mardi, septembre 8, 2026
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Sénégalais debout ! (Par Abdou Khadre Gaye)

L’heure est grave. Il est plus que temps de nous tenir debout, sénégalaises, sénégalais, pour la défense de la République et de notre commun vouloir de vie commune. Dès sa prise de fonction, le PM Ousmane Sonko a déclaré avoir trouvé le pays au quatrième sous-sol. Il a exhibé des rapports, parlé de détournement et de dette cachée. Il a accusé et accusé. Il accuse toujours. On a emprisonné, on a libéré, on emprisonne encore. La polémique enfle, devient une querelle, une guerre. La nation se déchire. Et le Sénégal s’enfonce plus profondément. Imperturbable, Sonko menace l’opposition, accuse les magistrats, dénigre les partenaires, défie le PR… Il parle et reparle de nettoyage, de balayage, d’effacement d’hommes et de femmes, comme s’il ne savait pas que seuls sont à effacer les mauvais comportements, la pauvreté, le sous-développement… Comme s’il n’avait jamais entendu l’histoire de ce roi qui prend la parole une fois l’année1. Car il savait, le sage monarque, que le bavardage sape le pouvoir…

Bref, observons d’un regard plus vaste la fresque : Le tableau n’est pas beau : « La jeunesse malsaine »2 porte-étendard des évènements sénégalo-mauritaniens de 89 a inventé les coins de rue urinoirs, transformé les façades des domiciles en tableaux d’affichage, encombré les rues et fait de la capitale un grand marché. Devenue adulte, elle a légalisé la fraude et la tricherie, inventé la surcharge des cars de transport, accentué les accidents de circulation et naufragé le Joola. Sa progéniture a créé le cirque-politique avec ses danseurs, ses marionnettes, ses jongleurs et ses clowns. Et le « tékki mbaa dé » (réussir ou mourir), le « barça ou barzak » (l’Europe ou l’au-delà) et le « gatsa-gatsa » (ta gueule-ta gueule). Aujourd’hui, « la dérive des valeurs »3 est à son comble. Les autorités religieuses et coutumières sont chassées de l’espace public. Ainsi que les intellectuels. Le champ politique est devenu un dépotoir, les espaces de débats des défouloirs. Les députés, s’ils ne somnolent pas, s’insultent et se battent à l’Assemblée nationale, comme dans une cour de récréation. PCA, directeurs et ministres s’occupent de politique, oubliant leur mission. Le « PM super fort »4, « plus fort que le président qui l’a nommé », selon ses thuriféraires, réclame le gouvernail, boude la primature et « térameetingue » contre le PR sous les applaudissements de militants devenus « moutons de bergerie »5. Pendant ce temps, l’opposition et ses « chiens aboyeurs »5, interdits de marche, sont gazés au lacrymogène. Puis, le PR, sous pression, esseulé, conspué par son propre camp, randonne avec l’armée, comme en réponse à la rébellion du chef du gouvernement. Et le parti au pouvoir, fissuré, se fracture, non conscient qu’une maison divisée contre elle-même ne saurait subsister6

Il est vrai que Diouf a ramené les compteurs au vert. Wade a démarré les grands travaux. Macky les a menés assez loin. Mais tous ont oublié « les chantiers de l’homme »7 ouverts par Senghor à travers l’art, la culture et le patrimoine. Tous ont oublié la reconquête de la fierté africaine prônée par Cheikh Anta Diop. Tous ont oublié la formule du grand Maodo : « Le développement de tout l’homme et de tous les hommes. » Et aujourd’hui, les médiocres paraissent excellents, les filous ressemblent à des saints, les ignares portent le débat. Et le pays piétine au rythme des promoteurs de la dernière alternance qui ignorent, comme dit le poète, qu’abattre un roi c’est facile, le difficile c’est de relever les mœurs, le difficile c’est de porter le développement. Ils ignorent que l’avenir, bien souvent, se montre plus généreux envers le vaincu qui médite sa défaite qu’envers le vainqueur qui rechante sa victoire… Il est plus que temps, sénégalaises, sénégalais, de nous tenir debout, de mettre un terme aux dérives. Oui ! Arrêtons la chute de notre peuple, l’affaissement de nos institutions, la dégringolade de notre économie…

Le Sénégal pleure. Dieu merci, la reconquête est possible. Retroussons-nous donc les manches. Mettons-nous à l’œuvre, avant le tard. Comme dit la sagesse populaire : « Tant qu’on dispose de la graine, on ne doit pas désespérer du fruit ». Alors, sénégalaises, sénégalais, séchons les larmes de la République, renonçons aux dénigrements et aux querelles inutiles. Arrêtons d’applaudir les insulteurs, calomniateurs et apôtres de la haine. Arrêtons de nous souhaiter le pire, de nous réjouir des scandales, de nous humilier les uns les autres, d’encourager le mensonge, l’arrogance, l’ignorance et la sottise. Et la pitrerie. Mettons un terme au processus d’abêtissement du peuple, promouvons l’éducation, le savoir, les bons comportements. Promouvons le civisme, la citoyenneté et le patriotisme. La sécurité, la paix et le travail. Cultivons le respect des lois, institutions, armoiries et symboles de la République, en étant fiers de notre patrimoine historique, culturel et artistique…

Au demeurant, l’engagement de l’État et de son chef est essentiel pour embarquer la pirogue Sénégal dans la bonne direction et changer le cours de l’histoire : le militantisme citoyen seul n’y suffit pas : l’État doit être habité par le désir sincère de changement et d’ouverture, favoriser la compétence, donner le bon exemple en toute chose dans la justice et l’équité. Et travailler à la cohésion nationale, au bien-être des populations et à l’amélioration des conditions de vie des plus pauvres. Comme dit notre hymne : « Mettre l’épée dans la paix du fourreau et rassembler les poussins à l’abri des milans pour en faire, de l’est à l’ouest, du nord au sud, dressé, un même peuple, un peuple sans couture, un peuple tourné vers tous les vents du monde. » D’ajouter : « Mais si l’ennemi incendie nos frontières, nous serons tous dressés et les armes au poing : un peuple dans sa foi défiant tous les malheurs… »

Sénégalaises, sénégalais, debout ! Debout, peuple du lion ! Ni pour l’opposition ni contre le pouvoir. Ni pour Massamba ni contre Mademba. Mais pour la République. Mais pour le Sénégal. Pour Le Grand Set Setal des cœurs, des esprits, des pensées, des comportements…

« L’heure de la vérité approche », pour parler comme le sculpteur Babacar Sadikh Traoré.

Abdou Khadre Gaye

Écrivain

Président de l’EMAD

Novembre 2025

1/ Il s’agit de Birima Fatma Thioub Fall, 25e Damel du Cayor de 1809 à 1832, surnommé le Damel de l’honneur, de la sagesse et de l’autorité 

2/ Formule utilisée par le PR Abdou Diouf pour qualifier les jeunes qui avaient attaqué son cortège à Thiès 

3/ Titre d’une contribution figurant dans mon essai paru en 1996

4/ Formule utilisée par le PR Diomaye en guise de gage au PM Sonko (qui « l’a fait élire ») et aux pastefiens

5/ Qualificatifs utilisés par les militants de l’opposition et du pouvoir pour se chahuter les uns les autres

6/ Parole d’évangile qui signifie qu’un groupe miné par des divisions internes est voué à l’échec

7/ Titre de mon essai publié en 1996

 

 

Crise politique:  Diomaye et Sonko condamnés à sauvegarder le legs du cousinage entre Diolas et Sérère 

Dans le passé, l’Afrique s’est illustrée dans de nombreux conflits à dimension ethnique, souvent complexes et liés à des luttes de pouvoir ou des questions politiques. Le plus souvent, ces crises assez complexes ont des soubassements politiques. En revisitant l’histoire, l’Afrique a enregistré dans le passé des conflits comme la guerre civile au Darfour, celle du Biafra au Nigeria, le génocide rwandais et les conflits plus récents en Somalie, au Soudan et au Sahel.

