mercredi, septembre 9, 2026
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Lutte contre la déforestation: 1050 plants plantés dans la forêt classée de Tendouck

À l’instar des autres contrées du Sénégal oú la journée de l’arbre a été célébrée, Tendouck n’a pas été en reste.

En réponse au challenge lancé par Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans la forêt de Mbao visant la plantation d’un million d’arbres en 48 heures, l’arrondissement de Tendouck s’est pleinement mobilisé.

Sous l’autorité du Sous-préfet, Papa Sandané séne, avec la participation des élus locaux, des forces de défense et de sécurité, des services techniques, ainsi que de l’ensemble des populations, une importante opération de reboisement s’est tenue dans la forêt classée de Tendouck.

Au total, 1 050 plants de diverses variétés ont été plantés. Il s’agit de 50 Albizzia lebbeck : 50 Anacardium, 100 Terculia, 50 madd, 200 Gmelina: 100 Fromager, 200 Touloucouneu : 200, 50 Linké, 100 Aphania senegalensis, 50 Khaya: 50 et 50 Baobab.

Cette activité, indique -t-on, marque l’engagement fort des communautés locales dans la lutte contre la déforestation et pour un développement durable du territoire.

Pape Bakary DIATTA

42eme édition de la journée de l’arbre:, « Notre objectif, c’est de reboiser, 500 000 plants au niveau régional », selon l’IREF de Thiès, colonel El Hadj Malick Dione  

Le quartier Cité Lamy de Thies, désigné cette année comme étant le quartier le plus propre du Sénégal, a abrité la cérémonie de la journée de l’arbre (42éme édition). Cette année, le manguier et le baobab ont été choisis comme arbres parrains.

Lors de cette journée, le colonel El Hadj Malick Dione, inspecteur régional des Eaux et Forêts de Thiès et ses hommes et les membres des éco- quartiers de Cité Lamy ont sacrifié à la tradition en plantant des dizaines d’arbres au niveau du terrain de Walidaane et de la rue 14. Le thème de la journée de l’arbre c’est: « Reboisement, souveraineté alimentaire et développement territorial durable ».

Ces actions viennent renforcer ainsi les efforts de reboisement des 30 éco- quartiers de la Cité Lamy qui ont obtenu presque partout un taux de réussite de 100%. Très satisfait des actions des actions des éco- quartiers, l’IREF de Thiès a rappelé que cette année, la particularité, c’est qu’il s’agit d’un week-end de reboisement et également le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a lancé un challenge qui consiste à reboiser 1 million d’arbres dans les 48 h (week-end du 2 au 3 août) à travers tout le territoire national.

Rappelant que ce week-end de reboisement marque également le lancement de la campagne de reboisement (édition 2025) au Sénégal, colonel El Hadj Malick Dione est revenu sur l’utilité des arbres parrains à savoir le manguier et le baobab dans la vie des populations.

Aussi, a-t-il saisi l’occasion pour demander aux populations de mettre surtout l’accent sur les espèces fruitières afin « d’assurer la sécurité alimentaire qui est le socle de tout développement ». Trés impressionné par les réalisations en matière de reboisement dans le quartier Cité Lamy, colonel Dione a souligné que les actions des éco- quartiers de Cité Lamy ont inspiré une autre approche au service des Eaux et Forêts qui est en fait de planter des espèces fruitières dans toutes les rues de la Cité Lamy, en mettant à la disposition de ces éco- quartiers plus de 2300 plants dont les 90% sont des espèces fruitières.

Lors de cette journée, l’IREF DE Thiès a également fait savoir qu’au plan régional, ses services ont obtenu une production record de 500.000 plants cette année. Selon lui, l’objectif, c’est de planter ces 500. 000 plants sur toute l’étendue du territoire régional. Après avoir mis l’accent sur la mobilisation citoyenne (Asc, quartiers, communes), colonel Dione a beaucoup insisté sur le suivi qui pose souvent problème. « il y’a une conscience écologique, collective dans le quartier Cité Lamy qui est en de germer dans toute la région de Thiès », a-t-il déclaré.

Pour sa part, Serigne Khadim Diop, coordonnateur des éco- quartiers de Cité Lamy, a rappelé que la mission des 30 éco- quartiers consiste à mener des actions concrètes de nettoiement, de reboisement et autres allant dans le sens de l’amélioration du cadre de vie de la Cité Lamy. Selon Khadim Diop, les populations sont très honorées pour le choix porté sur leur quartier pour abriter la journée de l’arbre 2025.

Aussi, a-t-il tenu à remercier l’IREF de Thiès et son équipe qui ont accomgné la jeunesse de Cité Lamy dans l’accomplissement de cette noble action. De son côté, Mme Fatou Barro Fall de la rue 14 à tenu à remercier vivement le coordonnateur des éco- quartiers, Serigne Khadim Diop et l’IREF de Thiès et son équipe ainsi que tous ceux qui participé à la réussite de cette journée de reboisement.

