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FADP/ encore de graves «violations légales»: l’APPEL dénonce «un retour à une plateforme défaillante»

La tension monte dans le secteur des médias. L’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL) fustige la décision du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) de relancer la plateforme de Déclaration des Médias et Supports (DMS) pour la répartition du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP).

Une initiative jugée «incompréhensible» par les éditeurs, qui dénoncent le retour d’un outil «défaillant» déjà à l’origine de nombreuses exclusions lors du processus de conformité des médias.

Selon l’APPEL, plusieurs informaticiens et journalistes membres de l’association ont constaté «des bugs documentés» et des «pertes de fichiers décisifs» dès la réouverture de la plateforme. Ces défaillances, pourtant signalées depuis février dernier, auraient provoqué l’élimination injuste de médias, sans qu’aucune correction durable n’ait été apportée.

«Il est aberrant que le sort des entreprises de presse dépende encore d’une plateforme dont la fiabilité est contestée », s’indigne l’association, qui rappelle que la Direction de la Communication avait reconnu des erreurs avant de se rétracter.

 Détournement de pouvoir et inéligibilités présumées

L’APPEL soutient également la position du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), qui a dénoncé plusieurs manquements au décret 2021-178 encadrant le FADP.

L’association accuse le ministère de « s’adjuger des pouvoirs illégaux » et de vouloir inclure dans la répartition « des entités inéligibles », comme la RTS ou la Maison de la Presse, en violation des articles 9 et 10 du texte réglementaire.

 Conseil de gestion écarté et données personnelles en danger

Autre grief majeur : la non-implication du Conseil de gestion du FADP, pourtant prévu par les articles 4 et 5 du décret. L’APPEL parle d’une « mise entre parenthèses » de cet organe clé de gouvernance.

Elle dénonce par ailleurs des violations présumées de la loi sur la protection des données personnelles, impliquant le ministère, et annonce une saisine prochaine de la CDP (Commission de Protection des Données Personnelles).

Suspension exigée

Face à ces «violations graves et répétées», l’APPEL exige la suspension immédiate de la procédure en cours, la révision des fondements légaux de la démarche, et la mise en place d’une procédure transparente et équitable pour l’ensemble des acteurs du secteur.

A.L. NDIAYE (avec En Relief)

 

Académie diplomatique de Vienne: le Khalife de Bambilor plaide pour une foi ouverte et un dialogue universel

La tournée européenne du Khalife de Bambilor, Thierno Amadou Ba, s’est achevée à l’Académie diplomatique de Vienne, en Autriche, par une conférence magistrale sur le thème: « La diplomatie religieuse : un pont entre les peuples et les consciences ».

Devant un auditoire composé de diplomates, d’universitaires et d’étudiants, le guide spirituel sénégalais a lancé un appel vibrant à une foi « ouverte, qui écoute, qui accueille et qui relie ».

Un message de gratitude et de respect mutuel

Dès l’entame de son allocution, le Khalife a tenu à saluer le rôle décisif joué par Mme Ursula Fahringer, ambassadrice de l’Autriche au Sénégal, dans la préparation de cette rencontre, ainsi que celui de M. Martin Eichtinger, directeur de l’Académie diplomatique, pour son accueil et sa modération.  « Excellence, votre disponibilité, votre rigueur et votre attachement au dialogue entre les cultures et les religions ont été déterminants », a déclaré Thierno Amadou Ba, soulignant que l’Autriche, par sa tradition de neutralité et d’écoute, demeure un carrefour privilégié de réflexion et de coopération entre les peuples.

Le Khalife a ensuite livré un message empreint d’humanisme et de spiritualité : « La foi ne doit pas diviser, mais unir. Je prends mon bâton de pèlerin pour porter le message de paix partout où le dialogue manque ».