Au Rwanda, entre avril et juillet 1994, le génocide des Tutsi rwandais a conduit à l’extermination de 800 000 à un million d’hommes, de femmes et d’enfants, assassinés pour la seule raison qu’ils appartiennent à la partie de la population du pays identifiée comme tutsi. Dans la majorité des cas, ces assassinats ont lieu sur les collines, dans les écoles, les églises et les bâtiments administratifs fréquentés auparavant aussi bien par les victimes que par leurs bourreaux.

A la lecture de la situation politique du Sénégal, l’heure est grave et nous sommes tous appelés à avoir raison gardée pour éviter le pire. Si on n’y prend pas garde, la crise politique qui lie le leader Bassirou Diomaye Faye à Ousmane Sonko tous les deux hommes politiques risque de basculer dans un conflit ethnique entre les Sérères et les Diolas. Le cousinage à plaisanterie entre Diolas et Sérères est un héritage culturel précieux qui unit ces deux peuples du Sénégal, symbolisant la paix, la solidarité et la tolérance.

Dans la société sénégalaise, le cousinage à plaisanterie occupe une place extrêmement importante. Entre diolas et sérères, c’est toute une tradition et les grands historiens l’associent à la légende Aguène et Diambogne, deux sœurs jumelles dont leur maman s’appelait Sira Bayal. En effet, ces deux sœurs jumelles auraient voyagé ensemble en pirogue, un jour de mercredi. Arrivée aux environs de Sangomar (île située dans la région de Fatick), la pirogue aurait chaviré et les deux sœurs jumelles se seraient perdues de vue. Diambogne se serait dirigée vers les îles du Saloum et Aguène vers le sud du pays. Et d’après cette même légende, Diambogne serait l’ancêtre des sérères et Aguène celui des Diolas. C’est en référence à cette page d’histoire que le cousinage entre sérères et diolas serait né.

A l’image du cousinage entre diolas et sérères, les peuls et les lébous sont également deux sœurs de Aguène et Diambogne toutes issues de la dame Sira Bayal. D’ailleurs, une fois informées de la disparition de leurs sœurs jumelles, Maan et Debo s’étaient lancées à la recherche de ces dernières. Maan avait pris la direction du nord en traversant des forêts de manguiers, des bolongs, des ravins et des forêts d’arbres géants. Après des mois de recherche, Maan s’était retrouvée à Sangalkam et finit par atterrir à Yoff (la cache en diola) où elle allait rencontrer un pêcheur. De cette union naquit les lébous.

Débo, l’autre sœur reconnue pour sa beauté légendaire s’était elle aussi lancée à la recherche de ses sœurs. Elle avait entrepris un long voyage qui va le mener dans une région montagneuse où elle rencontrera un berger. De cette union naquit les «Hal Pulaars».

Il en ressort de ce récit que les Diolas, Sérères, Lébous, et Hal Pulaars sont tous des cousins. Durant son règne, le Premier Président de la République du Sénégal, M. Léopold Sédar SNGHOR s’appuyait sur le cousinage à plaisanterie qu’il considérait comme un baromètre pour réguler les tensions sociales et prévenir les guerres entre voisins. Avec SENGHOR, la crise en Casamance n’avait pas éclaté. D’ailleurs, il profitait toujours du cousinage à plaisanterie pour bénéficier de l’estime des Hal Pulaars et de la communauté lébou.

En 1967, Léopold Sédar SNGHOR avait effectué une visite au Fouta. Pour rendre hommage à leur cousin sérère, les notables du terroir s’étaient mis à réfléchir pour trouver le meilleur cadeau à offrir à leur hôte de marque. Avec le délai qui était très limite, il a été retenu de lui offrir ce qu’il y a de plus précieux, à savoir un kilogramme d’or.  Les grands bijoutiers Samba SY et Mamadou SYLLA s’étaient engagés à fabriquer une chaîne en or. Malgré le délai très court, ils ont pu livrer une parure composée de treize anneaux tout en or.  Dès que l’avion présidentiel a atterri sur le tarmac de l’aérodrome de Ourossogui, les Al Pulars ont porté au cou du poète-président la belle chaîne en or.  Emerveillé par le savoir-faire de ses hôtes et le geste combien important, Senghor s’était aussitôt mis dans la casquette d’un roi venu rendre visite à ses captifs Hal Pulaars. Aujourd’hui, 58 ans après, son Excellence, Bassirou Diomaye FAYE Président de la République qui a eu l’honneur de porter cette chaîne qui demeure un patrimoine national a également l’obligation de préserver le legs du cousinage entre Diolas et Sérère.

S’agissant de Ousmane SONKO et de Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, au-delà de la politique, ils doivent tous comprendre qu’ils sont liés par une parenté qui remonte depuis leur ancêtre.  En choisissant Bassirou Diomaye Diakhar FAYE pour porter et défendre le Projet Pastef, Ousmane SONKO avait misé sur les qualités intellectuelles et humaines qui le lient à ce dernier. A la lecture de ce choix loin d’être fortuit, il est manifeste de noter qu’avec les liens de sang séculaires qui unissent les deux hommes, il est évident de retenir que c’était un honneur de voir un fils de la Casamance porter son choix sur un sérère. Avec ce choix historique, les sérères restent et resteront toujours redevables aux diolas.

D’ailleurs, à peine sortie de prison, Bassirou Diomaye Diakhar FAYE avait réservé sa première visite à la région de la Casamance. Au-delà de la politique, cette première sortie de l’enfant de Ndiaganiao réservée à la verte Casamance permettait de mieux consolider le cousinage à plaisanterie qui constitue un paquetage dans lequel on trouve la paix, la coexistence pacifique, l’entraide et l’hospitalité.

En guise de reconnaissance, les populations de la Casamance avaient remis à Bassirou un balai qui est un objet traditionnel très important et très significatif. Vrais symboles d’unité, les tiges assemblées du balai représentent un peuple, une nation unie, d’où l’anecdote « l’union fait la force ». Cela symbolise qu’une seule personne ne peut pas à elle seule tout réaliser et qu’il faut l’unité pour construire une société voire un état. Par ailleurs symbole de purification et de nettoyage spirituel, le balai permet également de se débarrasser des mauvais sorts pour baliser un avenir meilleur. Mystiquement et spirituellement bien préparé par les populations de la Casamance, Bassirou avait pris son envol pour sillonner le Sénégal des profondeurs, et au finish il a atterri au Palais présidentiel. Au regard de tout le soutien que Ousmane SONKO a apporté à Bassirou Diomaye FAYE, il est important que les sages des deux communautés sérère et Diolas dans leur ensemble puissent se mobiliser pour sauver ce legs. Rois du Sine et Rois de la Casamance, levez-vous

Le cousinage est un vecteur de paix qui permet d’atténuer les conflits sociaux et d’assurer un climat pacifique. La culture, sous toutes ses formes, permet la stabilité d’une société. Dans un monde marqué par une insécurité liée au terrorisme et à la déperdition des mœurs, il est préférable de préconiser un remède à ce fléau en rappelant à la nouvelle génération, nos coutumes et nos valeurs qui ont permis à nos ancêtres d’assurer la stabilité sociale au Sénégal.

Par Souleymane DIOP

Journaliste Communicant

Spécialiste en Communication de Crise

Le zircon de Niafourang ou les Palétuviers de la colère- (Par Yoro Ba- Ingénieur- Poète)

Veni! Vidi! Vici! Mots criés au sénat par Jules César triomphant sur un roi, 47 Avant Jésus Christ

Je Suis Venu! J’ai Vu! J’ai Vaincu! Cri du cœur de Yoro Ba en Casamance cette fin de Décembre 2017.

