Le Comité Régional de Développement de Saint-Louis s’est réuni ce jeudi sous la présidence de Mme Khoudia Leye, adjointe au gouverneur chargée du développement, pour faire le point à mi-parcours du projet « Yakaar Jeunesse et Entrepreneuriat ». Une rencontre qui s’est soldée par un sentiment de satisfaction, mais aussi par un plaidoyer fort pour une extension du projet vers les zones les plus enclavées de la région.
Initié par le Consortium Jeunesse Sénégal, le projet « Yakaar Jeunesse et Entrepreneuriat » vise à accompagner les jeunes de la région dans la création et la consolidation d’initiatives économiques.
Un bilan mi-parcours présenté à tous les acteurs territoriaux
Pour cette session d’évaluation, l’administration a mobilisé l’ensemble des acteurs du développement local. Étaient conviés les préfets, les représentants des chambres consulaires, les chefs de service, la direction régionale du développement rural, la direction régionale de l’élevage et l’ensemble des services techniques.
«C’est un CRD qu’on a organisé pour le projet Yakaar jeunesse et entrepreneuriat qui est un projet du Consortium Jeunesse Sénégal. Au cours de ce CRD là, on a convié les préfets, les représentants des chambres consulaires, les chefs de service, la direction régionale du développement rural, la direction régionale de l’élevage et tous les chefs de service pour vraiment connaître le projet et s’acquérir des résultats au niveau de Saint-Louis», a expliqué Mme Khoudia Leye.
Des résultats « très bénéfiques » mais un plaidoyer pour l’inclusion
Selon l’adjointe au gouverneur, le projet a déjà démontré toute sa pertinence pour la région de Saint-Louis. « Puisque c’est un projet qu’on a vu, qui est très très bénéfique pour la région, les participants ont quand même fait quelque chose pour le plaidoyer, notamment que le projet soit beaucoup plus étendu dans les autres départements et surtout dans les zones enclavées », a-t-elle indiqué.
Cette recommandation a été notée par la coordination du projet. Demba Kandé, membre du Conseil d’Administration du Consortium Jeunesse Sénégal, s’est dit satisfait de l’issue de la rencontre. « Nous sortons de ce CRD avec un sentiment de satisfaction et c’est le moment de remercier les autorités de la région de Saint-Louis, de nous avoir appuyés», a-t-il déclaré.
Le pari de l’inclusion: 70% de femmes et un « mobile-up » pour les zones reculées
La question de l’inclusion était au cœur des recommandations. Pour y répondre, le chef de projet a annoncé plusieurs dispositifs déjà intégrés au design du programme.
D’abord sur le plan du genre. « Le projet compte toucher 70% de femmes. Les femmes sont vraiment nos cibles dans ce projet-là, mais aussi 5% de personnes vivant avec un handicap», a précisé Demba Kandé.
Ensuite sur l’accès géographique. Au-delà de la réhabilitation d’un espace dédié aux jeunes au chef-lieu régional, le Consortium prévoit le déploiement d’un « mobile-up » équipé. « Ce mobile-up pourra vraiment toucher les jeunes les plus éloignés de la région de Saint-Louis, qu’on puisse vraiment aussi l’accompagner», a-t-il assuré.
Sur la question du handicap, des dispositions sont également prévues pour la réhabilitation des infrastructures afin de les rendre accessibles. Le responsable a toutefois précisé que le Consortium allait «voir dans quelle mesure, avec nos moyens, nous pouvons renforcer ce dispositif».
Partenaire technique du projet, la Fondation MasterCard est décrite comme « très exigeante sur les aspects de l’inclusion». Le Consortium Jeunesse Sénégal, qui se réclame d’une « politique genre et inclusion», entend inscrire cette démarche dans la vision plus globale de son programme « Yakaar 2030 ».
Au terme de la rencontre, le chef de projet a assuré que toutes les recommandations formulées par les participants ont été prises en compte et feront l’objet d’un suivi dans la seconde phase de mise en œuvre du projet dans la région de Saint-Louis.
B. Diaw (avec En Relief)
JIFA 2026: Comment le « Village des Fées » réinvente le leadership féminin depuis Dakar
Le Musée Théodore Monod d’Art africain de l’IFAN a refermé ses portes aujourd’hui sur une note de haute inspiration. Durant trois jours, (du 7 au 9 août), cet espace historique a abrité les célébrations de la Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA 2026). Porté par le réseau Forces pour l’Autonomisation des Femmes Africaines (FAFA), en collaboration officielle avec le Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, l’événement a vibré sous le thème central : « Leadership féminin et cohésion sous-régionale ».
L’immersion magique au « Village des Fées »
Le public dakarois a massivement répondu à ce rendez-vous unique en découvrant les cinq quartiers thématiques du Village des Fées en présence de la Ministre de la femme et de l’action sociale, Marie Angélique Selbe Diouf. Ce pôle d’attraction a brillamment conjugué business, bien-être et transmission.
A l’affiche, les Comptoirs des FÉES : Une vitrine d’expo-vente dynamique, l’Élan des FÉES : Un guichet unique pour orienter les initiatives, le Jardin des FÉES : Un espace ludique pour la détente, le Cocon des FÉES : Un havre dédié au bien-être et l’espace « Penc Mi » : Le cœur battant des talks et de la transmission intergénérationnelle.
Des débats sans tabou : Focus sur le panel « Femme et dépigmentation »
Au-delà des opportunités économiques, la JIFA 2026 a été un espace de dialogue citoyen et de sensibilisation. Parmi les moments forts de l’événement, le panel dédié au thème « Femme et dépigmentation » a suscité de vifs échanges. Ce débat nécessaire a permis d’aborder de front les enjeux de santé publique, d’estime de soi et d’identité culturelle, renforçant l’idée que le leadership féminin passe aussi par la réappropriation et la valorisation de la beauté naturelle africaine.
REFLET : catalyseur de la diversité entrepreneuriale
Parmi les acteurs majeurs de cette édition, le Réseau des femmes leaders autour de Thierno Amadou Ba (REFLET) s’est particulièrement illustré. Le réseau a mobilisé dix exposantes venues de secteurs traditionnellement masculins ou stratégiques, prouvant la diversification de l’entrepreneuriat féminin local. Maimouna Ba, représentante du REFLET, tire un bilan extrêmement positif de cette participation : « C’est dans le but de mettre en évidence l’entrepreneuriat féminin que nous avons tenu des panels et expositions trois jours durant. À cette occasion, le REFLET a eu dix exposantes notamment dans le BTP, le cadre juridique, le volet immobilier et voyage, ainsi que la transformation des fruits et céréales locales. Nous avons ainsi échangé sur la culture, le leadership féminin et l’appropriation des femmes du business. Dans l’ensemble, les visites des stands, les expositions et les panels se sont déroulés dans un cadre assez convivial ».
Un tremplin pour l’avenir
Cette édition 2026 de la JIFA s’impose comme une réussite totale pour le réseau FAFA et ses partenaires. Plus qu’une simple célébration, ces trois jours à Dakar ont offert aux femmes africaines un véritable tremplin pour entreprendre, se ressourcer, apprendre et sceller des alliances durables pour la cohésion de la sous-région.
A.S