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Proposition de mise en accusation de Macky Sall: Le Bureau de l’Assemblée Nationale juge irrecevable

Réuni ce lundi 27 octobre 2025 à partir de 10 heures, le Bureau de l’Assemblée nationale a examiné huit initiatives parlementaires, conformément à l’article 69 du Règlement intérieur.

À l’issue des délibérations, sept initiatives ont été déclarées irrecevables, malgré les encouragements adressés à leurs auteurs. Parmi elles figure la proposition de résolution déposée par le député Guy Marius Sagna, visant la mise en accusation de l’ancien président Macky Sall.

Selon le communiqué officiel, cette décision repose sur le non-respect des articles 51, 69 et 103 du Règlement intérieur, ce dernier stipulant que toute résolution doit émaner d’une commission, d’un groupe parlementaire ou d’un dixième des députés non-inscrits.

Les autres initiatives concernées portaient sur des propositions de loi, des missions d’information et l’ouverture d’une commission d’enquête.

Le Bureau a invité les parlementaires à se conformer strictement aux règles internes s’ils souhaitent réintroduire leurs demandes. Il a également annoncé l’adoption prochaine des Instructions générales de Bureau, destinées à préciser les modalités de mise en œuvre des missions d’information et d’études.

Par Ch. Seck NDONG

Seconde audition à la Section de recherches: Pape Malick Ndour à nouveau Libre

Dakar, lundi 27 octobre 2025- L’ancien ministre de la Jeunesse sous le régime de Macky Sall, Pape Malick Ndour, a recouvré la liberté ce lundi, à l’issue de sa deuxième audition consécutive à la Section de recherches de la gendarmerie.

Deux jours seulement après une première convocation vendredi dernier, l’ex-membre du gouvernement et cadre de l’Alliance pour la République (APR) avait été de nouveau appelé à se présenter devant les enquêteurs. Comme lors de sa première audition, il est ressorti libre en fin de journée.

Pour l’heure, aucune précision officielle n’a été donnée quant à la nature exacte des faits ou des motifs ayant conduit à ces convocations rapprochées. Le silence des autorités entretient le flou autour de cette affaire, alimentant diverses spéculations dans les milieux politiques et sur les réseaux sociaux.

Selon des sources proches du dossier, les auditions s’inscriraient dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte sur des faits dont la teneur n’a pas encore été rendue publique. Les proches de Pape Malick Ndour se veulent rassurants et évoquent une procédure de routine, tandis que certains observateurs y voient une manœuvre politique dans un contexte post-Macky Sall encore marqué par de fortes tensions au sein de l’ancienne majorité présidentielle.

En attendant d’éventuelles clarifications, Pape Malick Ndour, figure connue pour sa loyauté envers l’ancien chef de l’État et son rôle actif au sein de l’APR, poursuit ses activités politiques tout en gardant le silence sur le fond de cette affaire.

Ch. Seck NDONG

 

Toubacouta: Une randonnée pédestre pour sensibiliser sur le cancer et la vaccination

A Toubacouta, le club de randonnée pédestre, en collaboration avec le poste de santé de la localité, a organisé avant-hier dimanche 26 octobre 2025, une randonnée pédestre placée sous le signe de la santé et de la solidarité. Cette activité sportive s’inscrit dans le cadre de la campagne « Octobre rose », dédiée à la sensibilisation et à la lutte contre les cancers féminins.

Le top départ a été donné devant le poste de santé de Toubacouta, avant que les participants ne parcourent un itinéraire symbolique passant par l’hôtel Palétuvier, la rue principale, la mairie et la sous-préfecture. L’événement, présidé par Adama Senghor, président du club de randonnée, a réuni de nombreux participants, notamment des femmes et des jeunes filles principales cibles de la campagne mais aussi des jeunes et des adultes.

