mardi, septembre 8, 2026
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Forum de Dakar sur la Paix et la Sécurité: Cheikh Niang appelle à une unité africaine indispensable face aux menaces transfrontalières

Par Ch. Seck NDONG

Le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, a procédé ce mardi à la clôture du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Dans son allocution de clôture, le chef de la diplomatie sénégalaise a rappelé que les menaces ne connaissent pas de frontières et que l’unité africaine n’est plus une option, mais une impérieuse nécessité.

Devant les participants réunis à Dakar, Cheikh Niang a posé la véritable problématique. Terrorisme, trafics illicites, cybermenaces, crise climatique : autant de défis transfrontaliers et asymétriques auxquels aucun État africain ne saurait faire face seul. « L’intégration se présente non pas comme un idéal abstrait, mais comme une nécessité absolue », a-t-il expliqué soulignant les mécanismes de coopération crédibles, bien financés et solidement coordonnés.

Le ministre a également mis en avant la dimension institutionnelle de cette ambition collective, insistant sur la nécessité de bâtir des structures capables à la fois de protéger les populations et de fédérer les énergies du continent. Dans ce cadre, il a salué avec force la proposition du président Bassirou Diomaye Faye en faveur d’une Charte de Dakar sur la prévention des conflits, y voyant un outil stratégique majeur. « Une doctrine bien pensée ne se borne pas à répondre aux crises, elle permet de les anticiper et de les prévenir », a-t-il estimé.

Cheikh Niang a enfin appelé à transformer les conclusions du forum en actes concrets. Saluant la qualité des échanges et la richesse des analyses produites lors des travaux, il a invité l’ensemble des parties prenantes à s’approprier les résolutions issues de la rencontre et à en assurer la mise en œuvre effective. « L’Afrique entre dans un moment décisif de son histoire », a-t-il conclu, affirmant que le continent, dans un monde en profonde recomposition, avait toutes les cartes en main pour s’ériger en pôle de stabilité mondiale.

 

 

Touba- Passation de service à l’hôpital Ndamatou: Dr Ibrahima Tito Tamba prend les commandes et mise sur l’excellence et l’humanité

P. B. DIATTA (avec En Relief)

Nommé par le chef de l’État à la tête de l’hôpital Ndamatou de Touba, Dr Ibrahima Tito Tamba a été installé dans ses nouvelles fonctions à l’issue d’une cérémonie de passation de service.

Il s’est engagé à œuvrer avec détermination pour faire de l’établissement de santé un modèle de performance, d’humanité et d’excellence au bénéfice exclusif des populations du Sénégal en général et de Touba en particulier. « Servir l’État ici à Touba est un sacerdoce qui impose rigueur, exemplarité et engagement constant au service des populations », a déclaré le nouveau directeur de l’hôpital Ndamatou de Touba. Il dit mesurer pleinement la responsabilité qui lui incombe : « celle de travailler avec humilité, persévérance et résilience en plaçant l’humain au cœur de notre action ».

Dr Tito Tamba compte s’inscrire dans la continuité déjà amorcée en consolidant les acquis et en renforçant la dynamique collective. « En tant que nouveau directeur de l’hôpital Cheikhoul Khadim de Touba, nous sommes plus que rassurés quant à la collaboration entre les deux établissements de santé. Notre vision est de faire de cet établissement une référence d’excellence hospitalière», a-t-il affirmé.

Pour atteindre cet objectif, il compte s’appuyer sur quatre leviers : la bonne gouvernance à travers une gestion inclusive fondée sur l’écoute et la responsabilité partagée ; l’offre de prestations de soins de qualité en humanisant les soins et l’accueil ; l’amélioration des conditions de travail et la formation continue du personnel. « Il est essentiel d’établir un lien fort entre la satisfaction des agents, leur productivité et la satisfaction des usagers », a-t-il souligné.

Le dernier pilier repose sur la modernisation du plateau technique médical et l’innovation. « Nous allons renforcer le système de digitalisation et travailler sans relâche afin de permettre à chaque habitant de Touba et à chaque pèlerin de bénéficier des meilleures technologies de la santé », a promis Dr Tamba.

