Fatick: Une importante rencontre a réuni hier lundi 20 octobre 2025, plusieurs acteurs; élus territoriaux, autorités administratives et autres porteurs de voix en vue d’une meilleure compréhension des enjeux de la Couverture maladie universelle (CMU).
Une occasion d’un plaidoyer fort en vue de soutenir sa politique d’accompagnement de l’Unité départementale d’assurance maladie de Fatick (UDAM/F) dans son processus de massification et de professionnalisation.
L’atelier a été organisé à la préfecture sous la présidence de l’Adjoint au Préfet, Bou Camara qui avait à ses côtés, les Sous-préfets des quatre (4) arrondissements du département de Fatick.
Ce fut donc un bon prétexte pour renforcer l’implication des élus locaux et des autorités administratives et autres acteurs dans la mise en œuvre de la CMU et de promouvoir l’enrôlement massif dans la mutuelle départementale à travers le soutien des collectivités territoriales dont les représentants ont été sensibilisés sur les mécanismes de financement via les budgets municipaux en plus du partage d’un modèle de convention entre l’UDAM et les collectivités territoriales.
Une participation forte mais encore inégale des collectivités
Pour autant, il faut noter que sur les 17 communes du département, seules 4 contribuent régulièrement depuis 2017 à l’enrôlement des populations vulnérables dans la mutuelle départementale. Ces contributions permettent à des indigents d’accéder à des soins de qualité.
Le Directeur de l’Unité départementale d’assurance maladie de Fatick (UDAM/F), M. Saidou Samba Diallo, a saisi l’occasion pour rappeler, « que la santé est une compétence transférée, et que les collectivités territoriales doivent s’approprier davantage la CMU, notamment en finançant l’enrôlement de leurs populations les plus démunies ».
C’est pourquoi, a-t-il souligné, « nous avons jugé nécessaire d’élargir l’assiette de participation des communes pour alléger les dépenses de santé des populations, surtout celles à faibles revenus. Et aussi de faire l’état des lieux de la couverture qui indique actuellement un taux d’enrôlement de 47 % dans le département de Fatick. Mais avec des disparités notables entre les communes, celle de Fatick affichant un taux de pénétration bien plus élevé que les autres ».
Atteindre un taux d’enrôlement de 115%
Alors que pour Saidou Samba Diallo, « l’objectif que nous visons est d’atteindre un taux d’enrôlement de 115 % en prenant en compte les adhésions classiques et les prises en charge communautaires par les collectivités. Il y a aussi l’extension géographique de la couverture puisque les bénéficiaires de l’UDAM/F peuvent se faire soigner non seulement dans le département, mais aussi dans des structures de santé partenaires à Kaolack, Diourbel ou Mbour. Il s’y ajoute l’intégration en cours vers une carte d’assuré nationale, permettant aux bénéficiaires d’accéder aux soins dans tout le pays ».
Des difficultés identifiées
L’atelier a aussi permis d’identifier plusieurs problèmes de terrain qui ont été soulevés. Notamment, le faible respect des conventions signées entre la mutuelle et les prestataires de santé, les difficultés d’accès aux soins dans les zones rurales reculées, les retards dans le remboursement des prestations.
Autant de difficultés identifiées que le directeur de l’UDAM/F, Saidou Samba Diallo dit avoir, « reconnu tout en rassurant sur les efforts en cours et liés au paiement des prestations en attente dès réception des virements de subventions, l’organisation de réunions d’information avec les structures de santé pour améliorer la prise en charge des bénéficiaires, l’engagement constant de l’État et de l’Agence nationale de la CMU pour épurer les dettes et garantir la continuité des services ».
Enjeux et recommandations
L’atelier a permis de sensibiliser les décideurs locaux sur l’importance d’un engagement politique et budgétaire fort pour réussir la Couverture sanitaire universelle (CSU). Entre autres recommandations clés, c’est l’intégration systématique de la CMU dans les budgets communaux, la signature de conventions formelles entre chaque commune et l’UDAM/F, la mise en place d’un suivi régulier de l’enrôlement et de la qualité des soins ».
Pour l’adjoint au Préfet, Bou Camara, « la CMU est une œuvre collective. Et, c’est en mutualisant nos efforts que nous parviendrons à garantir une santé durable pour tous».
Ainsi, le cap est mis vers une gouvernance sanitaire locale renforcée par l’UDAM de Fatick qui se positionne aujourd’hui comme un acteur incontournable de la santé communautaire, dans une dynamique de professionnalisation et d’élargissement de la couverture maladie.
Mais, avec l’implication renforcée des collectivités territoriales, des services techniques, des relais communautaires et des leaders d’opinion pour permettre à la CMU de devenir une réalité palpable pour chaque citoyen, même dans les zones les plus reculées.
Pour rappel, l’UDAM de Fatick, installée depuis le 21 août 2021, est chargée de coordonner l’ensemble des actions en matière de santé communautaire dans les 17 communes du département. Elle regroupe les anciennes mutuelles communales autour d’un cadre unique de mutualisation du risque.
Mohamadou SAGNE



