue de ces journées de concertation constitue une avancée majeure dans la mise en œuvre de la Lettre de Politique Sectorielle de Développement des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires (LPSDPIMP), dont la vision est de bâtir « un secteur porteur de croissance durable, d’équilibre territorial et de souveraineté alimentaire».

Cette politique s’inscrit en cohérence avec l’Agenda national de Transformation « Vision Sénégal 2050 », notamment à travers sa déclinaison quinquennale — la Stratégie nationale de Développement (SND 2025-2029) qui vise à « promouvoir un développement endogène et durable, porté par des territoires responsabilisés, viables et compétitifs, jetant les bases de la souveraineté économique ».

Je vous invite donc à prendre une part active à ces concertations, dans un esprit de responsabilité collective, car il en va de l’avenir de notre secteur, de nos ressources halieutiques et de la sécurité économique de milliers de familles sénégalaises.

Nos travaux devront aboutir à :

  • La validation d’une feuille de route claire et opérationnelle ;
  • La mise en place d’un cadre multi-acteurs de suivi ;
  • L’élaboration d’une charte d’engagement partagée entre le ministère et les professionnels de la pêche artisanale.

Au nom du Gouvernement, je réaffirme notre engagement à accompagner la transformation du secteur de la pêche artisanale, dans le respect des principes d’équité, de durabilité et de souveraineté alimentaire.

Sur ce, je déclare ouvertes les journées de concertations sur la pêche artisanale et souhaite plein succès à vos travaux.

 

 

 

 

 

 

 

Dioffior/ Le centenaire de la commune a vécu: Les facettes de la culture sérère et Diola exaltées

A Dioffior, les festivités marquant le centenaire de ce village devenu une commune, ont vécu du 1er au 4 mai 2025. Avec la cérémonie de clôture présidée par le Secrétaire d’État, chargé de la culture et de s industries extractives, Mr Bakary Sarr.

Un événement marqué par une forte mobilisation des populations qui ont étalé l’ensemble des facettes de la culture sérère. Mais également, il faut noter les cultures des autres ethnies Diolas de la communauté du village de Baila comme Halpulaars aussi dans un élan de véritable diversité culturelle. Tout ce monde a joué sa partition en rivalisant d’ardeur et de talent.

Marraine de la soirée culturelle au premier jour de l’événement, l’Honorable député, Mme Thérèse Faye DIOUF, maire de Diarrere marraine a brillé par sa forte présence à la mythique place du village de Dioffior où s’était donné rendez-vous l’ensemble des populations.

Une soirée culturelle inoubliable où, la culture sérère a été vraiment étalée. Le rituel du Ndut ou circoncision pour les mamans, les femmes, mais aussi pour les jeunes garçons, la lutte traditionnelle dans toute sa dimension, entre autres prestations ont tenu en haleine le public.

Un constat de l’Honorable député-maire Thérèse Faye DIOUF, selon qui, « nous avons vu qu’aujourd’hui c’est la culture sérère qui a été mise en exergue. Une occasion également pour la commune de Dioffior de se rendre visible pas à 100%, mais à 200% ». Et qui plus est, a-t-elle ajouté, « si on voit également la forte mobilisation des populations, surtout le troisième âge, et les femmes, les jeunes, nous avons vu une population très enthousiaste, une population qui a encore envie de vivre un autre centenaire. Et pour cela je leur dis joyeux anniversaire en tant que marraine de la soirée. Et vraiment c’est un honneur pour moi d’avoir vécu ces grands moments de communion culturelle avec la commune de Dioffior ».

Culture et développement vont de pair

A travers ce centenaire, il s’agit de s’inscrire dans une nouvelle dynamique de développement endogène. Car, il faut le souligner, la culture et le développement sont indissociable. Et comme l’a souligné la Députée  Mme Thérèse Faye DIOUF, « il est évident que la culture va de pair avec le développement. Et comme le disait souvent un grand penseur, la culture est tout ce qui nous reste quand on aura tout perdu. Donc je pense qu’il est heureux de constater qu’aujourd’hui la commune de Dioffior tient à sa culture. Mais de façon générale, je peux aussi dire que la communauté sérère tient à sa culture. Et nous en tant qu’élus du département de Fatick,.député à l’Assemblée Nationale, mais aussi en tant que maire de la commune de Diarrere, je me dois quand même de travailler à renforcer ce développement culturel. Et comme vous l’avez dit, la culture rime avec le développement ».