Oumar Ngatty BA

Keur Massar Nord: Le maire Adama Sarr transforme la commune avec des projets ambitieux

Sous la direction du maire Adama Sarr, la commune de Keur Massar Nord connaît une véritable métamorphose. Plusieurs projets structurants sont en cours, visant à améliorer le cadre de vie des habitants. L’un des projets phares est la construction du nouveau stade municipal, qui avance à grands pas.

Ce futur joyau sportif permettra aux jeunes de la commune de pratiquer le football dans de bonnes conditions et d’organiser des compétitions locales. Au terminus 61 à Keur Massar Village, des espaces verts ont été aménagés, offrant aux habitants un lieu de détente et de loisirs. Les axes de MTOA 1 et MTOA 2 ont également bénéficié de travaux d’aménagement pour améliorer la circulation et l’esthétique de ces quartiers.

Sur le plan culturel, le maire n’a pas oublié les acteurs du secteur. Dans les 45 jours à venir, le foyer des jeunes sera entièrement rénové. La piscine municipale, longtemps attendue, est aussi en phase de réalisation, tout comme plusieurs espaces publics qui accueilleront bientôt des espaces verts et des mini-terrains de football.

L’entreprise Astadie poursuit également ses chantiers, notamment à Boune, où huit édicules publics sont en cours de finalisation. L’axe Boune–Tainba bénéficie en parallèle d’un projet d’éclairage public, tout comme l’axe Cheikh Lo, pour renforcer la sécurité et le confort des riverains.

Tous ces projets montrent que Keur Massar Nord est en train de devenir l’une des communes les plus modernes et dynamiques de la région. Les populations saluent déjà le travail remarquable du maire Adama Sarr, qui semble déterminé à répondre aux besoins et attentes des citoyens.

 

Un Bouquet pour DIOMAYE: De l’ impératif d’organiser les Etats généraux de l’économie  

Au Sénégal, nous saluons les mesures prises par les nouvelles Autorités dans la perspective de redresser ( acte 1 du dispositif de mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement  2025/2029) le pays   : il sagit, entre autres, de l’organisation  de plusieurs conclaves dans le domaine de la justice, du transport , du commerce et de l’industrie , de l’eau et de l’assainissement, du numérique , de la modernisation de l’administration, de l’emploi et de l’employabilité  . Seulement, nous pensons que les Autorités devraient mettre un accent particulier sur le secteur de l’Agriculture et de l’élevage afin d’assurer la sécurité alimentaire. Une véritable stratégie devrait être élaborée pour en définitive cultiver ce que nous mangeons et développer un véritable label sénégalais et pouvoir même exporter afin d’obtenir des devises dans l’immédiat.

Au nom de la continuité de l’Etat,  le  Conseil présidentiel sur l’agriculture et la sécurité alimentaire qui devait être organisé depuis 2013 pourrait enfin se tenir  afin de résoudre la lancinante  question de la souveraineté alimentaire .

Il urge de nous mobiliser afin de relancer l’économie à travers, entre autres, les mesures ci-dessous :

1/ redéfinir l’ordre des priorités.

A mon avis, l’agriculture peut demeurer la Priorité Numéro 1 du Gouvernement , suivie de la Santé, Priorité Numéro 2 et du Tourisme qui viendrait en troisième position . La pandémie nous aura appris que le Gouvernement a eu tort d’avoir drastiquement baissé le budget de la santé dans la loi de Finances  (LFI) 2020.

ù2/ Booster les secteurs porteurs de croissance , sans oublier le secteur informel et la question énergétique à travers la poursuite du développement des énergies renouvelables. Accorder une attention particulière à l’agro-industrie et à l’artisanat qui doivent pouvoir s’exporter afin de renverser la tendance structurellement déficitaire  de notre balance commerciale qui s’établit   à – 3252,3  milliards de FCFA en 2024 contre – 3983,9 en 2023 selon l’ANSD. Toutefois, un exploit inédit mérite d’être salué, à savoir que le cumul des exportations des 5 premiers mois de 2025 s’élève à 2325,7 milliards de FCFA contre 1413,8 de FCFA pour la même période en 2024, soit un gain  net de plus de 912 milliards de FCFA.

3/ Accorder la part belle au Secteur Privé qui est, en réalité le moteur de la croissance. Poursuivre plus que par le passé l’accompagnement du Secteur Privé car le Chef de l’Etat avait dit , lors de son discours à la nation  du 3 avril 2024 : « Je compte m’appuyer sur un secteur privé fort parce que soutenu par l’Etat ».Sans oublier que pour la mise en œuvre du Programme d’Actions Prioritaires de la SND 2025/2029, l’Etat compte s’appuyer sur la stratégie nationale de Développement du secteur Privé.

En outre, les pouvoirs publics devraient aussi  avoir le courage de revenir sur les lois, décrets ou redevances  (ils sont nombreux !) qui ne militent pas en faveur de la compétitivité de l’entreprise sénégalaise.

