mercredi, septembre 9, 2026
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Le Sénégal, un pays économiquement, financièrement et socialement au bord du blocage !

Merci, mon cher ami, pour ta contribution et surtout pour les questions essentielles que tu poses.

  1. Une accusation politicienne aux conséquences économiques désastreuses

Une accusation à des fins purement politiciennes, animée par un esprit de revanche contre le régime de Macky Sall, nous a conduits à cette impasse économique, financière et budgétaire.

À l’époque, j’avais écrit un post pour dire qu’Ousmane Sonko venait «de marquer un but contre son camp» – contre le Sénégal, les Sénégalais et son propre régime.

  1. La prétendue “transparence” et ses effets dévastateurs

 La suite m’a donné raison.

Qu’a donc gagné le Sénégal dans cette fameuse “transparence” autour de la “dette cachée” révélée par l’actuel régime ?

Rien, sinon un bavardage nauséabond, malsain et dégradant pour la crédibilité internationale du Sénégal, de son administration et de ses élites.

Aujourd’hui :

Le taux de fiscalité est passé de 19 % à 23–30 % du PIB, supporté essentiellement par ceux qui produisent la richesse : entrepreneurs, travailleurs et consommateurs sénégalais.

  • Les subventions à l’énergie ont été réduites de 30 à 40 %, selon les projections du budget 2026, avec des conséquences négatives sur les tarifs de l’électricité, du gaz, des produits pétroliers et des transports.
  • La note souveraine du Sénégal a été dégradée sur les marchés financiers par les agences Moody’s et Standard & Poor’s.
  • Le taux d’endettement est passé de 75 % à 132 % du PIB en à peine 15 mois.
  • Un régime qui se réclame “souverainiste” court depuis plus d’un an derrière le FMI pour obtenir un accord de partenariat… en vain.

Résultat : un pays économiquement, financièrement et socialement bloqué depuis 15 mois !

  1. La dette “cachée” : un problème de méthodologie, pas de morale

 Les techniques et méthodologies de comptabilité nationale ne sont jamais neutres.

Le débat sur la “dette cachée”, qui nous empoisonne depuis plus d’un an, est avant tout une question de méthode.

Deux approches existent :

  • Le SIGFIP (Système Intégré de Gestion des Finances Publiques), utilisé par le régime du président Macky Sall.
  • Les IPSAS (International Public Sector Accounting Standards), adoptées par le régime actuel.

Ces deux méthodes ne donnent pas les mêmes résultats.

Chaque gouvernement est souverain dans son choix méthodologique. Si le précédent régime avait opté pour le SIGFIP, le nouveau peut préférer l’IPSAS, mais sans rétroactivité — un principe fondamental de droit.

Or, le régime actuel a adopté l’IPSAS et l’a appliquée rétroactivement à partir de 2019, avec le soutien du FMI, qui a curieusement changé de position après avoir validé la méthode précédente.

  1. Quelle méthode de calcul pour un pays pauvre comme le Sénégal ?

Le Sénégal n’a aucun intérêt, en tant que pays à faibles revenus, à adopter une méthodologie qui intègre automatiquement :

  • la dette des entreprises parapubliques,
  • et les lettres de confort accordées au secteur privé.

Une telle approche gonfle artificiellement le taux d’endettement, passé de 75 % à 132 % du PIB en seulement 15 mois.

Elle réduit la capacité budgétaire de l’État, donc ses investissements publics, qui représentaient 20 % de l’investissement global sous Macky Sall et sont aujourd’hui quasiment symboliques.

L’État, désormais incapable de garantir le parapublic ou de soutenir le secteur privé, freine la dynamique d’investissement nationale.

Notre secteur privé n’ayant pas encore atteint un niveau de maturité suffisant, il dépend encore du soutien de l’État.

Faute de cela, nous livrons nos marchés, pieds et poings liés, aux entreprises chinoises, turques, indiennes, marocaines, européennes, etc.

La souveraineté économique suppose des choix clairs, forts et efficaces en faveur du secteur privé national, à travers des mesures discriminatoires positives.

Le mode de calcul de la dette publique est, à ce titre, un levier essentiel.

  1. Le FMI : partenaire des créanciers, pas du développement

Le rôle du FMI n’a jamais été, ni hier, ni aujourd’hui, ni demain, celui d’un organisme de développement des pays pauvres. Nous le savons tous.

