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A Bayakh, l’Alliance des champions: l’ADEPME et FRAISEN scellent un pacte pour 1 000 jeunes agri- preneurs

Sous le soleil vif de Bayakh, au milieu des serres et des alignements de cultures où mûrissent fraises, framboises et tournesol, une signature a pris, ce jour, des allures de manifeste. Celle d’une convention entre l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME), dirigée par Alpha Thiam, et l’entreprise agricole FRAISEN, fondée et portée par Souleymane Agne.

Plus qu’un accord administratif, un symbole : celui d’une politique publique qui revendique désormais la proximité, le terrain et la promotion des champions nationaux.

Une relation construite dans la durée

L’histoire entre l’ADEPME et FRAISEN ne date pas d’hier. En 2021, dans le cadre du Programme de Développement du Tourisme et des Entreprises (PDTE), financé par la Banque mondiale, l’entreprise bénéficiait d’une prime de 20 millions de FCFA à l’issue d’un concours de plans d’affaires post-Covid. À l’époque, FRAISEN n’était encore qu’une initiative prometteuse.

Trois ans plus tard, en 2024, un nouveau cap est franchi grâce au programme ETER : 18 millions de FCFA supplémentaires, via un fonds à frais partagés, pour financer la digitalisation, l’implémentation d’ERP et CRM, une application mobile, un système de prise de rendez-vous, la certification HACCP, le marketing digital et l’internationalisation.

Résultat : d’une startup agricole, FRAISEN est devenue une entreprise structurée, digitalisée, compétitive — un acteur qui compte dans l’agriculture moderne sénégalaise.

« L’histoire de FRAISEN montre que lorsque l’on croit en nos entrepreneurs et qu’on les accompagne au bon moment, ils deviennent des modèles nationaux », confie Alpha Thiam, au terme de la visite des installations.

Former 500 jeunes, viser 1 000

La nouvelle convention signée à Bayakh ouvre une troisième étape. Une phase pilote formera 500 jeunes agripreneurs, avec une ambition de 1 000 sur deux ans.

Au programme : techniques agricoles modernes, digitalisation des exploitations, accès aux équipements, accompagnement à la formalisation, ouverture vers les marchés et le financement. « Ce n’est pas une formation isolée. C’est un parcours intégré vers l’entrepreneuriat agricole », insiste le directeur général.

Dans les échanges avec les équipes de Souleymane Agne, les mots reviennent comme un leitmotiv : combat contre l’oisiveté, lutte contre le chômage, promotion du “Made in Senegal”, retour stratégique vers la terre.

« Le retour à la terre n’est pas un retour en arrière. C’est un retour vers la richesse », lance Alpha Thiam, convaincu que chaque jeune formé représente une alternative concrète à l’émigration irrégulière.

L’ADEPME, au plus près du terrain

Depuis sa nomination, le nouveau directeur général imprime un rythme soutenu. Il y a quelques jours encore, il sillonnait Tambacounda à la rencontre des entrepreneurs locaux. Ce week-end, il était à Ndioum, Richard-Toll et Saint-Louis. Aujourd’hui, Bayakh.

Ancien entrepreneur lui-même dans le transport, l’immobilier et l’agriculture, Alpha Thiam revendique une proximité « naturelle » avec les PME. « Tokk fi, tekki fi », répète-t-il — réussir ici, en restant ici.

Sa mission, dit-il, est claire : révéler les talents et les champions de l’écosystème entrepreneurial, les accompagner vers la formalisation, l’accès au marché, au financement, à la digitalisation, au matériel de démarrage et au développement des compétences. Faire des PME les moteurs de la croissance économique et les leviers d’une souveraineté nationale assumée.

Une vision alignée sur l’agenda national

L’initiative s’inscrit dans l’agenda national de transformation porté par le tandem exécutif Ousmane Sonko – Bassirou Diomaye Faye, qui place la souveraineté productive, l’emploi des jeunes et la valorisation des ressources locales au cœur de son action.

À Bayakh, cette vision prend un visage : celui d’un entrepreneur qui a démontré que produire fraises, framboises, ail ou tournesol au Sénégal n’était pas une utopie, mais une stratégie. « Souleymane est la preuve que l’innovation agricole est possible ici », martèle le directeur général de l’ADEPME.

En retour, Souleymane Agne voit dans cette convention « un levier pour structurer une nouvelle génération d’agripreneurs ».

Au-delà des serres et des signatures, c’est peut-être cela qui s’est joué à Bayakh : l’affirmation d’un pari. Celui que les champions d’aujourd’hui peuvent former les leaders de demain. Et que, de la terre sénégalaise, peut naître une réponse durable aux défis de l’emploi, de l’exode rural et de la souveraineté économique.

Cheikh Seck NDONG

Lancement du Portail Web et du SIG du CONGAD: Un outil innovant pour renforcer la visibilité et la coordination des ONG au Sénégal

Par Ch. Seck NDONG

Le Conseil des Organisations Non Gouvernementales d’Appui au Développement (CONGAD) a lancé officiellement son portail web et son Système d’Information Géographique (SIG) sur les programmes et projets des ONG au Sénégal. Cette initiative vise à renforcer la visibilité, la lisibilité et la reconnaissance de la contribution des ONG aux dynamiques de développement humain durable inclusif au Sénégal.

La cérémonie de lancement s’est tenue le jeudi 26 février 2026 à Dakar, en présence de plusieurs personnalités, notamment le Président du Conseil d’Administration du CONGAD, Ibrahima YADE, le Directeur Général du Centre de Suivi Écologique, et la Présidente de la Plateforme des Organisations Non Gouvernementales Internationales au Sénégal.

Dans son discours, la Directrice du Partenariat et des ONG a souligné l’importance de cet outil pour renforcer la transparence et la coordination entre les acteurs du développement. « Le portail et le SIG que vous lancez aujourd’hui ne sont pas de simples outils numériques. Ils traduisent une volonté celle de rendre l’action des ONG visible, traçable et mesurable », a-t-elle déclaré.

Le Directeur Général du Centre de Suivi Écologique a également pris la parole pour féliciter le CONGAD pour sa vision stratégique et son engagement en faveur de la transparence et de l’efficacité de l’action des ONG au Sénégal. « Ce SIG permettra une meilleure cartographie des interventions des ONG sur le territoire national, une visualisation claire des zones d’intervention et des thématiques couvertes, et une amélioration de la coordination entre acteurs », a-t-il indiqué.

Le portail web et le SIG du CONGAD sont accessibles www.congad.sn . Ils constituent un instrument de gouvernance, de redevabilité et de synergie entre les acteurs du développement, et contribueront à éviter les duplications d’efforts et à orienter plus efficacement les ressources vers les priorités nationales.