 

Cyclisme/congrès ordinaire de la confédération africaine: Abidjan accueille la famille de la Petite Reine

La Confédération Africaine de cyclisme (CAC) tiendra son congrès ordinaire d’informations les 25 et 26 avril à l’Hôtel Pullman d’Abidjan (Côte d’Ivoire) sous la présidence de l’honorable Dr Yao Allah Kouamé. Un événement important dans la vie de la Petite Reine en Afrique qui verra la présence du président de l‘Union Cycliste Internationale (UCI), David Lappartient.

Consolider les acquis, initier de nouvelles compétitions et dessiner les contours de perspectives ambitieuses pour l’An 1 du mandat du Dr Yao Allah-Kouamé ; c’est sous ce signe que se déroulera ce congrès auquel est attendu la famille du cyclisme africain. Sous ce prisme, c’est une ère nouvelle qui se dessine sous le magistère de ce haut dirigeant élu il y a seulement un an (16 février 2025) au Caire en remplacement de l’égyptien Mohamed Wagil Azzam. Un changement de gouvernance s’opère désormais à la tête d’une structure continentale.

Le prochain congrès de la CAC, prévu le 26 avril à Abidjan, sera bien plus qu’une simple assemblée générale. Ce rendez-vous continental constituera une tribune exceptionnelle pour la capitale ivoirienne en ce sens qu’elle marquera le point de départ de projets que le nouveau président entend proposer à ses pairs. Les défis sont nombreux et le chemin est long, mais l’ambition du nouveau président est de permettre aux cyclistes du continent de progresser en bénéficiant d’encadrement et de structures de qualité.

Un autre chantier stratégique concerne la formation des commissaires internationaux UCI. Actuellement, trop peu d’africains possèdent ce niveau de qualification leur permettant d’officier lors de compétitions internationales en Europe, Asie ou Amérique. Une dizaine de commissaires sont déjà en formation, avec un programme d’association aux jurys des compétitions UCI pour apprendre aux côtés de leurs homologues expérimentés. Tout ceci devrait être discuté à Abidjan par la cinquantaine de fédérations membres qui vont entamer la deuxième année du mandat du comité exécutif.

Abidjan va cristalliser donc l’attention de la famille du cyclisme africain avec les nombreux enjeux qui se présentent à elle. Et à l’heure du premier bilan, force est de constater que le Dr Yao Allah-Kouamé a su imprimer sa marque à la tête de la CAC. Car en douze mois, il a multiplié les initiatives, noué des partenariats stratégiques, créé de nouvelles compétitions et placé l’Afrique du cyclisme sous les projecteurs internationaux. C’est sous cet angle qu’il faudra situer les retrouvailles de l’Hôtel Pullman d’Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Ch. F. Keita (avec En Relief) 

Linguère/ lutte contre l’homosexualité: Aly Ngouye Ndiaye mobilise imams et acteurs communautaires pour endiguer le phénomène

Face à l’émotion suscitée par une affaire d’homosexualité présumée dans sa commune, le maire de Linguère, Aly Ngouye Ndiaye, a réuni ce mercredi 22 avril 2026 l’ensemble des imams de la ville pour apaiser les esprits et définir une réponse communautaire concertée. La rencontre s’est tenue à la grande mosquée de Thiely Sud, dans un contexte local marqué par une vive tension.

À l’issue des échanges, le premier magistrat de la ville a déclaré devant la presse que toute la communauté du Djoloff était choquée par cette affaire. « Qu’il soit imam ou simple citoyen djoloff, cette nouvelle a touché tout le monde. Linguère n’a pas l’habitude de ce genre de situation, c’est pourquoi cela a bouleversé l’ensemble du Djoloff», a affirmé l’ancien ministre de l’Intérieur.