Sa mission principale est de servir les créanciers internationaux, en veillant à ce que nos pays soient en mesure de rembourser leurs dettes extérieures, quel qu’en soit le coût humain ou social.

C’est exactement ce que vit aujourd’hui le Sénégal : une asphyxie économique et sociale.

Enfin, lorsque Sonko parlait de “dette cachée”, il insinuait que les responsables de l’ancien régime avaient détourné ces fonds.

Or, ni lui, ni l’actuel régime, ni même le FMI n’évoquent plus cette thèse — faute de preuves.

Jummah Moubarak à tous !

Dakar, le 07 novembre 2025

Youssou Diallo

Président du Club Sénégal Émergent

 

Simal célèbre sa première course à pied: Un élan sportif et solidaire pour l’accès à l’eau

Simal (commune de Fimela): – Dans une ambiance à la fois festive et solidaire, le petit village de Simal, niché au cœur de la commune de Fimela, a accueilli sa toute première course à pied. Une initiative portée par Christel Pinaud, entrepreneure française engagée au Sénégal, et Mallé Faye, fils du terroir, avec la collaboration d’Agnès, Lamine et de nombreux habitants du village.

Sous un soleil clément et dans une atmosphère de partage, plus d’une cinquantaine de participants ont pris le départ de cette première édition, répartis sur quatre épreuves : 5 km hommes, 3 km femmes (course et marche), 1 km enfants, faisant de cette journée un véritable rendez-vous intergénérationnel.

La Croix-Rouge locale était mobilisée pour assurer le dispositif de sécurité, tandis que les habitants, venus en nombre, encourageaient les coureurs tout au long du parcours.

Des partenaires engagés des deux rives

Cet événement sportif, au-delà du plaisir de la course, s’inscrit dans une démarche solidaire. Les lots offerts provenaient aussi bien du Sénégal que de la France : coupes, tee-shirts, produits cosmétiques, et dons numéraires.

Parmi les sponsors figurent plusieurs entreprises françaises et sénégalaises : Française des Jeux, Suez, VM Matériaux Poitiers, Leroy Merlin Chasseneuil-du-Poitou, Melamossa (Dakar), ainsi que des donateurs privés.

 Courir pour l’eau : 10 puits à construire d’ici avril 2026

L’objectif de cette course dépasse largement le cadre sportif. Les bénéfices récoltés permettront de financer la construction de dix puits pour les familles de Simal qui n’ont pas encore accès à l’eau potable.

«Notre but est d’améliorer le quotidien des Simalois, en particulier des femmes et des enfants », explique Christel Pinaud, à l’origine de l’association Les Gazelles Ô Grand Cœur. « Nous voulons que chaque foyer ait un accès direct à l’eau avant avril 2026.», souligne-t-elle.

 Une Française au grand cœur, investie à Simal

Installée entre la France et le Sénégal, Christel Pinaud n’en est pas à son premier engagement. Fondatrice du cabinet CCHP Beespoke Consulting, elle accompagne les entrepreneurs du secteur des industries créatives à travers l’Afrique – du Sénégal à Madagascar, en passant par la Mauritanie et le Nigeria.

Elle a découvert le Sénégal lors de sa participation à la Sénégazelle, course caritative féminine mêlant sport et solidarité. C’est à cette occasion qu’elle s’est liée d’amitié avec les habitants de Simal. «Chaque fois que je reviens, j’essaie de lancer une action : pour les enfants, les jeunes ou les artisanes de Simal », confie-t-elle. « Avec Mallé Faye, nous voulons aider la population à devenir indépendante et à réaliser ses rêves. »

Son engagement s’étend aujourd’hui à la formation, au coaching de marques sénégalaises et à la création d’activités génératrices de revenus dans la commune de Fimela.

Rendez-vous en 2026 pour la deuxième édition

Fort du succès de cette première édition, les organisateurs ont déjà donné rendez-vous aux coureurs et aux bénévoles pour la seconde édition de la course de Simal en octobre 2026. Ce sera une nouvelle occasion de conjuguer sport, solidarité et développement local dans cette localité du Sine Saloum, où chaque foulée compte pour un avenir plus durable.