Sensibiliser pour mieux prévenir

Selon Mme Khady Kébé, la sage-femme, coordonnatrice et cheffe du service sanitaire du poste de santé de Toubacouta, « la randonnée avait pour objectif de renforcer la sensibilisation sur la prévention et le dépistage du cancer du col de l’utérus et du sein, mais également sur l’importance de la vaccination des enfants de 9 à 14 ans ». Elle a laissé entendre, « qu’on ne peut rien faire sans la vaccination, car c’est la meilleure forme de prévention».

Mme Kébé de rappeller toutefois, « qu’il n’existe pas encore de vaccin contre le cancer du sein, mais il est essentiel d’apprendre aux femmes à s’auto-palper pour détecter d’éventuelles anomalies ».

Une action qui dépasse Octobre rose

Mais, pour les agents de santé de Toubacouta, la lutte contre le cancer ne doit pas se limiter au seul mois d’octobre. «Chez nous, c’est toute l’année rose », affirme Mme Khady Kébé. Elle poursuit que, «nous organisons régulièrement des dépistages de routine, car le besoin est permanent. Dès qu’une occasion se présente, nous dépistons les femmes».

Un appel à la mobilisation communautaire

Les responsables du poste de santé appellent ainsi les populations à se rapprocher des structures sanitaires pour effectuer des dépistages réguliers. «Si le test est négatif, il peut être renouvelé tous les trois ans. En cas de résultat positif, nous accompagnons les femmes dans leur suivi au niveau des hôpitaux», précise la sage-femme.

Cette initiative du club de randonnée et du poste de santé de Toubacouta témoigne de la mobilisation croissante de la communauté locale de Toubacouta autour de la santé des femmes et de la prévention des cancers. Une illustration parfaite de la synergie entre sport, sensibilisation et action communautaire nous a témoigné, Moussa Manè, directeur de la Radio communautaire « Niombato FM ».

Par Mohamadou SAGNE

Kédougou met le cap sur la mécanisation raisonnée: Allo Tracteur en marche !

Le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage lance une nouvelle ère pour les producteurs de Kédougou avec le concept Allo Tracteur, une approche innovante de mécanisation agricole inclusive portée par les CUMA.

Kédougou, longtemps reconnue pour son potentiel minier, amorce une transformation historique. Grâce au programme national de mécanisation agricole, le Concept Allo Tracteur prend racine dans la région, avec pour ambition de rendre accessibles les services mécanisés à tous les producteurs, même les plus modestes.

Neuf Coopératives d’Utilisation du Matériel Agricole (CUMA) ont déjà vu le jour dans le cadre du projet PADAER.

La SODAGRI renforce le dispositif avec six moissonneuses-batteuses, tandis que le MASAE met à la disposition des femmes productrices de fonio des équipements modernes : batteuses, décortiqueuses et tamiseurs.

L’objectif est clair : former, équiper et structurer jeunes et femmes autour des métiers de la mécanisation agricole afin qu’ils deviennent les acteurs d’une souveraineté alimentaire durable.

En s’inscrivant dans la vision «Transformation 20/50» du Président de la République, le MASAE entend faire de Kédougou non seulement une région minière, mais aussi un bassin agricole dynamique, créateur de richesse et garant de la sécurité alimentaire nationale.

Par A. L. NDIAYE (avec En Relief)

 

 

 

Le bateau ivre et le gouvernement des «fous» ! (Par Youssou Diallo)

À la veille de l’élection présidentielle de mars 2024, j’avais, dans un ultime appel à la raison adressé aux électeurs — alors que je sentais la tendance clairement favorable à une victoire de Pastef et de ses alliés —, publié un post laconique, un cri du cœur, grave et désespéré, où je disais en substance :

«Les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions. Les Sénégalais tenteront-ils le diable le jour de l’élection présidentielle ?»

Mes positions sur Pastef étaient connues de tous ceux qui suivaient, peu ou prou, l’actualité politico-médiatique et les réseaux sociaux. Elles reposaient sur une analyse lucide de la nature politique et idéologique de ce parti, de sa composition sociale, de la qualité de ses dirigeants, de leurs promesses mirobolantes mais irréalisables pour le Sénégal, de son projet manifeste et de son projet « caché », pour reprendre un mot en vogue — du vrai et du faux, du vrai-faux dans cette mouvance politique.