Pour Aly Ngouye Ndiaye, il s’agit d’un phénomène de société désormais présent à Linguère. «En tant que maire et responsable, je me suis engagé, avec mes administrés, à endiguer rapidement ce phénomène », a-t-il indiqué. Pour y parvenir, il mise sur une communication de proximité destinée principalement aux jeunes.

Parmi les stratégies annoncées figure la mise en place d’un comité réunissant toutes les franges de la population. « Nous pensons que très rapidement, toutes les populations se réuniront autour d’un comité que je vais mettre en place afin de définir une stratégie. La mairie apportera un appui fort à ce comité pour venir à bout de l’homosexualité dans le milieu », a-t-il expliqué.

L’ancien ministre de l’Intérieur entend mobiliser plusieurs acteurs : l’administration, les imams, la jeunesse à travers les associations sportives et culturelles (ASC), les conférenciers, les relais communautaires et les associations de femmes. L’objectif est de sensibiliser les populations ciblées et de les impliquer dans la démarche.

Rappelant que le phénomène, désigné localement sous le terme « gor jigeen », existait bien avant le régime précédent, Aly Ngouye Ndiaye estime qu’il a pris une ampleur nouvelle. « Ce problème se pose aujourd’hui à toute la société, c’est pourquoi il faut le régler », a-t-il souligné.

Sur le plan pénal, il estime que la répression seule ne suffit pas. « Il faudra surtout des strates de communication vers les jeunes. Il faut d’abord comprendre un problème qui est profond et qui ne date pas d’aujourd’hui. Si nous engageons, nous trouverons ensemble des solutions pour endiguer l’homosexualité à Linguère », a-t-il martelé.

La question du VIH-Sida a également été abordée lors de la rencontre, témoignant de la volonté du maire de prendre en charge les enjeux sanitaires liés à ses administrés. À l’image des séances de sensibilisation sur l’homosexualité, des réunions d’échange sont prévues pour lutter efficacement contre les maladies sexuellement transmissibles.

Au regard de cette initiative, les populations ont exprimé « leur profonde gratitude à l’égard d’Aly Ngouye Ndiaye, qui est toujours à leurs côtés, surtout dans les moments difficiles », ont-elles fait savoir.

Bathie Ndiaye – Correspondant à Linguère

Kolda/ incendie au Dakka de Médina Gounass: des dégâts matériels importants enregistrés aucune perte en vie humaine

Un incendie s’est produit au Dakka de Médina Gounass. Il s’est déclaré dans la nuit du lundi au mardi, selon des témoins.

Il n’y a pas eu de perte en vies humaines. Mais des dégâts matériels importants ont été enregistrés. Amadou Diao, venu assister à la cérémonie religieuse, est revenu sur le déroulement des faits sur les lieux du sinistre.

« C’est dans la nuit que le feu s’est déclaré. Nous avons été alertés par un des nôtres qui ne dormait pas encore. Personne n’est mort par la grâce de Dieu. Toutefois, nous avons enregistré d’importants dégâts matériels. Tous nos bagages ont brûlé. Vous avez vu de vos propres yeux. Nos livres ont pris feu et sont calcinés. Nos sacs de riz sont tous partis en fumée. Toutes nos provisions ont brûlé. Nos habits et nos lits sont calcinés. Certaines personnes ont vu aussi leurs pièces d’identité, leurs cartes bancaires et leurs téléphones prendre feu », a-t-il expliqué.

À la suite de cet incendie qui a été rapidement maîtrisé par les sapeurs-pompiers, les victimes ont aussi été soutenues par certaines bonnes volontés, selon toujours Amadou Diao, témoin des faits et par ailleurs victime de l’incendie.

« Des bonnes volontés nous sont venues en aide. Elles nous ont donné des nattes pour avoir où dormir. Les gens du Dakka aussi sont venus le matin pour nous apporter de quoi manger. Nous avons aussi reçu du soutien pour acheter quelques bagages. Nous avons subi des pertes et cela va nous poser des difficultés pendant tout notre séjour », a-t-il dit.

