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JE RÉCUSE, HONORABLE, TON PROPOS DÉSHONORANT

Ma réponse au député Guy Marius Sagna et ses émules- Par Abdou Khadre Gaye, écrivain, président de l’EMAD

 Dans l’émission Faram Facce de la TFM, du 14 mai 2025, animée par le journaliste Chérif Dia, le député Guy Marius Sagna, dans le but de défendre un ami confronté à la justice pour avoir insulté l’ancien président, a traité les Sénégalais de peuple d’insulteurs. Ce qui, à mon avis, ne sied pas à son rang. Hélas, ses affirmations ont été reprises et aggravées par des émules. Certains se prêtant même à la stigmatisation ethnique. Ma tribune est une réponse aux propos du député et ses souteneurs, remettant en cause notre devise, notre hymne et notre cohésion nationale.  

Tu dis que nous sommes un peuple d’insulteurs. Tu aurais dû ajouter à ton propos déshonorant pour le pays, la nation et la République : «de nos jours», «maintenant» ou «aujourd’hui», pour nuancer ta pensée malheureuse et dangereuse. Malheureuse à cause de ton rang d’élu du peuple ; dangereuse parce qu’incitatrice et irrémédiable. Tu dis : « L’insulte fait partie de notre personnalité. » Or, le phénomène d’insulteur du net est récent. La mutation s’est produite ces dernières années, facilitée par la toile et la complicité d’acteurs politiques. Nous ne sommes donc pas, nous sommes devenus un peuple d’insulteurs, de menteurs, de méchants paresseux, si tu veux. Mais pas tous. Pas parce que ces caractères sont le fait du plus grand nombre. Mais parce que la minorité qui les incarne est tonitruante. Il ne s’agit donc pas de nature, mais d’accident. Il ne s’agit pas du peuple. Loin de là. Hélas, l’ignorance, l’impolitesse et l’insolence produisent un tel retentissement, que bon nombre de compatriotes, porteurs de messages dignes d’intérêt, se sont retirés dans le silence pour ne pas partager l’espace public avec un certain type de sénégalais à la vue courte, irritable et féroce que je me garderai de comparer au rhinocéros par respect pour ce noble animal.

Il n’y a pas longtemps, on parlait de civisme et de citoyenneté, dénonçant les murs-tableaux d’affichage, les coins de rue-urinoirs, les surcharges des  transports publics, le non-respect des symboles de la République. Aujourd’hui, ce n’est plus l’encombrement et la saleté des rues qui posent problème, mais l’encombrement et la saleté des cœurs. Ce n’est plus le manque de respect aux institutions, armoiries et symboles de la République qui pose problème, mais le manque de respect à soi-même et à son prochain. Ce n’est pas que l’homme de la rue qui mal se comporte, mais de grands sieurs, des honorables, des excellences. Et je m’interroge : si le manque de civisme a chaviré le Joola, que naîtra-t-il de l’insolence grandissante si nous ne renversons pas la tendance ? Car les pensées et les paroles sont des actes. Les colères et les visages renfrognés impactent la qualité de vie et l’avenir, de même la bonté, les sourires et les prières, tout autant que le commerce, l’industrie et l’économie.

En vérité, insulter ce n’est pas que proférer de gros mots, déverser la saleté de son cœur sur la place publique, salir des concitoyens : arracher le micro de l’Assemblée nationale, emporter l’urne et chevaucher le mobilier, c’est insulter l’institution ; utiliser le drapeau national comme un mouchoir c’est insulter la République, chahuter l’hymne national également. Toiser les populations, leur cracher sur la tête, mentir au peuple, c’est plus grave que l’insulte. On peut comprendre et excuser celui qui profère une insulte sous le coup de la colère et qui s’étonne et s’excuse, mais comment comprendre celui-là qui installe son matériel, pose son décor pour se régaler de l’honorabilité des gens ? Comment absoudre celui qui doit s’excuser et refuse de le faire ou demande pardon juste par ruse ou pour narguer le monde ? Pourquoi protéger celui qui violente ses semblables d’une langue aussi tranchante qu’une lame de rasoir ? Pourquoi réduire tout un peuple au rang de plus grand insulteur de l’univers pour seulement justifier les turpitudes d’un vilain compère ? Pourquoi affubler le pays de la Téranga de ce costume de la honte, ce déguisement ridicule qui ne lui ressemble guère ? Pourquoi honorable ?… Ah ! J’oubliais l’environnement délétère et l’atmosphère entrainante du gatsagatsa… J’oubliais tes audaces verbales et tes coups de gueule mortels de prophète de la décadence ! J’oubliais… Mais déjà le débat enfle : on dit que l’injure est culturelle chez nous, que l’ethnie wolof s’en régale, contrairement à l’ethnie Diola, on dit qu’injurier est un droit, parfois un devoir, et que l’exercer sur certaines personnes est une œuvre de piété, une sorte de prière… Ah ! Que n’a-t-on pas entendu après que tu as réduit l’homme sénégalais à un vulgaire paquet d’insolences…