Une trajectoire bien suivie par le Président du comité scientifique, Cheikh Kaling, qui souligne que, « le centenaire devrait nous permettre de réfléchir davantage sur un projet concret de développement de notre commune. Car, en fait l’idée, c’est justement d’insérer un ensemble de thématiques de réflexion autour des différents panels, conférences et échanges pour se projeter véritablement vers un nouveau cap, avec de nouvelles idées, une nouvelle vision, un ensemble qui devrait pouvoir constituer le projet futur que nous appelons, la grande métropole de Dioffior. Et, nous pensons que c’est inévitable, si l’on voit l’évolution démographique à l’analyse, un village qui était autour de 2000 habitants au moment des indépendances, et qui en compte aujourd’hui plus de 15 000 habitants ».

Donc, pour Cheikh Kaling, le président du comité scientifique, « il nous faut réfléchir sur la gestion des ordures, sur l’extension du réseau d’électrification, sur les questions de santé, et donc tout cela devrait constituer des defis à relever pour un nouveau départ d’un développement harmonieux, mais un développement vert, puisque nous sommes également inscrits dans la campagne, et il s’agit justement de réfléchir sur comment accompagner le développement tout en respectant l’environnement ce qui est quelque chose de fondamental ».

Une idée du Conseil municipal

L’idée d’organiser ce centenaire il faut le souligner est venue, selon Pr Cheikh Kaling, « du Conseil municipal donnant ainsi l’occasion au Maire de mettre en place une commission scientifique d’organisation et de nous confier le travail qui nous a pris un peu plus de huit mois. Pour lequel nous y sommes arrivés aujourd’hui pour vous dire toute notre satisfaction de la mobilisation des populations et des prestations des artistes, de tout ce qui a été dit à l’ouverture et durant les activités au programme tout au long de ce centenaire ».

Il est vrai, a fait savoir le Pr Kaling, président de la commission scientifique, « que le jeu e  valait bien la peine puisque historiquement, nous pouvons retenir de l’évolution de Dioffior, qu’en réalité nous fêtons le centenaire, mais en réalité c’est une localité plus ancienne que ça.  Car, la première occupation remonte au temps de Maïssa Waly Dione Mané, le fondateur du Royaume du Sine. Et qui, à l’époque était accompagné de Ndongo Niane, qui s’est vite installé à Dioffior au milieu du XIVe siècle. Ensuite, le lieu était déserté et vers la fin du XIXe siècle, un certain Ndongo Thiang est venu s’installer. Donc, c’est la deuxième occupation qui, il faut le souligner, a été ruinée par une épidémie de peste. Et c’est à la fin de cette épidémie de peste qu’en 1925, les différents hameaux qui existaient aux alentours ont été regroupés autour de la place de la Grande Mosquée. Ce qui a donné naissance à l’occupation actuelle, donc au regroupement de 1925. Et c’est cela que nous fêtons aujourd’hui ».

Ainsi, depuis lors, le village a connu une évolution sur les plans: administratif, économique et culturel. « Oui et c’est bien cela que nous avons voulu célébrer pour rendre hommage aux anciens, à ceux qui ont fait la réputation de Dioffior, mais également pour réfléchir sur l’avenir de notre commune », a indiqué Youssou Diome  le maire de la ville.

Et, c’est tout le sens que les initiateurs ont voulu donner à ce centenaire en retenant le thème: « Dioffior, une ville en devenir » qui a été discuté en dernier sujet du panel pour retracer l’évolution progressive de la localité qui est passée d’une bourgade à une communauté rurale avec le Décret de 1972 et son premier président de conseil rural en 1974. Et, c’est en 1990 que le statut de commune de plein exercice est conféré à Dioffior donc avant la communalisation integrale suite à  l’Acte 3 de la décentralisation. Alors, c’est cette modernité qu’il s’agit selon le Maire Youssou Diome, « d’accompagner par des réflexions, par des échanges entre la population et la municipalité, pour donner à Dioffior un nouveau souffle et de l’ancrer véritablement dans l’ère du 21ème siècle. Donc, le centenaire nous permet de fixer un nouveau cap, avec de nouvelles idées, une nouvelle vision et cela pourrait constituer le projet que nous appelons de tout nouveau c’est de faire de Dioffior une grande métropole.