Par Mohamadou SAGNE

Keur Massar Nord: Adama Sarr au chevet des populations

Le maire de Keur Massar Nord, Adama Sarr, a lancé la deuxième phase du programme « Dadié ak sa Maire » dans la zone d’Apix.

Accompagné de ses adjoints, des membres de son cabinet et des chefs de services municipaux, l’édile a voulu aller à la rencontre directe des habitants afin d’échanger avec eux, d’écouter leurs préoccupations et de recueillir leurs priorités.

Placée sous le signe du dialogue et de la participation citoyenne, cette rencontre de proximité a permis aux riverains d’exprimer leurs doléances, notamment sur le renforcement de l’éclairage public, la construction d’une école primaire et l’amélioration du cadre de vie.

Dans son intervention, le maire Adama Sarr est revenu sur les réalisations majeures de son équipe municipale : la réhabilitation du tronçon Boune–Tenba, longtemps source d’embouteillages, la mise en place de plus de 2 000 lampadaires pour renforcer la sécurité, la construction d’une école primaire à la Cité Gendarmerie 2, la clôture des écoles des unités 13, 11, 14 et 16, l’achat d’une photocopieuse multifonctionnelle pour l’IEF, la dotation en fournitures scolaires aux vingt écoles primaires de la commune, ainsi que des subventions de 8 millions F CFA aux étudiants et aux ASC et clubs sportifs.

Parmi les projets en cours, figurent la construction de postes de santé à Hamdallaye et Darou Misette, ainsi qu’une salle de piscine municipale, entre autres infrastructures sociales destinées à améliorer le quotidien des populations.

À travers cette initiative citoyenne, le maire Adama Sarr réaffirme sa vision d’une gouvernance de proximité, fondée sur la transparence et la participation des habitants. Son engagement sur le terrain illustre sa volonté de bâtir, avec les populations, une commune moderne, solidaire et durable.

Par Ibrahima Fall Ebé

Pierre Edouard: L’élégance de la rigueur loin du vacarme mercantile- (Par Lansana Gagny Sakho)

Le Pca de l’Apix, Lansana Gagny Sakho s’est fendu d’un post pour rendre hommage au journaliste nouvellement démissionnaire de Walfadjri, Pierre Edouard Faye.

Texte in extenso

Dans un monde médiatique parfois saturé de bruit et de course au sensationnel, Pierre Edouard incarne une autre voie : celle de la rigueur, de la dignité et du respect du public. Journaliste engagé, il ne cherche ni le buzz ni la complaisance, mais la vérité, la nuance et la construction collective.

À l’abri des rêves fous de lambris dorés, loin des projecteurs faciles, Pierre Edouard exerce son métier avec une constance admirable. Les plateaux de Pierre Edouard ne sont pas des arènes, mais des espaces. On ne peut donc pas condamner tous les journalistes. Certains, comme Pierre Edouard, font leur travail avec dignité, discrétion et exigence.

À plusieurs reprises, j’ai eu l’honneur d’être invité sur ses plateaux. À chaque fois, nos échanges ont été marqués par une écoute attentive, une préparation minutieuse et une volonté sincère de faire émerger le sens derrière les faits.

Chaque échange fut un moment de clarté, de profondeur et de respect mutuel. Pierre Edouard ne pose pas des questions pour piéger, mais pour éclairer. Il ne cherche pas à vendre une émotion, mais à faire émerger une pensée.

C’est cette posture rare et précieuse qui le distingue des logiques mercantiles trop souvent dominantes.

Ces qualités discrètes mais essentielles qui font de Pierre Edouard un acteur précieux de notre vie publique. Il faut également rendre hommage à Walf en particulier MoustaphaDiop qui en véritable professionnel n’a jamais été dans une logique d’influence…

Alors qu’il s’apprête à relever un nouveau défi au Fongip, je tiens à lui adresser mes félicitations les plus sincères. Que cette mission soit à la hauteur de son exigence, de son intégrité et de son sens du service public.

Merci, Pierre Edouard, pour ton professionnalisme, ta constance et ta capacité à faire vivre le débat avec élégance.

« Jël liñu Moom »: Les nationalistes marquent leur territoire à Dakar  

La coordination départementale du parti « Jël liñu Moom – Les Nationalistes » de Dakar a organisé, ce samedi, une journée de massification et de vente de cartes de membre.