Et pourtant, ce peuple est  grand, même si l’insulte est devenue une arme de guerre politique et que les insulteurs, parrainés par les partis et promus par internet et par la presse, occupent le devant de la scène. Ce peuple est grand, car il dispose d’un patrimoine substantiel de beauté et de sagesse ; il lui reste suffisamment d’énergie cachée pour reconquérir le sommet de sa montagne ; et sous la cendre du respect et de la correction des siècles, dort la braise du savoir-vivre des ancêtres. Et chaque jour, dans la rue, dans les maisons, dans les marchés, les ateliers et les bureaux, se manifestent le charisme oublié et l’héroïsme solitaire des Sénégalais. Ce peuple est grand, qui recommande à chacun d’habiller son propos, d’être le berger de sa langue, le gardien de ses vertus ; et qui, pour prévenir les dérives, inculquer la modération et privilégier l’autocritique et l’action sur le dénigrement et la polémique, a produit tant d’œuvres de sagesse à travers ses contes, légendes, mythes et proverbes. Ce peuple est grand qui, par la voix de Wolof Ndiaye, met en garde ses enfants contre la mauvaise parole : la bouche qui profère des insultes sent la merde ;  celui qui ose dire n’importe quoi osera faire n’importe quoi ; savoir ce que l’on dit vaut mieux que la réplique querelleuse ; la parole qui crève les oreilles ne saurait profiter à l’esprit ; avant de médire, médite sur tes défauts d’abord ; la dignité ce n’est pas se tordre les lèvres et proférer des insultes ; la vilaine parole n’habite point chez le destinataire, elle cache ses racines dans le cœur de son producteur…

Ce peuple est grand, qui a misé sur l’humain et promu les vertus de l’honneur, la dignité, la droiture, etc. N’est-ce pas Monseigneur Benoit Truffet, chef de mission des côtes occidentales d’Afrique, qui, dans une correspondance en date du 30 novembre 1847, célèbre la droiture, la probité, le respect et l’hospitalité patriarcale des Lébou, en contraste avec les mœurs des Européens. «Le meurtre, le vol et la fraude sont chose inouïe dans la presqu’île du cap Vert », écrit-il. Abbé Boilat de rajouter dans Esquisses sénégalaises (1853) : «Tous les peuples du Sénégal offrent l’hospitalité aux voyageurs avec une grande cordialité. Connu ou inconnu, qui va chez eux peut entrer librement dans la première case qu’il rencontre ; on le salue, on le fait manger et on lui donne son lit. Enfin, lorsqu’il veut partir, il fait ses adieux et n’a rien à payer.» Ibn Batouta élargissant la perspective à l’empire du Mali, de relater dans la chronique de son voyage  (1352-1353) : « Au pays des Noirs, les injustices sont très rares  et ils détestent cela. La sécurité est donc générale et il n’y a presque pas de voleurs. »

Pour rappeler la qualité d’âme des fils de cette terre de l’écume du lion qui ont résisté à l’esclavage et à la colonisation par l’entremise de figures emblématiques de rois, de princes, de marabouts, paysans, bergers et pêcheurs aux vies exemplaires, qui ont préféré la mort ou l’exil au déshonneur. Oui, ce peuple est grand, qui, malgré la servitude, l’exploitation, les humiliations, a su se préserver de la déliquescence, engendrant des saints, des intellectuels et des artistes qui ont fait leurs preuves et qui sont la preuve que la reconquête est possible. Tant qu’on dispose de la semence, on peut cultiver le fruit, dit la sagesse Wolof. Mais, ce qui est réalisable aujourd’hui peut s’avérer irréalisable un jour : l’énergie peut se dissiper, la braise peut s’éteindre, la graine peut mourir. Mettons-nous donc à l’œuvre, sans tarder. Dissipons les ténèbres.