Mohamadou SAGNE

ACCLAMER MACKY CE N’EST PAS CONSPUER DIOMAYE…- Par Abdou Khadre Gaye, écrivain, président de l’EMAD

Lorsqu’un citoyen sénégalais remporte une victoire dans une compétition internationale ou bien s’il est célébré par la communauté internationale, tous les Sénégalais se réjouissent avec lui, même ceux-là qui ne sont pas férus de la discipline concernée : c’est ça la norme. Parce que, à travers sa personne, c’est le Sénégal qui est honoré. C’est la raison pour laquelle, lorsque Sadio Mané marque un but, et que les enfants et les jeunes jubilent, je me réjouis de leur bonheur, sans être amateur de football. Et je ressens comme un baume au cœur la joie de mes compatriotes adeptes du ballon rond. Lorsque Youssou Ndour décroche le disque d’or, je suis heureux pour lui, pour son groupe et pour tous ceux qui aiment sa musique. Lorsque Mbougar remporte le Goncourt, je suis heureux, tout comme lorsque Souleymane Bachir est honoré ou que Diouf est porté à la tête d’une grande institution…

Le rôle de l’État, c’est de faire de toutes ces victoires une gerbe de gloire pour doper la fierté du peuple, rehausser l’image du pays et guider sa marche vers le développement. Car, en vérité, nous sommes un arbre. On ne peut pas être pour les branches contre les racines ni pour les fleurs contre les fruits. Nous sommes les abeilles d’une même ruche en vue du miel. En célébrant Macky Sall, la communauté internationale célèbre le parcours du Sénégal qualifié d’exception démocratique dans la sous-région. En célébrant Macky, elle montre au monde que la perte du pouvoir politique n’est pas la mort, la décomposition et le pourrissement, mais le début d’une autre vie, peut-être même plus exaltante. Pourquoi souhaiter le contraire et perpétuer le cauchemar du départ qui change les fanfares et les chants de louanges en lugubres hurlements, non sans enraciner bon nombre de dirigeants sur le fauteuil, les transformant en dictateurs, entraînant coups d’État et diverses dérives ? Pourquoi attiser l’enfer dénoncé par Wade qui demandait à l’Afrique de régler deux questions pour juguler les errements politiques et cultiver la saine adversité démocratique : comment accéder au pouvoir ? Comment quitter le pouvoir ?

En vérité, acclamer Macky ce n’est pas conspuer Diomaye, et aimer Diomaye n’implique pas l’aversion de Macky, comme le pensent certaines personnes atteintes de confusion cognitive et pour qui la colère et l’insulte sont les seuls arguments. Car, si l’un a cédé le pouvoir à l’autre après deux mandats et au premier tour d’une élection incontestée qu’il a organisé sans être candidat, il reste toujours membre de la grande équipe du Sénégal coachée par son successeur à qui je souhaite un parcours plus élogieux. Critiquer le pouvoir non plus, ce n’est pas le haïr : car la balance doit demeurer en équilibre ; et la critique citoyenne est une chance pour un régime intelligent, un stimulant démocratique naturel. Et disait avec raison Ousmane Sonko : « Celui qui est allergique à la critique ne doit même pas diriger une famille ou un parti, à fortiori un État. »

Imaginons : si Diomaye avait envoyé un message de félicitations à Macky, si Sonko, fidèle à sa réflexion ci-devant, avait dépassé l’esprit de parti caractéristique de nos acteurs politiques depuis l’indépendance : nous serions alors dans un autre Sénégal, nous vivrions une ère nouvelle – le monde nouveau tant rêvé. Hélas, au lieu de cela, le président accuse son prédécesseur d’ourdir des complots, le Premier ministre l’accuse d’avoir ruiné la République et le parlement est saisi pour le traduire devant la haute cour de justice. Chaque fois avec une légèreté de campagne électorale. Au lieu de cela, des dignitaires du pouvoir se disent choqués par sa nomination à la fondation Mo Ibrahim, cependant que la défiance grandit, que la suspicion gonfle, ainsi que l’arrogance, et qu’on traque ses collaborateurs et autres chroniqueurs insoumis. Comme si les dérives politiciennes souffertes par ce peuple ne suffisaient pas. Comme si l’on ignorait que le Sénégal est en compétition avec lui-même et avec le reste du monde et que les Sénégalais, toujours fatigués, attendent encore d’être soulagés. Comme si l’on ne savait pas que Macky est porteur des couleurs nationales et porte-étendard tout comme Wade, Diouf, Diomaye et beaucoup d’autres Sénégalais. Comme si l’on ne savait pas que son expérience et son aura pourraient contribuer à faire bouger les lignes…

