Le récent du premier ministre, Ousmane Sonko continue d’alimenter les débats au sein de classe politique sénégalaise plus particulièrement au sein du parti Pastef. Les réactions viennent de partout que ce soit du côté de l’opposition ou encore du camp du pouvoir.
Ce limogeage du premier ministre n’est pas « surprenant » selon Docteur Momath Ndiaye, enseignant-chercheur à l’École Supérieure Polytechnique de l’UCAD et membre de Pastef-Les Patriotes dans le département de Médina Yéro Foulah.
« La situation était devenue intenable. D’un côté, on avait un premier ministre qui voulait accélérer la mise en œuvre des promesses faites aux populations, à savoir la rupture à tous les niveaux, et de l’autre, un président de la République qui semble s’inscrire dans la continuité du système. Donc, il y’avait deux directions aux antipodes l’une de l’autre », analyse-t-il.
Pour lui, « sans aucun doute, c’est le premier ministre qui était sur la bonne direction car chacun sait que les problèmes de notre pays sont en grande partie causés par un système qui favorise la prévarication, la corruption, l’injustice ». Il rappelle toutefois qu’« une révocation relève de l’ordre normal des choses puisque les textes réservent au président le pouvoir de nommer à tous les postes civils et militaires. Reste à voir qui va être le nouveau premier ministre », conclut-il.
Originaire du département de Médina Yéro Foulah, le Dr Ndiaye dit se sentir « redevable » à ce département de la région de Kolda. Il dresse un constat sévère de la situation locale. « L’état actuel de ce territoire ne suscite que désolation, tellement la zone est gangrenée par des problèmes de toute nature à savoir l’enclavement, l’absence d’électricité et de connexion internet, le chômage galopant, le manque d’infrastructures sanitaires et scolaires».
S’il estime que les autorités qui se sont succédées « ont sans doute essayé d’apporter des solutions », il juge leurs résultats « faméliques au regard de l’étendue des difficultés ». Sur sa candidature aux prochaines locales, il reste prudent mais ouvert. « Étant membre du Pastef et étant à cheval sur les règles du parti, je reste à l’écoute du parti. Mais oui, si je suis choisi, c’est volontiers que j’accepterais car ce serait un formidable moyen de contribuer au développement de ma localité ».
Dr Momath Ndiaye revient aussi sur la relance du Domaine Agricole Communautaire de Fafacourou. Lancé en 2018, le projet avait été stoppé peu après son démarrage. « L’idée des DAC était une bonne idée qui pouvait aider à développer des zones comme le Myf qui sont des terroirs agricoles. Que les DAC soient insérés dans les programmes des pôles ou pas, j’exhorte vivement les autorités à continuer et terminer ce DAC, d’abord parce qu’il a été démarré, ensuite parce qu’il aura des effets extrêmement positifs pour les populations », plaide -t-il.
S’agissant de la récente visite du président Bassirou Diomaye Faye à Médina Yéro Foulah, il se félicite d’un déplacement attendu depuis 40 ans. Il salue les projets lancés ou inaugurés comme le centre de santé de niveau 2, la zone industrielle, l’installation électrique et portion de la boucle du Fouladou. Mais, il adresse deux messages au chef de l’État.
« Les problèmes de Médina Yéro Foulah sont tellement nombreux que les projets annoncés sont comme une goutte d’eau dans l’océan. Myf a besoin d’un programme spécial pour être mis à niveau avant de pouvoir espérer se développer ». Il l’invite également « à mettre la pression sur les entreprises qui ont gagné les marchés pour qu’elles respectent les délais, surtout pour l’hôpital car la santé n’attend pas ».
Abdoulaye WANDIANGA- Correspondant à Kolda.