La réalisation d’un site web portail et d’un système d’information géographique sur les programmes et projets des ONG au Sénégal s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de communication numérique 2026-2030 du CONGAD. Elle vise notamment à « renforcer la lisibilité, la reconnaissance, la redevabilité, la crédibilité des ONG et du CONGAD » et à « améliorer la prise en compte de l’action des ONG dans les plateformes du système statistique national ».

Cette initiative, soutenue par FORUS et ONGIS, répond à plusieurs constats et défis. En dépit de l’importance des actions des ONG, relativement à l’amélioration des conditions de vie et des moyens d’existence des groupes pauvres ou vulnérables, leurs contributions ne sont pas suffisamment mises en évidence dans les rapports des ministères conduisant l’action publique dans leurs principaux domaines d’intervention.

Ce déficit de visibilité, qui s’étend aux plateformes et publications de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) ainsi qu’aux rapports sur l’indice de développement humain (IDH) publiés par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) est préjudiciable. Il fait perdre aux ONG des gains de reconnaissance et de crédibilité qu’auraient dû leur apporter leur participation aux dynamiques de déconstruction de la pauvreté, de transformation socioéconomique, de développement humain durable inclusif et de promotion d’un exercice inclusif des droits.

Cette situation restreint le soutien des institutions publiques sénégalaises et des partenaires techniques et financiers à l’exercice de leurs missions. Elle les prive d’un levier essentiel pour la consolidation et l’élargissement des partenariats sur la base de leurs plans stratégiques adossés au droit d’initiative des communautés ou dans le cadre de la mise en œuvre des politiques publiques et des programmes indicatifs de coopération bi ou multilatérale.

Le site web donnant accès à un système d’information géographique sur les programmes et projets mis en œuvre par les ONG apporte des réponses précises aux requêtes portant sur l’exercice de leurs missions de service public au bénéfice des groupes pauvres ou vulnérables et des communautés en général.

Le site web portail et le système d’information géographique permet au CONGAD d’améliorer les services qu’il délivre aux ONG, aux communautés pauvres ou vulnérables et aux autres parties prenantes à leur action mais également aux institutions étatiques, aux partenaires techniques et financiers, aux chercheurs, aux journalistes…

 

 

 

Face à la crise universitaire: Pr Daouda Ngom installe le comité du dialogue national du sous-secteur de l’enseignement supérieur

Les turbulences récurrentes qui secouent les universités publiques sénégalaises ont conduit les autorités à enclencher une nouvelle dynamique de concertation. Hier, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Daouda Ngom, a procédé à l’installation officielle du comité du dialogue national du sous-secteur de l’enseignement supérieur.

Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre des orientations du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, relatives à la création de comités sectoriels chargés de renforcer le dialogue et la concertation dans les différents sous-secteurs.

Depuis plusieurs années, l’enseignement supérieur sénégalais, pourtant reconnu pour la qualité de ses ressources humaines et de sa production académique, est confronté à des crises répétitives. Grèves, manifestations et épisodes de violences physiques et verbales ont régulièrement perturbé le calendrier universitaire, affectant l’image et l’efficacité du système.

Pour le ministre, la mise en place de ce cadre de concertation apparaît comme une nécessité impérieuse. « Dans le contexte des crises récurrentes qui affectent nos universités publiques, ce comité devient plus que nécessaire en raison du rôle central qu’il est appelé à jouer », a-t-il souligné. Convaincu de la pertinence des profils réunis, il estime que cette instance pourra contribuer efficacement à la pacification des espaces académiques.

Le comité regroupe des représentants du ministère, des enseignants-chercheurs, des syndicats, des étudiants, des parents, ainsi que des acteurs de la société civile. À sa tête, le Pr Lamine Guèye, qui fixe le cap : « Il s’agira de contribuer à la gestion des crises dans le sous-secteur et surtout à leur prévention. » Il a insisté sur la composition équilibrée de l’organe, appelée à favoriser des consensus forts et des propositions concrètes au service de la communauté universitaire.

Le président du Haut Conseil du Dialogue social, également présent à la cérémonie, a assuré du soutien de son institution. Celle-ci entend accompagner les acteurs sociaux dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits, à travers la formation, la sensibilisation et la mise en place de mécanismes adaptés de dialogue social aux niveaux national et sectoriel.

Au-delà de la gestion des tensions, l’objectif affiché est de restaurer durablement un climat social apaisé, condition essentielle à la pleine réalisation des missions des établissements publics d’enseignement supérieur : formation, recherche et innovation, insertion des étudiants et service à la communauté.

Avec cette nouvelle instance, les autorités misent sur le dialogue structuré pour sortir durablement l’université sénégalaise des cycles de crise et rétablir la confiance au sein de la communauté académique.

Pape Bakary DIATTA

Lettre ouverte au PM Ousmane Sonko: Pour préserver l’Université sénégalaise comme espace de savoir, de dialogue et de responsabilité

Par Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil, anciens parlementaires

Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-nous, avant toute chose, de saluer l’exercice de redevabilité trimestrielle du Gouvernement devant la deuxième institution de l’État, le Parlement. Cet exercice démocratique, fondé sur la transparence et l’explication de l’action publique, constitue une avancée importante dans le renforcement de notre culture républicaine et du dialogue entre l’exécutif et la représentation nationale.

Cependant, au regard des récents événements survenus dans l’espace universitaire, il nous paraît nécessaire, en tant que citoyens engagés et acteurs de la vie publique, de vous adresser cette lettre ouverte.

L’histoire contemporaine du Sénégal est profondément marquée par les mobilisations estudiantines (mai 68, l’assaut violent de l’UCAD en 1987, suivi de l’année blanche 88 etc). Les grèves, les contestations et les débats ont toujours participé à la construction intellectuelle et politique de notre nation. Vous-même, en tant qu’ancien étudiant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, avez vécu ces moments qui font partie intégrante de notre héritage démocratique.
C’est pourquoi les décisions récentes liées au déploiement sécuritaire dans les universités suscitent une vive inquiétude. Lorsque la gestion des tensions étudiantes bascule vers une logique essentiellement répressive, le risque est grand de transformer un espace de savoir en zone de confrontation.

L’Université n’est pas un champ de bataille : elle est un lieu d’humanisme, de pensée critique et de formation des leaders de demain, où se sont forgées les trajectoires de nombreux dirigeants sénégalais, y compris celle de l’actuel Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.