Ma prémonition s’est doublement vérifiée:

Pastef et ses alliés ont remporté largement l’élection au premier tour avec plus de 54 %, mais, depuis lors, pratiquement:

  • Aucune promesse majeure n’a été tenue : abrogation de la loi d’amnistie, suppression des fonds politiques, abrogation de la loi sur l’homosexualité, appels à candidatures pour certains postes stratégiques de l’administration publique et du secteur parapublic, rationalisation des structures de l’État, réduction du train de vie gouvernemental, etc.
    • Sonko – Diomaye : à peine un an après l’installation du nouveau gouvernement, une dualité malsaine et dangereuse s’est installée au sommet de l’exécutif et à tous les niveaux de l’État.

Le point d’orgue de cette crise manifeste fut la fameuse conférence de presse du Premier ministre Ousmane Sonko, au cours de laquelle il dénonçait le manque d’autorité au sein du gouvernement et demandait avec insistance au président Diomaye Faye de le laisser gouverner.

À cela s’ajoutent les humeurs et états d’âme dans les relations entre le Président et son Premier ministre, régulièrement relatés par la presse et sur les réseaux sociaux, ainsi que les sorties de dignitaires importants du régime — en particulier le député Guy Marius Sagna parlant de « Président légitime » et de « Président légal », ou encore le journaliste Bakary D. Mané évoquant les pressions et difficultés auxquelles ferait face le Chef de l’État.

Le pouvoir actuel donne ainsi l’image d’une hydre à deux têtes, de deux « généraux » préparant leurs troupes à la « grande guerre » pour le contrôle effectif du pouvoir et la candidature de Pastef à la présidentielle de 2029.

Le style de gouvernance, bavard et de plus en plus liberticide, s’enlise dans les scandales à répétition.

Les « affaires » succèdent aux « affaires », la plus polluante étant celle de la dette dite “cachée”, avec ses conséquences désastreuses sur la crédibilité internationale de notre pays, dont la note a été dégradée jusqu’à Caa1.

Le ratio de la dette publique a explosé jusqu’à 132 % du PIB, tandis que l’économie nationale est quasiment à l’arrêt dans plusieurs secteurs. La terreur fiscale et l’inflation galopante ont fini d’asphyxier les populations, surtout les plus pauvres.

On a, de plus en plus, l’impression que le Sénégal a perdu sa stabilité et sa prévisibilité légendaires, tant sur le plan institutionnel que politique. Le pays semble gouverné par des « fous », dont les dirigeants pinaillent sur des détails pendant que le peuple souffre.

Le Sénégal donne désormais l’image d’un bateau ivre, sans cap ni boussole, dérivant dans un océan en furie. Les Sénégalais, qu’ils l’avouent ou non, sont, dans leur écrasante majorité, inquiets pour le présent et l’avenir de leur pays.
Le pessimisme est, incontestablement, l’état psychologique dominant dans la nation.

Même les partisans, militants et sympathisants du régime actuel ne s’y retrouvent plus! Ceux qui sont honnêtes parmi eux se taisent pudiquement, pour masquer leurs déceptions et frustrations, et surtout pour ne pas apparaître comme des avocats du diable.

L’incompétence et l’ignorance, doublées de leurs corollaires -la violence et la répression-, sont en train d’enfoncer notre pays, naguère terre de démocratie et de liberté, patrie d’élites intelligentes, compétentes et délicates, de courtoisie et de dialogue, havre de tolérance et de paix.

Gaston Bachelard avait raison d’affirmer que: «Le microscope n’est pas le prolongement de l’œil, c’est le prolongement de l’esprit ; il aveugle et étourdit l’ignorant».

Que Dieu garde et sauve le Sénégal de ses démons !

Dakar, le 25 octobre 2025

Youssou Diallo

Président du Club Sénégal Émergent

 

 

Crise de confiance au Sommet de l’Etat: Talla Sylla met en garde… 

«Le Sénégal n’a pas élu une hydre à deux têtes !»