Je suis (re) venu!

40 ans après, cela m’a enchanté de revoir la luxuriante Ziguinchor ou en effet jeune bachelier j’étais venu me soigner auprès des… chinois qui y faisaient des miracles en venant à bout de moult maladies aigues, particulièrement disait-on de l’asthme (Paix a l’âme du Commandant de brigade de gendarmerie Sané qui avait accepté d’héberger un Jeune ’’Toumouranké’’, paumé- désargenté, de 20 ans venu dans cette contrée sans aucune attache amicale ou familiale ; l’hospitalité et la générosité de cette famille m’avaient touché et le paysage amazonien avait fini de me séduire ; dès lors je ne pouvais qu’aimer le diola et ce ‘’pays’’ de verdure.

Hé oui! Que d’eau! Que d’eau! Que de vert végétal! Que de chlorophylle!

Mes yeux en pétillent toujours et mes narines en palpitent encore! C’est avec frénésie que j’ai décidé d’y passer les fêtes de fin de cette année… sortante pour au moins trois raisons ; joindre l’utile à l’agréable car je devais y aller pour raisons d’affaires, en profiter pour faire un pèlerinage touristique mais aussi m’enquérir de visu d’une question citoyenne qui me turlupinait.

J’ai vu !

Après le rendez-vous d’affaires à Ziguinchor, nous avons fait ‘’toutes voiles dehors’’…. cap…. sur le Cap Skiring ou nous avons passé avec des amis français une nuit sublime faite de déclamations de poèmes et de contes dans une atmosphère iodée d’air marin, bercés par le flux et le reflux de la grande onde. Puis destination Abéné, Kafountine et Niafourang ; Abéné pour son mini festival, Kafountine pour son lieu saint et puis Niafourang. Pourquoi visiter Niafourang, une tête d’aiguille dans une botte… forestière alors que ce n’était pas prévu? Comme lors du débat sur l’autosuffisance alimentaire, lorsque les tirs ont été nourris entre une opposition ‘’ qui riz jaune’’ et un pouvoir qui ‘’ riz blanc pour tous ‘’, pour trancher à l’époque, je m’étais senti le devoir de suivre le cortège présidentiel pour me faire une idée personnelle, objective, claire et nette du sujet. Et au bout du compte, j’avais pu me rendre compte de la ‘’ véracité vraie’’ des chiffres du pouvoir avec ces milliers d’hectares emblavés de riz qui avaient surgi de…terre…. en seulement 2 ans. Mais qui ne se souvient du meurtre d’un sous-préfet dans la zone de Niafourang? La curiosité tue mais le patriotisme rend téméraire ; et notre hésitation n’a duré qu’un bref instant. Aussitôt dit, aussitôt fait! Et nous délaissâmes la route nationale pour une piste sablonneuse. Quelle terre magnifique que cette étendue boisée, de vergers naturels denses d’arbres qui ploient sous la charge de fruits ! Ah, cette odeur fruitée qui enveloppe le tunnel de feuillages qui mène au cimetière des naufragés du Diola ! Un moment de recueillement et de prières pour nos compatriotes et nous voilà arrivés sous le fromager des grands évènements du village.

J’ai Vaincu!

J’ai vaincu ma soif de connaitre mais aussi mes préjugés envers mes semblables durant ce voyage. L’accueil a été loin d’être d’emblée spontanément chaleureux ; au lieu de salamalecs d’usage comme de coutume, nous avons été cueillis d’entrée par une mitraillette…. de questions ; pas loin du halte-qui-va-la, une voix a tonné puis une autre : -Vous vous appelez comment? Que cherchez-vous? Qui êtes-vous? Que venez-vous faire ici? Peul bouillant, oubliant que nous étions une minorité ‘’minime et infime’’, en milieu totalement inconnu, ne portant avec nous aucune espèce autre d’arme que notre innocence, dans cette foret épaisse de silence et propice aux tombeaux sauvages, je vociférai aux belliqueux du comité de cueillette ou d’accueil (C’est selon) : -Avant de poser des questions à tout va, nos us et coutumes, traditions et mœurs, voudraient que celui qui rejoint l’autre le salue, se présente avant de s’enquérir de quoi que ce soit d’autre. C’est à vous de vous présenter d’abord.

Heureusement que Allah a créé et équilibré ce monde par couples ; et dans chaque communauté, à côté des bileux et sanguins, il y a toujours des êtres mesurés et réfléchis et selon les circonstances, les uns et les autres changent de camps et de postures. Heureusement, une voix, des leurs, sage, pondérée et conciliante a tempéré les ardeurs; et lorsque ce fut mon tour, je demandai taquin :

– Voulez-vous mon nom court ou mon nom long ? Il me fut répondu : A ta guise ! Et coquin, je m’exécutai :

– Yoro fils de Alhousseynou fils de Samba Gaissiry fils de Dado fille deTacko fils de Malado y Coumba fille de Hawa…etc Dia Ba, aimé des jeunes filles, jalousé des hommes et l’espoir des veuves.

Aucun de l’assistance entière ne put réprimer son fou rire ; ainsi explosèrent les carapaces et se brisa le miroir de glace. Ensuite, l’imparable cousinage à plaisanterie diola-sérère-poular (Le fétiche est esclave du diola, lui-même captif du sérère, lui-la captif du peul, lui-même esclave et serviteur de Dieu ! Charité ordonnée….) fit le reste, enfouissant au plus profond de la tourbe forestière les animosités improductives. (D’ailleurs, un député parmi les 3 ethnies devrait proposer une loi pour l’instauration d’une Semaine Nationale de Cousinage à plaisanterie avec concours et prix sur l’humour et la poésie, n’est-ce pas M. le Président-d’ethnie-double, Macky Sall!).

Apres les salamalecs d’usage, leur ayant (dé) montré que nous n’étions ni de la multinationale du zircon ni du pouvoir, ni du Fbi ni de la Cia, ni journalistes, ni Ong mais simples mortels, patriotes, sans mandat de qui que ce soit, venus s’enquérir de la situation, les entretiens furent ensuite détendus, délicieux et sincères. Il nous fut proposé et servi une visite guidée mémorable de ces lieux sublimes qui peuvent se lire ou…se déguster en tranches de merveilles : Vergers , village, rizières puis dune (l’objet du désir en gratin recherché, le zircon affleure la surface par une fine pellicule noire visible de l’œil averti) puis filets de bolong puis tranche de sable puis langue océane puis plage dorée puis grand bleu. Voilà le sand…wich de Niafourang-les Palétuviers, à déguster sans modération mais à ne pas croquer car, c’est connu, ‘’ croquer est source de bruit’’ et le bruit est nocif à la tranquillité de paix nécessaire et indispensable au développement. Sauf si conformément à la constitution, le propriétaire, le peuple, ce peuple, le nôtre, en décide autrement. Les personnes que nous avons rencontrées ici ont été toutes très responsables et très patriotes, et surtout bien au fait de la problématique liée à ce type d’écosystème ; le village a des doléances non assouvies. Malgré cet…état de fait, les populations refusent obstinément que leur lutte soit dévoyée ou récupérée par d’autres et à d’autres fins ; pour ce que nous avons su par la presse, la position de gel de l’Etat est sage ; pour le peu qu’en savent les profanes que nous sommes, car n’ayant pas rencontré tous les protagonistes, l’approche a été biaisée par des esprits gauches ou malintentionnés, soufflets a deux bouches et oreilles attisant le feu qui couve dans l’âtre des cœurs; ils sont nombreux à vouloir s’engouffrer dans la brèche pour… emporter la digue du bonheur qu’est la dune de zircon. Mais les populations sur le qui-vive veillent… au moindre grain car Il est question de risque de destruction massive de patrimoines divers : culturel, matériel et immatériel donc de vie et de mort de l’autre. L’Etat devrait se rapprocher davantage de ses citoyens et récompenser ces sénégalais- là qui revendiquent clairement leur profond ancrage dans l’unicité de notre patrie et qui ont refusé de s’acoquiner avec d’autres formes de revendications toxiques.