Mai 2025

 

 

 

 

Tragédie à Koungheul: Le SUTSAS décrète une journée noire pour dénoncer l’insécurité dans le secteur de la santé

Dakar, le 25 mai 2025 – La consternation et l’indignation ont gagné le monde de la santé au Sénégal à la suite de la mort tragique de Mamadou Samba Diallo, Infirmier Chef de Poste (ICP) dans le district sanitaire de Koungheul, rattaché à la région médicale de Kaffrine.

Ce drame survenu dans la nuit du 20 au 21 mai a provoqué une vive réaction du Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS), qui a décrété une journée noire ce 25 mai pour protester contre l’insécurité chronique dans les établissements de santé du pays.

Yankhoba Fall, Secrétaire général adjoint national du SUTSAS et secrétaire de l’Union régionale de Dakar, s’est exprimé avec émotion: «La population sénégalaise, tout comme les travailleurs du secteur de la santé, se sont réveillés avec une grande amertume. Nous dénonçons avec la plus grande fermeté cet acte de barbarie. Il est inadmissible que des agents qui se sacrifient nuit et jour pour la santé des populations soient livrés à eux-mêmes, sans sécurité, sans logement, parfois même sans salaire».

Le drame de Koungheul n’est malheureusement pas un cas isolé. Selon les responsables syndicaux, dans plusieurs districts sanitaires reculés, les agents de santé exercent dans des conditions précaires. Infirmiers et sages-femmes assurent des permanences 24h/24, parfois dans des zones difficiles d’accès, sans aucun encadrement sécuritaire.

Mme Saly Ka, sage-femme au district sanitaire de Keur Massar et Secrétaire générale du SUTSAS de la localité, alerte: «À Keur Massar comme ailleurs, nous sommes sous menace constante, qu’elle vienne d’agresseurs ou même de certains patients. Ce n’est pas la première fois qu’un incident grave survient. Il est urgent que l’État prenne ses responsabilités».

Dans leur slogan «Jub, Jubeul, Jubanti », les syndicalistes interpellent directement le Président de la République et le gouvernement, les exhortant à garantir la sécurité du personnel soignant dans les 14 régions et les 79 districts sanitaires du pays. Ils réclament notamment la présence systématique d’agents de sécurité dans les centres de santé, à l’image de ce qui se fait dans les préfectures. «Si rien n’est fait, nous n’excluons pas de passer à la vitesse supérieure. Trop, c’est trop !», a prévenu Yankhoba Fall.

Malgré les menaces, les agents de santé continuent de se rendre au travail, d’assister les femmes en couche dès 4 heures du matin, de soigner les malades, avec un sens du devoir admirable. Le SUTSAS insiste: cet engagement mérite reconnaissance, protection et meilleures conditions de travail.

Visite concluante du ministre des Pêches au PAD: Dr Fatou Diouf préconise un appui de l’Etat aux acteurs du secteur

Par Ch. Seck NDONG

C’est sa première visite en tant que ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, ce jeudi 22 mai 2025, au niveau du mole 10 du Port autonome de Dakar. Dr Fatou Diouf avoir promis cette visite aux acteurs qu’elle a eu à recevoir à plusieurs reprises dans le cadre de réunions et de concertations.

Le ministre a retenu que cette visite est concluante; parce qu’elle lui a permis de voir les installations, les usines de pêche, les infrastructures, les réalisations mais surtout les nombreux investissements qui ont été faits par les acteurs. Le ministre a constaté que leur engagement des acteurs est très important. «Il ne manque pas de problème», a-t-elle relevé parce qu’on lui a posé un certain nombre de problèmes relatifs notamment au manque d’approvisionnement, certaines usines fonctionnent au ralenti. «De l’autre côté, nous avons vu des choses qui nous ont satisfaits. Nous avons vu les réalisations au niveau de SCASA, SOPASEN, FT2, des Etablissements Baye Niass.