Dans un monde marqué, selon lui, par l’incertitude, les fractures et la peur, Thierno Amadou Ba a plaidé pour une diplomatie religieuse capable de compléter la diplomatie d’État : « Jamais notre humanité n’a eu autant de moyens techniques à sa disposition, et pourtant elle semble plus vulnérable que jamais. Les conflits armés, les migrations forcées, la montée du racisme et l’intolérance religieuse traduisent une crise qui dépasse le politique : c’est une crise spirituelle ».

La diplomatie religieuse comme boussole morale

Face à cette situation, le Khalife estime que la paix mondiale ne saurait se construire sans une dimension morale et spirituelle : « Comment peut-on parler de paix sans évoquer l’éthique ? Comment bâtir des ponts durables sans faire appel à la conscience de l’être humain ? ».

Reconnu par le Vatican comme un « modèle de diplomatie spirituelle », le guide de Bambilor a rappelé que le Sénégal incarne depuis longtemps une coexistence religieuse exemplaire, citant plusieurs épisodes historiques où la foi a servi de médiation.

« Le Prophète (PSL) établit un pacte à Médine avec les juifs et les chrétiens, garantissant leur liberté et leur sécurité. Le roi Négus d’Éthiopie, chrétien, offrit refuge aux premiers musulmans. Le traité de Hudaybiyya prouva que le dialogue peut être plus fort que la confrontation. Ces exemples montrent que la foi, lorsqu’elle est éclairée, devient une véritable école de diplomatie et de respect », a-t-il rappelé.

Un plaidoyer pour une nouvelle gouvernance morale

La conférence s’est clôturée sur un échange empreint d’émotion entre le Khalife, Mme Binta Ndiaye, présidente du Réseau des Femmes Leaders autour de Thierno (REFLET), et M. Martin Eichtinger, directeur de l’Académie diplomatique.

Dans son mot de clôture, Thierno Amadou Ba a rendu hommage à tous ceux qui œuvrent pour le dialogue et la réconciliation, en particulier les femmes et les jeunes, « conscience vivante de nos sociétés ».

« Que cette rencontre à Vienne marque un tournant vers une nouvelle gouvernance morale de la paix mondiale, où la foi et la raison marchent ensemble, non pour dominer, mais pour servir l’humanité. Nous sommes une famille. Cette maison du dialogue, il nous revient de l’entretenir. La mission est lourde, mais ensemble, nous la réussirons », a-t-il conclu sous les applaudissements.

A. Saleh (avec En Relief)

Extradition- Madiambal Diagne: l’affaire mise en délibéré au 25 novembre 2025

Le tribunal judiciaire de Versailles a annoncé que l’examen de la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises à l’encontre de Madiambal Diagne, président du Groupe Avenir Communication, sera mis en délibéré le 25 novembre 2025. L’homme d’affaires et patron de presse, présent en France, s’est exprimé devant les médias à l’issue de l’audience.

Refusant tout caractère judiciaire à la procédure, M. Diagne a dénoncé une « persécution politique » et fustigé les autorités sénégalaises. « Il n’y a pas d’État de droit quand on emprisonne sa femme et ses enfants. Tout le monde connaît l’état de santé de mon épouse. Mes avocats ont demandé une expertise médicale mais ils ont refusé », a-t-il déclaré. Il affirme par ailleurs que ses conseils Me Bourdon et associés avaient saisi un groupe des Nations Unies sur la détention arbitraire, initiative selon lui « refusée » par la juridiction.

Madiambal Diagne a aussi évoqué ce qu’il présente comme un ciblage personnel : « Sur les 49 sociétés qui ont travaillé avec Ellipse et l’État du Sénégal, on a ciblé ma personne pour me demander d’aller répondre à la justice. Pour lui, cela insinue ce que Ousmane Sonko avait dit : « je vais effacer tout adversaire politique »… On veut nous mettre en prison, nous réduire au silence pour nous oublier là-bas. »