En tous cas, moi j’ai vaincu mes préjugés et apriori sur un village qui serait simplement rebelle de développement et de surcroît manipule par des propriétaires blancs de campements. Le sujet d’abandon de racines identitaires est très sensible mais Niafourang ne saurait refuser le développement, Il faut sous le fromager du village une démarche directe, totale et inclusive pour que les fromages murs tombent à l’aplomb des têtes de ses vrais fils. La raison prévaudra!

Du 28 Décembre au 3 janvier, en faisant la grande boucle, Dakar-Farafenné –Cap Skirring-Kafountine-Abene-Niafourang-Banjul-l’ile de Sipo -Toubacouta –Dakar, j’ai vu,

J’ai vu, lors de ce périple l’état de certaines zones et cela m’a préoccupé. Tous nous devons sans discernement agir contre ceux qui veulent instaurer leur propre (in)justice mais aussi contre ceux-là qui assassinent nos forêts et nous amputent de nos poumons verts, de Casamance, de Tambacounda, de Keur Massar, des iles du Saloum et d’ailleurs. La forêt souffre du ‘’bois de la mort’’ et de mines silencieuses qui tuent inopinément, sans discernement et souffre du poison de cette herbe-là qui prolifère et tue. La lutte est nationale, transnationale et patriotique.

Plus aucun sénégalais ne doute du courage du Président pour avoir dit non à l’Amérique sur l’homosexualité, pour nous avoir soulagé du nabot de Kanilai; chères autorités délégataires, chers acteurs- tenants de la paix ,chères Ong, dignes fils de Casamance et d’ailleurs, prenez, vous aussi, vos responsabilités et mettons de concert, sans enfreindre la loi, un coup de pied dans la fourmilière pour éviter que ce charmant pays ne devienne une pétaudière, avec tous ces écervelés de trafiquants et complices de tous acabits, ces fossoyeurs de la paix précaire ; il faut proscrire les scieries et surtout concomitamment responsabiliser les comités de vigilance villageoise (s) (pour la surveillance mais aussi pour la gestion d’un gaz butane…subventionné), instaurer une administration de type nouveau. Assumons tous, toutes nos responsabilités ! Soyons modèles de propreté, chacun dans son…domaine, soyons chantre de la transparence neutre, de l’équité et de la justice territoriale. Artisans de toutes factions de la paix, Gardiens du bien commun, unissons- nous face aux intérêts égoïstes! Optons pour l’engagement résolu, continu et non et non pour le progres en… dents de scie!!!

C’est le temps de l’action mais quelques adages de rappel ne nous feront que du bien :

– ‘’Il faut couper le mal à la racine’’ (des arbres).

– ‘’Il faut leur couper l’herbe sous les pieds’’.

– ‘’Faute de bois, le feu s’éteint’’. (N’est-ce pas ?)

Quant au Président de la République, qu’il pleuve des hallebardes, qu’il neige du plomb ou qu’il vente des braises, le peuple lui sera à jamais reconnaissant de lui avoir délivré, pour toujours, son titre foncier permanent de propriété de ressources naturelles, lors du dernier referendum sur la constitution.

Que la lumière rasante et éclairante d’un jour nouveau jaillisse comme l’éclair pour une émergence paisible et partagée de tous. Que Vive le Sénégal, vert….. jaune et rouge unis et reunis!

Yoro Ba Hann Bel Air agnamgodo@gmail.com

En l’honneur de nos faunes et flores, je vous invite à déguster ce poème :

Saveurs et frayeurs du plein sud par Yoro Ba Poète-Ingénieur

Contre le Juge-et-partie des plantations- contre- tentations,

Contre le feulement du prédateur qui corrompt,

La cloche sonna l’assaut contre le nauséabond ;

Ndama le taureau lui, meugla du fond du bolong

Ne pouvant plus contenir sa furie de désapprobation ;

Et les tecks et rôniers sifflèrent l’alerte contre les déprédateurs-faucons ;

Et la mangrove rempart-sentinelle s’érigea contre l’envol de la déraison ;

Et la rizière se mua en mer de cram-cram pour le parfait piège à cons ;

Et les palétuviers se dressèrent en rangs serrés contre le verbe diffus et abscons ;

Et m’enlisait le pied du vagabond, la vase du crabe collante à ses basques et à ses tongs ;

Et caquetèrent de joie dans la mare des complices, cannes, canards et canetons ;

Et douce la brise opposât ferme sa fraicheur fruitée à l’escadron.

Le développement appelle le respect, dénudé de dérision.

Car déferlera, à galops surs mais avec industrie, hors de tout plastron,

L’émergence annoncée au pays du kadiando et des lagons.

Du pont de Katakalousse aux hauteurs de Kabadio, retentira la corne d’abondance, de ses bas-fonds ;

Fuyant les lycaons, mon âme rebelle s’est irrésistiblement éthérée dès les dunes de l’horizon.

Paix aux âmes de nos disparus! Et que les ondes du bonheur nous arrivent de Niafourang à foison.

YORO BA Hann Bel Air agnamgodo@gmail.com

 

Le Président Diomaye Faye face au mandat: l’alerte d’une rupture qui se dissout

Quand le flou s’installe au sommet de l’État, c’est la colonne vertébrale du mandat qui se fragilise. À mesure que s’éloigne la cohérence initiale entre le Président Diomaye Faye et son Premier ministre, les actes posés depuis le palais interrogent l’orthodoxie politique d’un régime né de la rupture. Cette chronique, sans céder à l’exagération ni à l’amalgame, alerte sur un glissement stratégique aux conséquences lourdes : celui qui consiste à banaliser la promesse, diluer la ligne, et désorienter le peuple. Car en République, la légitimité ne s’hérite pas, elle s’assume. Et la rupture, si elle n’est pas consolidée, se retourne toujours contre ceux qui l’ont trahie.

Le Sénégal traverse un moment politique singulier : celui où une promesse historique de rupture, portée par un élan populaire rarement observé dans notre histoire récente, semble s’éroder sous le poids des décisions du chef de l’État. Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas une tension ordinaire entre institutions. C’est le sort même d’un projet politique issu du suffrage universel qui se délite sous nos yeux.

Les signes sont désormais trop nombreux pour être ignorés. La relation, autrefois présentée comme une symbiose, entre le Président de la République et son Premier ministre, est devenue l’expression d’un désalignement stratégique profond. Ce désalignement n’est ni circonstanciel ni personnel : il est doctrinal. Il oppose deux approches du pouvoir, deux conceptions de la rupture, deux façons d’assumer un mandat confié dans des conditions exceptionnelles.

Au moment où le pays s’attend à une consolidation du déroulement du Projet, c’est l’inverse qui se produit. Une série de décisions présidentielles, prises sans cadrage politique clair, ont placé la coalition au pouvoir dans une dynamique qu’elle n’a jamais revendiquée : une ouverture incontrôlée, sans doctrine ni boussole, à des forces que le peuple avait pourtant sanctionnées. Cette recomposition brouille la lecture de l’action publique, fragilise la cohésion interne et altère la portée du renouveau.

La coalition « Diomaye Président », née dans un contexte d’espoir et de rigueur, se transforme progressivement en une plateforme à géométrie variable où se mêlent influences anciennes, ambitions recyclées, acteurs opportunistes et équilibres tactiques sans vision commune. Une massification politique présentée comme un signe d’inclusion devient, en réalité, un processus de dilution du mandat. Ceux qui avaient été nettement rejetés se retrouvent, par un paradoxe politique saisissant, utilisés pour consolider une majorité née précisément de leur disqualification.