La forte délégation a visité les chambres froides. Et, même au niveau de IB Fisching SAU, elle a vu des réalisations d’infrastructures de plus de 40 millions de dollars. «Ce sont des milliards qui ont injectés pour faire démarrer cette usine-là. Effectivement, l’État va les appuyer pour que cette usine puisse démarrer, créer de l’emploi et participer à l’essor de l’économie nationale», a souligné Dr Fatou Diouf.

Également, au niveau des autres infrastructures, la délégation a vu des réalisations en matière de chambres froides, de camions frigorifiques, de containers. «C’est important le conditionnement, la conservation des produits, c’est ce qui nous manque au Sénégal, surtout dans les périodes d’abondance, de campagne de pêche; il y a beaucoup de poissons qui sont exploités mais malheureusement le problème c’est la conservation. Quand nous voyons les acteurs travailler sur ce volet-là, nous disons qu’ils le font pour eux mais également pour l’État afin de pouvoir, en période de pénurie, disposer de la ressource et la mettre à la disposition de la population dans le cadre de la politique de sécurité alimentaire et de souveraineté alimentaire engagés par S. E. Bassirou Diomaye Faye et promu par le Premier ministre Ousmane Sonko», a souligne le ministre en charge des Pêches.

Dr Fatou Diouf pense que les acteurs sont en train de faire eux-mêmes leurs propres chambres froides. Elle estime que l’appui sera plutôt du côté de la pêche artisanale. Ainsi, elle a eu à discuter avec ses collaborateurs pour voir au niveau des quais de pêche surtout artisanale comment appuyer les acteurs concernés.

Le département ministériel des Pêches a un programme sur lequel il est en train de travailler pour voir comment les appuyer afin qu’ils puissent conserver les produits. A la fin de la visite, le ministre dit être rassuré. «Au niveau de IB Fishing, une usine qui produit des tonnes de glace par jour, qui peut alimenter tout le Port autonome de Dakar (PAD) et même à l’extérieur». Dr Fatou Diouf pense qu’il faut encourager ces usines-là, les aider à démarrer et qu’elles soient productives.

C’est dans ce sens-là, explique-t-elle, que son département ministériel doit aller maintenant ; pour le reste, tout ce qu’il y a comme facilitation l’État va le faire naturellement pour les encadrer, les encourager pour leur permettre de produire et d’employer des sénégalais.

De manière générale, dira Dr Fatou Diouf, les dockers, les marins, les gens de mer, de manière générale. «Même si nous sommes Etat, nous employons du personnel qui travaille dans le public mais quand même nous avons un secteur où il y a beaucoup d’agents qui sont employés par les privés tels que les dockers. Et, les gens de mer aussi montent à bord des navires qui appartiennent à des privés», a-t-elle fait comprendre. «Notre rôle en tant que Etat, est de faire de sorte qu’elle soit dans de très bonnes conditions de travail », relève la dame en charge du ministère des Pêches. Elle pense que par rapport à cela pour les gens de mer l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM) est en train d’y travailler.

Et au niveau du siège du SOPASEN, quand le GAIPES, a reçu la délégation, les partie prenantes ont parlé le la convention collective Pêche. Et, cette convention a beaucoup amélioré les conditions de travail mais le niveau de rémunération aussi. Cette convention l’a améliorée grâce à leur volonté mais aussi à une intervention agissante du ministère qui l’avait piloté à l’époque avec l’ANAM.

C’est dans ce cadre que le département ministériel des Pêches a travaillé pour que les marins, les gens de mer qui interviennent dans l’Off Short, a réussi à l’époque également à le trouver une convention parce qu’ils étaient moins payés que leurs pairs qui étaient au niveau de la sous-région. L’Etat du Sénégal avait corrigé cela et actuellement le dossier au niveau du ministère du Travail ; «peut-être quelques problèmes de procédure à régulariser et ils pourront comme tout le monde avoir des bonnes conditions de travail».