Vous avez publiquement assumé être à l’origine de la décision ayant conduit à l’assaut de l’espace universitaire, une intervention qui a débouché sur des violences graves et le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba. Les arguments invoqués pour justifier cet assaut apparaissent légers tant que les preuves ne sont pas mises à la disposition du public. Pour preuve, votre ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, lors de la fameuse conférence de presse du gouvernement, avait brandi des éléments présentés comme des preuves qui se sont révélés erronés, comme l’ont démontré plusieurs sources. Cette situation a profondément fragilisé la crédibilité de la communication officielle et renforcé le doute au sein de l’opinion.

Et même si l’hypothèse selon laquelle certains étudiants envisageaient de brûler la Bibliothèque universitaire ou les restaurants était avérée, la décision la plus responsable aurait dû être d’abord de sécuriser les sites concernés, d’encadrer les étudiants et d’interpeller de manière ciblée les présumés coupables. Une intervention généralisée ayant conduit à autant de violence ne saurait constituer une réponse proportionnée à une menace potentielle.

L’idée d’installer des postes de police permanents au sein des universités constitue, à cet égard, une orientation dangereuse. Elle installe une logique de surveillance permanente incompatible avec l’esprit académique. Le Sénégal ne doit pas suivre des modèles où la force sécuritaire devient un instrument d’intimidation dans des espaces civils.

À l’image de Benyamin Netanyahou qui, dans le contexte de l’occupation des territoires palestiniens, utilise la police pour imposer une présence coercitive et entretenir un climat de tension permanente, la militarisation des universités sénégalaises serait une dérive grave et contraire à nos valeurs démocratiques. Nos campus ne doivent jamais ressembler à des zones d’occupation.

Oui, notre pays traverse une période de tensions économiques et sociales. Oui, des réformes sont nécessaires. Oui, l’État doit parfois prendre des décisions difficiles, notamment concernant les bourses et la gestion des ressources publiques. Mais aucune réforme durable ne peut se construire sous la pression de la peur ou de la violence physique et psychologique exercée sur notre jeunesse estudiantine.

Vous avez également indiqué que la décision n’avait pas été exécutée comme vous l’aviez souhaité. Pourtant, un chef ne doit jamais chercher des boucs émissaires au sein des forces de défense et de sécurité. Assumer le leadership, c’est assumer pleinement la responsabilité politique des décisions prises. Un général ne lâche pas ses troupes lorsque des erreurs surviennent sous ses ordres.

Monsieur le Premier Ministre, le rôle d’un dirigeant qui se revendique gardien d’une prétendue révolution (qui n’a jamais existée d’ailleurs) ne peut être de gouverner par la contrainte, mais par la vision, le dialogue et la responsabilité.

L’Université sénégalaise doit rester un sanctuaire du savoir, un espace d’espérance et de construction citoyenne.

Que le dialogue constructif prévale toujours sur la force destructrice, afin que l’État demeure protecteur de sa jeunesse et garant de notre avenir commun.

Pont De Sakhor (Fatick): La République doit agir avant le drame

Il y a des infrastructures dont la fragilité révèle les fissures d’un territoire. Et il y a des silences qui pèsent plus lourd que le béton.

À Sakhor, dans la commune de Loul Sessène, arrondissement de Fimela, région de Fatick, un pont construit en 1988 par Caritas, menace, aujourd’hui, gravement ruine. Ce pont n’est pas un ouvrage secondaire. Il est l’unique lien terrestre entre une île habitée et le reste du Sénégal.

Lorsqu’un pont menace de s’effondrer, ce n’est pas seulement une structure qui vacille. C’est la continuité territoriale. C’est la sécurité des populations. C’est le principe d’égalité républicaine.

Depuis plusieurs années, les habitants vivent au rythme de l’angoisse, surtout à l’approche de l’hivernage. Les premières fortes pluies aggravent les fissures, fragilisent les appuis, rendent le passage dangereux. Les charrettes sont interdites. Les déplacements deviennent un risque calculé. L’accès aux soins, à l’école, au marché, dépend d’un ouvrage qui ne tient plus qu’à la prudence et à la prière.

Faut-il attendre qu’un drame survienne pour agir ? Un État responsable n’intervient pas après la catastrophe. Il anticipe. Il prévient. Il protège.

La reconstruction du pont de Sakhor n’est pas une faveur locale. Ce n’est pas un privilège demandé au nom d’une quelconque appartenance. C’est une exigence nationale. Une question de sécurité publique. Une question de dignité.

Le Sénégal parle de désenclavement, d’équité territoriale, de développement inclusif. Ces mots doivent trouver une traduction concrète dans les territoires périphériques. La République ne peut investir massivement dans les grands pôles urbains et laisser ses îles habitées suspendues au-dessus du vide.

La région de Fatick, berceau historique et culturel, mérite la même attention infrastructurelle que n’importe quel autre territoire. La cohésion nationale ne se décrète pas. Elle se construit, pont après pont, route après route, service public après service public.

Le pont de Sakhor est un test. Un test de réactivité. Un test de cohérence. Un test de responsabilité.

Reconstruire cet ouvrage, c’est protéger des vies. C’est rétablir la confiance. C’est envoyer un message clair : aucun citoyen sénégalais n’est périphérique dans la République. La République ne doit pas attendre qu’un pont s’effondre pour prouver qu’elle tient debout. Il est encore temps d’agir. Mais, le temps, lui, s’effrite comme le béton.

Babou Biram Faye

Journaliste,

Citoyen du SINE

 

Rationaliser ne garantira pas l’efficacité ni la viabilité des collectivités territoriales: oser la rupture avec la gouvernance coloniale des territoires en restituant les centres de décision aux populations- (Par Dr A. G. DIOUF)

L’Acte IV, une réforme mal engagée ?

Le débat actuel autour de l’Acte IV de la décentralisation semble s’orienter vers une réduction du nombre de collectivités territoriales au nom de leur « viabilité économique ». Les premières orientations laissent entendre que certaines communes seraient trop petites pour être efficaces et qu’il conviendrait, en conséquence, d’augmenter leur superficie et leur budget afin d’améliorer leur performance.

Dans cette perspective, la viabilité d’un territoire serait fonction de l’ampleur de ses capitaux, naturel, physique, humain, social et financier. Plus l’entité serait vaste et dotée de ressources importantes, plus elle serait supposée viable. Cette conception repose sur une analogie implicite entre territoire/collectivité territoriale et entreprise : l’agrégation des facteurs de production serait synonyme d’efficacité. Or cette analogie est conceptuellement erronée. Un territoire n’est pas une unité de production. Il est un système relationnel.