La caravane, à laquelle ont pris part le coordonnateur de Hann-Bel-Air, la coordinatrice de Ouakam, Dieumbe Sy Tall, ainsi que la coordinatrice de la Patte-d’Oie, Mme Awa Diarra, entre autres responsables, est partie des Allées Papa Guèye Fall jusqu’au centre-ville, en passant par le Crédit Foncier.

Selon le coordonnateur départemental du parti, Ibrahima Ndiaye, cette activité a permis d’enrôler un grand nombre de nouveaux adhérents.

« Aujourd’hui, nous avons organisé une caravane de massification et de vente de cartes à Dakar, en compagnie des coordinateurs communaux et départementaux de Nioro et de Guédiawaye, du responsable des jeunes, de la présidente nationale des femmes, du président du mouvement national des enseignants, ainsi que de nombreux militants et sympathisants du parti Jël liñu Moom – Les Nationalistes », a déclaré M. Ndiaye.

« Nous avons suivi l’itinéraire des Allées Papa Guèye Fall jusqu’à Keur Serigne bi, en passant par le Crédit Foncier où nous avons échangé et enrôlées des mécaniciens de la zone. Plus de 500 cartes de membre ont été vendues. Nous avons rencontré beaucoup de citoyens qui adhèrent pleinement à notre projet politique, ainsi que d’autres qui souhaitaient voir Tahirou Sarr à nos côtés sur le terrain. Malheureusement, son agenda chargé ne lui a pas permis d’être présent. Mais nous avons été très bien accueillis par les populations, avec enthousiasme et chaleur. C’était une journée exceptionnelle, marquée par une forte mobilisation, malgré les appels du Premier ministre et de l’opposition sénégalaise ».

La caravane, qui s’est déroulée en présence du coordinateur national, Thierno Sarr, a pris fin au centre-ville de Dakar.

Les nationalistes comptent poursuivre prochainement cette dynamique de mobilisation et d’engagement de leurs membres et sympathisants, à travers des actions visant à renforcer la participation citoyenne, notamment lors des campagnes d’inscription sur les listes électorales.

Par A. Saleh

Pêches et conditions de travail: Dr Fatou Diouf au chevet des acteurs du secteur à Dakar

Par Ch. Seck NDONG

Le ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Dr Fatou Diouf, a effectué une visite de travail ce jeudi 6 novembre 2025 à Dakar. Elle s’est rendue au Marché central au poisson, au Quai de pêche de Soumbédioune et au Quai de pêche de Yoff.

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la politique de proximité avec les acteurs de la pêche. La ministre a pu constater les conditions de travail des pêcheurs et des mareyeurs, ainsi que les infrastructures maritimes.

Au Marché central au poisson, Dr Fatou Diouf a visité le chantier d’assainissement et de rénovation en cours. Elle a salué l’important travail réalisé par le directeur pour résoudre les problèmes d’hygiène et de salubrité. Le marché central au poisson, a-t-elle rappelé, c’est un réceptacle, donc une forme de cuvette qui drainait des eaux en périodes de l’hivernage. «En ces périodes-là, nous avions beaucoup de Problèmes d’hygiène et de salubrité, surtout dans un endroit où on vend des produits qui sont destinés à la consommation humaine», a relevé le ministre. C’est pourquoi elle a salué l’important travail qui a été réalisé par le directeur. «Vous avez vu avec moi que le problème d’assainissement est oublié. Aujourd’hui, aussi nous travaillons à améliorer les conditions de travail des femmes qui sont là-bas, surtout au niveau du marché Diola. Le département ministériel s’est engagé à le réceptionner», a-t-elle rassuré.

Au Point de Débarquement Aménagé (PDA) de Soumbédioune, la ministre a remercié le Royaume du Maroc pour le don de cette infrastructure évaluée à 3 milliards de francs CFA. Elle a annoncé que les travaux de mise en service sont en cours et que l’inauguration se fera prochainement.

Enfin, au Quai de pêche de Yoff, Dr Fatou Diouf a félicité les acteurs pour les réalisations importantes faites avec leurs fonds propres. Elle a encouragé les autres acteurs à adopter cette démarche de gestion et d’entretien des infrastructures portuaires. Ainsi, le ministre, Dr Fatou Diouf, a remercié et félicité le responsable du Quai de pêche de Yoff, Diabel Mbéguéré, et toute son équipe, exprimant ainsi sa satisfaction en tout cas des résultats de cette visite.

