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8 mars 2025: Les femmes sénégalaises peuvent- elles désormais espérer un respect effectif de leurs droits fondamentaux ?

Suivant une tradition maintenant bien établie, les femmes sénégalaises célèbrent ce 8 mars la Journée internationale des droits des femmes. Au-delà de ses aspects festifs, cet évènement est un moment important pour la société sénégalaise, dans toute sa diversité, d’introspection sur la situation des femmes sénégalaises et surtout de mise en lumière des combats multiformes qu’elles mènent pour élever le niveau de vie de leurs communautés dans le respect de leur autonomie et de leurs droits fondamentaux.

Intervenant quelques mois après l’accession au pouvoir d’un nouveau parti, le PASTEF, à la tête du pays, cette célébration prend un relief nouveau en ce qu’elle permet aux femmes sénégalaises de pointer du doigt les changements qu’elles souhaitent prévaloir et voir effectivement pris en charge, notamment dans les lois nationales, pour accélérer le progrès vers l’égalité des sexes et éradiquer toutes les formes de violences dont elles sont quotidiennement victimes…

Un cadre juridique à réformer !

Il y a une cinquantaine d’années, le Sénégal adoptait un Code de la famille (1972) qui avait été salué, dans son processus d’élaboration et dans son contenu, comme un effort exemplaire de décolonisation du droit de la famille dans un pays africain francophone. Dans cet élan réformateur, les dirigeants sénégalais avaient aussi accédé à plusieurs instruments juridiques internationaux, notamment la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1981) et son Protocole additionnel relatif aux droits des femmes (2003) et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (1990).

Même si les femmes sénégalaises ont aujourd’hui acquis de nombreux droits tels que la parité homme-femme dans les instances électives, et que de nouvelles politiques publiques ont été adoptées par les différents gouvernements pour faire respecter leur vie, leur dignité et les règles d’égalité entre homme et femme, elles se battent encore pour la reconnaissance de droits que l’on considère comme élémentaires sur le continent, à savoir l’âge du mariage des filles, l’exercice de l’autorité parentale, le choix du domicile conjugal, la recherche de paternité. Nos organisations formulent le vœu de voir les nouvelles autorités, qui ont l’ambition de concrétiser l’aspiration de la population sénégalaise au mieux-vivre à travers un investissement massif dans l’humain et la justice sociale, prendre en charge ces préoccupations qui sont d’autant plus importantes que la Constitution sénégalaise caractérise la discrimination à l’égard des femmes comme « toute distinction, exclusion, restriction ou traitement différencié fondés sur le sexe et qui ont pour but ou pour effet de compromettre ou d’interdire la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice par les femmes, quelle que soit leur situation matrimoniale, des droits humains et des libertés fondamentales dans tous les domaines de la vie ». Plus qu’un devoir, il s’agit d’une obligation fondamentale pour qu’enfin, le Sénégal puisse être un Etat juste envers les femmes.

Une meilleure prise en charge des violences sexuelles et sexistes.

 L’autre grand chantier pour un respect effectif des droits des femmes est la lutte pour l’éradication des violences faites aux femmes, notamment la pédophilie, l’inceste et le viol de façon générale. Non seulement, ces violences sont devenues un problème majeur dans toutes les régions du pays, mais en plus elles semblent concerner au premier chef, les jeunes filles.

Les raisons de ces violences sont bien connues : il s’agit, pour l’essentiel, du désir de pouvoir, de domination, de contrôle qui repose sur des normes culturelles et sociales qui minimisent ou justifient ces comportements.

Les conséquences sur les victimes sont désastreuses et constituent aujourd’hui des questions importantes de sante publique : traumatismes psychologiques tels que l’anxiété, la dépression, les troubles de stress post-traumatique, isolement social, blessures graves, infections sexuellement transmissibles et dans les cas les plus extrêmes, des grossesses non désirées, des avortements clandestins, des infanticides, des emprisonnements pour fait d’avortement, de suicide ou de meurtre. Le manque de politiques publiques de soutien et les réactions stigmatisantes de la part de leur entourage peuvent également dissuader les victimes à signaler leur agression. Un silence qui renforce la culture du viol dans la société.

Vers de politiques plus audacieuses de défense des droits des femmes ?

Les discriminations à l’égard des femmes et les violences sexuelles sont des atteintes graves à leurs droits humains fondamentaux. La persistance de ces phénomènes nécessite une action collective et urgente. La société dans son ensemble doit travailler pour éliminer ces comportements. L’application effective de la loi criminalisant le Viol et la pédophilie sera un premier pas vers l’éradication de ce fléau au-delà d’une transformation profonde des mentalités et d’une éducation des générations nouvelles axée sur le respect et l’égalité.

Les victimes doivent être soutenues dans leur parcours de guérison par la mise en place de services de prise en charge holistique adaptés à nos réalités et la prévention doit rester la clé pour éviter la perpétuation de ces violences.

Les autorités sénégalaises doivent également s’atteler à la signature et à la ratification rapide de la nouvelle Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles (2025) pour montrer que leurs engagements à renforcer les mesures de lutte contre la violence à l’égard des femmes, contenus dans la nouvelle Stratégie nationale de développement (2025-2029) ne sont pas de simples incantations, mais un élément essentiel du nouveau paradigme sur lequel elles entendent s’appuyer pour faire du Sénégal un pays juste. Elles devraient également œuvrer à une action concertée du gouvernement, des organisations internationales, de la société civile, des partenaires entre autres, au financement durable des programmes de prévention, de protection, de réinsertion et à la sensibilisation des communautés pour briser les stéréotypes qui continuent de maintenir les femmes dans des rôles subalternes dans la société sénégalaise.

Ce 08 mars 2025 est moins un jour de présentation de doléances que d’exhortation des nouvelles.

Le Collectif DAFADOY

 

 

 

 

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