J’en citerai deux à titre d’exemple :

  • Le Décret 2018-1943 du 26 octobre 2018 instituant une taxe parafiscale au profit du Fonds de Soutien au secteur de l’énergie dénommée : « Taxe sur l’énergie à usage industriel » de l’ordre de 2,5% . Cette mesure vient encore alourdir les charges des industriels qui étaient jusque-là déjà  élevées. A l’heure où « l’électricité pour tous » est un axe majeur de la politique d’équité sociale et territoriale du Chef de l’Etat, nous ne comprenons pas cette mesure destinée exclusivement aux entreprises industrielles ;
  • La loi-2018-10 du 30 mars 2018 modifiant certaines dispositions générales du Code Général des Impôts. La taxe sur les corps gras alimentaires contenue dans cette loi pénalise l’industrie au profit des importations. Elle est perçue «  ad valorem » sur le chiffre d’affaires des industriels alors que les importateurs l’acquittent au cordon douanier. Cette distorsion est bien sur accentuée par les valeurs de correction, sous déclarations, exonérations constatées  au niveau des Douanes. Si la tendance haussière des facteurs de production se poursuit, certaines industries pourraient opter pour une délocalisation de leurs activités, ce qui ne serait pas sans conséquence pour notre économie.

Même si le budget de l’Etat du Sénégal provient en majorité de la fiscalité, la période post  Covid-19 doit nous pousser à changer de paradigme et à inventer de nouvelles techniques de financements innovants  pour alimenter les régies financières en lieu et place à l’asphyxie des ménages et des entreprises .

Après les dernières révélations sur la dette , dans sa dernière note, l’agence de notation américaine Standard & Poor’s (S&P) a abaissé pour la deuxième fois consécutive la note du Sénégal, elle passe à B- assortie d’une perspective négative. La note la plus basse depuis sa première notation en 2000.

Apportons les correctifs nécessaires pour nous diriger vers un nouveau modèle de développement économique qui nous rendra réellement souverain à tous les points de vue. Changeons de voie. Repensons notre avenir économique .Pour y arriver, nous suggérons aux pouvoirs publics d’organiser les Etats Généraux  de l’Economie  ( comme l’Italie l’a fait en juin 2020 ) afin de la moderniser et de lui donner une toute autre orientation. Notre souveraineté, l’économie et notre société qui souffre de croissantes inégalités devraient, entre autres, y être discutées.

Marie Bâ AIDARA

Economiste/Ecrivain

Ancien Ministre

mariebabacarba@gmail.com

 

 

 

 

Résultats du Bac, du Bfem, Réformes, Concours Général…: le ministre Moustapha Guirassy à cœur ouvert

Dans un entretien, le ministre de l’Education national Moustapha Mamba Guirassy a abordé toutes les questions liées à son département. Des examens de fin d’année (Bac, BFEM), des relations avec les syndicats d’enseignants, des réformes à apporter… le ministère Guirassy s’est exprimé à cœur ouvert. Cette année, le taux de réussite national est de 78,59%, contre 73,94% en 2024. Soit une progression de 4,65 points.

Le ministre de l’Education nationale trouve ces résultats satisfaisants. Le bilan du BFEM 2025, selon lui, peut être considéré comme globalement satisfaisant, avec un taux de réussite national de 78,59 %, en progression de près de 5 points par rapport à l’édition 2024”. En ce qui concerne le Bac, où une baisse a été notée, Moustapha Guiraasy estime que ces résultats appellent à une analyse rigoureuse.

“Ces résultats nous interpellent sur la nécessité impérieuse de bâtir des solutions structurelles”. “seule une réforme profonde et cohérente de notre système éducatif permettra d’apporter des réponses durables. Une réforme qui garantisse la stabilité du calendrier scolaire, l’équité dans l’accès à un enseignement de qualité, la régularité de l’encadrement pédagogique et l’exécution effective des programmes sur l’ensemble du territoire national”, explique le ministre de l’Education nationale.

Profitant de la situation, il a salué ’engagement de l’ensemble des acteurs : élèves, enseignants, encadreurs pédagogiques et personnels administratifs. “Ce succès tient également à la mise en œuvre de plusieurs mesures structurelles issues des directives du Conseil interministériel sur l’organisation des examens.

On peut notamment citer la prise en charge effective des candidats en situation de handicap, la levée des obstacles liés à l’état civil, ainsi que la digitalisation progressive du processus d’organisation et de publication des résultats- à travers la plateforme Anadole, l’envoi de SMS ou encore la saisie sécurisée des notes”, explique le ministre Moustapha Mamba Guirassy.

Saluant le dialogue constructif entre les syndicats et le ministère, il a annoncé l’érection d’un cadre qui a permis d’aborder ensemble des sujets structurants comme la valorisation de la profession enseignante, les conditions de travail, l’harmonisation des données de gestion, ou encore la préparation des réformes. Parmi lesquelles une réforme des daaras, “en vue de leur intégration dans l’architecture formelle du système éducatif, afin de diversifier l’offre d’apprentissage et de mieux répondre aux attentes d’une frange importante de la population”.