Abdoulaye WANDIANGA (Correspondant à Kolda)

Onu: Mobilisation pour la candidature de Macky Sall…

Dakar: «Convergences citoyennes» lance une offensive diplomatique avant l’audition pour le poste de Secrétaire général

Face aux critiques visant la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies, ses soutiens ont organisé une riposte à Dakar. Des acteurs de la société civile, des responsables politiques et des panafricanistes, réunis au sein d’un comité baptisé « Convergences citoyennes », ont défendu une candidature qu’ils jugent légitime, stratégique et porteuse d’enjeux dépassant les clivages internes.

Ce comité citoyen entend renforcer la dynamique de soutien déjà engagée autour de l’ancien président sénégalais. Après une quarantaine de pays ayant officiellement appuyé sa candidature, des acteurs de la société civile africaine ont décidé de s’impliquer à leur tour. Le lancement du comité « Convergences citoyennes » a eu lieu samedi dernier à Dakar, avec une ambition affichée : mobiliser davantage de soutiens africains autour de cette candidature.

Selon ses initiateurs, ce cadre vise à renforcer l’influence de l’Afrique dans les instances internationales, notamment à l’Organisation des Nations unies. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, les membres du comité estiment que le profil de Macky Sall correspond aux exigences du poste. Parmi eux, Babacar Gaye, ancien directeur de cabinet du président Abdoulaye Wade, justifie ce soutien par une lecture stratégique. Il affirme que l’Afrique doit davantage peser dans les décisions internationales et considère que l’expérience de Macky Sall constitue un atout. Il estime que le poste requiert des profils capables de dialoguer, de rassembler et de prendre des décisions dans un environnement complexe.

Dans la même dynamique, l’ancien ministre d’État Seydou Guèye met en avant l’expérience internationale de l’ancien chef de l’État sénégalais. Il évoque notamment son implication dans plusieurs médiations et dans des processus de négociation à l’échelle régionale et internationale. Selon lui, ce parcours constitue un élément important dans l’évaluation de sa candidature.

La représentante de la société civile tchadienne, Zanouba Ali Mohammed Bachar, a également pris la parole lors de cette rencontre. Elle a appelé à dépasser les divisions internes africaines, estimant qu’elles affaiblissent la position du continent sur la scène internationale. Elle a souligné que les tensions entre acteurs africains nuisent à la visibilité et à l’influence collective du continent. Selon elle, la candidature de Macky Sall doit être considérée dans une logique continentale et non strictement nationale.

De son côté, le président de l’Union des panafricanistes sénégalais, Djiby Ndiaye, estime que le principal défi de l’Afrique réside dans sa capacité à mieux porter sa voix dans les instances internationales. Il considère que la candidature de Macky Sall peut constituer une opportunité de renforcement de cette présence. Il affirme que le débat ne doit pas être réduit à une logique partisane, mais doit être abordé sous l’angle de l’intérêt général et des enjeux diplomatiques du continent.

Sur le plan politique, plusieurs responsables sénégalais présents ont également exprimé leur soutien. Le député Abdou Mbow estime que les critiques internes sont secondaires face à l’enjeu international que représente cette candidature. Il appelle à une mobilisation symbolique autour de cette initiative, tout en rappelant que la décision finale appartient aux instances internationales. Il considère que l’élection éventuelle de Macky Sall pourrait avoir des retombées positives pour le Sénégal et pour l’Afrique.

Dans le même esprit, Serigne Mbacké Ndiaye souligne l’importance d’un front uni autour de cette candidature. Il estime qu’une telle dynamique permettrait d’envoyer un signal fort à l’international sur la cohésion des soutiens.

Au fil des interventions, les participants ont mis en avant une lecture commune de la candidature de Macky Sall. Celle-ci est présentée non seulement comme une candidature individuelle, mais aussi comme une opportunité pour renforcer la place de l’Afrique dans les grandes décisions internationales. Pour ses soutiens, cette initiative s’inscrit dans une logique de repositionnement du continent sur la scène mondiale. Ils estiment que l’expérience diplomatique et politique de l’ancien président sénégalais constitue un atout dans ce processus.