 

Louga: des soutiens de Moustapha Diop contestent son placement sous mandat de dépôt

Le porte-parole des militants de la coalition FARLU à Louga, Mor Sylla, a exprimé, vendredi, son soutien au maire de la commune, Moustapha Diop, placé récemment sous mandat de dépôt dans le cadre d’une affaire de gestion de fonds liés à la lutte contre la Covid-19.

«Nous sommes réunis pour évoquer le cas de notre maire, Moustapha Diop, actuellement sous mandat de dépôt», a déclaré Mor Sylla, lors d’une conférence de presse tenue à Louga.

Il est revenu sur les circonstances de l’affaire, affirmant que le président Macky Sall avait personnellement confié à Moustapha Diop la gestion de la production de masques durant la pandémie, dans une période marquée par des restrictions de circulation et un couvre-feu. «Le président lui a demandé de produire des masques, faute de solutions alternatives», a-t-il souligné.

Mor Sylla a précisé que Moustapha Diop avait mobilisé ses services, notamment le DAGE et le gestionnaire de compte, tous deux nommés par le ministère des Finances, pour exécuter cette mission. Il a aussi mentionné la désignation d’un aide-comptable chargé de retirer les fonds via un chèque. Il estime que « c’est cet acte qui a été considéré comme une faute de gestion », ajoutant que « dans le rapport, le nom de Moustapha Diop n’a jamais été mentionné ».

Accusé dans un autre un dossier en même temps que Tabaski Ngom, Moustapha Diop a, selon Sylla, choisi d’assumer publiquement sa défense. « Il s’est défendu devant la commission à l’Assemblée nationale et a lui-même demandé la levée de son immunité parlementaire, ce que tout le Sénégal a salué », a-t-il indiqué.

Mor Sylla affirme que M. Diop mérite d’être entendu avec équité. « Il a accepté de répondre dignement et de se défendre lui-même. »

Lors de sa comparution, Moustapha Diop s’est vu notifier qu’il était poursuivi pour une somme de 2,5 milliards de FCFA. « Il leur a répondu que ce n’était pas lui, mais ses services qui géraient ces fonds », a relaté Mor Sylla. Selon lui, le maire a rappelé que « je suis venu pour me défendre, mais aussi pour défendre ceux qui sont à mes côtés, en l’occurrence mon DAGE et mon aide-comptable».

Le porte-parole a critiqué ce qu’il considère comme une procédure incohérente. « Dans quel pays au monde accuse-t-on quelqu’un par voie d’Assemblée nationale et de Haute Cour de justice, pour ensuite venir dire : “Nous nous excusons, nous nous sommes trompés” ? » Il a aussi souligné que malgré le dépôt d’une caution estimée à 950 millions FCFA, composée de quatre baux, les autorités judiciaires avaient déjà rédigé une demande de placement sous mandat de dépôt.

En rappel, Moustapha Diop, ancien ministre du Développement industriel et des PME-PMI, député et maire de Louga, est poursuivi pour une affaire présumée de détournement de deniers publics portant sur environ 930 millions de FCFA dans le cadre de l’utilisation des fonds alloués à la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Massylla Moustapha Diongue (Louga)

CEM Keur Massar 2: Une journée culturelle, des doléances fortes

En marge de cette activité politique, le collège CEM Keur Massar 2 a célébré sa traditionnelle journée culturelle, une activité fortement symbolique dans la vie scolaire de l’établissement.

Le coordonnateur du gouvernement scolaire, Sadia Bodjan, qui occupe ce poste depuis dix ans, a souligné l’importance de ces moments de partage: «Il est important de sortir un peu du cadre strict de l’école, de permettre aux élèves de s’exprimer, d’échanger avec la communauté éducative, les autorités et les responsables politiques».

La journée, soutenue par le parrain Waly Diouf Bodian, a permis aux élèves de présenter leurs préoccupations, notamment Dian Malal Sow, président du gouvernement scolaire, qui a exprimé plusieurs doléances aux autorités.