La viabilité territoriale ne dépend pas principalement de la masse des ressources disponibles, mais de la qualité de leur administration et de la proximité du centre de décision avec les espaces de vie où se déploient réellement et concrètement les relations sociales, économiques et écologiques.

La commune moderne, une construction administrative coloniale décalée

La commune contemporaine au Sénégal est héritière d’un modèle administratif centralisé issu de la modernité européenne et consolidé dans le contexte colonial. Elle repose sur un découpage géométrique de l’espace qui ne procède pas nécessairement d’une reconnaissance des unités socio-anthropologiques existantes. La communalisation s’est souvent superposée à des réalités territoriales préexistantes sans en épouser la logique interne. Or les véritables unités de fonctionnement de la société, celles où s’organisent la production économique, la reproduction sociale, les solidarités et les régulations foncières, sont souvent, pour le milieu rural, le village et son terroir.

La commune actuelle n’st ni plus ni moins qu’une juxtaposition d’unités de base, les terroirs/territoires qui, elles, constituent les vrais espaces où la vie réelle s’exerce. Cette dissociation crée un déficit structurel d’appropriation et d’efficacité.

Proximité décisionnelle et solidarité territoriale

Dans les configurations précoloniales, le centre de décision était situé là où se déroulait la vie quotidienne. Toute atteinte au terroir, altération des sols, raréfaction de l’eau, conflits d’usage, affectait immédiatement la communauté, mais surtout provoquait une réaction du centre décisionnel, parce que celui-ci partageait la vulnérabilité du territoire. Il existait une solidarité de destin entre pouvoir et espace. La décision était incorporée dans le territoire.

Aujourd’hui, le centre décisionnel communal ou étatique est souvent éloigné des espaces où se produisent concrètement les problèmes et où devraient  se concevoir et où se mettent en œuvre les solutions. Cette distance affaiblit la réactivité et dilue la responsabilité.

Le flottement territorial qui en résulte introduit une rupture structurelle

Avec la centralisation coloniale et la transformation extractive de l’économie, le centre de décision a été déplacé loin des terroirs. Il en résulte une dissociation entre le lieu du problème, le lieu de la décision et le lieu de la responsabilité. Les populations continuent de subir les effets des dégradations locales, mais le centre décisionnel n’en ressent pas immédiatement les conséquences. C’est ce que l’on peut appeler le flottement territorial : les sociétés sont physiquement enracinées, mais politiquement désancrées.

L’hyper-pouvoir du maire et le déficit réel de contrôle citoyen

La configuration actuelle des communes concentre un pouvoir considérable entre les mains du maire. Dans la pratique sénégalaise, il est extrêmement rare qu’une décision majeure émanant du maire soit bloquée par le conseil. Le maire dispose d’une marge de manœuvre très large.

Il y a parfois davantage de délibération contradictoire à l’Assemblée nationale que dans certains conseils municipaux. Les réformes antérieures (Acte II et Acte III) ont affiché l’objectif de renforcer le contrôle citoyen. Celui-ci ne s’est jamais concrétisé de manière structurelle. En effet, la distance entre centre de décision et unité relationnelle réelle réduit mécaniquement la capacité de surveillance.

Par ailleurs, le fait qu’en général, le pouvoir municipal soit concentré entre les mains du seul maire nourrit des convoitises politiques, voire politiciennes importantes autour du poste de maire. Les logiques électoralistes peuvent conduire des maires à privilégier leurs propres intérêts et ceux de certains villages ou quartiers pour des raisons partisanes.

La mission fondamentale de l’exécutif local, servir exclusivement l’intérêt général, se trouve ainsi souvent déviée.

 L’Acte IV doit être un moment de rupture avec le modèle colonial pour une reconnexion organique avec l’espace vécu

Si l’Acte IV de la décentralisation veut véritablement marquer une étape historique, il ne peut se contenter d’un ajustement technique ou d’un simple redécoupage administratif. Il ne peut pas se permettre d’éviter la rupture attendue dans le domaine de la gouvernance territoriale.

Depuis l’indépendance, les différentes réformes territoriales ont certes élargi les compétences des collectivités, mais elles ont largement conservé l’architecture fondamentale héritée de la gouvernance coloniale : un modèle centralisé dans sa conception, arbitraire dans son découpage et hiérarchique dans son organisation du pouvoir. L’Acte IV ne peut être un Acte de plus. Il doit être un moment de transformation. Cette transformation suppose une rupture claire avec la logique de gouvernance territoriale coloniale, une logique fondée sur la distance, la superposition administrative, la centralisation décisionnelle et l’extraction économique pour réinvestir le modèle de gouvernance endogène. Mais cette rupture ne signifie pas un retour nostalgique au passé. Il ne s’agit pas de restaurer à l’identique les structures précoloniales de gestion locale, Jaraaf, chefs de village ou hiérarchies traditionnelles telles qu’elles existaient historiquement. Il s’agit plutôt d’un recours, non d’un retour pour reprendre l’écrivain Cheikh Hamidou Kane. Le retour serait une restauration formelle des structures anciennes. Le recours consiste à puiser dans les principes organisationnels qui structuraient ces systèmes pour en extraire les fondements pertinents et les adapter aux enjeux et réalités contemporains. Dans les configurations précoloniales, la gestion des affaires locales était organisée autour d’une unité territoriale cohérente (le village et son terroir), d’une autorité située, intégrée au tissu social, d’un espace de délibération enraciné dans les relations quotidiennes, d’une responsabilité immédiate face aux conséquences des décisions.

Le village n’était pas simplement un lieu d’habitation ; il était une unité politique, économique et écologique. Son terroir constituait un espace polarisé, structuré par les pratiques agricoles, les solidarités lignagères et les règles de régulation foncière. L’autorité, le Jaraaf ou chef de village, ne gouvernait pas à distance. Elle était incorporée dans l’espace qu’elle administrait. Elle partageait la vulnérabilité écologique et sociale du territoire. Ce principe d’incorporation est central.

Ce que l’Acte IV devrait réactiver, ce n’est pas la figure institutionnelle du chef traditionnel, mais le principe d’ancrage territorial de la décision. La rupture attendue consiste donc à transformer la nature de la gouvernance territoriale en passant d’un modèle de superposition administrative à un modèle d’adhérence territoriale, d’une centralisation décisionnelle à une subsidiarité réelle, d’une commune géométrique à une collectivité organique.

Cette refondation serait une reconnexion. Reconnecter signifie réaligner l’unité administrative sur l’unité socio-territoriale réelle, replacer le centre de décision là où se déploie la vie des relations, restaurer la solidarité de destin entre pouvoir et territoire, reconstruire une gouvernance où la décision naît du sol. Il ne s’agit pas d’un repli identitaire ni d’un archaïsme institutionnel. Il s’agit d’une modernisation enracinée.