Dans une lettre ouverte adressée au Président Bassirou Diomaye Faye, le leader du parti Jëf Jël / Jàmm ak Naatange, Talla Sylla, tire la sonnette d’alarme. Il dénonce une «dualité malsaine» entre le chef de l’État et son Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il juge dangereuse pour la stabilité nationale.

Appelant à la « primauté de l’État sur les logiques partisanes », l’ancien maire de Thiès interpelle directement le Président : « Les Sénégalais n’ont pas élu un duo, mais un seul responsable»

Le ton est grave, les mots pesés mais sans concession. Dans une lettre datée du 26 octobre 2025, Talla Sylla brise le silence et s’adresse solennellement au Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Un message fort, empreint de respect institutionnel mais nourri d’une inquiétude citoyenne : celle d’un pays qu’il dit voir «dériver», faute d’un cap politique clair.

«Le peuple sénégalais n’a pas élu une hydre à deux têtes, mais un seul Président», martèle Talla Sylla dans sa missive, avant d’appeler le chef de l’État à « exercer pleinement les charges que le peuple lui a confiées».

L’ancien maire de Thiès estime que la gouvernance issue de l’alternance de mars 2024 traverse une zone de turbulence inquiétante. Il déplore la « dualité » entre le Président Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, qu’il décrit comme une « surenchère politique » nuisible à la sérénité de l’action publique.

«L’heure n’est plus aux démonstrations de popularité partisane, mais à la modestie et au travail acharné », écrit-il encore, pointant du doigt le “Téra meeting” annoncé par Ousmane Sonko pour le 8 novembre, qu’il juge « inutile et provocateur » dans un contexte d’inflation galopante et de souffrance sociale.

Pour Talla Sylla, l’urgence est ailleurs : rassurer la Nation, restaurer la confiance, et redonner du souffle à une économie qu’il estime à l’arrêt. Il appelle le Président à faire taire les « agendas partisans » et à replacer l’intérêt national au centre de l’action publique.

«Le Sénégal a besoin d’un cap clair et d’une seule boussole », insiste-t-il, estimant que la crédibilité du pays, déjà fragilisée sur la scène internationale, ne peut souffrir d’une image d’« exécutif divisé».

Cette lettre, bien plus qu’une interpellation politique, sonne comme un cri du cœur d’un acteur historique du changement, inquiet de voir le rêve de 2024 se fissurer sous le poids des tensions internes. En concluant son message, Talla Sylla exhorte Diomaye Faye à redevenir le Président de tous les Sénégalais et à rappeler que «la seule priorité qui vaille, c’est le Sénégal».

Par A. L. NDIAYE (avec En Relief)

Justice, pouvoir, opposition: tenir la ligne

La République ne se juge pas seulement à ses lois, mais à la manière dont elle traite ses voix discordantes. En convoquant des acteurs politiques pour des faits ouvertement politiques, le pouvoir flirte avec une ligne rouge qu’il avait juré de ne plus jamais franchir. Il ne s’agit pas de faire procès, mais mémoire. Tenir la ligne, c’est éviter que la justice ne devienne, même malgré elle, un écho d’un passé que le peuple a balayé.

Le Sénégal n’est pas en crise. Mais le Sénégal est en observation. Depuis quelques semaines, des signaux faibles, mais répétés, attirent l’attention de tous ceux qui tiennent à la République : convocations judiciaires, interpellations médiatisées, tensions verbales, et sentiment diffus que le débat se déplace, peu à peu, du terrain des idées vers celui des dossiers. Rien de spectaculaire, rien d’irréversible. Mais des gestes, des enchaînements, des perceptions qui, à défaut d’être graves, méritent d’être scrutés avec lucidité.