Dans ce contexte, un rappel de principe n’est pas seulement légitime : il est indispensable. Le verdict des urnes ne saurait servir de passerelle à ceux que le peuple avait formellement congédiés. Ce rappel n’a rien d’une doléance : c’est une injonction démocratique, un principe cardinal sans lequel l’autorité issue du suffrage perd sa cohérence et son sens. Le chef de l’État ne peut ignorer que sa légitimité repose sur un acte fondateur : l’expression souveraine d’un peuple qui a choisi la rupture, précisément pour se libérer des pratiques et des figures d’hier. Revenir vers ces figures, les réhabiliter par le haut de la pyramide institutionnelle, revient à fragiliser la base même du contrat politique de mars 2024.

L’histoire contemporaine, de la Grèce au Brésil en passant par la Tunisie, enseigne une leçon implacable : lorsque la fidélité au mandat populaire est perçue comme une gêne ou une étape à dépasser, alors c’est la base même de l’autorité publique qui se fragilise. Tsípras, en Grèce, a subi un effondrement de son capital politique après avoir contredit le résultat du référendum de 2015, dans lequel le peuple avait rejeté les conditions d’austérité imposées par l’Union européenne, conditions qu’il a pourtant fini par accepter. En Tunisie, la réintégration des figures de l’ancien régime post-2011, au nom d’un consensus mou, a vidé de sa substance la dynamique révolutionnaire et brisé l’élan populaire. Au Brésil, Dilma Rousseff, en élargissant sa base au détriment de son socle militant, a été abandonnée par ses soutiens naturels et n’a pu résister à l’instabilité politique qui s’en est suivie. Tous ont payé le prix d’avoir sous-estimé la portée du “non” des urnes. Le pouvoir ne se reconstruit pas sur les cendres de la promesse trahie.

Aujourd’hui, ce schéma menace le Sénégal. Le glissement doctrinal est visible : marginalisation de la base Pastef dans la conduite de l’État ; recomposition avec des acteurs rejetés par les citoyens ; éloignement progressif du Président du socle militant et idéologique qui a porté sa candidature ; fragilisation de la cohésion avec le Premier ministre, pourtant pilier stratégique et moral du projet initial.

À cela s’ajoute un autre constat, tout aussi préoccupant : la lenteur surprenante de la reddition des comptes. La promesse d’assainissement, portée comme colonne vertébrale du renouveau, semble désormais contrainte par des équilibres politiques que personne n’assume. Les dossiers emblématiques stagnent. Les signaux se contredisent. L’exigence morale se dilue. Et l’opinion observe, perplexe, la distance entre la parole inaugurale et l’action réelle.

Tout cela conduit à une conclusion simple mais grave : le Président apparaît méconnaissable par rapport au mandat qu’il incarne. Cette transformation n’est pas un détail. Elle est un risque pour la stabilité politique du pays. Car un régime né d’une promesse forte ne peut survivre à la contradiction prolongée entre ce qu’il dit et ce qu’il fait.

Le Premier ministre, lui, continue d’assumer une fidélité à la ligne initiale, mais il se heurte désormais à un environnement politique reconfiguré, où la logique présidentielle contourne la doctrine de rupture au lieu de la consolider.

Pour éviter un affaissement progressif du renouveau, un rappel à l’ordre est nécessaire, dans la forme la plus institutionnelle et la plus républicaine possible : – le Président doit se ressaisir ; – il doit réaffirmer clairement le cap de la rupture ; – il doit respecter la portée du vote qui l’a porté ;– il doit éviter de transformer une victoire historique en simple alternance managée ;– il doit cesser de rendre compatible l’incompatible : la rupture et le recyclage.

Le suffrage du 24 mars n’était pas un chèque en blanc. C’était un mandat conditionné, précis, structurant. Ce mandat n’est pas transférable. Il n’est pas négociable. Il n’est pas révisable par convenance tactique. Et si le chef de l’État persiste à s’en éloigner, il portera la responsabilité historique d’avoir offert au pays la plus brève des ruptures et le plus rapide des retours au passé.

Il ne s’agit pas d’un désaccord politique, mais d’un rappel de responsabilité. L’Histoire est sans indulgence pour les dirigeants qui renient l’engagement pris devant le peuple. Elle n’oublie jamais ceux qui ont troqué la fidélité pour la facilité, la cohérence pour la combinaison, l’espoir pour le confort. Le pouvoir ne se maintient pas en flattant les équilibres : il se mérite en tenant parole. Et lorsque le doute gagne, seule une cohérence assumée peut encore rallumer la confiance.

Hady TRAORE

Expert- conseil

Gestion stratégique et Politique Publique- Canada

Fondateur du Think Tank : Ruptures et Perspectives

hadytraore@hotmail.com

 

 

 

Nouvelle gouvernance à l’ISBEA: Racine Dia prend les rênes du CA de l’Institut sénégalo- britannique

Installé le mardi 18 novembre 2O25 à la tête du Conseil d’administration (CA) de l’Institut sénégalo- britannique d’enseignement de l’anglais (ISBEA), Racine Dia a exprimé sa gratitude aux autorités étatiques et dressé les grandes orientations de son mandat. Il promet une gouvernance axée sur la rigueur, l’innovation pédagogique et le renforcement des partenariats stratégiques.

L’Institut sénégalo- britannique d’enseignement de l’anglais (ISBEA) ouvre une nouvelle page de son histoire. Racine Dia, nommé président du Conseil d’administration, a officiellement pris fonction lors d’une cérémonie organisée en présence de la Directrice de l’ISBEA, des membres du Conseil d’administration, de collègues, partenaires et proches.

Dès l’entame de son discours, le nouveau PCA a tenu à exprimer sa « profonde humilité » et son « grand sens des responsabilités » face à la mission qui lui est confiée. Il a adressé des remerciements appuyés au Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et au Premier ministre, Ousmane Sonko, pour la confiance placée en lui.

«Cette confiance m’honore, mais elle m’engage », a-t-il affirmé, conscient des défis qui l’attendent dans la consolidation du rôle stratégique de l’Institut.

Rattaché au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, l’ISBEA est un établissement public à caractère administratif chargé de la promotion et de la maîtrise de la langue anglaise au Sénégal. Il assure la formation d’étudiants, de professionnels, de cadres de l’administration, mais aussi de structures privées, ONG, représentations diplomatiques et organisations internationales.

Racine Dia a salué le « travail remarquable » du PCA sortant, promettant de s’inscrire dans la continuité d’une dynamique jugée positive. Il s’est engagé à impulser une gouvernance fondée sur « la collégialité, la transparence et la rigueur », afin de consolider la place de l’ISBEA comme institution de référence dans la sous-région.

Parmi les priorités annoncées, figurent: – le renforcement des acquis institutionnels et pédagogiques ; – l’amélioration des programmes de formation en anglais ; – la promotion de l’innovation éducative ; – l’élargissement des partenariats stratégiques ; – et la mise en avant d’une gouvernance performante et exemplaire.

Le nouveau PCA a insisté sur la nécessité d’un engagement collectif : « C’est ensemble — Conseil d’administration, Direction, personnel, partenaires et apprenants — que nous pourrons hisser encore plus haut le drapeau de l’Institut. »

La cérémonie s’est clôturée sur un message de reconnaissance à l’endroit du président sortant pour « la qualité de la transition » et un appel à la mobilisation générale pour le rayonnement durable de l’ISBEA.

 A. L. NDIAYE (avec En Relief) 

 

 

 

 

 

 

L’UPF internationale prend des mesures drastiques contre la section française

Synthèse: Ch. Seck NDONG

Paris, le 23 novembre 2025 – L’Union de la Presse Francophone (UPF) internationale a annoncé aujourd’hui, dans un communiqué de presse, des mesures importantes concernant la section française de l’organisation.