Une gouvernance territoriale peut être à la fois contemporaine dans ses outils et organique dans son ancrage. Elle peut intégrer des mécanismes modernes de planification, de transparence budgétaire avec la budgétisation participative, de contrôle juridictionnel, tout en respectant la logique fondamentale d’alignement entre espace de vie et espace de décision.

La véritable modernité territoriale ne réside pas dans l’agrandissement des périmètres administratifs. Elle réside dans la capacité à reconnecter l’institution à la réalité vécue. L’Acte IV représente ainsi un moment critique ; soit il prolonge la matrice coloniale en la rationalisant ; soit il inaugure une refondation organique de la gouvernance territoriale.

La rupture attendue n’est pas une rupture avec l’État. Elle est une rupture avec la distance. Elle consiste à transformer la gouvernance territoriale en une gouvernance située, responsable, enracinée, capable de conjuguer modernité institutionnelle et fidélité aux logiques profondes d’organisation de l’espace qui ont historiquement structuré les sociétés sénégalaises.

Rapprocher le centre de décision pour transformer structurellement le pouvoir local

Si l’unité territoriale correspondait à l’espace où les relations sont denses, par exemple le village et son terroir, la nature du pouvoir local changerait radicalement. Dans un espace relationnel restreint, les interactions sont constantes ; les responsables sont identifiables et directement accessibles ; la surveillance sociale est permanente ; les décisions sont immédiatement évaluables. Le pouvoir ne pourrait plus être monopolisé par une figure isolée disposant d’un hyper-pouvoir. L’exécutif serait soumis à un contrôle social direct. Cette proximité réduirait les convoitises politiciennes, les logiques de favoritisme, les dérives arbitraires. Le contrôle citoyen deviendrait effectif, non simplement proclamé.

Morcellement des ressources et économies d’échelle, une objection à dépasser

Faire émerger les espaces ou entités spatiales où naissent, s’exercent les relations sociales, économiques, culturelles, politiques etc. entrainer une multiplication des ordres de l’exécutif local au moment où on parle de les réduire. La multiplication des collectivités territoriales, en alignant celles-ci sur les unités socio-territoriales de base, entraînerait un morcellement des ressources transférées par l’État. Les enveloppes budgétaires seraient divisées entre un plus grand nombre d’entités, ce qui pourrait réduire les capacités d’investissement unitaires. De plus, la fragmentation pourrait limiter certaines économies d’échelle. Cette objection est légitime.

Cependant, elle repose sur l’hypothèse que la principale source de ressources est le transfert étatique, qu’il n y a plus d’espace pour augmenter substantiellement les montants actuellement transférés, et que l’efficacité dépend essentiellement de la taille budgétaire. Or la viabilité territoriale dépend aussi de la capacité de mobilisation locale.

Mobilisation locale, fierté civique et économie d’adhésion

Même si les transferts étaient fragmentés, cette perte potentielle pourrait être compensée, voire dépassée, par une mobilisation accrue des ressources locales. En effet, lorsque les populations participent réellement à l’identification des priorités, à la conception des projets concernant leur territoire, à leur mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des projets territoriaux, le développement devient une œuvre collective.

Ce processus produit un effet puissant : la fierté civique. Se savoir à l’origine d’un projet, en suivre l’exécution, en constater les effets, transforme la relation à la collectivité. La contribution financière n’est plus perçue comme une charge, mais comme un investissement dans un projet commun. La fiscalité devient crédible lorsque ses effets sont visibles. La proximité décisionnelle réduit également les coûts de surveillance et limite les gaspillages.

Ainsi, la perte éventuelle d’économies d’échelle peut être compensée par une augmentation des contributions locales, une meilleure efficacité d’utilisation des fonds, une plus grande durabilité des investissements, une réduction des détournements. Il faut opposer à l’économie d’échelle une économie d’adhésion. L’économie d’échelle optimise les coûts techniques certes mais l’économie d’adhésion optimise la mobilisation sociale qui influence positivement les couts.

Dans une collectivité distante et vaste comme ce sera le cas si l’hypothèse de réduction du nombre de collectivités est retenue, l’économie d’échelle peut exister sur le papier mais être neutralisée par la faible mobilisation citoyenne. Dans une collectivité proche et enracinée, la mobilisation sociale peut compenser la faiblesse relative des moyens initiaux.

Mutualisation intelligente et coopération interterritoriale

La multiplication des collectivités de base n’exclut pas la coopération. Certaines infrastructures lourdes peuvent être mutualisées entre plusieurs unités. Des mécanismes de coordination interterritoriale peuvent être institués et devraient être plus efficaces car les ordres de base de l’exécutif auront été performantes, contrairement aux expériences intercommunales qui n’ont donné presque pas de résultats positifs significatifs. L’autonomie locale n’implique pas l’isolement. Elle implique que la décision de base soit située là où se déploie la vie réelle, tout en permettant des coopérations à des niveaux supérieurs lorsque cela est nécessaire.

De la concentration/centralisation à l’ancrage.

La réduction du nombre de collectivités au nom de la taille est une réponse technocratique à un problème structurel. Le problème n’est pas le nombre de communes. Le problème est le décalage entre unité administrative et unité relationnelle réelle. Un territoire est viable lorsque la décision est proche de ses effets, le centre décisionnel partage la vulnérabilité du territoire, le contrôle citoyen est structurellement possible, la mobilisation locale est forte.

La décentralisation véritable n’est pas un redécoupage géométrique. Elle est une opération de ré-ancrage institutionnel. Elle consiste à aligner l’espace de décision, l’espace de production, l’espace de vie, l’espace de responsabilité. Sans cet alignement, le flottement territorial persistera. Avec cet alignement, la gouvernance territoriale pourra devenir organique, responsable et durable.

Il est fondamental de comprendre qu’une réforme de la décentralisation ne peut réussir que si elle prend pleinement en compte les entités spatiales réelles, c’est-à-dire les espaces de vie et de relations auxquels les populations se réfèrent et qui sont profondément inscrits dans leur imaginaire collectif.

