Par B. Diaw (avec En Relief)
La rentrée judiciaire du ressort 2026 s’est tenue ce vendredi 20 février 2026 dans la ville tricentenaire de Saint-Louis. La cérémonie a été présidée par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yacine Fall. Il s’agit d’une première historique, ce rituel judiciaire, jusque-là organisé uniquement à Dakar, ayant été décentralisé dans la capitale du Nord, Saint-Louis.
Cette journée a été placée sous le thème : « La modernisation du service public de la justice à l’ère du numérique ».
Pour la Garde des Sceaux, cette rentrée judiciaire constitue un temps fort de réflexion, de bilan et de projection. «Elle nous invite à mesurer le chemin parcouru, à identifier les défis à relever et à réaffirmer ensemble notre engagement commun au service de la justice et de l’État de droit », a-t-elle déclaré.
Madame Yacine Fall a souligné que des réformes de modernisation du système judiciaire sénégalais sont aujourd’hui indispensables pour les plus hautes autorités du pays. L’objectif est clair : renforcer la justice sénégalaise et la doter de moyens humains, financiers, matériels et technologiques nécessaires à l’accomplissement serein et efficace de sa mission fondamentale.
Socle de l’État de droit, garante de la paix sociale et de la protection des droits et libertés, la justice demeure, selon le ministre, un facteur essentiel de sécurité juridique et de développement durable. Dans un contexte de profondes mutations que traverse le Sénégal, elle a insisté sur le fait que la justice ne saurait rester en marge des transformations induites par la révolution numérique.
«La modernisation est désormais une exigence démocratique, une condition d’efficacité, de transparence et d’accessibilité. C’est dans cet esprit que s’inscrit le thème de la présente cérémonie », a indiqué la Garde des Sceaux.
Revenant sur l’importance de ce chantier, le ministre de la Justice a annoncé que plusieurs projets sont actuellement en cours, conformément au schéma directeur numérique du ministère.
Il s’agit notamment de la plateforme e-Justice, du développement des e-services, de la numérisation progressive des archives, du renforcement de la sécurité des infrastructures, de la souveraineté des données juridiques et de l’interconnexion progressive des juridictions sur l’ensemble du territoire national.
Ces initiatives traduisent l’ambition des autorités de bâtir une justice plus performante, plus souveraine, plus sécurisée et plus proche des citoyens. Selon Yacine Fall, le ressort de la Cour d’appel de Saint-Louis s’inscrit pleinement dans cette dynamique nationale. Elle a rappelé que des investissements significatifs ont été consentis pour renforcer le réseau informatique du palais de justice de Saint-Louis, afin de garantir une connectivité fiable, une meilleure fluidité des échanges numériques et une sécurisation accrue des données. «C’est également dans cette logique que certaines juridictions du ressort ont été retenues comme sites pilotes pour le démarrage du guichet unique national dédié à la délivrance en ligne du casier judiciaire et du certificat de nationalité », a-t-elle précisé.
Toutefois, la Garde des Sceaux a tenu à rappeler que la technologie, à elle seule, ne transforme pas une institution. Pour elle, la réussite de cette modernisation repose avant tout sur l’humain. « Elle exige une véritable conduite du changement, fondée sur la formation continue des magistrats et des personnels judiciaires, l’appropriation effective des outils numériques et l’instauration d’une culture de performance, de responsabilité et de maîtrise des données », a-t-elle confié.
«Le numérique ne remplace pas le magistrat. Il l’accompagne, le soutient, sécurise les procédures et renforce la traçabilité des actes. Mais la décision judiciaire demeure et demeurera toujours une œuvre humaine », a conclu Yacine Fall, réaffirmant que la modernisation du service public de la justice constitue une responsabilité institutionnelle majeure à assumer collectivement avec lucidité, rigueur et engagement.