Au chapitre des réformes, il a également annoncé la transformation en salles de classe de 7222 abris provisoires à travers un partenariat avec l’armée.  S’agissant de l’édition 2025 du Concours général, il a annoncé que l’événement a enregistré 120 distinctions attribuées à 112 lauréats, dont 55 filles. “La prédominance de l’enseignement public dans les résultats constitue une fierté nationale et confirme la montée en puissance de notre école républicaine. Nous saluons également la progression constante des filles, qui se distinguent de plus en plus dans les disciplines les plus exigeante”, explique le ministre Guirassy.

Synthèse : Pape Bakary DIATTA

 

Les chroniques de la participation citoyenne (211)

Le Plan de Redressement Économique et Social– Une ambition audacieuse à accompagner avec rigueur

  1. Un tournant majeur dans l’histoire économique et politique du Sénégal

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté, le vendredi 1er août 2025, au Grand Théâtre National, le Plan de Redressement Économique et Social (PRES), adopté quelques jours plus tôt en Conseil des ministres. Il s’agit d’une sortie de haute portée, marquant une rupture assumée avec les schémas néolibéraux classiques au profit d’une vision centrée sur la souveraineté nationale, la justice sociale et la performance publique.

Dans un contexte de crise de la dette, de perte de confiance des bailleurs et de fortes attentes populaires, le PRES se veut le socle d’une nouvelle gouvernance économique, intégrant des dimensions politiques, morales, sociales et structurelles de la transformation.

  1. Les piliers d’un projet de refondation
  2. Un leadership assumé autour d’un cap clair : souveraineté, dignité, responsabilité

Le Premier ministre s’impose comme chef d’orchestre de la rupture systémique, avec une cohérence de discours et une pédagogie politique rarement observée.

Il redonne un sens à la planification publique, en convoquant la Vision 2050 articulée autour de trois phases : redresser – impulser – accélérer.

  1. Un plan chiffré, localement financé, et stratégiquement ciblé

90 % du financement attendu à partir de ressources internes : un choix audacieux qui affirme la capacité nationale à se redresser par elle-même.

Les priorités dégagées (emploi, agriculture, éducation, santé, agropoles, logements, infrastructures) traduisent une volonté de justice territoriale et sociale.

  1. Un discours de transparence, de redevabilité et de moralisation de l’action publique

L’engagement à publier les patrimoines, à adopter une loi de protection des lanceurs d’alerte, à réformer les procédures de passation des marchés… participe à réconcilier l’État et les citoyens.

III. Réflexion critique – Pour une consolidation pragmatique du PRES

Cette ambition nationale mérite d’être saluée, mais sa réussite dépendra de certains ajustements majeurs :

⚖️ 1. Mobilisation budgétaire : entre patriotisme économique et réalisme financier

L’effort attendu (5000 milliards en 3 ans) suppose une transformation immédiate de l’administration fiscale, des circuits de collecte, et du climat de confiance. Un protocole de transition budgétaire serait souhaitable.

🏛️ 2. Capacité d’exécution : réformer les outils pour traduire la vision

Il est indispensable de désenclaver l’action publique de l’inertie administrative, en investissant dans la formation continue, la numérisation, et la responsabilisation des gestionnaires.

📈 3. Suivi-évaluation : le nerf de la redevabilité

Le PRES doit intégrer un cadre de résultats robuste, avec des indicateurs suivis trimestriellement, et une plateforme de suivi citoyen ouverte.

👥 4. Appropriation collective : de la parole publique à l’action partagée

L’ambition gouvernementale gagnerait en impact avec une large campagne d’appropriation citoyenne, impliquant :

Les collectivités territoriales,

Les jeunes et les femmes leaders,

Le secteur privé, les syndicats, les universités,

Les diasporas comme partenaires stratégiques.

  1. Recommandations stratégiques

Élaborer un plan d’action triennal aligné sur le PRES, déclinable en budgets-programmes par ministère.

Mettre en place une Cellule nationale indépendante de Suivi du PRES, rattachée à la Présidence, avec publication annuelle d’un rapport de performance.

Adopter une Loi de programmation des réformes, afin de donner une base légale aux engagements du PRES.

Créer des forums régionaux de la transformation, pour faire du PRES un projet vivant, discuté et adapté aux réalités territoriales.

Accélérer la réforme de la commande publique pour éviter les blocages dans l’exécution des projets à fort impact.

Conclusion – Un plan pour réinventer le destin sénégalais

Le PRES est plus qu’un plan économique : il incarne un projet national de réconciliation entre le politique, l’économique et le social. Il interpelle chaque citoyen, chaque acteur économique, chaque institution. Il exige un haut niveau de discipline, d’innovation et de transparence. Mais il ouvre aussi une fenêtre historique pour refonder le contrat social entre l’État et le peuple sénégalais.

Il mérite d’être accompagné, enrichi, consolidé.

Alioune Cheikh Anta Sankara Ndiaye

Expert en développement international

Écrivain, Militant de la transformation nationale

Redresser le Sénégal: la voie ultime sauver ou périr ! – Par Bougane Guèye Dany

Le gouvernement s’apprête une fois de plus à servir un supposé plan de redressement. Mais que cherche-t-il réellement à redresser ? Le Projet, l’Agenda 2050, ou la Loi de finances rectificative ? On tente de soigner les effets en ignorant la cause, pendant que les factures flambent, les poches se vident, les PME meurent, les jeunes fuient, les familles s’endettent pour manger, les fonctionnaires grognent, les commerçants suffoquent, 30 000 travailleurs déflatés ruminent leur colère… et l’État continue de danser sur la détresse nationale.