Ce n’est pas la justice qu’il faut redouter. C’est la tentation du raccourci. La promesse du 24 mars n’était pas seulement de réparer l’injustice, mais d’assainir les pratiques. Et dans cet assainissement, il ne s’agit pas seulement de sanctionner les crimes économiques. Il s’agit aussi de reconstruire la confiance entre gouvernants et gouvernés, en évitant que la justice ne soit perçue, à tort ou à raison, comme un levier politique. Chaque convocation peut être fondée. Chaque enquête peut être légitime. Mais dans un pays qui revient de loin, la perception compte autant que le fond. La justice ne doit pas seulement être impartiale ; elle doit l’apparaître clairement.

Car la République est un équilibre. Entre autorité et dialogue. Entre vérité et pluralisme. Gouverner, ce n’est pas faire taire. Gouverner, c’est écouter, arbitrer, convaincre, et parfois tolérer l’excès pour éviter l’érosion de la confiance. L’opposition, dans une démocratie adulte, n’est pas une menace à contenir, mais une nécessité à reconnaître. Elle est la part critique de la souveraineté populaire. L’affaiblir, c’est appauvrir le débat. La respecter, c’est fortifier le pouvoir.

Il y a, dans ce que nous vivons, un appel à la vigilance. Non pas contre un péril imminent, mais contre une pente. Celle que nous avons connue, et que nous avons rejetée. Celle des amalgames, des arrestations sélectives, des procédures instrumentalisées. Il ne s’agit pas de comparer, ni d’accuser. Il s’agit de rappeler que les principes ne se testent pas uniquement dans l’opposition, mais d’abord dans l’exercice du pouvoir.

Dans cette configuration, le rôle du Premier ministre est central. Parce qu’il incarne, au cœur de l’appareil d’État, le souffle de la refondation. Parce qu’il porte, dans son récit personnel, la mémoire de l’arbitraire subi. Et parce qu’il sait, mieux que quiconque, que la légitimité ne protège pas de la dérive si elle n’est pas constamment interrogée. Tenir la ligne, pour lui, ce n’est pas reculer devant la justice. C’est lui offrir l’espace d’une action libre, sereine, mais incontestable.

La ligne est fine, mais elle existe. Ne pas l’abandonner à l’émotion. Ne pas la tordre pour des urgences conjoncturelles. Ne pas en faire une arme, même discrète. Car une démocratie qui commence à convoquer ses opposants doit se souvenir qu’elle a, hier encore, crié pour que cela cesse. Et qu’aucun projet de rupture ne survivra longtemps s’il commence à ressembler, ne serait-ce que dans les apparences, à ce qu’il a combattu.

Heureusement, des signaux inverses existent. Des dossiers classés sans suite. Des magistrats qui travaillent avec méthode. Une opinion publique vigilante, mais loyale. Rien n’est perdu, car rien n’est encore abîmé. Mais tout doit désormais être pesé.

Le Sénégal n’a pas besoin de prouver sa force, mais de confirmer sa différence. C’est dans l’élégance de la retenue, dans la clarté des procédures, dans le refus des automatismes que se construira la confiance nouvelle. C’est en garantissant le débat que le pouvoir prouve sa maturité. Et c’est dans cette maturité que la rupture cessera d’être un slogan pour devenir une République en actes.

La vigilance démocratique n’est pas un luxe d’intellectuels. C’est une exigence de stabilité. Un pays qui a souffert des restrictions de libertés, de l’arbitraire judiciaire et du rétrécissement de l’espace public sait qu’aucun régime n’est à l’abri d’une dérive s’il relâche la rigueur de ses principes. Le respect scrupuleux des contre-pouvoirs, la séparation effective des rôles et la tolérance assumée au débat contradictoire ne sont pas des concessions. Ce sont des fondations.

D’ailleurs, il ne s’agit pas d’absoudre quiconque au nom de son statut d’opposant, ni d’inhiber les institutions judiciaires lorsqu’un fait répréhensible est identifié. Mais dans une démocratie en reconstruction, la manière, le moment et le message comptent tout autant que la matière. Le procès de l’intention est parfois plus destructeur que l’intention elle-même. D’où l’impératif d’une justice à la fois sereine et désarmante.

