Par Mame Khady NDAO
Le Conseil des ONG d’appui au développement (CONGAD) a lancé ce dimanche à Dakar une tournée de renforcement des capacités de ses organisations membres, en partenariat avec la GIZ, dans le cadre du projet REDTRA – Renforcement de l’État de droit et de la transparence pour promouvoir la cohésion sociale.
Cette initiative vise à outiller la société civile sénégalaise face aux risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, dans un contexte de raréfaction des financements et de vulnérabilité accrue des ONG.
« Nos organisations font face à d’énormes difficultés financières et deviennent plus fragiles. Elles ont un besoin accru de ressources, mais doivent aussi évoluer dans un environnement complexe et sensible », a expliqué Malick Ndome, membre du Conseil d’administration du CONGAD. Selon lui, être bien outillé est une condition sine qua non pour « accéder à des financements sûrs et préserver la crédibilité vis-à-vis des bailleurs et partenaires techniques et financiers ».
Le responsable a identifié deux principaux risques : la perte de crédibilité et les sanctions de l’État. « L’utilisation de fonds d’origine douteuse peut entraîner la suspension d’agréments ou le retrait de confiance de l’État, qui dispose de mécanismes de contrôle via la CENTIF et d’autres institutions », a-t-il rappelé. Il a également mis en garde contre les circuits informels, rappelant que « tout argent qui ne passe pas par les circuits formels devient suspect et peut avoir des conséquences néfastes sur l’économie ».
REDTRA : transformer la vulnérabilité en force
Lancé en mai 2025, le projet REDTRA est le fruit d’une coopération entre l’Allemagne et le Sénégal pour promouvoir la bonne gouvernance et la transparence. Son quatrième axe, dédié au renforcement de la société civile, a désigné le CONGAD comme partenaire stratégique.
« On ne peut gagner la bataille de la transparence sans les ONG, qui sont au cœur du dispositif de vigilance au Sénégal », a souligné Touradou Sow, conseiller technique à la GIZ. Il a toutefois averti que « malgré une réglementation dissuasive, les ONG restent des proies. Face à la rareté des financements, les délinquants financiers affinent leurs techniques pour s’infiltrer dans vos structures ».
La mission confiée au CONGAD est claire : « transformer votre vulnérabilité en force en vous dotant des compétences nécessaires pour manipuler les instruments de prévention contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ».
Vers un document de référence et une table ronde
La formation en cours débouchera sur l’élaboration d’un document de référence qui sera largement diffusé. Une table ronde est également prévue pour partager les conclusions de l’atelier et alimenter la réflexion, suivie d’un rapport final.
La GIZ réaffirme ainsi son rôle de facilitateur de la coopération allemande au Sénégal. «Nous activons un partenariat de confiance avec le CONGAD pour protéger l’espace civique sénégalais», a conclu Touradou Sow.
Le CONGAD, qui regroupe de nombreuses organisations membres, entend désormais faire de la traçabilité et de la conformité aux normes du GAFI et du GIABA un standard pour l’ensemble de la société civile sénégalaise.