Cheikh Seck NDONG

 

Forum International de Dakar sur la Paix et la Sécurité: Diomaye Faye appelle l’Afrique à assumer sa souveraineté stratégique

Le Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio a accueilli, ce 20 avril 2026, la 10e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, sous la présidence du Chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.

Dans un discours solennel prononcé devant plusieurs chefs d’État, diplomates, experts et partenaires internationaux, le Président de la République a lancé un appel fort en faveur d’une Afrique plus souveraine, mieux intégrée et capable de définir elle-même son agenda sécuritaire et économique.

Aux côtés de ses homologues Julius Maada Bio, Président en exercice de la CEDEAO, et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, invités d’honneur de cette 10e édition, le Chef de l’État sénégalais a insisté sur la nécessité pour le continent de sortir du cycle de l’instabilité face à la montée du terrorisme, des conflits armés, de la criminalité transfrontalière, de la cybercriminalité et des effets aggravants du changement climatique.

«L’Afrique ne doit plus se contenter d’être le centre des convoitises entre grandes puissances », a déclaré le Président Bassirou Diomaye Faye, estimant que le continent ne peut plus accepter que son agenda sécuritaire soit défini ailleurs ni que ses priorités soient dictées par des intérêts étrangers.

Le Président a particulièrement insisté sur la notion de souveraineté, qu’il considère comme stratégique, économique et désormais numérique. Il a plaidé pour une meilleure gouvernance des ressources naturelles africaines, affirmant que le lithium, le cobalt, le pétrole, le gaz, l’uranium et les richesses halieutiques doivent avant tout servir à industrialiser le continent.

« Extraire chez nous, transformer chez nous et vendre à un prix juste », a-t-il martelé, présentant cette orientation comme le moteur de la transformation structurelle de l’Afrique.

Face aux limites des dispositifs actuels de sécurité collective, le Chef de l’État a proposé six axes majeurs d’action : renforcer les mécanismes de prévention et d’alerte précoce, opérationnaliser les forces africaines en attente, consolider la coopération régionale contre le terrorisme, investir massivement dans la jeunesse et l’emploi, mieux valoriser les ressources minières et énergétiques, et accélérer l’intégration économique à travers notamment la ZLECAF et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Le Président a également rappelé que la paix et la sécurité restent indissociables du développement, soulignant que la lutte contre l’insécurité doit impérativement s’accompagner de politiques publiques fortes en matière d’éducation, de santé, d’infrastructures et de création d’emplois.

Pour lui, seule une Afrique unie pourra passer « d’une posture de vulnérabilité à celle de puissance économique ».

En déclarant ouverte cette 10e édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité, Bassirou Diomaye Faye a invité les participants à faire de cette rencontre « l’édition de la maturité » et « du passage à l’acte », avec des réponses concrètes aux défis existentiels du continent.

Cette édition anniversaire du Forum de Dakar se veut ainsi un tournant stratégique pour repenser la sécurité africaine à partir des réalités africaines et dans une logique de souveraineté assumée.

A. L. NDIAYE (avec En Relief) 

 

Jeunesse sénégalaise: au-delà des titres, l’urgence d’agir

Pourquoi notre jeunesse se limite-t-elle trop souvent à la quête de postes, de promotions et de titres, parfois sans passion réelle ni vision profonde ? Pourquoi cette course aux positions, alors que le véritable enjeu devrait être l’impact et la transformation de notre société ?

À force de vouloir occuper des fonctions, nous oublions souvent l’essentiel : servir, créer et bâtir.

La jeunesse n’est pas seulement l’avenir du Sénégal.
Elle en est déjà le présent.
Un présent qui exige responsabilité, audace et engagement.

Chaque génération porte une mission historique. Certaines ont combattu pour l’indépendance. D’autres ont consolidé les institutions. La mission de notre génération est claire : construire un Sénégal plus fort, plus juste et plus prospère.