Ce qui se joue ici, ce n’est pas un arbitrage entre faiblesse et fermeté. C’est une démonstration de maturité. Faire taire les insultes, contenir les outrances, assainir les échanges : oui. Mais sans jamais basculer dans la répression de l’expression. Le peuple sénégalais, qui a arraché dans le tumulte les promesses de la refondation, n’attend pas un pouvoir dur. Il attend un pouvoir juste, digne, constant et exemplaire.

C’est pourquoi il faut, dans cette phase délicate, bannir les invectives, éviter les querelles de personnes, et revenir au fond du débat : que propose-t-on pour ce pays ? Où voulons-nous aller collectivement ? Et comment gérer l’altérité sans suspicion, sans violence, sans réduction de l’autre à son passé ou à son camp ? C’est par la hauteur du débat qu’un régime se distingue, pas par la vigueur des rappels à l’ordre.

La société sénégalaise a montré sa maturité. Elle ne se laisse plus duper par les récits unidimensionnels. Elle scrute, compare, juge et tire les conséquences. Elle sait faire la part des choses entre la justice nécessaire et l’instrumentalisation insidieuse. C’est pourquoi le pouvoir actuel, s’il veut préserver cette confiance rare, doit toujours faire un pas de plus que les régimes précédents dans la transparence, l’équité et la pédagogie des décisions.

Mais l’opposition, elle aussi, a une responsabilité historique. Celle de ne pas rejouer les scènes d’un théâtre convenu où tout acte du pouvoir est systématiquement soupçonné, caricaturé, ou disqualifié par réflexe. La République ne peut pas se bâtir dans l’outrance permanente, l’indignation de convenance ou la posture victimaire érigée en stratégie. Ceux qui aspirent à gouverner demain doivent aussi élever le débat, proposer, argumenter, respecter les institutions tout en les interpellant. Être opposant n’est pas un permis de provoquer. C’est une charge démocratique, un exercice d’exemplarité dans la contradiction.

Enfin, il faut saluer les signaux qui indiquent qu’un autre rapport à la justice est possible. Des affaires classées sans suite, des convocations suspendues, des précautions prises pour éviter les erreurs du passé : ce sont là des indices que l’État veut tenir sa ligne. Mais cette ligne n’est pas acquise. Elle se mérite. Elle s’ajuste chaque jour à l’épreuve du réel, dans la cohérence des actes et dans l’éthique des moyens. L’autorité n’est grande que lorsqu’elle s’exerce sans soupçon. Et la République ne grandit que dans l’épreuve de la pluralité.

Hady TRAORE

Expert-conseil

Gestion stratégique et Politique Publique-Canada

Fondateur du Think Tank : Ruptures et Perspectives

hadytraore@hotmail.com

 

Dialogue interreligieux en Italie: Thierno Amadou Ba plaide pour la cohésion sociale et la paix entre les différentes confessions

Le Khalife de Bambilor poursuit sa tournée européenne. Une nouvelle étape marquée par un fort symbole : une conférence interreligieuse à Gussago, en Italie, placée sous le thème « Religions et Stabilité ».

L’événement, qui a réuni de nombreuses personnalités religieuses et civiles (dont le nouvel évêque, le maire de Gussago et le président du Conseil communal de Brescia), a mis en avant la place centrale de la diplomatie religieuse dans la promotion du vivre-ensemble.

Dans son intervention, Thierno Amadou Ba a insisté sur l’importance du dialogue interreligieux comme levier de cohésion et de paix durable. « Des initiatives comme celle-ci permettent de rassembler des communautés diverses autour d’un objectif commun : la paix et la cohésion sociale », a-t-il déclaré. « La stabilité d’une société ne se construit pas uniquement par la loi ou la politique, mais par le dialogue, le respect mutuel et la paix entre les communautés religieuses », a-t-il ajouté.