Depuis bientôt deux ans, le Sénégal ne traverse pas une simple crise passagère. Il est structurellement affaibli : une économie informelle laissée pour compte, des ménages appauvris, des entreprises asphyxiées. L’État, quant à lui, s’endette non pas pour investir, mais pour survivre. Ses maigres investissements, 2 milliards annoncés, relèvent davantage de l’aveu d’échec que d’un motif de fierté. Le recours à l’endettement est devenu une addiction toxique.

Ce que nous vivons n’est pas un ralentissement. C’est un effondrement économique.

Présenter un “plan de redressement” sans une véritable relance productive, c’est comme prescrire le jeûne à un malade dans le coma. Il ne guérira pas. Il mourra plus vite. Ce plan en gestation risque de devenir une Shoah économique pour les ménages, où les plus vulnérables paieront le prix fort.

Ce dont le Sénégal a besoin, ce n’est pas d’un énième plan de relance cosmétique.

C’est d’un plan de redressement lucide, courageux et souverain.

Un plan qui rompe avec la fuite en avant, les slogans vides et les décisions à courte vue.

Redresser, c’est d’abord assainir et lutter contre la corruption

Il faut remettre de l’ordre dans les finances publiques. Assez des chiffres opaques et des audits de convenance. L’urgence, c’est de mettre fin au gaspillage, aux dépenses de prestige, et de freiner l’hémorragie budgétaire.

Je propose :

  1. L’allégement du train de vie de l’État – pas celui du peuple :
  • Réduction de 75 % des fonds politiques spéciaux
  • Plafonnement des salaires dans la haute administration
  • Réduction de 70 % des gratifications des régies financières
  • Rationalisation des agences, directions et missions budgétivores
  • Baisse de 40 à 60 % des dépenses de fonctionnement (véhicules, missions, primes…)
  • Suppression des privilèges injustifiés dans les agences et directions nationales
  • Revalorisation du SMIG à 100 000 F CFA minimum
  • Relèvement des bas salaires
  • Lutte rigoureuse contre la corruption et les détournements
  • Création d’une Haute Autorité indépendante pour la transparence budgétaire
  • Publication trimestrielle des avantages liés aux fonctions publiques

Redresser, c’est créer de la richesse

Le Sénégal doit cesser de consommer ce qu’il ne produit pas. Il est temps de réindustrialiser notre économie à la base, en s’appuyant sur nos territoires, nos ressources et nos talents.

Cela implique :

  1. Une relance agricole et industrielle décentralisée :
  • Effectivité des coopératives agricoles
  • Mécanisation de l’agriculture
  • Lancement d’une politique d’industrialisation communale
  • Création de mini-unités de transformation agroalimentaire et de recyclage
  • Implication directe des collectivités locales et des groupements communautaires
  • Objectif : 10 000 micro-unités industrielles en 3 ans pour fixer les jeunes dans leur terroir

Redresser, c’est libérer l’initiative

Notre économie est étranglée par une fiscalité injuste, une bureaucratie pesante, et un accès au crédit quasi inexistant. Il est urgent de créer un environnement favorable à l’entrepreneuriat, notamment pour les femmes, les jeunes et les artisans.

Pour cela, je propose :

  1. Faire de la microfinance un levier de relance :
  • Crédit facilité pour les femmes, les jeunes, les producteurs locaux
  • Partenariats renforcés avec mutuelles, coopératives, et structures communautaires
  • Accompagnement technique et allègements fiscaux sur les microcrédits productifs

Et aussi :

  • Création d’un statut pour les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI)
  • Exonération totale d’impôt la première année, 50 % la deuxième année
  • Crédits d’impôt pour la recherche et l’innovation (CIR, CII)
  • Réduction du taux d’IS à 15 % pour les PME locales innovantes

Redresser, c’est restaurer la confiance

  1. Aucun plan ne réussira sans transparence ni exemplarité.

La confiance naît de la justice, de l’équité et de la responsabilité.

Il faut :

  • Mettre fin au népotisme dans les nominations et marchés publics
  • Adopter une politique de tolérance zéro contre la corruption
  • Exiger une éthique de responsabilité au sommet de l’État

Redresser, c’est affirmer notre souveraineté

Notre modèle de développement doit reposer sur nos ressources, notre jeunesse, et notre diaspora.

Je propose :

  1. Un patriotisme économique assumé :
  • 50 % des marchés publics réservés aux entreprises sénégalaises
  • Taxation progressive des multinationales extractives
  • Renégociation des contrats sur nos ressources naturelles

Et :

  • Diversification de nos partenaires économiques
  • Fin de la dépendance exclusive à l’Union européenne ou à la Chine
  • Priorisation des chaînes de valeur régionales (CEDEAO, UA)
  • Application du triptyque : “Produire ici, transformer ici, consommer ici”
  • Création d’un Fonds Souverain pour la Relance et la Production, financé par l’État, les banques, la diaspora et les partenaires stratégiques, orienté vers :
  • l’agro-industrie
  • les technologies
  • les énergies renouvelables
  • la transformation minière

L’heure n’est plus au constat. Elle est à l’action.