Et surtout que personne ne me parle de comportements ressemblants par le passé pour justifier les actuelles dérives. Car les erreurs d’hier ont été critiquées en leur temps, et ne doivent plus se répéter : le piétinement doit cesser, le Sénégal doit progresser : il y a des choses qui ne doivent plus se faire, qui ne peuvent plus se faire. Alors, arrêtons de prendre en exemple les mauvaises actions du passé, arrêtons de chercher des boucs à immoler sur l’autel de nos désirs inassouvis : doivent être dépassés la justice des vainqueurs, les vengeances politiciennes et les martèlements de poitrine ; doivent être dépassées les intimidations et autres tentatives de musèlement de la presse et d’effacement des dénonciateurs du pouvoir.

Effaçons plutôt l’inculture, l’incivisme et le manque de citoyenneté, emprisonnons le chômage, la faim, la soif… C’est cela l’urgence de l’heure. Apprenons à notre peuple le respect, le travail et la patience dans l’effort. Apprenons-lui notre devise, notre hymne national, la signification de notre drapeau et l’histoire de notre peuple. Et les faits d’armes de nos héros. Et la beauté de nos saints. Tout le reste est enfantillage. On ne construit pas la paix avec le mortier de la haine et les briques de la vengeance. Piétiner l’adversaire ne grandit pas le vainqueur. Semer la haine des riches dans les cœurs des pauvres n’est pas une solution à la pauvreté. En vérité, la beauté de la force, c’est le pardon. La beauté du pouvoir, c’est l’humilité et la générosité. La beauté de la richesse, c’est le don et le partage. Que donc notre colère s’attaque à la souffrance des populations. Que notre orgueil se fasse infrastructures, monuments, œuvres d’art et de sagesse. Je ne prône pas l’impunité, le laisser-faire et le laisser-aller, mais le respect de la personne humaine, du bien public, des institutions et armoiries de la république, mais une justice indépendante et équitable. Je prône le changement des comportements par l’information, l’éducation, la formation et l’exemplarité des dirigeants. Je prône l’unité du peuple dans le respect de sa diversité…

Bref, ce qu’on attend véritablement de Diomaye, sur qui reposent tant d’espoirs, ce n’est pas de faire de son mandat un tribunal pour Macky et les siens, mais de mobiliser ce peuple, de construire ce pays, d’améliorer la vie des Sénégalais. Car pour lui, comme pour Macky et nous tous, l’histoire jugera, Dieu aussi jugera. Que donc nos juges accomplissent leur part de jugement sans pression, comme vient de le faire le Conseil constitutionnel. Mais déjà des immunités parlementaires sont levées, se poursuivent les accusations, contre-accusations et vains bavardages. Me  reviennent alors mes vieilles interpellations sur les motivations des affaires judiciaires touchant l’opposition : est-ce qu’on aurait inquiété les mis en causes s’ils étaient militants du parti au pouvoir ? Est-ce qu’un dignitaire  du régime qui commet un acte similaire subirait le même traitement ? L’autorité est-elle aussi soucieuse d’arrêter les détourneurs de deniers que d’arrêter les détournements ? Etc.

Or, à celui qui veut reboiser le Sénégal, on recommande l’arbre du dialogue et de la teranga. Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh enseignait : « Le Sénégal est une assiette. Ne le cassons pas, soulevons-le de nos mains unies. » Ce qui me met en phase avec Alioune Tine : « Diomaye et Sonko doivent désamorcer les tensions et éviter la politique du règlement de comptes », comme l’a accompli Macky à la veille des dernières présidentielles, honorant ainsi la tradition, et faisant écrire au journal Le Monde : « Il est des actes qui font entrer un responsable politique dans l’histoire de son pays ». Le dialogue annoncé, dit le président d’Afrikajom Center, « ne peut réussir que si tous les protagonistes se parlent franchement ». En vue du Juboo (réconciliation) a prié Mansour Sy Diamil à la Ziarra générale 2025. Que ce rendez-vous de la démocratie soit donc l’occasion de poser des actes forts de dépassement des égos en vue de la réconciliation, de la stabilité et du développement. Rappeler seulement pour finir qu’un dialogue national ne peut bien se tenir que dans le respect et la sincérité : il a besoin de la bonne foi des initiateurs et de tous les protagonistes, avec en prélude des actes d’apaisement : alors seulement il sera un soulagement et une source de fierté pour notre pirogue et ses passagers.