Le guide religieux sénégalais a ensuite développé le concept de diplomatie religieuse, qu’il présente comme un outil concret de paix, complémentaire à la diplomatie traditionnelle. « Elle ne remplace pas la diplomatie classique, mais l’appuie et la renforce, notamment là où les canaux officiels atteignent leurs limites », a-t-il souligné. « Grâce à l’ONG Fawzi Wanadiati, nous avons pu prévenir des conflits, accompagner les communautés migrantes dans leur intégration, et organiser des rencontres interreligieuses internationales (du Vatican aux synagogues) afin de renforcer la confiance entre peuples et cultures ».

Cette étape italienne illustre à nouveau l’engagement constant du Khalife pour un dialogue sincère entre les religions et les cultures, au service d’un monde plus juste et solidaire.

En retraçant l’histoire, il a rappelé les exemples inspirants du Prophète Muhammad (PSL) dans la protection des minorités, ou encore celui de l’Édit de Nantes, symbole européen du compromis et du vivre-ensemble après les guerres de religion. « La paix se construit avec courage et sagesse, non par la force ou la domination », a-t-il insisté.

Avant de conclure, Thierno Amadou Ba a salué le nouvel évêque, Monseigneur Don Giorgio Gitti, le maire de Gussago Giovanni Coccoli et le président du Conseil communal de Brescia Roberto Rossini, pour leur hospitalité et leur soutien constant. Il a également exprimé sa reconnaissance envers les associations Solidarité et Intégration (ASI) et RIEPP, initiatrices de la rencontre.

La conférence s’est achevée dans une atmosphère empreinte de fraternité et de respect mutuel, sur un dernier message porteur d’espoir : « Imaginez un monde où chaque différence est une richesse, où chaque conflit se résout par le dialogue, et où la foi devient un instrument de fraternité. Que chacun emporte avec lui le feu du respect, de l’empathie et de la paix », a-t-il fait noter.

A. S. 

Louga: La Sonacos lance les festivités de son cinquantenaire

50 ANS D’INDUSTRIE RESILIENTE POUR UNE SOUVERAINETE ALIMENTAIRE

La Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos SA) a lancé samedi, à Louga, les festivités marquant la célébration de son cinquantième anniversaire, en présence de son directeur général, El Hadj Ndane Diagne, des autorités administratives et des travailleurs de l’entreprise.

Cette cérémonie, organisée sur le site industriel de Louga, a marqué le début d’une série d’événements commémoratifs prévus dans plusieurs villes où la Sonacos est implantée. « Nous sommes aujourd’hui à Louga pour démarrer ces festivités. Tous les quinze jours, nous serons dans une autre région : Diourbel, Kaolack, Ziguinchor, avant la grande célébration prévue à Dakar le 13 décembre prochain », a annoncé M. Diagne.

Placée sous le thème «Sonacos, 50 ans d’industrie résiliente pour une souveraineté alimentaire », la commémoration retrace un demi-siècle d’histoire industrielle au service du monde rural, de la transformation arachidière et de la sécurité alimentaire du Sénégal. Pour le directeur général, cet anniversaire symbolise à la fois la fierté du parcours accompli et l’engagement vers une nouvelle phase de modernisation.

«Ces cinquante années sont le fruit du travail d’hommes et de femmes dévoués, des pionniers de la transformation arachidière aux générations d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers qui ont fait de la Sonacos un pilier de l’économie nationale », a déclaré El Hadj Ndane Diagne, rendant hommage aux anciens et aux actuels collaborateurs de la société.

Le directeur général a salué l’appui du gouvernement, notamment à travers la Loi de finances initiale 2026, qui consacre un budget important au renouvellement des infrastructures industrielles. « Nous travaillons à redéfinir notre plan industriel pour Louga afin de recruter davantage de personnel et d’impacter positivement la région », a-t-il indiqué.

Revenant sur les difficultés rencontrées au fil des années, M. Diagne a souligné la capacité de la Sonacos à se relever et à se réinventer. « Notre histoire n’a pas été un long fleuve tranquille, mais à chaque fois, grâce à la détermination de nos travailleurs et à la confiance de l’État, nous avons su rebondir », a-t-il ajouté.