Une collectivité territoriale ne devient pas performante par la seule force du décret. Elle doit correspondre à une unité vécue, reconnue et intériorisée. Lorsque les populations n’intègrent pas dans leur représentation mentale et sociale un espace administratif, même s’il est légalement institué par l’autorité centrale, cet espace demeure abstrait. Or une entité abstraite, déconnectée des pratiques quotidiennes, aura des difficultés structurelles à fonctionner efficacement. En effet, lorsqu’il existe un décalage entre l’unité administrative et les espaces où s’organisent concrètement l’activité économique, les relations sociales, les solidarités culturelles, les arbitrages politiques, les interactions écologiques, la gouvernance devient artificielle. Une collectivité qui ne correspond pas à un espace réellement vécu se trouve mécaniquement en porte-à-faux avec la dynamique quotidienne des populations. Elle opère en surplomb, sans véritable ancrage, et peine à susciter l’adhésion, la mobilisation et la responsabilité.

Ainsi, la réussite d’une réforme territoriale dépend moins de la technicité du découpage qui réduirait le nombre de collectivités territoriales que de sa capacité à coïncider avec les espaces de référence et d’appartenance des populations. C’est cette adéquation entre institution et imaginaire territorial qui conditionne la performance durable des collectivités.

Dr Aliou Gori DIOUF

Spécialiste en gouvernance environnementale et climatique

 

 

Macky Sall au Poste de Secrétaire Général des Nations Unies: Par conviction et par calcul

L’élection d’un nouveau Secrétaire général des Nations Unies est toujours un moment charnière pour l’équilibre du monde. À l’heure où les crises sécuritaires, climatiques, économiques et géopolitiques s’entremêlent, la question du leadership à la tête de l’Organisation devient plus que jamais stratégique. Dans ce contexte, l’hypothèse de voir Macky SALL accéder au Secrétariat général de l’Organisation des Nations Unies suscite un intérêt croissant et alimente un débat à la fois politique et diplomatique. Soutenir une telle candidature relèverait à la fois de la conviction et du calcul.

Par conviction

Par conviction, d’abord, soutenir la candidature de Macky SALL à la tête de l’Organisation des Nations Unies procède d’une adhésion profonde à son parcours, à la richesse de son expérience d’homme d’État et à la vision du monde qu’il incarne.

Homme d’État rompu aux exigences de la gouvernance nationale et internationale, Macky SALL a dirigé le Sénégal dans un contexte régional et mondial marqué par de profondes mutations. Son action à la tête de l’État s’est inscrite dans une dynamique de stabilité institutionnelle, de consolidation démocratique et de modernisation économique. Cette expérience constitue un atout majeur pour la direction d’une organisation multilatérale qui exige à la fois sens de l’équilibre, capacité d’arbitrage et vision stratégique.

Par conviction également, parce que son engagement en faveur du multilatéralisme ne s’est jamais démenti. Dans un monde traversé par les replis identitaires et les tensions géopolitiques, il a constamment plaidé pour le dialogue, la coopération internationale et le respect du droit international. Son positionnement sur les grandes questions globales – climat, dette des pays en développement, sécurité alimentaire, paix et sécurité – a été porté par une voix mesurée mais ferme, attentive aux intérêts des pays du Sud tout en restant ouverte à la concertation avec l’ensemble des partenaires.

Sa présidence de l’Union africaine a illustré cette capacité à défendre les priorités du continent tout en recherchant des compromis à l’échelle mondiale. Il y a porté des initiatives sur le financement du développement, la réforme de la gouvernance financière internationale et la réponse aux crises sécuritaires régionales. Cette posture d’équilibre, entre plaidoyer et pragmatisme, correspond à l’esprit même des Nations Unies.

Soutenir Macky SALL par conviction, c’est aussi reconnaître en lui un dirigeant issu d’un pays reconnu pour sa tradition de dialogue, de stabilité et de diplomatie active. Le Sénégal a toujours joué un rôle respecté dans les enceintes internationales ; porter l’un de ses anciens Chefs d’État à la tête de l’ONU serait dans la continuité de cet héritage diplomatique.

Enfin, la conviction repose sur une exigence morale : celle de promouvoir un leadership capable d’écouter, de rassembler et de concilier. Dans une organisation qui incarne l’universalité, le Secrétaire général doit être un médiateur crédible, un facilitateur de consensus et un défenseur constant de la paix. À bien des égards, le parcours et la stature internationale de Macky SALL répondent à cette attente.

Par calcul 

Par calcul, ensuite, tant les équilibres géopolitiques actuels, la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale et les dynamiques internes au système onusien plaident pour un leadership issu du continent.

Le système international traverse une phase de recomposition profonde : rivalités accrues entre grandes puissances, fragmentation des alliances traditionnelles, montée en puissance des pays émergents et revendication croissante d’une gouvernance mondiale plus équitable. Dans ce contexte, le choix d’un Secrétaire général issu du continent africain constituerait un signal politique fort. L’Afrique, forte de 54 États membres, représente un bloc diplomatique majeur au sein de l’ONU. Son poids démographique, ses ressources stratégiques et son rôle central dans les enjeux climatiques, sécuritaires et migratoires en font un acteur incontournable.

Soutenir Macky SALL, c’est donc aussi répondre à une logique d’équilibre et de représentation. Depuis la création de l’ONU, les fonctions stratégiques de gouvernance mondiale ont rarement reflété pleinement la diversité géographique et politique du monde. Une candidature africaine crédible, expérimentée et modérée peut rassembler au-delà du continent, en servant de pont entre le Nord et le Sud, entre puissances établies et pays en développement.

Le calcul est également diplomatique. Macky SALL dispose d’un réseau international dense, construit au fil de ses mandats, tant en Afrique qu’en Europe, en Asie et dans le monde arabe. Sa capacité à dialoguer avec des partenaires aux intérêts divergents peut constituer un avantage déterminant dans un processus d’élection qui repose sur des équilibres subtils, notamment au sein du Conseil de sécurité. Son profil de dirigeant pragmatique, non clivant sur la scène internationale, pourrait rassurer les grandes puissances tout en mobilisant le soutien des pays du Sud.

Par ailleurs, dans un monde marqué par les crises multiples – conflits armés, dérèglement climatique, insécurité alimentaire, endettement des États fragiles – le choix d’un leader issu d’un pays confronté directement à ces défis peut renforcer la légitimité morale et politique de l’Organisation. Le calcul consiste ici à promouvoir une figure capable d’incarner les préoccupations du plus grand nombre, tout en maintenant la stabilité du système multilatéral.

Enfin, pour l’Afrique, soutenir cette candidature dépasse la dimension symbolique : c’est une opportunité stratégique d’influencer davantage l’agenda international, de peser sur les réformes de la gouvernance mondiale et de faire entendre plus fortement ses priorités – développement inclusif, transition énergétique, lutte contre les inégalités et sécurité -.  Dans cette perspective, le soutien à Macky SALL n’est pas seulement un choix affectif ou identitaire ; il s’inscrit dans une lecture rationnelle des intérêts du continent et des dynamiques globales.