« J’ai dit à cette Cour, ce que je vais vous dire va vous surprendre car : « Vous ne connaissez pas ce Sénégal. Un pays de violations systématiques des droits de la personne, des droits de la démocratie. C’est ce qui se passe actuellement, qu’on le veuille ou non. »

Madiambal Diagne, considéré comme fugitif, a enfin souligné ce qu’il considère comme une inéquité de traitement : « On ne peut pas nous accuser et nous interdire de nous défendre devant les médias. Eux, ils ne l’ont pas fait à l’époque… L’État les avait laissé faire des livres, des émissions à la télévision, et même des conférences de presse pour dire ce qu’ils voulaient. On n’a jamais arrêté leurs épouses ou leurs enfants. »

La décision du tribunal, attendue le 25 novembre, déterminera la suite de la procédure d’extradition demandée par le Sénégal à l’encontre de Madiambal Diagne, actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités sénégalaises.

Synthèse: Ch. S. NDONG

Bassirou Diomaye Faye reçoit le Directeur Afrique du FMI: Vers un nouveau partenariat stratégique

Par Ch. Seck NDONG

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu en audience, ce lundi après-midi, M. Abebe Aemro Selassie, Directeur du Département Afrique du Fonds monétaire international (FMI).

Accompagné du chef de mission du FMI au Sénégal, M. Selassie a salué la qualité du dialogue entre les autorités sénégalaises et l’institution de Bretton Woods. Il s’est félicité de l’excellence des relations de coopération entre le Sénégal et le FMI, soulignant l’état d’avancement encourageant des discussions en cours en vue de la conclusion d’un nouveau programme de partenariat.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement de la collaboration entre le Sénégal et ses partenaires financiers, dans un contexte de mise en œuvre des priorités économiques définies par le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye.

Une victoire institutionnelle et un nouveau départ: Le Parti socialiste se relance et fixe le cap sur 2029

Dakar: Après plusieurs années de turbulences internes, le Parti socialiste (PS) s’affiche à nouveau comme une force politique prête à renouer avec son rôle d’alternative nationale. La récente décision de justice, qui a confirmé la légitimité de sa direction, marque pour ses responsables le point de départ d’un «nouveau chapitre» dans l’histoire du parti.

Pour Abdoulaye Wilane, porte-parole du PS, l’épisode judiciaire n’est pas qu’un règlement de procédure. « C’est la consécration de notre attachement au droit et à la démocratie interne. Nous pouvons désormais nous consacrer à l’essentiel : reconstruire le lien de confiance avec les Sénégalais. », se lâche-t-il.

Le parti entend ainsi renouer le dialogue avec les citoyens autour des préoccupations majeures du moment. L’emploi, le coût élevé de la vie, la sécurité et l’amélioration des services publics. Abdoulaye WILANE de réaffirmer comme, « une force d’expérience et de valeurs au service du peuple ».

2029 en ligne de mire, mais sans précipitation

Interrogé sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2029, Abdoulaye Wilane se veut prudent. Selon lui, « parler de candidature aujourd’hui serait prématuré. Ce qui importe, c’est de restaurer une offre politique crédible, collective et sérieuse. »

Le calendrier interne du PS prévoit un congrès en 2026, puis les élections locales de 2027, considérées comme « la première étape de la reconquête politique ». L’objectif reste clair : présenter un candidat socialiste à la présidentielle de 2029, mais sur la base d’un projet fédérateur et d’un consensus démocratique.

Place à la jeunesse et à la relève

La relance du parti passera aussi par le rajeunissement de ses instances. Le porte-parole appelle à détecter et former de jeunes militants de 16 à 25 ans pour assurer la continuité du mouvement.

« Chaque responsable adulte doit identifier et encadrer les bourgeons socialistes de demain», plaide -t-il, invitant également les anciens cadres et les héritiers des grandes figures socialistes à « s’unir pour redresser le pays et sauver le Sénégal ». Une commission de relance achèvera bientôt ses travaux pour orienter les réformes internes et moderniser le fonctionnement du parti.