 

 

Macky Sall charge violemment le nouveau pouvoir: «La République se dérobe»

Lors de la cérémonie d’installation du Secrétariat Exécutif National de l’APR, présidée par Me Sidiki Kaba au nom de Macky Sall, l’ancien chef de l’État a adressé un message au vitriol contre le régime en place. Dans un ton grave et offensif, il accuse les nouveaux dirigeants d’agresser les libertés démocratiques et de détruire «le formidable héritage» qu’il dit avoir laissé au Sénégal.

Réunis ce jeudi à Dakar pour l’installation du Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance pour la République (APR), les responsables du parti ont reçu le message du Président Macky Sall, transmis par Me Sidiki Kaba.

Au nom de leur leader, l’ancien Premier ministre a déclaré ouverts les travaux du SEN, précisant que cette instance sera chargée de « préparer des dossiers politiques, économiques, sociaux et géopolitiques ».

Mais c’est surtout le ton du message de Macky Sall qui a retenu l’attention. Dans un discours au vitriol, l’ancien président n’a pas mâché ses mots contre le régime actuel. « Nous constatons que son addiction à la violence et le déni des valeurs constituent des menaces à notre cohésion nationale », a-t-il fustigé.

«Le nouveau pouvoir a déçu une bonne partie de la population. Pire encore, il agresse les libertés démocratiques élémentaires et anéantit les avancées conquises par le peuple sénégalais. La République se dérobe », a-t-il poursuivi, visiblement amer.

Se présentant comme le gardien d’un héritage politique et institutionnel qu’il juge menacé, Macky Sall met en garde contre « l’amateurisme et la haine » du nouveau régime, tout en appelant ses partisans à rester debout. «Le formidable héritage que j’ai légué à mon pays ne saurait être détruit. Vous pouvez être fiers de vous», a conclu Me Sidiki Kaba, porte-parole du Président de l’APR.

Cette cérémonie, ponctuée de motions de soutien et de critiques sévères contre le pouvoir, marque ainsi le retour en première ligne d’un Macky Sall offensif, décidé à reconstruire une opposition structurée face à ce qu’il qualifie de régime «populiste et incompétent».

Face aux députés: Abdourahmane Sarr a présenté le rapport économique

Le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr a présenté son rapport économique et financier du projet de loi des finances 2026.

 Comme le veut la tradition, pour mieux appréhender les conditions d’élaboration du projet de LFI 2026, le propos du ministre a porté sur les performances économiques du Sénégal sur les dix dernières années ainsi que sur les développements économiques et les perspectives économiques et financières aux niveaux national et mondial pour les années 2025 et 2026.

Le REF annexé au projet de loi de finances initiale de l’année 2026 a été élaboré dans un contexte marqué par un ralentissement de l’activité économique mondiale, a-t-il déclaré. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance mondiale devrait s’établir à 3,2% en 2025 et 3,1% en 2026, contre 3,3% en 2024, a noté M. Sarr. Ce ralentissement est le résultat de la persistance des incertitudes et de la montée du protectionnisme.

« Face à la complexité de la situation extérieure, aux contraintes budgétaires nationales et internationales, et à la nécessité de changer de paradigme, notre pays a fait le choix d’une croissance résiliente et inclusive, portée par un secteur privé compétitif dans des pôles de développement attractifs, sur fond de stabilité du cadre macroéconomique et de consolidation du capital humain », fait remarquer le ministre.

 PLAN DE REDRESEMENT ECONOMIQUE

Le contexte intérieur est marqué par la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation et du Plan de Redressement économique et social (PRES), la finalisation des Lettres de Politique sectorielle dans tous les départements ministériels et l’élaboration de la Stratégie nationale de Développement du Secteur privé et de Promotion de l’Investissement (SNDSPI), a-t-il rappelé.

« Cette tendance lourde reflète les problèmes structurels de compétitivité de l’économie et exige un redressement économique avec, notamment, le développement du secteur privé et l’assainissement de nos finances publiques, tout en protégeant les couches sociales les plus vulnérables. Il s’agira également de donner un signal positif aux marchés financiers internationaux et de mobiliser à nouveau des financements extérieurs à des conditions plus favorables », selon M. Sarr.