Après avoir constaté de nombreux manquements et violations des dispositions statutaires, le Bureau international de l’UPF a décidé d’exclure M. Bruno Fanucchi de la présidence de la section française et de mettre cette dernière en déshérence.

Les manquements reprochés incluent notamment la non- tenue de l’Assemblée générale ordinaire annuelle, l’absence de contrôle de la comptabilité et des pratiques non réglementaires dans la fabrication des cartes d’adhérents. Malgré de nombreux avertissements et une mise en demeure, la section française n’a pas pris les mesures nécessaires pour se conformer aux exigences de l’UPF internationale.

En application des dispositions de l’article 16 des Statuts et de l’article 7 du Règlement intérieur de l’UPF internationale, le Bureau international a prononcé l’exclusion de M. Fanucchi et la mise en déshérence de la section française, décision validée par le Comité international après l’exercice du droit de recours.

L’UPF internationale tient à préciser que les cartes délivrées par M. Fanucchi au nom de l’UPF internationale ne sont pas valables. De plus, M. Fanucchi n’a aucun droit de recueillir des adhésions ou des renouvellements de cartes pour l’année 2026.

Un bureau ad interim de quatre à cinq personnes sera désigné pour gérer les affaires courantes de la section française jusqu’à l’élection d’un nouveau bureau à l’occasion d’une Assemblée générale convoquée par le Bureau international.

L’UPF internationale réaffirme son engagement à respecter les principes de bonne gouvernance et de transparence qui sont essentiels à son fonctionnement.

 

Compétition des métiers: Des olympiades pour promouvoir les métiers et l’insertion professionnelle des jeunes

Par Aissatou FAYE

Dakar, Sénégal – Le Centre de Formation Professionnelle Sénégal Japon a organisé, avec l’appui de l’Ong GRET et de FIT Sénégal, un concours pour valoriser les compétences des jeunes étudiants et faciliter leur insertion professionnelle. L’événement, qui s’est tenu ce samedi, visait à inciter les jeunes à mieux comprendre les enjeux de la formation professionnelle et à leur donner l’opportunité de montrer leurs talents.

Selon Iba Marfaï, représentant pays du GRET au Sénégal, l’idée est de travailler sur l’héritage des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) pour permettre aux jeunes d’acquérir des compétences et de valoriser celles-ci au-delà des JOJ. « L’idée, c’est de vraiment visibiliser les formations, les talents, et montrer à tous les jeunes du pays qu’il y a des métiers qui sont là, que les jeunes ont la possibilité de les faire, de les suivre, non seulement pour eux, pour leurs familles, mais également pour contribuer au développement du pays », a-t-il déclaré.

Divers métiers ont été valorisés lors de cette compétition, notamment la couture, la transformation, la restauration, la plomberie, l’électricité et l’ouvrage métallique. M. Marfaï a également indiqué que la compétition ambitionne de faire un maillage national pour donner de la visibilité aux jeunes et les pousser à concevoir des projets. « Il faut qu’ils commencent aussi à concevoir des projets, à les structurer, à réfléchir à l’insertion, à l’entrepreneuriat », a-t-il ajouté.

Le GRET est engagé à accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle et à les mettre en relation avec des acteurs du secteur. Selon M. Marfaï, plus de 1 000 jeunes ont déjà bénéficié de cet accompagnement, et l’objectif est d’atteindre 10 000 jeunes dans les 3 à 4 ans à venir.

Pour El Hadj Omar Diamé, chef de projet de l’initiative FIT Sénégal, cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’action FIT Sénégal, qui vise à accompagner les établissements de formation professionnelle et à promouvoir les filières de formation. « Nul n’est censé ignorer qu’au niveau des statistiques, chaque année plus de 300 000 demandeurs d’emploi arrivent sur le marché du travail », a-t-il souligné, ajoutant que l’objectif est de donner un coup de pouce aux jeunes pour qu’ils puissent avoir les compétences nécessaires pour prétendre à des emplois décents.

 

La dette cachée: Le FMI n’a rien dévoilé c’est le Sénégal qui s’est mis à nu – (Par Dr Mamadou Akila Bodian)

On l’oublie trop souvent : dans l’univers impitoyable des finances, les États ne chutent pas lorsque les caisses se vident, mais lorsque la confiance se brise. Les marchés ne sanctionnent pas seulement les chiffres ; ils frappent d’abord les hésitations du pouvoir, les incohérences du discours, les micro- fissures qui annoncent un doute institutionnel. Quand ce doute s’installe tout en haut de l’exécutif, la confiance – cette monnaie sans visage mais essentielle – se délite à la vitesse d’une rumeur devenue certitude. C’est exactement ce qui se joue aujourd’hui autour du Sénégal depuis la révélation de la dette cachée. Contrairement au récit commode d’un FMI intrusif venant « dévoiler » une anomalie comptable, le scandale n’a exposé qu’une évidence longtemps tue : ce n’est pas le FMI qui a levé le voile, c’est l’État lui-même qui s’est retrouvé nu, pris dans les contradictions de sa propre ingénierie budgétaire. Dès lors, chaque prise de parole publique – gouvernementale ou institutionnelle – façonne désormais la perception du risque, non parce qu’elle serait fautive, mais parce que les marchés lisent dans chaque mot un signal de stabilité ou de tension, un indicateur de prévisibilité ou de désalignement institutionnel.

Il existe, dans la vie d’un pays, des moments où les récits protecteurs s’effondrent et où la nation doit affronter ce qu’elle refusait de voir. Le Sénégal est dans ce moment de vérité. Deux décennies durant, il s’est construit l’image rassurante d’un « modèle » ouest-africain – stabilité, institutions solides, orthodoxie budgétaire, démocratie prévisible. Mais ce récit ne résiste jamais à la comptabilité publique, où seuls les faits demeurent. La révélation d’une dette occultée de 7 milliards de dollars (environ 4 200 milliards de FCFA) a brisé l’illusion d’une gestion exemplaire, exposant les angles morts de l’État et une culture institutionnelle permissive qu’il faut désormais questionner.

La véritable question n’est donc pas « qui a fauté ? », mais qui aura le courage de regarder la réalité en face. La dette cachée n’est pas seulement un passif financier ; c’est un test institutionnel qui impose de choisir entre l’entêtement et la restructuration, entre l’orgueil politique et la lucidité économique, entre la perpétuation d’un système producteur d’angles morts et la refondation d’une gouvernance fondée sur la transparence et la cohérence. Derrière ce choc comptable se cache une interrogation plus décisive : le Sénégal peut-il se regarder sans maquillage politique, sans déni institutionnel, sans se réfugier dans les mythes qui ont longtemps tenu lieu de boussole ? Ce moment n’est pas seulement budgétaire ; il est existentiel. Il questionne la capacité du pays à affronter ses vulnérabilités, à repenser la gouvernance financière et à restaurer la lisibilité qui fonde toute crédibilité souveraine. Cette crise n’est pas un incident. C’est un tournant. De la manière dont le Sénégal le franchira dépendra la trajectoire politique, institutionnelle et macroéconomique de la décennie à venir.

  1. Quand les illusions budgétaires ont rattrapé l’État

L’affaire de la dette cachée n’est ni un accident, ni un mystère. C’est l’aboutissement d’une mécanique institutionnelle bien rodée : celle qui consiste à fragmenter la responsabilité financière entre différentes entités publiques pour rendre le passif moins visible.