Mai 2025

 

 

Dialogue élargi entre Pape de Pastef et Moussa le licencié: Chronique d’un Sénégal en clair-obscur

Scène: Le banc public du vendeur de café Touba Baye Sall, à l’angle d’une rue animée de Grand-Yoff, en fin d’après-midi. Des effluves épicés de café flottent dans l’air, mêlés aux éclats de voix des clients venus refaire le monde autour d’une petite tasse en plastique. Pape, le visage détendu, sirote son café Touba brûlant, tandis que Moussa, visage marqué par les épreuves, fait tourner nerveusement une clé USB entre ses doigts. Autour d’eux, la vie suit son cours : Baye Sall s’affaire derrière sa petite table, servant à la chaîne des clients pressés ou désœuvrés, tandis que des enfants en uniforme jouent à la marelle sur le trottoir.

Pape (taquin, tapotant l’épaule de Moussa):

Moussa, tu fais quoi avec cette clé USB ? Tu comptes pirater le système du Port pour te réembaucher tout seul ?

Moussa (esquisse un sourire triste) :

Ah, Pape… Si c’était aussi simple ! Non, c’est juste mon dernier CV. Je le traîne partout, comme un talisman. Mais tu sais, dans ce pays, un CV de licencié, c’est comme un ticket de loto jamais gagnant. Sonou na di liguéyal naar bi.

Pape  (riant franchement) :

Arrête, tu exagères ! Tu sais, chez nous, les pastalibés (fervents partisans du Pastef), on dit que tout est possible avec la volonté. Regarde-moi, simple activiste, je suis maintenant «chargé de mission» ! Bon, c’est vrai, c’est surtout ma mère qui paie encore mon forfait internet… Mais un jour, je serai DG, tu verras !

Moussa  (moqueur) :

DG ? Toi ? Avec tes tweets enflammés et tes stories où tu dénonces même le mauvais bissap de ta tante ? Je te vois bien ministre de la Communication… mais seulement sur WhatsApp, tokk mouy dokh rék !

Pape  (feint la vexation) :

Oh, le jaloux ! Tu sais, on a besoin de sang neuf, de digital natives. Pas de vieux briscards qui parlent encore de fax et de minitel… Mais bon, dis-moi, comment tu tiens debout ? Tu as maigri, frère, lane mo xéw ?

Moussa  (regard fuyant, voix brisée) :

Tu veux la vérité ? Je ne tiens plus vraiment. Après les émeutes, j’ai tout perdu : mon commerce, mes deux femmes m’ont quitté, impossible de payer la scolarité des enfants. Fatou et Coumba, mes filles, travaillaient dur, toujours parmi les 5 premiers de leur classe… Aujourd’hui, elles restent à la maison.

Le matin, je fais semblant de sortir chercher du travail, mais c’est pour éviter leurs regards. J’ai honte, Pape. J’ai honte d’être devenu un père inutile.

Pape  (soudain grave, pose sa main sur celle de Moussa) :

Moussa… Je ne savais pas. Je croyais que tu exagérais, comme d’habitude, mais là… Tu sais, même dans ma famille, on se plaint de la vie chère, des factures, mais on n’a jamais connu ce que tu vis. Je suis désolé, massa.

Moussa (sourit tristement, un brin de dérision):

Arrête de faire ton politicien compatissant ! Toi, tu as la carte du parti, moi j’ai la carte de chômeur.

Tu sais, il y a des nuits où j’ai pensé en finir, xarou dji mou diékh. Mais à chaque fois, je revois le sourire d’Awa, ma benjamine… Elle a ton âge mental, celle-là, toujours à croire que son papa va sauver le monde. Elle porte le nom de ma mère, paix à son âme. C’est elle qui m’a retenu.

Je n’ai plus rien, mais je ne veux pas qu’elle grandisse sans père.

Pape (voix cassée, essayant de plaisanter pour alléger) :

Tu sais, Awa mérite mieux qu’un père dépressif… Peut-être qu’un jour, elle sera présidente, et moi son conseiller en digital ! Aythia bokk !

Mais sérieusement, Moussa, tu n’es pas seul. Même au sommet, ça tangue. Regarde la semaine dernière : le Conseil constitutionnel a humilié notre majorité avec la loi d’amnistie. Les syndicats menacent de faire du 1er mai une « journée de la chômagibilité » ! Même Sonko s’est fait boycotter à l’Assemblée, et les journalistes n’en ratent pas une pour nous tacler.

On voulait la rupture, et on a la fracture !