Il a fait une analyse rétrospective de la situation économique de notre pays sur la période 2014-2024. « Sur cette période, l’activité économique a crû de 5,5% en moyenne annuelle contre 3,3% entre 2000 et 2013. Plus précisément, la croissance du PIB non agricole a entamé une décélération depuis 2018 (avant la Covid 19) passant de 5,8 % en 2017 à 3,5% en 2024. Depuis 2022, la croissance du PIB non agricole s’est inscrite dans une fourchette comprise entre 3% et 4%, soit légèrement supérieure au taux de croissance démographique. Cette décélération de la croissance a principalement résulté d’une productivité en baisse ».

Du côté de l’offre, il a expliqué que l’activité a été marquée par un secteur manufacturier qui s’est inscrit sur une tendance baissière, avec un recul progressif du poids du tissu industriel dans le PIB. Il est passé de 21% du PIB en 2004 à 13,8% du PIB en 2024. Cette situation témoigne de l’échec de la transformation structurelle de l’économie et d’une désindustrialisation progressive et précoce.

Relativement à la demande, la croissance a été portée par les investissements qui ont crû de 12,2% sur la période, à la faveur notamment des projets d’infrastructures de transport et d’énergie. Ces investissements massifs n’ont cependant pas permis de générer suffisamment de croissance économique puisqu’ils sont intensifs en importations. Cette faible croissance reflète également un problème d’inefficacité, comme en atteste un ICOR (Le taux d’investissement par unité de croissance) de 5,4 au Sénégal contre 3,9 pour la Côte d’Ivoire.

BON COMPORTEMENT DES BIENS ET SERVICES

Toutefois, remarque-t-il, les exportations de biens et services se sont bien comportées avec une croissance moyenne annuelle de 5,5% sur la période en liaison avec le dynamisme des ventes d’or et des produits halieutiques. Cette évolution est atténuée par une progression moindre des produits manufacturés qui n’ont crû que de 3,6% sur la période. Cette faible performance reflète des problèmes de compétitivité de l’économie.

Ce faible niveau de compétitivité conjugué à une dégradation des équilibres budgétaires a conduit à un déficit extérieur courant supérieur à 10% du PIB en moyenne sur la période. A cela s’ajoute une demande intérieure soutenue par le secteur public qui a enregistré sur la période des déficits budgétaires très élevés et une accumulation rapide de la dette publique (119% en 2024), réduisant les marges de manœuvre budgétaires.

Cette transformation systémique portée par le Président de la République exige le recentrage de l’action publique pour donner plus d’espace au Secteur privé, aux citoyens et aux collectivités locales, a-t-il annoncé. « Elle s’appuiera sur la réforme de la gouvernance des services publics. C’est pourquoi, la Stratégie nationale de Développement du Secteur privé et de Promotion de l’Investissement (SNDSPI) qui opérationnalise la Stratégie nationale de développement a été élaborée ». La SNDSPI se décline en trois (3) piliers : la compétitivité des pôles territoires ; la facilitation des affaires et de l’investissement privé ; et l’appui à l’entreprise.

CROISSANCE ECONOMIQUE A 7,8 %

Avant de revenir sur les chiffres clés de 2026, je dois signaler que la croissance économique en 2025 est estimée à 7,8% contre 6,1% en 2024. Cette situation résulterait d’une forte progression de la production d’hydrocarbures malgré le ralentissement de l’activité économique hors agriculture et hydrocarbures, observé depuis 2017.

Le début de l’exploitation du gaz et la production de pétrole en année pleine ont conduit à une hausse de la production d’hydrocarbures de 110,6%, consacrant définitivement l’entrée du Sénégal dans le cercle des pays exportateurs de pétrole et de gaz (OPEP).

S’agissant du sous-secteur agricole, il devrait enregistrer une performance avec un taux de croissance attendu à 8,2%, à la faveur de bonnes conditions climatiques et de l’efficacité dans la mise en œuvre du Programme agricole qui a été porté à 130 milliards FCFA.

En revanche, hors agriculture et hydrocarbures, l’activité économique n’a progressé que de 3,7% contre 3,5% en 2024, soit une légère amélioration de 0,2 point de PIB imputable à l’accélération du secteur secondaire hors hydrocarbures de 4% contre 2,9% en 2024.