Le temps des diagnostics est passé. Le Sénégal ne sera pas sauvé par des slogans ou des rapports de consultants. Sa survie dépend d’un plan de redressement économique et moral, solide, courageux, et porté par une volonté réelle de rupture.

Je ne suis pas de ceux qui applaudissent pour être appelés.

Je suis de ceux qui alertent, proposent et agissent.

Pour réussir ce redressement, il faut un cap clair, un leadership rigoureux, une gouvernance sobre, transparente et souveraine.

Le Sénégal a un problème de cap.

Il est temps d’en finir avec un modèle budgétivore et dépendant des bailleurs.

Il est temps de reconstruire une économie de base, productive, solidaire et souveraine.

Annoncer un “plan de redressement” dans l’unique but d’administrer un peuple déjà agressé jusque dans ses croyances immatérielles, c’est choisir l’effondrement économique, prélude à un ajustement structurel brutal.

Bougane Guèye Dany

Président du Mouvement Gueum Sa Bopp

« Les Jambars ».

Celebration de la JIFA- 2025: Pour une ratification rapide et urgente de la convention de l’union africaine sur les violences faites aux femmes et aux filles

«S’approprier, revendiquer, transformer: la Convention de l’Union Africaine sur les violences faites aux femmes et aux filles ». Tel est le thème proposé par OXFAM lors de son webinaire du 29 juillet 2025, dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA), célébrée le 31 juillet 2025 de chaque année. Il sonne comme une invite aux ÉTATS africains à s’attaquer aux symptômes et aux causes profondes des violences faites aux femmes et aux filles, et surtout, à accélérer la signature et la ratification rapides de cet important instrument juridique.

La convention de l’union africaine est une réponse durable aux violences sexistes et sexuelles

Adoptée lors du Sommet de l’Union africaine en février 2025, ce traité est le dernier outil élaboré par les États africains pour prévenir, éliminer et répondre à toutes les formes de violences que subissent les femmes et les filles sur le continent, notamment les mutilations génitales féminines, les mariages précoces et forcés, la violence sexuelle en situation de conflit et la violence économique ou psychologique, le harcèlement sexuel, et la violence dans les lieux publics et de travail.

Il ambitionne aussi de renforcer les capacités des États afin qu’ils puissent agir plus efficacement, notamment en mettant en place des politiques publiques plus adaptées à la lutte contre ces violences et en promouvant une meilleure coordination entre les États, aussi bien au niveau régional que continental. Du reste, l’une des innovations de cet instrument juridique est le renforcement des compétences des mécanismes africains de droits humains (Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et Cour africaine des droits de l’homme et des peuples) dans la coordination, le suivi et l’évaluation des engagements des États membres.

En tant qu’organes de surveillance de l’application des dispositions de la Convention, ils assureront une surveillance accrue des gouvernements, des organisations de la société civile et des mouvements féministes dans la mise en œuvre de leurs obligations et engagements. Ils garantiront aussi une réponse durable et effective aux violences sexistes et sexuelles à travers le renforcement des mécanismes juridiques et institutionnels nationaux de lutte contre ces violences et de promotion d’une culture de respect des droits humains et de l’égalité des sexes.

La convention de l’union africaine est un engagement fort des états membres pour la réalisation d’une Afrique sans violences contre les femmes et les filles

L’adoption de cette convention est aussi perçue comme un moment décisif pour l’Afrique, marquant la volonté des nations africaines de faire de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles une priorité absolue. Elle appelle à des actions concrètes, notamment la lutte contre l’impunité des auteurs, le renforcement des lois, l’allocation de budgets dédiés, la mise en place de mécanismes de suivi efficaces et une volonté politique constante.

L’avenir de l’Afrique repose sur la capacité de ses États à protéger leurs citoyennes et citoyens les plus vulnérables et sur l’activisme des organisations de la société civile pour l’avènement d’«une Afrique dont le développement est axé sur les populations, qui s’appuie sur le potentiel de ses populations, notamment celles des femmes et des jeunes, et qui se soucie du bien-être de ses enfants». (Aspiration 6 de l’Agenda 2063).

Selon le Forum africain des femmes leaders, la particularité de cette convention est d’avoir fixé des engagements clairs aux États membres en leur imposant des obligations en matière de prévention, de protection et de sanctions contre les auteurs de violences.

DAFADOY joint sa voix à celles de ces femmes panafricaines et appelle toutes les organisations de la société civile africaine, principalement les organisations de femmes et de jeunes filles, à faire du 31 juillet 2025, un moment important de sensibilisation de l’opinion publique sénégalaise et africaine sur le contenu de la Convention de l’Union Africaine sur les violences faites aux femmes et aux filles tout en plaidant pour sa signature et ratification par les États membres.