Un appel au Sénégal

Dans ce contexte, il est crucial que l’État du Sénégal se mobilise pleinement pour soutenir cette candidature. En portant Macky SALL, le Sénégal affirme son rôle de leader continental et s’assure que la voix africaine soit entendue et respectée au plus haut niveau du multilatéralisme. Le soutien national renforcera la crédibilité du candidat et donnera au continent une chance unique de jouer un rôle moteur dans la gouvernance mondiale. Le Sénégal a tout à gagner à soutenir cette candidature de manière unie et consensuelle. Au‑delà des coteries partisanes, c’est l’intérêt national et continental qui doit primer.

Ainsi, envisager Macky SALL à la tête de l’ONU, c’est interroger à la fois la légitimité d’un profil et l’opportunité stratégique d’un choix. Entre idéal diplomatique et réalités géopolitiques, cette candidature cristallise une double logique : celle des principes et celle des intérêts.

Ibrahima THIOUNE, Communicant, Responsable politique de l’Alliance Pour la République (APR) dans la commune de Keur Mboucki

thioune87@yahoo.fr

 

Stade Abdoulaye Wade: Youssou Diallo salue «une nouvelle leçon à l’Afrique et au monde» donnée par Macky Sall

RÉCONCILIATION NATIONALE ET SYMBOLE DUNITÉ AU SOMMET DE L’ÉTAT 

 Je n’ai pas pu, à la lecture de cet article souvenir, que j’avais publié le 22 février 2022, lors de la dénomination du stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, de le remettre au goût du jour. Cela, au regard du contexte de rancœurs et de tensions persistantes entre les nouvelles et les anciennes autorités du Sénégal, comme pour les inviter à un sursaut pour un dépassement salutaire !

Une nouvelle leçon à l’Afrique et au monde !

Par la dénomination au nom du Président Abdoulaye Wade du nouveau stade ultra moderne de Diamniadio, unique en Afrique, qui sera inauguré ce mardi 22 février 2022, le Président Macky Sall, Président en exercice de l’Union Africaine, vient de poser un acte historique de haute portée symbolique, prémonition d’un cycle socio-politique nouveau et prometteur au Sénégal.

Décidément, les ondes positives de la victoire du Sénégal à la CAN de football, après près de 60 ans de disettes, d’attentes et d’espoirs déçus, continuent de déferler sur le Sénégal et annoncent les prémices d’une aube nouvelle, plus porteuse d’espoirs, de réconciliation, de concorde, de compromis, de paix, de stabilité et de prospérité.

Prions qu’il en soit ainsi, inchaAllah !

Par cet acte posé, le président Macky Sall, digne élève du Maître, grave en lettres d’or, le nom du Maître, lui exprime, en dépit des vicissitudes et contorsions de l’histoire et de la politique, la reconnaissance et l’hommage de la Nation sénégalaise, mais aussi et surtout, son hommage et sa reconnaissance personnels, indélébiles et sincères.

En inscrivant le nom de Maitre Abdoulaye Wade dans un des temples du sport de notre jeunesse qui l’avait porté au pouvoir et qui continue de le chérir, le Président Macky Sall , comme disait le grand philosophe allemand Hegel, « fait mordre sa queue au serpent de l’histoire ».

Quoi de plus symbolique que de donner à ce temple du football, en ce moment, quelques jours après notre éclatante première consécration africaine, à Wade, un homme demeuré perpétuellement jeune !

Ce geste de grandeur et de grande noblesse du Président Macky Sall , ce Ndioukeul à Gorgui le bien-aimé, cette reconnaissance au Maitre , au Pape du Sopi , au fondateur du libéralisme social au Sénégal et en Afrique, au grand Combattant de la liberté , de la Démocratie et de l’Etat de droit , au Père de l’Alternance démocratique et pacifique ( en vainqueur , comme en vaincu ) , au Grand bâtisseur d’infrastructures économiques , sociales, culturelles et scientifiques, au Père de la parité homme -femme au Sénégal, au patriote ardent , à l’un des illustres initiateurs du combat pour la Renaissance africaine , au concepteur du Plan Oméga, du Népad , de la Grande Muraille verte etc. . etc.

Maitre Wade est un océan qu’on ne saurait épuiser dans un article ou même un volumineux un ouvrage !

Saluons aussi pour faire bonne mesure, l’esprit de dépassement et la profonde humanité du Président Wade qui lui ont permis d’accepter la main tendue de son fils, de son continuateur et digne héritier.

Le Président Macky Sall est tellement le digne héritier et continuateur de Wade que la symbolique du chiffre 2 qui est partout présent dans la date d’inauguration du Stade Abdoulaye Wade, 22 /02/2022 !!!

Pour faire un peu dans la parabole, la somme de cette date donne 12, qui est ascension continue et plus positive avec le temps.

De tout cela, le seul gagnant, c’est le Sénégal, le Sénégal ce pays bénit, qui montre encore à la face de l’Afrique et du monde, qu’il sait rebondir et de la meilleure des façons aux pires moments. Nous montrons aux autres que, nous sénégalais, savons régler nous-mêmes, nos contradictions et conflits, sans violence, sans effusion de sang, sans morts et surtout, sans intervention étrangère.

En ces moments sombres, agités et dangereux dans la sous-région Ouest -Africaine, nous devons tous, nous enorgueillir d’avoir des leaders politiques et des hommes d’Etat exceptionnels de la dimension des présidents Macky Sall et Abdoulaye Wade.

Vive le Président Macky Sall !

Vive le Président Abdoulaye Wade !

Vive le Sénégal uni, démocratique et prospère !

Youssou Diallo 

Président du Club Sénégal Émergent

 

Diplomatie- Course au SG des Nations Unies: le RUR porte la candidature de Macky Sall à l’ONU

Par A.L. NDIAYE (avec En Relief)

Réuni en Assemblée générale extraordinaire, le Réseau des Universitaires Républicains (RUR) de l’Alliance Pour la République (APR) a exprimé un soutien « ferme, enthousiaste et sans réserve » à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Le mouvement appelle l’État du Sénégal et l’Union africaine à mobiliser tous les leviers diplomatiques pour concrétiser cette ambition.

Le débat sur la succession à la tête de l’Organisation des Nations Unies prend une dimension nationale. Dans un communiqué rendu public hier, le Réseau des Universitaires Républicains (RUR), structure affiliée à l’Alliance Pour la République, a officialisé son soutien à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU.