Un regard critique sur la gouvernance actuelle

Abdoulaye Wilane n’a pas ménagé le gouvernement, qu’il accuse de manquer de cohérence et de vision économique : « Le gouvernement parle davantage qu’il n’agit. Résultat : le chômage augmente, les prix flambent, et le secteur privé s’essouffle. » Le PS plaide pour un État stratège, orienté vers la production, la stabilité économique et une fiscalité équitable, plutôt qu’un État justificateur focalisé sur la communication.

“Dette cachée” : un débat de méthode plus que de fond

Sur la polémique autour de la « dette cachée », le porte-parole du PS appelle à la nuance. Selon lui, le bond du ratio d’endettement du Sénégal — passé de 73 % à près de 130 % du PIB- s’explique principalement par un changement de méthode comptable intervenu en 2024.

Ce recalcul, conforme aux nouvelles normes du FMI (MSFP 2014), inclut désormais les dettes des entreprises publiques (SENELEC, PETROSEN, La Poste) et les arriérés budgétaires jusque-là exclus des comptes nationaux. « Ce n’est pas une découverte de dettes cachées, mais une sincérisation des comptes publics », insiste Abdoulaye Wilane, appelant à « restaurer la vérité des chiffres pour préserver la crédibilité du Sénégal et la confiance de ses partenaires ».

Un retour aux sources pour une alternative républicaine

Fort de son héritage historique et de son expérience gouvernementale, le Parti socialiste veut désormais redevenir un acteur central de la vie politique. Son ambition: proposer une « alternative républicaine » fondée sur la justice sociale, la transparence et la stabilité. « L’avenir commence dès maintenant », conclut Abdoulaye Wilane, convaincu que le PS peut, d’ici 2029, redevenir le moteur du redressement national.

Par Mohamadou SAGNE

Réouverture du FADP: le CDEPS dénonce une «nouvelle violation flagrante de la loi»

Par A. L. NDIAYE (avec En Relief) 

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) hausse le ton contre le ministère de la Communication, qu’il accuse d’avoir violé la loi et les procédures de sélection des bénéficiaires du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). L’organisation annonce des recours légaux pour rétablir la transparence et défendre les droits des entreprises de presse.

Le torchon brûle à nouveau entre les entreprises de presse et le ministère de la Communication. Dans un communiqué rendu public ce lundi 3 novembre 2025, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) dénonce ce qu’il qualifie de «nouvelle violation flagrante de la loi» dans la procédure de réouverture du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP).

Selon le CDEPS, le ministère a agi en dehors du cadre légal en ignorant les textes et les procédures qui régissent l’attribution des fonds publics destinés au secteur. Une décision perçue par les professionnels des médias comme un nouvel acte d’hostilité après plusieurs mois de tension marquée par des restrictions économiques et une campagne de discrédit visant la presse indépendante.

«Après l’échec de la campagne de dénigrement et de diabolisation de la presse, plus personne n’est convaincu par les arguments et les intentions déclamées par l’État», souligne le communiqué.

Le CDEPS estime que les véritables motivations derrière ces décisions sont politiques, et visent à affaiblir économiquement les organes de presse jugés critiques envers le pouvoir. L’organisation annonce ainsi son intention de saisir les instances compétentes et d’engager toutes les actions légales nécessaires pour faire respecter la loi et garantir la transparence dans la gestion du FADP.

Cette nouvelle sortie du CDEPS s’inscrit dans un contexte de méfiance accrue entre la presse et le gouvernement, sur fond de débats autour de la liberté d’expression et du pluralisme médiatique au Sénégal.

 

 

4ème anniversaire du Parti Awalé: Forte affluence au CICES pour le Dr Abdourahmane Diouf et son parti

Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Dr Abdourahmane Diouf, a célébré ce dimanche au CICES le quatrième anniversaire de son parti Awalé. Une cérémonie marquée par une forte mobilisation de militants et la présence de plusieurs personnalités politiques.