Pendant plus d’une décennie, plusieurs agences stratégiques ont contracté des emprunts massifs sans que ces engagements n’apparaissent dans les comptes consolidés de l’État. Dans le secteur de l’énergie, SENELEC s’est engagée dans des programmes de modernisation et de contrats d’achats d’électricité d’un ordre de grandeur de plusieurs centaines de milliards de FCFA, avec un plan d’investissements de près de 700 milliards inscrit dans son plan stratégique 2016-2020 et des dettes récurrentes envers les producteurs indépendants et fournisseurs de combustibles. Du côté de PETROSEN, la participation de la compagnie nationale aux projets GTA et Sangomar repose largement sur des prêts et arrangements financiers conclus avec BP, Kosmos et Woodside, pour un total de plusieurs centaines de millions de dollars. Quant à AIBD SA, le développement du hub aéroportuaire a mobilisé au moins plusieurs centaines de milliards de FCFA d’engagements, dont 470 milliards officiellement reconnus et 200 milliards de la (Redevance pour le Développement des Infrastructures Aéroportuaires (RDIA) consommés dans des contrats dont la justification reste à clarifier.

Toutes ces dettes n’ont pas été contractées dans le secret. Ce qui est resté obscur, en revanche, c’est leur classification. Elles n’étaient pas considérées comme des dettes souveraines, mais comme des engagements « autonomes », échappant aux normes de consolidation exigées par les standards internationaux. Une zone grise comptable s’est créée, révélant un décalage entre la réalité des engagements publics et leur traduction dans les tableaux officiels.

Lorsque les audits – appuyés par le Fonds monétaire international (FMI) – ont recalculé la dette selon le cadre du Government Finance Statistics Manual (GFSM 2014), la réalité est apparue sans filtre. Le Sénégal n’avait pas une dette maîtrisée : il avait une dette sous-estimée. Une fois consolidés, les engagements publics font grimper la dette à des niveaux supérieurs à 100 % du PIB, rapprochant le pays des trajectoires observées au Ghana ou au Sri Lanka avant leurs crises respectives. Dans le même temps, les eurobonds sénégalais ont vu leurs rendements s’envoler à près de 14 %, la signature financière du pays a été affaiblie, et le programme du FMI a été provisoirement suspendu. Le Sénégal est ainsi entré dans cette zone grise où un État n’est pas encore en défaut, mais où les marchés commencent sérieusement à douter de sa capacité à l’éviter.

  1. Le mythe des coupables : sortir de la bataille des narratifs

Comme dans toute crise systémique, la tentation immédiate est celle de la simplification. À mesure que la réalité s’impose, deux lectures rapides se sont installées dans le débat public. La première accuse les institutions financières internationales d’avoir construit une mise en scène punitive. La seconde, adoptée par le régime en place, consiste à faire de l’ancien pouvoir le coupable unique, comme si la totalité des dysfonctionnements relevait d’une seule gouvernance.

Ces narratifs sont politiquement efficaces, mais analytiquement fragiles. La dette cachée n’est pas née d’un événement soudain. Elle est le produit d’une pratique institutionnelle prolongée, où la fragmentation de la gestion publique a permis d’occulter des engagements massifs. Le FMI n’a pas inventé la multiplication des dettes fournisseurs de SENELEC, ni l’opacité des garanties d’État dans les partenariats gaziers. L’ancien régime n’a pas inventé la pratique, sous-régionale, d’entasser les arriérés dans les hôpitaux publics ou de multiplier les agences autonomes sans consolidation budgétaire. De 2014 à 2023, les dettes fournisseurs du secteur énergétique ont été recyclées en arriérés, les hôpitaux publics ont accumulé des déficits équivalant parfois à deux années de fonctionnement, et plusieurs PPP ont été conclus sans que la contrepartie de l’État ne soit comptabilisée comme dette. Pendant ce temps, les institutions internationales félicitaient le Sénégal pour sa discipline budgétaire, sans exiger une consolidation exhaustive.

La vérité est donc structurelle, pas circonstancielle. Ce n’est pas un régime qui a échoué ; c’est un mode de gouvernance qui s’est effondré. Un mode de gouvernance qui confond performance politique et opacité comptable, qui valorise les annonces plus que les évaluations, et qui fait des bilans publics des espaces de communication plutôt que de vérité. Le problème n’est pas la politique. Le mal se dissimule dans la culture institutionnelle qui a permis à la dette de devenir un angle mort.

 III. Restructurer ou s’entêter : la vraie décision politique

Le Sénégal se trouve à un carrefour stratégique où deux voies s’offrent à lui : assumer la nécessité d’une restructuration ou persister dans un déni aussi coûteux que périlleux. Contrairement aux représentations nationalistes ou aux réflexes d’orgueil politique, la restructuration n’a rien d’un acte d’humiliation. C’est une opération de gestion, presque chirurgicale, à laquelle ont eu recours des économies très différentes : l’Argentine en 2020, la Zambie en 2021, le Ghana en 2022, le Sri Lanka en pleine implosion en 2022, et le Mozambique entre 2016 et 2020. Tous ont restructuré non par faiblesse idéologique, mais parce que les chiffres les y avaient contraints. Même les régimes qui se posent en parangons de souveraineté, comme celui du capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso, négocient discrètement des financements concessionnels avec le FMI pour éviter la paralysie budgétaire.

Ce que montre l’expérience internationale est limpide. Un pays ne restructure pas par manque d’honneur, mais parce qu’il refuse de s’enfoncer dans une spirale où le service de la dette absorbe l’essentiel de ses marges de manœuvre et compromet la soutenabilité économique. La restructuration est donc une méthode : elle réduit le stock de dette, allonge les échéances, baisse les taux d’intérêt et libère des ressources indispensables pour l’éducation, la santé, l’énergie ou les infrastructures. Refuser cette option serait un pari risqué. Le Sénégal ne peut durablement financer une dette consolidée à près de 130 % du PIB sans sacrifier ses priorités sociales et sans compromettre sa stabilité financière. Le véritable défi n’est donc pas technique ; il est psychologique et politique. Il consiste à dépasser les narratifs d’honneur blessé pour admettre que la rationalité économique impose un réaménagement de la dette. À défaut, le pays se trouve contraint de recourir à des financements locaux ou sous-régionaux de plus en plus coûteux, au risque de provoquer un effet d’éviction qui assèche le crédit destiné aux entreprises et aux ménages. La question centrale est alors la suivante : le pays a-t-il la maturité institutionnelle pour choisir la lucidité plutôt que l’orgueil ?

  1. La confiance, nouvelle monnaie salvatrice du Sénégal

La crise de la dette révèle une vérité fondamentale. Les finances publiques ne reposent pas seulement sur des chiffres, mais sur un actif immatériel bien plus fragile : la confiance. Dans l’économie mondialisée, la confiance circule comme une monnaie : elle s’apprécie lentement, s’effondre vite, et possède un pouvoir de transformation bien supérieur à celui du franc CFA ou des recettes d’exportation. Ce n’est pas le niveau absolu de l’endettement sénégalais qui inquiète les marchés – de nombreux pays vivent avec des ratios supérieurs – mais l’impression d’un État dont la parole chancelle, dont la stratégie semble mouvante, et dont les chiffres paraissent instables.

L’incertitude, aujourd’hui, est devenue la première menace macroéconomique. Incertitude sur la véracité des comptes publics après la révélation de dettes consolidées. Incertitude sur la gouvernance des entreprises publiques et la qualité de leurs bilans. Incertitude sur la cohérence des messages délivrés par l’Exécutif, oscillant entre prudence technique et impulsions politiques. Incertitude, enfin, sur la trajectoire budgétaire réelle du pays. Or les marchés ne fonctionnent ni à l’émotion, ni au patriotisme, ni à l’espoir. Ils fonctionnent à la clarté. Ils ne demandent pas l’euphorie : ils demandent un plan. Une ligne de conduite stable, un calendrier crédible, une méthode assumée. Ils sanctionnent l’improvisation bien plus que la difficulté, et ils récompensent la cohérence même en période de turbulence.