L’entreprise entend désormais consolider sa position dans la chaîne de valeur agricole et industrielle du pays, tout en restant proche des communautés locales. « La Sonacos restera une entreprise attentive à son impact social, créatrice d’emplois pour les jeunes et partenaire du développement local », a assuré le directeur général.

En clôturant la cérémonie, El Hadj Ndane Diagne a invité l’ensemble du personnel à « croire en l’avenir » et à poursuivre les efforts pour hisser la société vers plus de performance, de modernité et de durabilité.

La célébration du cinquantenaire se poursuivra dans les autres régions avant l’apothéose à Dakar, le 13 décembre 2025.

Massylla Moustapha Diongue (Louga)

Forum International Africagua 2025: Des partenariats renforcés autour de l’énergie et de l’eau

Le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, M. Elhadji Malick Ndiaye, a reçu en audience, le jeudi 23 octobre 2025, le Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Navigation de Fuerteventura, M. Juan Jesús Rodríguez Marichal, dans le cadre des préparatifs de la 9ᵉ édition du Forum international Africagua, prévue les 20 et 21 novembre prochains à Fuerteventura, dans les Îles Canaries.

Cette rencontre, placée sous le signe de la cordialité et du respect mutuel, reflète la volonté des deux parties de renforcer les liens économiques, institutionnels et humains entre le Sénégal et les Canaries.

Les échanges ont porté sur la participation du Sénégal à Africagua 2025 et sur les possibilités de coopération concrète dans les secteurs de l’énergie, de l’eau, de l’innovation technologique et du développement durable. Le Président Elhadji Malick Ndiaye a souligné l’importance pour le Sénégal de s’inscrire activement dans les initiatives internationales dédiées à la transition énergétique et au développement durable.

Pour sa part, M. Juan Jesús Rodríguez Marichal a insisté sur le rôle stratégique d’Africagua comme plateforme de dialogue et de collaboration entre l’Afrique et les Canaries. Il a affirmé que le forum constitue une opportunité unique pour échanger des expériences réussies dans le domaine de l’eau et des énergies renouvelables, et pour accompagner et guider les acteurs sénégalais afin de trouver des financements pour des projets d’envergure. Il a ajouté que le forum permet de développer des projets communs et de renforcer les partenariats économiques et technologiques entre Fuerteventura et le Sénégal.

M. Rodríguez Marichal a également annoncé au Président Elhadji Malick Ndiaye que le Président du Parlement des Îles Canaries a exprimé sa volonté de le recevoir officiellement le 19 novembre prochain, à l’occasion de sa visite à Fuerteventura. Cette rencontre institutionnelle de haut niveau vise à consolider les relations entre les deux institutions parlementaires, à promouvoir un dialogue interparlementaire durable, et à favoriser la coopération législative et institutionnelle sur des thématiques d’intérêt commun, telles que la bonne gouvernance, la durabilité et la coopération décentralisée entre le Sénégal et les Canaries.

Le Président de la Chambre de Commerce a par ailleurs souligné la contribution essentielle de la communauté sénégalaise établie à Fuerteventura, qu’il considère comme un pont vivant entre les deux territoires, notamment dans les domaines de la formation professionnelle, du transfert de technologies, de la gestion durable de l’eau et de la promotion des énergies renouvelables.

Aux côtés de M. Juan Jesús Rodríguez Marichal se trouvait M. Momar Dieng Diop, Président de la communauté sénégalaise établie à Fuerteventura. Sa présence démontre la relation étroite et continue entre les autorités locales de Fuerteventura et le Sénégal, contribuant ainsi au renforcement des relations culturelles, humaines et économiques entre les deux territoires.

L’audience s’est déroulée dans une atmosphère d’ouverture et de coopération, exprimant la volonté partagée de bâtir un partenariat durable, équilibré et innovant au service du développement, de la coopération et des échanges entre le Sénégal et Fuerteventura.

Elle marque également une étape importante vers une diplomatie économique renforcée et encadrée, orientée vers la valorisation des partenariats stratégiques et la consolidation des relations entre le Sénégal et les Îles Canaries.

Momar Dieng Diop / Espagne

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