En 2026, l’environnement international devrait être marqué par la poursuite de la baisse des cours des matières premières énergétiques (- 4,5%).

Sur le plan interne, la bonne campagne agricole de 2025 devrait générer des effets induits positifs en matière de distribution de revenus et de soutien à la demande privée, notamment au profit du secteur agroalimentaire et celui de la construction.

Par ailleurs, l’année 2026 devrait marquer l’organisation pour la première fois en Afrique des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) en novembre 2026.

Son organisation nécessite un programme d’investissement qui sera finalisé au courant de l’année 2026.

Cet évènement constituera un levier majeur, stimulant la demande dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration, du transport ainsi que de l’agroalimentaire, de l’avis du ministre du Plan.

Selon lui, l’exécution du Plan de Redressement économique et social devrait restaurer les marges de manœuvre budgétaire à l’Etat et renforcer la demande intérieure. Celle-ci bénéficierait également de la baisse des cours des matières premières devant soutenir le pouvoir d’achat des ménages.

Globalement, la croissance du PIB réel est projetée à 5% en 2026 contre une prévision de 7,8% en 2025. Cette croissance serait portée par le primaire (+6,1%), le tertiaire (+5,4%) et, dans une moindre mesure, par le secondaire (+2,9%). La croissance hors agriculture et hydrocarbures est attendue à 5,5% en 2026 contre 3,7% en 2025.

Au titre de la gestion budgétaire de 2025, la situation est marquée par l’accélération du processus de consolidation et d’assainissement des finances publiques. Le déficit budgétaire est estimé à 7,8% du PIB contre 13,4%, soit une consolidation budgétaire de 5,6% du PIB, reflétant une forte mobilisation des recettes budgétaires conjuguée à une gestion prudente des dépenses publiques. Cet ajustement s’est fait sans effet préjudiciable sur la croissance économique. En réalité, il s’est opéré sur les dépenses improductives de l’Etat.

Concernant le projet de loi de finances initiale de l’année 2026, l’option retenue porte sur la poursuite de la consolidation entamée depuis 2025. Les années 2025 et 2026 sont charnières dans ce processus. Il s’agit d’avoir un cadre macroéconomique solide à travers un ajustement pour ramener le déficit à 3% du PIB en 2027 et par ricochet restaurer les marges de manœuvre budgétaire. « Notre ambition est d’imprimer une transformation systémique de la conduite de la politique économique et sociale aux fins d’inscrire le pays sur la trajectoire de souveraineté, de justice et de prospérité à l’horizon 2050.

Au total, la Loi de finances 2026 prévoit un déficit budgétaire de 5,4% du PIB contre une prévision de déficit de 7,8% dans la LFR 2025, soit une amélioration substantielle de 2,4 points de pourcentage : une consolidation budgétaire moins intense en 2026 qu’en 2025.

L’accompagnement du FMI dans la mise en œuvre du cadre macroéconomique crédible permettra de renforcer la confiance des partenaires internationaux qui continueront d’avoir un rôle à jouer dans le financement de notre économie. C’est tout le sens de nos négociations avec le Fonds Monétaire International, a-t-il conclu.

Par Amadou WADE 

 

Appel urgent à la stabilité nationale

L’annonce de la tenue simultanée, le 8 novembre, de deux manifestations d’envergure – l’une initiée par le camp majoritaire sur l’esplanade du Stade Léopold Sédar Senghor, l’autre par la coalition de l’opposition à Sacré Cœur – instaure un climat de tension qui compromet sérieusement la stabilité et la cohésion sociale de la Nation.

Cette conjoncture, marquée par la simultanéité et l’antagonisme, est intrinsèquement périlleuse. Elle génère un risque élevé de débordements, de confrontations, et d’une escalade susceptible d’engendrer des répercussions désastreuses pour la sécurité de nos concitoyens.

Le Sénégal peine à se relever des récents traumatismes qui ont ébranlé son tissu socio-économique. Nous supportons collectivement le lourd tribut de cette crise sans précédent. L’impératif premier de tout citoyen étant de prôner la concorde et de consolider la cohésion nationale, il est de mon devoir d’émettre cette alerte. L’histoire ne doit pas être une simple réminiscence, mais une leçon indélébile ancrée dans la conscience de tous.