Le leadership ne se définit pas par un titre inscrit sur une carte de visite.
Le leadership véritable se mesure à la capacité d’initiative, à l’audace d’entreprendre et à la volonté de transformer les défis en opportunités.

Aujourd’hui, le Sénégal a besoin d’une jeunesse qui refuse la résignation. Une jeunesse engagée, créative et courageuse. Une jeunesse qui ne se contente pas d’attendre des solutions venues d’en haut, mais qui comprend que le développement d’une nation commence toujours par l’action des citoyens eux-mêmes.

Chaque idée peut devenir un projet.
Chaque projet peut devenir une solution.
Et chaque solution peut transformer une communauté.

Le Sénégal a besoin de leaders visionnaires, d’entrepreneurs audacieux et de citoyens responsables, capables de penser au-delà des intérêts personnels pour inscrire leur action dans une ambition collective.

À la jeunesse sénégalaise, le message est simple : n’ayez pas peur d’échouer, car l’échec est souvent l’école de la réussite. N’ayez pas peur de rêver grand, car les nations se construisent toujours à partir de grandes visions.

Le Sénégal que nous voulons ne naîtra ni de la passivité ni de la simple quête de statut.
Il naîtra de l’engagement, de la créativité et du courage de sa jeunesse.

Faisons donc de notre génération celle qui aura transformé l’espoir en action, et l’action en progrès durable pour notre pays.

Cécile Khadiom Diouf- Femme de Leadership et de Développement.

Fédéfoot: l’indécence des primes, la déception d’une promesse de rupture

La polémique enfle autour de la gestion des primes au sein de la Fédération sénégalaise de football. Ce qui devait être une célébration des performances sportives des Lions se transforme aujourd’hui en un malaise profond, nourri par un sentiment d’injustice et de rupture non tenue.

Selon les informations relayées, plusieurs membres du Comité exécutif (Comex), dont Amadou Kane, Bacary Cissé, Pape Sidy Lô, Bamba Bâ et Elimane Lam, auraient perçu des primes conséquentes, estimées à 13 millions FCFA chacun au titre des performances à la CAN. À cela s’ajouteraient des bonus exceptionnels, portant le total à environ 63 millions FCFA par personne pour certains responsables.

D’autres figures, comme Abdoulaye Fall, Babacar Ndiaye, Cheikh Seck, Abdoulaye Saydou Sow et Kosso Diané, seraient également bénéficiaires de bonus présidentiels, accentuant une controverse déjà vive.

Mais au-delà des chiffres, c’est une question de principe qui se pose.

Comment justifier de telles largesses financières pour des dirigeants entièrement pris en charge — billets d’avion, hébergement, restauration, transport et accès aux stades — dans un contexte où des supporters sénégalais, venus soutenir leur équipe avec passion, se retrouvent en difficulté, voire en détention à l’étranger ?

Comment comprendre que des mouvements de supporters emblématiques comme “12e Gaïndé”, “Allez Casa” ou encore “Lébougui” ne bénéficient d’aucun soutien structuré, alors même qu’ils incarnent l’âme et la ferveur du football sénégalais ?

Le malaise est d’autant plus profond que des engagements forts avaient été pris. Lors de son accession à la tête de la Fédération, Abdoulaye Fall affirmait avec force que le programme PRAXIS ne serait pas un simple slogan, mais une véritable rupture dans la gouvernance du football sénégalais. Une rupture fondée sur l’éthique, la transparence, la rationalisation des dépenses et la priorité donnée aux acteurs de terrain.

Aujourd’hui, ces principes semblent mis à rude épreuve. Car comment concilier l’esprit de PRAXIS — censé replacer l’intérêt collectif au cœur des décisions — avec des pratiques perçues comme opaques et inéquitables ?

La question mérite d’être posée sans détour : est-ce cela, la rupture annoncée ? Ou assistons-nous à une continuité des pratiques que l’on croyait révolues ?