Moussa  (esquisse un rire, puis soupire) :

Au moins, vous avez l’humour. Mais dis-moi, tu crois vraiment à vos discours sur l’employabilité, la justice sociale ?

Moi, je vois juste des fermetures de médias, des arrestations, des licenciements… Même Abdou Nguer, le tailleur-chroniqueur, s’est fait coffrer ! Où est la liberté, où est la dignité ?

Pape (sincère, un peu gêné):

Parfois, je me demande si on n’a pas perdu le nord. Mais il y a aussi du positif, Moussa. L’espérance de vie a grimpé à 69 ans ! On vit plus vieux, on meurt moins d’infections, les enfants sont mieux vaccinés…

C’est vrai, ça ne console pas ceux qui ont faim aujourd’hui, mais c’est la preuve que le pays avance, malgré tout.

Et puis, regarde, il y a des gens comme toi, qui tiennent bon, qui refusent de sombrer. C’est ça, le vrai courage.

Moussa  (voix tremblante, larmes aux yeux) :

Tu sais, Pape, j’ai tout perdu sauf la foi. Je me dis que si Allah (SWT) m’a laissé en vie, c’est qu’il me réserve encore une chance. Peut-être que demain, je retrouverai du travail, que mes filles retourneront à l’école, que je pourrai réunir ma famille.

Je ne veux pas que mes enfants se souviennent d’un père brisé. Je veux qu’ils voient en moi un homme debout, même dans la tempête.

Pape  (ému, serre la main de Moussa) :

Wallahi, Moussa, tu es plus fort que tous les DG de ce pays.

Promis, je parlerai de toi partout où je peux. Et qui sait, peut-être qu’un jour, on rira ensemble de tout ça, devant un bon thiéboudiène, avec Awa qui nous racontera ses rêves de présidente.

Moussa  (essuyant ses larmes, sourire retrouvé) :

Inch’Allah, mon frère. Tant qu’il y a la vie, il y a l’espoir.

Et qui sait ? Peut-être qu’un jour, ce sera toi qui viendras me demander du travail !

Épilogue : Lueur d’espoir

Dans la lumière dorée du soir, deux amis se relèvent, portés par la fraternité, la dérision et la foi.

Au Sénégal, même quand tout semble perdu, il reste l’humour, la dignité, la solidarité – et l’espérance, cette force qui fait que, d’année en année, les Homo senegalensis vivent plus longtemps, et rêvent toujours d’un lendemain meilleur.

Ceci est une fiction, toute ressemblance avec des faits ou des personnes réelles serait purement fortuite ».

Dr. Papa Djibril Faye, citoyen engagé

Courriel : papa.faye6369@gmail.com

«Missionnaire» de Jaxaay: Mouhamadou Ly, le président de zone se penche vers l’avenir sportif

Jaxaay C’est dans une ambiance festive et empreinte de fair-play que s’est tenue la finale du tournoi des vétérans, organisé par Abdoulaye Mbengue au terrain de la Cité Gendarmerie de Jaxaay.

Une rencontre palpitante qui a vu l’ASC Képargui l’emporter sur Jaloré par le score étriqué d’un but à zéro. Mais au-delà de la compétition, c’est un message fort qui a été lancé par Mouhamadou Ly, diplômé en Management du Sport et nouveau président de la zone 7, surnommé «le Missionnaire» par ses proches.

Parrain de l’événement, il a saisi l’occasion pour réaffirmer son engagement à être en phase avec les directives des nouvelles autorités sportives. «Jouer les navettages autrement, c’est désormais notre credo. J’invite les jeunes à s’impliquer davantage dans les actions citoyennes. Nous avons besoin de toutes les forces vives pour atteindre nos objectifs», a-t-il déclaré.

Dans la foulée, M. Ly Management en Gestion Sport, a annoncé une plaidoirie en direction du DG Waly Diouf Bodian, en collaboration avec le ministère des Sports, pour la construction d’un stade multidimensionnel à Jaxaay. Issa Sène, surnommé «le Dégagiste» et représentant du DG, a salué cette initiative, félicitant les organisateurs pour leur professionnalisme et soulignant les qualités de leader de Mouhammadou Ly, un homme qu’il qualifie de multidimensionnel, capable d’apporter des innovations majeures pour un développement harmonieux de la zone 7.

La finale a enregistré la présence de responsables politiques, notamment de PASTEF, du sous-préfet, des associations sportives locales, et des membres de l’ODCAV de Keur Massar. Une belle illustration de l’unité autour du sport comme levier de développement local.

 

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