Le constat est désormais clairement posé: malgré les ressources importantes mobilisées en faveur de l’environnement, leurs effets restent encore insuffisamment perceptibles par les populations.
Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Aliou Gori Diouf, a relayé cette préoccupation du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, à l’occasion du lancement de cinq microprojets d’adaptation au changement climatique.
Le Sénégal veut-il changer de méthode dans la conduite de sa politique environnementale ? Le message porté par le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Aliou Gori Diouf, laisse penser que l’heure est désormais à une approche davantage axée sur les résultats.
Lors d’un échange avec le chef de l’État, le ministre dit avoir reçu une interpellation claire sur l’impact réel des nombreux projets financés dans le secteur de l’environnement. Selon lui, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye estime que les ressources mobilisées doivent davantage se traduire par des changements perceptibles dans la vie quotidienne des populations et dans les territoires. «Le ministère de l’Environnement mobilise beaucoup de ressources, mais le chef de l’État ne ressent pas suffisamment les impacts des projets sur les populations », a rapporté Dr Aliou Gori Diouf.
Pour le ministre, cette préoccupation constitue désormais une exigence dans la mise en œuvre des politiques publiques environnementales. Il ne s’agit plus seulement de multiplier les programmes, de mobiliser des financements ou de mettre en place des stratégies, mais de démontrer leur utilité concrète sur le terrain.
Du financement à l’impact
C’est dans cette logique que s’inscrit le lancement officiel de cinq microprojets d’adaptation au changement climatique, financés à hauteur de 700 000 euros par la coopération allemande.
La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Le Ndiambour, dans le cadre du Projet de mise en œuvre des actions régionales et nationales d’adaptation en Afrique centrale et de l’Ouest, dénommé PACO. Le programme est porté par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, à travers la Direction du changement climatique, de la transition écologique, des financements verts et des financements verts (Dcctefv), en partenariat avec la Coopération allemande (GIZ) et le Centre de suivi écologique (CSE).
À travers sa composante consacrée aux microprojets, le PACO entend justement rapprocher les politiques d’adaptation des réalités vécues par les communautés.
Pour Dr Aliou Gori Diouf, l’enjeu est de passer de la planification à l’action. Les initiatives retenues doivent permettre de répondre directement aux vulnérabilités identifiées dans les territoires, tout en servant de terrain d’expérimentation pour des solutions susceptibles d’être reproduites à plus grande échelle.
Cette démarche présente, selon le ministre, un double intérêt : apporter des réponses immédiates aux besoins des communautés et permettre de tester des solutions innovantes avant d’envisager leur réplication.
Cinq projets, cinq territoires
Les cinq microprojets sont déployés dans les régions de Saint-Louis, Thiès, Kaolack, Fatick et Kolda. Ils interviennent sur plusieurs problématiques liées à l’adaptation au changement climatique : sécurité alimentaire, gestion durable de l’eau, développement des filières agricoles, égalité de genre et renforcement des capacités des communautés.
La mise en place de fermes intégrées intelligentes, l’amélioration de l’accès à l’eau et la disponibilité de semences adaptées figurent notamment parmi les actions envisagées.
L’objectif affiché est d’atteindre directement plus de 12 000 bénéficiaires dans les différentes zones d’intervention.
Au-delà des chiffres, le défi sera donc de vérifier, sur le terrain, les changements effectivement produits par ces investissements. Car c’est précisément sur ce point que se situe l’interpellation présidentielle : faire en sorte que les financements environnementaux soient visibles dans les territoires et ressentis par les populations.
134 candidatures pour cinq projets retenus
Le processus de sélection illustre par ailleurs l’intérêt suscité par le mécanisme de financement. À la suite de l’appel à manifestation d’intérêt lancé en août 2025, 134 dossiers de candidature ont été enregistrés. Au terme de la sélection, seuls cinq projets ont été retenus.
Les promoteurs des cinq initiatives sélectionnées ont reçu leurs chèques lors de la cérémonie de lancement.
Pour le ministère, cette expérience doit aller au-delà du financement de quelques initiatives. L’ambition est de faire émerger, à partir des territoires, des solutions d’adaptation éprouvées et susceptibles d’alimenter les futures politiques publiques ainsi que les projets de plus grande envergure.
Le PACO apparaît ainsi comme une première réponse à une question devenue centrale : comment transformer les financements environnementaux en résultats mesurables et directement perceptibles par les populations ?
C’est désormais sur cette capacité à produire des effets concrets dans les territoires que devrait se mesurer l’efficacité des politiques d’adaptation au changement climatique.
Par A. Gaye (avec En Relief)