Au-delà de la polémique, c’est la crédibilité même de la gouvernance qui est en jeu. Le football sénégalais ne peut prospérer durablement sans la confiance de ses supporters, de ses bénévoles et de tous ceux qui, dans l’ombre, font vivre cette passion.

Il est peut-être temps de revenir à des fondamentaux. À une certaine orthodoxie. Celle du bénévolat engagé, du sens du service, de la responsabilité morale vis-à-vis du peuple sénégalais.

Car le football n’est pas qu’un jeu. C’est un patrimoine commun, un symbole d’unité nationale. Et ceux qui en ont la charge doivent être les premiers à incarner l’exemplarité.

À défaut, la rupture promise risque de rester un mot. Et PRAXIS, un idéal trahi.

Par Makhète Djité

Offensive des cadres Jambaars contre le pouvoir: La CSCJ dénonce «une dérive autocratique» et lance une série d’initiatives pour exiger la transparence

La Cellule Stratégique des Cadres Jambaars (CSCJ) a publié, ce dimanche 20 avril 2026 à Dakar, un communiqué officiel au ton offensif contre la gouvernance actuelle. Dans ce texte signé par son Secrétariat exécutif, la structure estime que «le Sénégal traverse une zone de turbulences sans précédent» et dit lancer «une alerte solennelle» face à ce qu’elle qualifie de « cécité budgétaire » et de « dérive autocratique ».

 Interpellation judiciaire et institutionnelle 

La CSCJ annonce plusieurs démarches pour dénoncer ce qu’elle appelle «l’immobilisme judiciaire ». Elle indique adresser une « lettre interpellative à l’UMS et à la société civile » pour dénoncer une « justice à deux vitesses ».

Le communiqué cite notamment « le scandale des 8 milliards de Bakel », un dossier qu’il juge « resté sans instruction », et pointe « une opacité persistante » dans le rapport de l’ITIE. La CSCJ dénonce par ailleurs un « deux poids, deux mesures » entre, d’une part, la « célérité de la justice contre les opposants politiques » et, d’autre part, « l’impunité totale dont jouiraient les proches du pouvoir actuel ».

«Le Tour des Jambaars» sur le terrain 

Sous l’impulsion du président Bougane Guèye, la CSCJ annonce le lancement d’une mission nationale baptisée « Le Tour des Jambaars ». L’objectif : « mesurer l’impact réel de la crise sur les populations ».

La délégation prévoit de rencontrer les acteurs des secteurs agricole et maraîcher pour analyser « les pertes liées à l’absence de maîtrise de la chaîne de valeur, de conservation et d’écoulement ». Elle compte aussi évaluer « la paupérisation des arachidiers », échanger avec les transporteurs « en mouvement d’humeur » et les marchands ambulants « déguerpis sans alternative viable ». La situation de la jeunesse étudiante et des « travailleurs précaires » figure également à l’agenda.

Diagnostic de la gestion publique 

Dans son texte, la CSCJ dresse un réquisitoire contre la gestion du pays. Elle évoque une « gouvernance par l’improvisation », un « abus de l’endettement » pour financer, selon elle, « un train de vie de l’État indécent », et une « dérive institutionnelle ». La cellule condamne « fermement toute manipulation législative ad personam » visant, d’après elle, à instrumentaliser les articles L.29 et L.30 du Code électoral.

Les exigences formulées 

La CSCJ formule quatre exigences principales :  la « sincérité budgétaire » avec la publication immédiate du bulletin statistique de la dette et du rapport trimestriel 2025 ;  une « éthique du sacrifice » passant par la suppression des fonds politiques, la réduction des cabinets ministériels et la fusion des agences jugées redondantes;  un «hommage national» pour le centenaire du président Abdoulaye Wade, présenté comme « un rappel de l’excellence et de la vision» ;  une rupture avec ce qu’elle qualifie de « gestion de survie budgétaire qui sacrifie notre souveraineté nationale».

Le communiqué se conclut par la devise de la CSCJ: «Unité, Rigueur et Souveraineté».

Ch. Seck NDONG

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