Le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES) a vibré, ce dimanche, aux couleurs du parti Awalé. Son président, Dr Abdourahmane Diouf, par ailleurs ministre de l’Environnement et du Développement durable, y a présidé la cérémonie du 4e anniversaire de la formation politique qu’il a fondée.

Dès les premières heures, la foule a afflué vers le site, démontrant la capacité de mobilisation du parti et l’ancrage de son leader sur la scène politique nationale. Pancartes, chants et slogans à la gloire du mouvement Awalé ont accompagné l’arrivée du ministre, saluée par de chaleureux applaudissements.

L’événement a également été marqué par la présence de l’ancienne Première ministre Aminata Touré, aujourd’hui Haute Représentante du Président de la République, qui a tenu un discours apprécié du public. Son intervention, centrée sur les valeurs de travail, d’intégrité et de patriotisme, a trouvé un large écho parmi les militants et sympathisants.

Prenant la parole à son tour, le Dr Abdourahmane Diouf a salué l’engagement de ses partisans, rappelé les fondements d’Awalé et renouvelé son attachement à la vision d’un Sénégal «vert, juste et solidaire». Il a réaffirmé la volonté de son parti de contribuer activement à la transformation économique et écologique du pays.

Dans une ambiance festive et militante, les participants ont célébré les réalisations du parti, tout en se projetant vers les prochains défis politiques. Ce quatrième anniversaire marque ainsi une étape symbolique dans la consolidation d’Awalé sur l’échiquier national. Par A. L. NDIAYE (avec En Relief) 

 

Effets du changement climatique…: l’alerte du malien Issa Guindo Président de l’ONG AMAY

Palmarin: Président de l’ONG AMAY (Association malienne d’appui aux initiatives locales), Issa Guindo a profité d’une visite dans le Delta du Saloum pour alerter sur les effets du changement climatique, visibles aussi bien au Sénégal qu’au Mali.

À Palmarin où nous l’avons rencontré, en marge d’un forum sur comment: « Repenser la préservation de la biodiversité à partir du Delta du Saloum : entre enracinement humain et héritage ancestral », Issa Guindo en appelle à une mobilisation concertée et à des solutions enracinées dans les réalités locales.

«Le changement climatique n’est plus une menace abstraite, c’est une réalité vécue par nos communautés, du Mali au Delta du Saloum», a d’emblée affirmé le Président de l’ONG AMAY.

Une érosion visible et inquiétante

Sur les côtes du Saloum, la montée des eaux laisse des traces irréversibles. « Ce qui frappe immédiatement, c’est la réalité de l’érosion côtière », observe Issa Guindo. « Les terres agricoles disparaissent, les habitations sont menacées. Tout cela résulte directement du réchauffement global : les glaciers fondent, le niveau de la mer monte, et ce sont les populations locales, pourtant peu responsables des émissions de gaz à effet de serre, qui en paient le prix fort », souligne-t-il.

Il dit avoir noté des initiatives locales mais qui encore fragiles. Et face à la progression de la mer, plusieurs actions communautaires ont vu le jour, comme les piquetages pour freiner l’avancée des vagues. Mais ces efforts restent limités.

« Donc, il faut aller plus loin », plaide-t-il tout en insistant sur le fait, « que les réponses doivent être durables, coordonnées et centrées sur l’humain. Le phénomène dépasse les frontières, il exige alors des actions communes entre pays et communautés. »

Mali–Saloum : deux contextes, une même urgence

Originaire du Mali, Issa Guindo compare les deux réalités climatiques : « Chez nous, les effets se traduisent surtout par la désertification, la sécheresse et la dégradation des terres. Mais nous subissons aussi d’autres conséquences : l’évaporation du Niger et du fleuve Sénégal, l’ensablement, et même des inondations dues aux pluies intenses ».