Réuni en Assemblée générale extraordinaire, le RUR estime que cette candidature constitue «l’aboutissement naturel d’un itinéraire d’homme d’État marqué par le courage, la réforme, la vision et le sens de l’histoire». Les universitaires républicains considèrent que l’ancien chef de l’État sénégalais incarne une génération de dirigeants africains porteurs d’une transformation profonde des structures économiques, institutionnelles et diplomatiques.

Un bilan national mis en avant

Dans son argumentaire, le RUR met en exergue les réformes engagées durant la présidence de Macky Sall, notamment à travers le Plan Sénégal Émergent, présenté comme un levier de modernisation des infrastructures, de renforcement du capital humain et de transformation structurelle de l’économie.

Le réseau souligne également la consolidation des institutions démocratiques et le renforcement de la crédibilité internationale du Sénégal durant son magistère.

Leadership continental et médiation

Au plan régional et continental, le communiqué rappelle le rôle joué par Macky Sall à la tête de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), puis de l’Union africaine. Selon le RUR, il y a démontré « une capacité remarquable de médiation » dans un contexte marqué par des crises sécuritaires et institutionnelles complexes.

Le texte insiste également sur son engagement en faveur d’un multilatéralisme réformé et d’un nouvel ordre économique et financier international plus équitable, plaidant pour l’allègement de la dette des pays vulnérables et un financement adapté de l’action climatique.

Une empreinte sur la gouvernance mondiale

Le RUR rappelle que le leadership de Macky Sall a contribué à l’intégration de l’Union africaine au G20, consacrant ainsi, selon ses termes, la reconnaissance du continent africain dans la gouvernance mondiale.

Sur le dossier climatique, il est crédité d’un plaidoyer constant en faveur de la justice climatique, mettant en avant la vulnérabilité de l’Afrique face aux effets du dérèglement global.

Le communiqué évoque également ses initiatives diplomatiques durant la guerre en Ukraine, notamment ses démarches visant à faciliter la reprise des exportations de céréales et d’engrais pour prévenir une crise alimentaire majeure sur le continent.

Appel à la mobilisation diplomatique

Pour le RUR, la candidature de Macky Sall « représente l’opportunité d’insuffler un nouvel élan au système multilatéral » et d’œuvrer à une gouvernance mondiale «plus inclusive, plus efficace et plus humaine».

Le réseau exhorte l’État du Sénégal, l’Union africaine ainsi que les partenaires stratégiques du continent à mobiliser les leviers diplomatiques nécessaires afin de soutenir activement cette ambition.

Enfin, il appelle les universitaires, intellectuels et forces vives de la nation à se rassembler autour de ce qu’il qualifie «d’ambition majeure pour le Sénégal et pour l’Afrique».

 

Rentrée judiciaire 2026: Saint-Louis accueille une justice sénégalaise tournée vers le numérique

Par B. Diaw (avec En Relief)

La rentrée judiciaire du ressort 2026 s’est tenue ce vendredi 20 février 2026 dans la ville tricentenaire de Saint-Louis. La cérémonie a été présidée par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yacine Fall. Il s’agit d’une première historique, ce rituel judiciaire, jusque-là organisé uniquement à Dakar, ayant été décentralisé dans la capitale du Nord, Saint-Louis.

Cette journée a été placée sous le thème : « La modernisation du service public de la justice à l’ère du numérique ».

Pour la Garde des Sceaux, cette rentrée judiciaire constitue un temps fort de réflexion, de bilan et de projection. «Elle nous invite à mesurer le chemin parcouru, à identifier les défis à relever et à réaffirmer ensemble notre engagement commun au service de la justice et de l’État de droit », a-t-elle déclaré.

Madame Yacine Fall a souligné que des réformes de modernisation du système judiciaire sénégalais sont aujourd’hui indispensables pour les plus hautes autorités du pays. L’objectif est clair : renforcer la justice sénégalaise et la doter de moyens humains, financiers, matériels et technologiques nécessaires à l’accomplissement serein et efficace de sa mission fondamentale.

Socle de l’État de droit, garante de la paix sociale et de la protection des droits et libertés, la justice demeure, selon le ministre, un facteur essentiel de sécurité juridique et de développement durable. Dans un contexte de profondes mutations que traverse le Sénégal, elle a insisté sur le fait que la justice ne saurait rester en marge des transformations induites par la révolution numérique.

«La modernisation est désormais une exigence démocratique, une condition d’efficacité, de transparence et d’accessibilité. C’est dans cet esprit que s’inscrit le thème de la présente cérémonie », a indiqué la Garde des Sceaux.

Revenant sur l’importance de ce chantier, le ministre de la Justice a annoncé que plusieurs projets sont actuellement en cours, conformément au schéma directeur numérique du ministère.

Il s’agit notamment de la plateforme e-Justice, du développement des e-services, de la numérisation progressive des archives, du renforcement de la sécurité des infrastructures, de la souveraineté des données juridiques et de l’interconnexion progressive des juridictions sur l’ensemble du territoire national.

Ces initiatives traduisent l’ambition des autorités de bâtir une justice plus performante, plus souveraine, plus sécurisée et plus proche des citoyens. Selon Yacine Fall, le ressort de la Cour d’appel de Saint-Louis s’inscrit pleinement dans cette dynamique nationale. Elle a rappelé que des investissements significatifs ont été consentis pour renforcer le réseau informatique du palais de justice de Saint-Louis, afin de garantir une connectivité fiable, une meilleure fluidité des échanges numériques et une sécurisation accrue des données. «C’est également dans cette logique que certaines juridictions du ressort ont été retenues comme sites pilotes pour le démarrage du guichet unique national dédié à la délivrance en ligne du casier judiciaire et du certificat de nationalité », a-t-elle précisé.

Toutefois, la Garde des Sceaux a tenu à rappeler que la technologie, à elle seule, ne transforme pas une institution. Pour elle, la réussite de cette modernisation repose avant tout sur l’humain. « Elle exige une véritable conduite du changement, fondée sur la formation continue des magistrats et des personnels judiciaires, l’appropriation effective des outils numériques et l’instauration d’une culture de performance, de responsabilité et de maîtrise des données », a-t-elle confié.

«Le numérique ne remplace pas le magistrat. Il l’accompagne, le soutient, sécurise les procédures et renforce la traçabilité des actes. Mais la décision judiciaire demeure et demeurera toujours une œuvre humaine », a conclu Yacine Fall, réaffirmant que la modernisation du service public de la justice constitue une responsabilité institutionnelle majeure à assumer collectivement avec lucidité, rigueur et engagement.

 

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