Le peuple sénégalais est universellement reconnu pour sa tolérance, sa propension au dialogue et sa résilience face aux épreuves. J’exhorte l’ensemble des militants, des citoyens et des entités de la société civile à :

  1. Garantir la discipline : Si les rassemblements sont maintenus, l’observation stricte de la discipline est essentielle. Abstenez-vous de répondre aux provocations. Votre engagement doit demeurer pacifique et empreint de dignité.
  2. Protéger l’économie : Les travailleurs, les opérateurs économiques et les ménages vulnérables requièrent impérativement la stabilité pour leur relèvement. L’instabilité politique est l’antithèse absolue de la prospérité économique.
  3. Préserver l’héritage : Notre modèle démocratique, fondé sur le respect mutuel, constitue un patrimoine sociétal qu’il est impérieux de défendre.

Aujourd’hui, il est impératif que l’ensemble des acteurs politiques, sans distinction d’appartenance, reviennent à la raison et fassent preuve d’un sens aigu des responsabilités. L’aspiration légitime à un Sénégal développé commande l’identification de mécanismes de régulation sociale et la consolidation de la paix.

À cet égard, je rappelle aux responsables politiques que leur rôle ne se limite pas à la conquête ou à la conservation du pouvoir. Il consiste, avant toute chose, à garantir la paix civile. La quête ou la consolidation du pouvoir ne sauraient en aucune manière justifier la mise en péril de la vie des Sénégalais ni la fragilisation des fondements de notre République. Humblement, je leur recommande d’agir avec sagesse.

Aux organisateurs des deux camps, je demande solennellement de placer la Nation au-dessus de toute considération partisane. Le Sénégal transcende nos divergences. Sauvegardons notre concorde.

Cheikh Sanou Mône Diouf

Mbokatoor Maasir

cdiouf70@yahoo.fr

L’économie informelle au Sénégal: le CISEI plaide pour une formalisation transitoire

Le Cadre Intersyndical Sectoriel de l’Économie Informelle (CISEI) a présenté son plaidoyer pour une formalisation transitoire de l’économie informelle au Sénégal. Lors d’une réunion tenue à Saint-Louis le 4 novembre 2025, le CISEI a formulé plusieurs propositions pour contribuer à la stabilisation socio-économique du pays.

Après Tambacounda, Kaolack et Kolda, Saint-Louis était à l’honneur dans le cadre d’une réforme du code du travail. Pour le CISEI, la prise en compte des préoccupations des travailleurs et travailleuses de l’économie informelle est essentielle. L’organisation a formulé plusieurs propositions au gouvernement afin de contribuer à la stabilisation socio-économique du pays.

Mme Mariama Mbodj, coordinatrice du CISEI, a rappelé que l’économie informelle représente en moyenne 90 % des travailleurs au Sénégal. « Étant donné que l’économie informelle ne peut pas se formaliser instantanément, nous plaidons pour une formalisation progressive, sectorielle et transitoire », a-t-elle expliqué.

« Nous avons demandé à l’État une formalisation transitoire. Durant cette transition, il est essentiel que les travailleurs bénéficient d’une protection sociale, comprenant la couverture maladie et la sécurité sociale. Nous proposons également que l’économie informelle contribue à l’impôt, selon ses capacités et la taille de l’activité », a-t-elle ajouté.

Pour garantir un équilibre socio-économique, le CISEI a proposé la mise en place d’un guichet unique à quatre volets, permettant aux travailleurs non-salariés de bénéficier d’une couverture sociale. «Ce guichet comportera quatre portes. L’État devra déterminer le pourcentage destiné à la sécurité sociale, à la retraite, à l’IPRES et aux impôts », a précisé Mme Mbodj.

Le CISEI invite ainsi l’État à revoir sa stratégie face aux difficultés rencontrées par les travailleurs de l’économie informelle. « Il est temps de réfléchir et de trouver des solutions à ce problème. Nous ne demandons pas à l’État de tout prendre en charge, mais nous proposons également nos moyens pour contribuer à cette initiative. Il est nécessaire que l’économie informelle change de statut », a insisté la coordinatrice.

Si l’économie informelle existe partout dans le monde, son importance reste particulièrement élevée en Afrique, ce qui nécessite une réflexion inclusive pour la formaliser progressivement et réduire son poids.

B. Diaw (avec En Relief)

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