Parmi les problèmes on peut citer l’insécurité : un mur d’enceinte depuis 18 ans, trop bas, permet à des individus de jeter des pierres dans les salles de classe. Le manque d’infrastructures pédagogiques, Une bibliothèque improvisée dans une salle de classe en détérioration, L’absence de salle informatique, alors que l’enseignement moderne dépend de la technologie.

Le manque de terrains de sport, alors même que l’équipe de handball du collège continue de remporter des tournois départementaux, sans espace d’entraînement. Des classes nomades en raison du déficit de salles. Certaines années, des élèves sont installés dans les salles d’écoles primaires à proximité. « L’éducation ne peut pas aller sans le sport », rappelle un professeur encadreur, saluant le travail accompli malgré les faibles moyens.

Enfin, les inondations récurrentes à Keur Massar continuent de perturber la scolarité. Si les travaux de canalisation initiés par le maire Adama Sarr ont permis une certaine amélioration, la situation reste critique pour plusieurs familles vivant dans les zones inondées.

Entre engagement politique et implication dans la vie éducative, Waly Diouf Bodian et les responsables de Pastef à Yeumbeul Nord illustrent une volonté de proximité. Mais le message des élèves du CEM Keur Massar 2 est clair au-delà du symbolique, des actes concrets sont attendus pour sécuriser, équiper et moderniser leur cadre d’apprentissage.

Par I. FALL

Sciences et technologies au service du développement: l’UGB accueille un important colloque international

L’École Doctorale des Sciences et des Technologies, en collaboration avec le Centre d’Excellence Africain en Mathématiques, Informatique et TIC (CEA-MITIC) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a organisé un colloque international ce mardi 20 mai 2025.

Cet événement, qui a réuni des centaines de participants, s’est articulé autour du thème: «Sciences et technologies comme moteur de bien-être, de la transition énergétique et agroécologique pour un développement durable».

Très optimiste, le directeur de l’École Doctorale des Sciences et des Technologies de l’UGB, Ngalla Djité, a souligné qu’avec l’arrivée des nouvelles autorités, la recherche n’est plus le parent pauvre au Sénégal. «Les nouvelles autorités font, en tout cas, beaucoup d’efforts pour que plusieurs questions soient enfin prises en charge», a-t-il salué.

Présent à ce grand rendez-vous, le directeur général de la Recherche et de l’Innovation au sein du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Hamidou Dath, a annoncé que le Sénégal organisera dans les mois à venir son propre Salon des Inventions, dans le but de dynamiser la recherche.

«Nous disposons d’une véritable politique de valorisation des résultats de la recherche, qui sont progressivement mis au service du développement», a-t-il déclaré. Selon lui, cela démontre la volonté du Sénégal de faire de la recherche un levier stratégique.

Dans le même élan, M. Dath a révélé la tenue prochaine d’un autre événement important: «Nous allons organiser, dans les semaines à venir, la Journée de la Cité du Savoir, afin de dresser un bilan précis de toutes les plateformes de recherche du Sénégal», a-t-il annoncé.

Dialogue national sur le système politique: Dr Cheikh Guèye en tournée auprès des principales autorités religieuses du pays

Dans le cadre de sa mission de préparation et de facilitation du Dialogue national sur le système politique, prévu le 28 mai 2025, le Facilitateur général, Dr Cheikh Guèye, a entamé une tournée nationale de consultations auprès des principales autorités religieuses du pays.

Sa visite à Thiès lui a permis d’échanger longuement avec Serigne Ahmadou Mounirou Ndieguène, khalife de la famille. A Ndiassane, il a été chaleureusement accueilli par Serigne Khalifa Kounta, porte-parole, qui a salué sa démarche de consultation et le contenu du dialogue national initié par le Président de la République Bassirou Diomaye Faye dont il a encouragé l’esprit d’ouverture.