Il suffit seulement d’obtenir quinze (15) ratifications pour que l’Afrique ouvre une page nouvelle dans la lutte contre les violences dans les sociétés africaines. Le défi est à notre portée puisque notre mobilisation en faveur du Protocole de Maputo nous a permis d’obtenir son entrée en vigueur moins de deux ans après son adoption par l’Union africaine.

Ensemble, faisons de cette nouvelle vision une réalité.

Dafadoy

Institution Saint Louis-Marie Grignon: l’Excellence comme ADN 100% au BFEM, 97% au BAC 

À Malika: L’Institution Saint Louis-Marie Grignon a vibré, le week-end dernier, au rythme de la cérémonie de la Journée de l’Excellence. Un événement à la hauteur des performances exceptionnelles de ses apprenants, célébrés dans un esprit de mérite, de fierté et d’émulation positive.

Pour le sous-préfet de l’arrondissement M. Sy, cette initiative est bien plus qu’une cérémonie: «C’est un moment fort dans la vie d’un établissement scolaire. Elle constitue une saine émulation pour les apprenants et s’inscrit parfaitement dans la dynamique éducative impulsée par l’État du Sénégal », a-t-il déclaré.

Il a notamment rappelé que l’éducation et la formation sont les piliers fondamentaux du développement, et que l’État l’a bien compris à travers la mise en œuvre du Plan Sectoriel (Éducation Formation), qui vise à améliorer la qualité, l’équité et la transparence dans le secteur éducatif, en lien direct avec l’Objectif de Développement Durable n°4.

Le thème de la journée résonne comme une conviction profonde : chaque élève a en lui un potentiel à révéler. Les résultats sont là pour en témoigner : 100 % de réussite au BFEM et près de 97 % au BAC. Une performance remarquable qui illustre la synergie entre tous les acteurs de la communauté éducative. M Sy a d’ailleurs salué les trois piliers du succès scolaire : L’élève, premier maillon, principal concerné et porteur d’un potentiel à réveiller.

L’enseignant, dont la pédagogie est essentielle pour éveiller ce potentiel, Le parent d’élève, appelé à accompagner et encadrer son enfant dans ce processus. Enfin, l’État, garant de cette dynamique, est appelé à poursuivre son soutien aux établissements d’excellence comme celui-ci.

Le sous-préfet a vivement félicité le comité de pilotage, sous la houlette du président de l’APEC, M Sèye, le corps professoral, le personnel administratif, et l’illustre parrain de cette édition, Dr Gora Niang, pour leur engagement sans faille dans la réussite des élèves. À Malika, l’Institution Saint Louis Marie Grignon fait bien plus qu’enseigner. Elle forme, inspire et cultive l’excellence pour tous.

2,4 milliards $ de recettes, 6,39 milliards $ de redressements: l’Initiative IISF, moteur discret de la souveraineté fiscale au Sud

Dix ans après son lancement officiel, l’Initiative « inspecteurs des impôts sans frontières» (IISF) publie un rapport- bilan conjoint OCDE/PNUD sur une décennie d’assistance technique ciblée aux administrations fiscales des pays du Sud. Avec 2,4 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires mobilisées et plus de 6,39 milliards de redressements opérés dans 70 juridictions, l’IISF s’impose comme un levier discret mais décisif de la souveraineté fiscale. Le Sénégal, pionnier du dispositif, y occupe une place stratégique.

Depuis son lancement officiel en juillet 2015, l’initiative « inspecteurs des impôts sans frontières » (IISF), co-pilotée par l’organisation de coopération et de développement économiques et le programme des nations unies pour le développement (PNUD), s’est progressivement imposée comme un dispositif central de soutien technique à la mobilisation des ressources fiscales dans les pays en développement. Conceptualisée dès 2012 et expérimentée à travers des projets pilotes entre 2013 et 2014, l’IISF s’est d’abord concentrée sur les problématiques complexes de vérifications fiscales internationales et de prix de transfert. Aujourd’hui, elle couvre également les enquêtes pénales fiscales, l’échange automatique de renseignements, la déclaration pays par pays, la transformation numérique des administrations fiscales, la TVA sur le commerce numérique et l’opérationnalisation de l’impôt minimum mondial.

L’impact global de l’initiative est d’ampleur. À la fin 2024, elle a permis de mobiliser 2,40 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires dans les pays bénéficiaires, avec un total de redressements fiscaux s’élevant à 6,39 milliards de dollars. Par ailleurs, les pertes d’impôt sur les sociétés évitées, grâce à des ajustements proactifs, atteignent 2,5 milliards de dollars. Le rendement de l’investissement dans ces programmes est particulièrement élevé, avec un retour estimé à 125 dollars par euro investi. En termes de couverture géographique, 155 programmes ont été déployés dans 70 juridictions d’Afrique, d’Asie-Pacifique, d’Europe orientale, d’Amérique latine et des Caraïbes. Fin 2024, 59 programmes étaient encore en cours, tandis que 96 avaient été clôturés.