Restaurer la confiance exige donc un effort systémique : transparence totale des engagements publics, discipline budgétaire soutenue, gouvernance resserrée des entreprises publiques et un leadership politique capable de produire un discours unifié. Le Sénégal n’est pas dépourvu d’atouts. Sa stabilité institutionnelle, son capital humain et son prestige diplomatique restent solides. Mais ces ressources ne produisent leurs effets que lorsqu’elles s’accompagnent d’une gestion rigoureuse. La confiance est un capital invisible, mais vital. Le Sénégal devra le reconstruire, centime par centime.

Conclusion

La crise de la dette cachée n’a rien d’une fatalité tombée du ciel. Elle agit comme un miroir implacable, renvoyant au Sénégal l’image réelle de ses fragilités institutionnelles. Ce miroir oblige à dépasser les réactions émotionnelles pour aborder la question sur son véritable terrain: celui de la crédibilité de l’État, de la solidité de ses mécanismes de contrôle, et de la maturité collective d’une nation confrontée à la vérité de ses chiffres. Les crises ne détruisent pas les États. Ce qui les détruit, c’est l’aveuglement volontaire, l’incapacité à regarder la réalité en face et à assumer la responsabilité des décisions difficiles. Le Sénégal ne basculera pas parce qu’il choisit de restructurer sa dette ; il sombrera au contraire s’il persistait dans la dénégation, dans l’orgueil mal placé ou dans les narratifs commodes qui l’empêchent d’affronter la situation avec lucidité. Ce moment n’annonce ni un effondrement ni une déchéance. Il ouvre un seuil, celui où le pays peut passer de la gestion approximative à la gouvernance méthodique ; d’une vision fragmentée à une stratégie cohérente ; d’une économie sous tension à un modèle plus robuste et mieux ancré dans les réalités contemporaines.

La dette cachée peut devenir un gouffre si elle continue d’être perçue comme une anomalie à dissimuler ou un héritage à instrumentaliser. Mais elle peut également se transformer en tremplin si elle est reconnue comme un catalyseur de réforme, une opportunité d’assainissement, un point de départ pour rebâtir la confiance et repenser l’architecture financière de l’État. Au fond, le choix est d’une simplicité redoutable : persister dans l’illusion ou franchir le cap de la maturité institutionnelle. La trajectoire future du Sénégal dépendra de ce choix.

Dr Mamadou Akila Bodian

Laboratoire des Études Sociales

Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN-UCAD)

Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Alerte sur les tensions politiques et économiques au Sénégal: Le PS appelle à recentrer l’action publique sur les priorités nationales

Dakar, 21 novembre 2025 – Le Parti socialiste du Sénégal (PS) a publié un communiqué dans lequel il exprime ses préoccupations face à la situation politique, économique et sociale du pays. Selon le parti, le Sénégal est en proie à une dérive politique, économique, sociale et institutionnelle qui nécessite une action urgente et responsable de la part des autorités.

Le PS souligne que les difficultés économiques s’aggravent, avec une hausse du coût de la vie, une augmentation des tarifs de l’énergie et des produits essentiels, ainsi que de nouvelles taxes prévues dans la Loi de finances 2026, jugées lourdes pour les ménages et les petites entreprises. Le parti estime également que les débats autour d’une supposée « dette cachée» fragilisent la situation financière du pays.

Outre les difficultés économiques, le PS dénonce les tensions politiques qui caractérisent actuellement le pays. Selon le parti, les rivalités au sommet de l’État et les confrontations stériles ralentissent la prise de décision publique. Le PS critique également la multiplication des accusations politiques et appelle à un climat plus apaisé.

Face à cette situation, le PS invite le gouvernement à se concentrer sur les secteurs prioritaires tels que l’emploi, l’éducation, la santé et le pouvoir d’achat. Le parti appelle également l’opposition à la retenue et la presse à favoriser des débats constructifs. Il encourage la société civile et les acteurs sociaux à jouer pleinement leur rôle dans la préservation de la cohésion nationale.

Pour répondre aux défis identifiés, le PS prévoit de lancer une « Initiative Citoyenne et Politique Nationale » visant à renforcer la stabilité, la confiance et la paix sociale. Le communiqué est signé par Abdoulaye Vilane, porte-parole du parti.

Synthèse de M. SAGNE

En ligne de mire: Quand la politique étouffe l’essentiel au Sénégal

Il devient difficile, aujourd’hui, d’évoquer la situation de l’emploi au Sénégal sans s’arrêter sur l’omniprésence de la politique politicienne dans l’espace public.

Le pays semble s’être installé dans un cycle de querelles interminables, d’invectives quotidiennes et de débats stériles qui éclipsent les véritables priorités nationales. Au lieu d’être un outil au service du développement, la politique s’est transformée en spectacle permanent, où chaque camp cherche à marquer des points, souvent au détriment de l’intérêt général. Ce qui est plus cocasse c’est surtout le climat empoisonné qui secoue le pouvoir en place entre les pros Diomaye et les pros Sonko. Conséquence, tout cela se traduit inévitablement par un retard préoccupant dans la mise en œuvre de politiques publiques essentielles, notamment celles liées à l’emploi.

Pendant que les acteurs politiques s’écharpent, la réalité, elle, est implacable : les Sénégalais attendent. Ils attendent des programmes concrets, des réformes courageuses et des décisions structurantes capables de réduire le chômage endémique, en particulier celui des jeunes. Mais ces préoccupations semblent reléguées au second plan, noyées sous le vacarme politique quotidien. Le citoyen peine désormais à s’émouvoir des discours, tant les promesses sont répétées et rarement suivies d’effets. La confiance s’effrite, l’espoir aussi.

Le manque d’emplois pousse des milliers de jeunes à chercher ailleurs un avenir qu’ils ne voient plus se dessiner ici. Les pirogues deviennent tristement le symbole de cette fuite en avant, au péril de leur vie. Ceux qui restent vivent souvent dans un dénuement croissant. Les ménages, faute de moyens, peinent à joindre les deux bouts. Les charges augmentent, les salaires stagnent ou n’existent simplement pas. Résultat : les marchés se vident lentement. Les commerçants se plaignent, les producteurs aussi. Le pouvoir d’achat s’effondre et entraîne tout un pan de l’économie dans un cercle vicieux.

Cette situation met en lumière une évidence que nous devons avoir le courage de reconnaître: au Sénégal, la politique a pris le dessus sur les préoccupations fondamentales des populations. Elle occupe tout l’espace, absorbe l’essentiel de l’énergie nationale et laisse peu de place au travail sérieux, rigoureux et soutenu qu’exige le développement.

Les priorités semblent inversées : on discute plus qu’on n’agit, on conteste plus qu’on ne propose, on accuse plus qu’on ne construit. Et pourtant, le pays regorge de potentialités. La jeunesse est dynamique, créative et ambitieuse. Les secteurs agricoles, industriels, touristiques ou numériques ne manquent pas d’opportunités. Mais pour transformer ces atouts en emplois durables, il faut un environnement de stabilité, de vision et de responsabilité — trois éléments affaiblis par la politisation excessive de la vie nationale.

Il devient urgent de réorienter notre attention collective vers l’essentiel : le bien-être des Sénégalais. Il est temps de remettre le travail, l’économie, l’éducation, la formation et la justice sociale au centre de nos priorités. Les débats politiques doivent s’élever, être porteurs de solutions et non de divisions. Ce n’est qu’à ce prix que le pays pourra espérer retrouver une dynamique de croissance inclusive et offrir à sa jeunesse des raisons de croire en un avenir ici, chez elle.

Car un pays où la politique étouffe l’essentiel est un pays qui se prive lui-même d’avenir. Aujourd’hui plus que jamais, il nous appartient de redonner à la politique sa véritable vocation: servir et non se servir, construire et non détruire, apaiser et non enflammer. Le Sénégal en a urgemment besoin.

Le Sérère du Sine

 

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