Ainsi pour Issa Guindo, « ces situations se rejoignent. Les habitants du Mali comme ceux du Saloum font face au même défi. C’est la survie de leurs territoires et il faut reconnaître que l’expérience du Delta peut inspirer des actions au Mali, et inversement ».

Des solutions endogènes à valoriser

Pour autant Issa Guindo est convaincu que les communautés détiennent une partie des solutions. «Le changement climatique est un problème mondial, mais les réponses doivent aussi venir des populations elles-mêmes. Elles possèdent un savoir-faire, une capacité d’adaptation qu’il faut reconnaître et soutenir », souligne-t-il.

Il appelle à une approche combinée entre science, politique et traditions locales, tout en admettant la difficulté du combat. « Et qui plus est, les équilibres géopolitiques sont fragiles et certains décideurs continuent de nier la réalité climatique. Mais, en connaissance de cause pour avoir visité certaines zones, allez dire cela aux habitants de Sangomar, de Dionewar ou de Marlodj, qui voient leurs terres englouties ! Ces gens vivent le changement climatique chaque jour ».

Un appel à la solidarité internationale

Enfin, le président d’AMAY en appelle à l’action collective. Et selon lui, « il faut agir maintenant. Multiplier les plaidoyers, unir nos stratégies et faire entendre nos voix jusqu’au plus haut niveau. Nous devons défendre nos territoires, nos moyens de subsistance et surtout préparer un avenir viable pour nos enfants. »

C’est dire que son message est clair. La lutte contre le dérèglement climatique ne se gagnera que dans la solidarité. « La solution ne viendra pas d’un seul pays, mais d’un engagement commun pour la planète », conclut Issa Guindo.

Entretien réalisé par Mohamadou SAGNE

Préservation de la biodiversité et justice climatique: Palmarin au cœur d’un plaidoyer pour un avenir durable

Palmarin Ngounoumane (Fatick): Le Delta du Saloum, classé patrimoine mondial de l’UNESCO et joyau écologique du Sénégal, a accueilli vendredi dernier un important panel consacré à la préservation de la biodiversité et à la justice climatique.

Organisée par la Fondation Rosa Luxemburg Stiftung en partenariat avec la Plateforme nationale des acteurs pour une justice climatique (PNA-JC), la rencontre s’inscrivait dans le cadre de l’École du Climat 2025 et a réuni chercheurs, responsables institutionnels, organisations communautaires et acteurs environnementaux.

L’objectif était de réfléchir ensemble à des solutions durables pour protéger un écosystème menacé par la salinisation, l’érosion, la perte d’espèces et les perspectives d’exploitation pétrolière.

Nécessité de trouver un équilibre

Les discussions ont mis en avant la nécessité de conjuguer savoirs traditionnels et solutions scientifiques pour préserver cet espace unique. Femmes transformatrices, jeunes acteurs et anciens du Delta ont partagé leurs expériences, mais aussi leurs inquiétudes face aux transformations rapides du littoral.

Pour le Dr Ibrahima Thiam, chargé de programme à la Fondation Rosa Luxemburg, le choix du Delta du Saloum ne doit rien au hasard. « Ce patrimoine mondial nous rappelle que la conservation commence par nous-mêmes. On ne peut pas parler de changement climatique sans parler de biodiversité », a-t-il souligné.

La Fondation entend, selon lui, jouer un rôle de facilitateur, en accompagnant des solutions endogènes à travers des formations, forums et plaidoyers en faveur d’une justice climatique inclusive.

Une justice climatique à trois niveaux

Le Dr Thiam a rappelé que la justice climatique s’articule à trois échelles : locale, en responsabilisant les communautés ; nationale, à travers le dialogue avec les politiques publiques ; et internationale, via le plaidoyer lors des grandes conférences mondiales, notamment les COP.

Chaque année, la Fondation soutient la participation d’acteurs communautaires à ces rencontres pour porter la voix des populations les plus vulnérables.