A Thiénaba, le khalife général a appelé tous les acteurs à y participer pour qu’on les préserve enfin d’intervenir à toute bout de champ dans l’espace politique. Dr Cheikh Guèye s’est ensuite rendu à Touba, où il a été reçu par Serigne Mountakha Mbacké, Khalife général des mourides, figure de proue du paysage spirituel sénégalais.
Au cours de cette audience empreinte de respect et de solennité, Cheikh Guèye a tenu à saluer le rôle éminent du Khalife en tant que “grand faiseur de paix”, rappelant que sa bénédiction et son accompagnement constituent une étape essentielle pour garantir un processus de dialogue ouvert, inclusif et pacifique.
Le Facilitateur a partagé avec le Khalife les termes de référence du dialogue, les objectifs recherchés, ainsi que les enjeux cruciaux liés à l’organisation d’élections apaisées, respectueuses de la volonté populaire et des principes démocratiques.
À l’issue de ces échanges, Cheikh Guèye a réaffirmé que les guides religieux occupent une place centrale dans la préservation de la cohésion sociale et de la paix au Sénégal. Il a insisté sur la nécessité pour le dialogue national de bâtir un consensus fort autour de règles du jeu politique équitables, afin de restaurer la confiance, éviter les tensions et consolider la démocratie sénégalaise.
Cette tournée de consultations se poursuivra dans les prochains jours auprès d’autres acteurs clés de la société sénégalaise, dans un esprit d’écoute, de rassemblement et de construction collective.
Le Facilitateur général du Dialogue national sur le système politique
Dr Cheikh Guèye

UGB: Chercheurs et étudiants réfléchissent aux défis de la transformation dans les familles

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis a accueilli, ce mardi 20 mai 2025, un colloque international de trois jours sur les Dynamiques familiales, Travail, Migrations et Politiques publiques en Afrique de l’Ouest (DYNAMIF-2P).

L’événement réunit chercheurs, professionnels du développement et étudiants autour d’une réflexion sur les profondes mutations que connaissent les familles dans la sous-région.

En marge de l’ouverture, la coordonnatrice scientifique du colloque, Sadio Ba Gning, a souligné la nécessité d’une politique globale et inclusive, prenant en compte les inégalités hommes- femmes mais aussi les disparités territoriales. Selon elle, « le problème du travail est lié à celui de la migration, mais il est aussi entretenu par les dynamiques familiales ».

Elle a insisté sur l’importance de penser ces transformations de manière interconnectée : « Si l’on veut des politiques publiques capables d’accompagner les mutations de l’Afrique, il faut réfléchir à ces différentes sphères – travail, migration, famille – en symbiose, en synergie, en tenant compte de leurs interrelations. »

Abordant le rôle des familles dans le financement de l’immigration des jeunes, Mme Gning a annoncé que des expertises différenciées seront mobilisées. L’objectif est de réfléchir de manière transversale sur les transformations touchant la famille, le travail et la migration, afin de formuler des recommandations scientifiques solides pour accompagner ces changements.

«Cela vise aussi à aider les décideurs politiques à mobiliser toutes les ressources logistiques et intellectuelles nécessaires à l’élaboration de politiques globales, inclusives et durables», a-t-elle conclu.

Présent à cette rencontre, le professeur Tatoloum Amane, de l’Université de N’Djamena, a également plaidé pour une synergie d’action. À son avis, il est crucial de fédérer les réflexions, d’aborder les problématiques avec une approche pluridisciplinaire et des regards croisés. «Cela permettra d’aboutir à des propositions plus consensuelles, à même de réduire les inégalités», a-t-il estimé.

Ousmane Diop, premier adjoint au maire de Keur Massar Sud: «Le destin de notre commune est désormais entre nos mains»

Dans un entretien empreint d’histoire et de lucidité, Ousmane Diop, premier adjoint au maire de Keur Massar Sud, est revenu sur le chemin parcouru depuis la départementalisation de Keur Massar en février 2022, une étape charnière pour cette commune devenue le 46e département du Sénégal.

«Nous avons pris les rênes de la commune à un moment historique, lors des premières élections départementales, dans un contexte où le pouvoir en place ne nous était pas favorable», rappelle-t-il d’emblée.

À l’époque Keur Massar Sud était la seule commune dirigée par un militant du parti Pastef dans une zone largement contrôlée par la coalition Yewwi Askan Wi. «Dans notre pays, les maires reçoivent généralement du soutien lorsqu’ils sont issus du pouvoir central. Ce n’était pas notre cas.» Cette cohabitation compliquée avec un régime jugé hostile a fortement ralenti la mise en œuvre des projets municipaux. «Nous avions tous les problèmes pour concrétiser nos ambitions. C’était un véritable parcours du combattant», regrette le doyen Diop.