L’Afrique a été à l’avant-garde de l’initiative, tant par le volume de programmes engagés que par les résultats obtenus. Dès 2012, certains pays africains, dont le Sénégal, ont accueilli les premières missions pilotes. Avec un partenariat actif du Forum africain sur l’administration fiscale (ATAF), le continent a engrangé 1,91 milliard de dollars de recettes fiscales supplémentaires à travers l’IISF, sur un total de 4,47 milliards de dollars de redressements fiscaux. Au total, 90 programmes ont été initiés dans 39 juridictions africaines. Fin 2024, 33 étaient encore en cours, 57 achevés, et cinq étaient en phase de lancement. Plus de 80 % des programmes ont porté sur les prix de transfert et la fiscalité internationale, avec des interventions sectorielles dans les industries extractives, les télécommunications ou les services financiers. Des programmes d’enquêtes pénales (9 au total) et de digitalisation (4) ont également été menés.

Parmi les cas les plus emblématiques figurent le Nigéria, qui a mené 280 vérifications de prix de transfert générant plus de 1,2 milliard de dollars de redressements fiscaux, dont 380 millions recouvrés, et la Zambie, qui a mobilisé plus de 320 millions de dollars, dont 150 millions issus de redressements liés aux prix de transfert. Le Sénégal, quant à lui, a marqué l’histoire de l’IISF en accueillant en janvier 2022 le 100e programme de l’initiative, symbole de sa position pionnière sur le continent.

L’expérience du Sénégal illustre la profondeur de l’ancrage de l’IISF dans les stratégies fiscales nationales. Le pays a été l’un des premiers bénéficiaires du dispositif, dès la phase pilote en 2012, avant même son lancement officiel. En 2014, un programme pilote a été lancé avec l’appui de la direction générale des finances publiques française. Ce projet a été suivi par deux autres programmes, l’un entre 2017 et 2018, et un dernier plus structurant entre 2022 et 2024. L’ensemble de ces missions ont permis à l’administration fiscale sénégalaise de renforcer ses capacités dans les domaines techniques de la fiscalité internationale, de la documentation des prix de transfert et de l’évaluation des risques. L’un des aboutissements majeurs de cette coopération réside dans la montée en compétence des équipes locales, qui ont elles-mêmes participé à des transferts de savoir-faire dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Le Sénégal a ainsi détaché un de ses inspecteurs auprès de la République démocratique du Congo pour un appui en vérification fiscale internationale.

La dynamique Sud-Sud constitue d’ailleurs l’un des piliers stratégiques de l’IISF. À fin 2024, 35 programmes de coopération technique entre pays du Sud avaient été lancés, le premier ayant vu le jour en décembre 2016. Parmi les pays contributeurs figurent le Brésil, l’Inde, le Mexique, le Maroc, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Nigéria et le Sénégal. Cette logique d’apprentissage entre pairs vient compléter les missions classiques d’assistance technique, tout en renforçant l’appropriation régionale des enjeux de souveraineté fiscale.

L’impact de l’IISF dépasse les chiffres bruts. Dans plusieurs administrations bénéficiaires, l’initiative a conduit à la création d’unités spécialisées, à l’adoption de réformes législatives, et à une amélioration globale du civisme fiscal des entreprises multinationales. Une étude indépendante de l’Institut allemand du développement et de la durabilité a montré une hausse significative des recettes issues de l’impôt sur les bénéfices dans 19 à 21 % des pays ayant bénéficié de l’IISF, cinq à six ans après le début des programmes. La documentation sur les prix de transfert a gagné en qualité, et la coopération internationale en matière fiscale s’est structurée. En octobre 2024, le vivier mondial d’experts IISF comptait 189 professionnels issus de plus de 50 juridictions, dont 51 % provenant de pays du Sud et 24 % de femmes, l’initiative ayant lancé un programme de mentorat pour renforcer la participation féminine dans la fiscalité internationale.

Malgré ces succès, plusieurs défis persistent. Le manque de stabilité dans les effectifs des administrations fiscales partenaires, notamment à travers une forte rotation ou des départs prématurés, nuit parfois à la continuité des progrès. Pour y remédier, l’IISF encourage l’adoption de politiques de fidélisation et de plans de relève pour garantir la pérennité des compétences acquises. Les ambitions pour les années à venir sont claires avec 30 nouveaux programmes qui devraient être lancés en 2025, et 35 en 2026. Parmi eux, 15 porteront sur les vérifications fiscales internationales et 6 sur les enquêtes pénales fiscales. L’initiative entend également renforcer son intervention dans les domaines émergents, notamment la TVA sur le commerce numérique et l’impôt minimum mondial.

Dans un contexte où les États africains cherchent à sécuriser et diversifier leurs recettes domestiques face aux pressions budgétaires croissantes, l’IISF s’impose comme un instrument discret mais stratégique de reconquête de la souveraineté fiscale. Pour des pays comme le Sénégal, qui a su combiner engagement politique, expertise technique et diplomatie fiscale, les retombées de cette initiative constituent un levier précieux pour réduire la dépendance à l’aide extérieure et améliorer le financement des politiques publiques.

Zaynab SANGARÈ

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