“Pertes et dommages” : le plaidoyer avant la COP30

Le coordonnateur de la PNA-JC, Cheikh Fadel Wade, a insisté sur l’importance de renforcer le plaidoyer autour du mécanisme des fonds pertes et dommages, destiné à compenser les impacts du changement climatique.

«L’Afrique ne contribue qu’à moins de 4 % des émissions mondiales, mais elle en subit les pires conséquences », a-t-il rappelé.

En prélude à la COP30 prévue à Belém (Brésil) le 10 novembre prochain, la délégation sénégalaise souhaite défendre les droits des communautés côtières du Delta et des îles voisines, particulièrement touchées par l’érosion, la submersion et la perte de terres.

Selon Aïssatou Diouf d’Enda Énergie, environ 250 millions de dollars devraient être mobilisés d’ici 2026 pour soutenir les populations affectées. Mais pour Cheikh Fadel Wade, un préalable s’impose selon elle, « avant de distribuer les fonds, il faut identifier qui a perdu quoi. Sans cela, la justice climatique restera un slogan. »

Entre fragilité et résilience : un avenir à reconstruire

Les échanges ont également mis en lumière les limites des politiques nationales, souvent freinées par un manque de ressources. À titre d’exemple, la construction d’un mur de protection à Rufisque, long de seulement 700 mètres, a coûté près de 4 milliards de francs CFA. Une réalité qui renforce l’appel à une coopération internationale accrue pour financer l’adaptation et renforcer la résilience des zones côtières.

Pour le Directeur des Parcs nationaux, Ibrahima Gueye, l’urgence n’est plus à démontrer : « nous avons dépassé l’étape des preuves. Les impacts du climat sur les populations sont évidents, notamment ici à Palmarin, frappé de plein fouet par l’érosion côtière depuis deux décennies », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur la reconnaissance des savoirs endogènes, citant les travaux de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) dont: « 80 % de la biodiversité mondiale est aujourd’hui préservée grâce aux savoirs traditionnels. Il est temps de les considérer comme un véritable outil scientifique dans nos stratégies locales».

Un appel collectif pour le Delta du Saloum

En conclusion, les participants ont lancé un appel à repenser la préservation du Delta du Saloum en valorisant l’héritage ancestral et en adoptant une approche multisectorielle intégrant à la fois les dimensions environnementales, sociales et économiques.

Un message fort, à l’image de la résilience des communautés locales, véritables gardiennes d’un savoir écologique ancestral.

M. SAGNE (avec En relief) 

Une délégation du Ps reçue par Mgr Andre Guèye: un appel partagé à l’unité et à la paix nationale

Dakar: Conduite par sa Secrétaire générale, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, une délégation du Parti socialiste (PS) a été reçue vendredi par Mgr André Gueye, Archevêque de Dakar. La rencontre, placée sous le signe du dialogue et de la cohésion nationale, s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de respect et de fraternité.

Mme Ndiaye a salué le rôle historique de l’Église catholique dans la formation, la santé et la promotion des valeurs morales, soulignant qu’elle demeure « un pilier essentiel de la cohésion nationale ». Elle a réaffirmé l’attachement du PS à un dialogue fécond entre les forces spirituelles et politiques, rappelant l’héritage de Léopold Sédar Senghor et son idéal d’un « socialisme du cœur », fondé sur la dignité, la justice et la solidarité.

En réponse, Mgr André Gueye s’est félicité de cette démarche, qu’il a qualifiée de «signe fort d’une volonté commune de bâtir un Sénégal de paix et de fraternité». L’Archevêque a encouragé le maintien d’un dialogue permanent entre les institutions religieuses et politiques, estimant que, «le développement durable du pays repose sur l’unité de ses fils et la recherche du bien commun».

Il a enfin assuré la délégation de ses prières pour la stabilité du Sénégal, invitant chacun à « cultiver la justice, la vérité et le respect mutuel », fondements, selon lui, « d’une nation véritablement unie et pacifique».

Synthèse de Mohamadou SAGNE 

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