Mais avec l’accession au pouvoir du président Ousmane Sonko, les perspectives ont changé. « Aujourd’hui, les choses commencent à se décanter. Nous pouvons enfin approcher les ministères et les institutions de l’État sans entraves. Alhamdoulilah», se réjouit-il. La départementalisation de Keur Massar, annoncée par le président Macky Sall après une visite sur les lieux suite aux graves inondations, a été saluée comme une avancée.

Mais Ousmane Diop souligne que «cette réforme est venue sans les outils nécessaires pour être pleinement effective». Pour lui, l’avenir du département passe par la transformation de Keur Massar en une véritable ville. «Il faut des infrastructures à la hauteur des besoins de la population. La survie de Keur Massar dépend de ce passage au statut de ville, seul moyen d’avoir un budget digne de ce nom».

Ancien responsable de la commission éducation de la commune, Ousmane Diop n’a pas manqué de souligner les lacunes en matière d’enseignement. «Nos écoles, nos lycées, nos CEM sont dans une situation précaire. Nous voulons, avec l’aide de l’État, impulser un changement réel». Il attire également l’attention sur les écoles privées, souvent négligées malgré leur rôle essentiel: «Elles sont impactées, parfois même plus que les écoles publiques, mais reçoivent très peu de soutien».

Hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga: Dr Ibrahima Sitor Sarr installé

Par Massylla Moustapha Diongue

Le Docteur Ibrahima Sitor Sarr a officiellement pris fonction lundi en tant que nouveau directeur de l’hôpital régional Amadou Sakhir Mbaye de Louga, à l’issue d’une cérémonie d’installation tenue en présence des autorités administratives et sanitaires.

Parmi les personnalités présentes figuraient le directeur général de la Santé, Dr Senghor, le premier adjoint au président du Conseil départemental de Louga, Badara Samb, ainsi que l’adjointe au maire de Louga, Sokhna Anta Mbengue Fall.

S’adressant à la presse à l’issue de la cérémonie, Dr Sarr a tenu à remercier les hautes autorités. « Permettez avant tout de rendre grâce à Dieu, mais également de remercier le président de la République pour l’honneur qu’il me fait de me nommer au poste de directeur, et par la même occasion remercier le Premier ministre Ousmane Sonko ainsi que le ministre de la Santé », a-t-il déclaré.

Il a souligné les enjeux liés à cet établissement hospitalier. « Nous venons de prendre service aujourd’hui dans un hôpital qui est hautement stratégique car se situant dans une zone très accidentogène. Il va falloir qu’on puisse trouver comment l’améliorer pour assurer une qualité de prise en charge optimale », a-t-il affirmé.

Dr Sarr ambitionne de faire de l’hôpital « une référence, non seulement régionale, mais également nationale », en insistant sur la qualité de «l’accueil, de l’orientation, de l’innovation structurelle et de la formation du personnel».

Il a salué la compétence de ses équipes et appelé à une synergie d’actions. « Cela, nous ne pouvons le faire que si nous sommes bien accompagnés, non seulement par les autorités, mais surtout par le personnel ici présent, qui est un personnel compétent et bien outillé », a-t-il souligné.

Le Dr Sarr a enfin salué les qualités humaines de son prédécesseur, Mohamed Abdallah Gueye, soulignant « les échanges respectueux et cordiaux » qu’il a eus avec lui depuis leur premier contact.

De son côté, le directeur sortant a exprimé sa reconnaissance envers ses proches, les autorités locales et le personnel de l’hôpital. « Je rends un vibrant hommage à mes parents, notamment à ma défunte maman, auxh autorités administratives et au personnel de l’hôpital, ainsi qu’aux chefs religieux et coutumiers de Louga pour leur soutien constant», a déclaré M. Gueye.

 

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Sénégal–FMI: les paniers vides entrent dans la négociation

Les créanciers ont leurs conditionnalités ; les citoyens commencent à formuler les leurs. Entre la discipline des comptes et l’urgence des foyers, la question...

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