Abdou Aziz Kébé évoque la relation exceptionnelle entre les deux pays doit survivre aux tensions
Par Cheikh S. NDONG
L’islamologue sénégalais Abdou Aziz Kébé a appelé à relativiser les tensions survenues à la suite des incidents ayant émaillé la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football 2025 entre le Sénégal et le Maroc. Selon lui, ces tensions ne doivent pas remettre en cause la « relation exceptionnelle » entre les deux pays, qui est fondée sur des liens spirituels, culturels et diplomatiques.
« Les tensions nées des incidents qui ont émaillé la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025), quel que soit leur caractère spectaculaire et émotionnel, ne sauraient remettre en cause la relation exceptionnelle entre le Sénégal et le Maroc qui, de par ses fondements spirituels, culturels et anciens, est appelée à perdurer », a-t-il déclaré lors d’un entretien avec l’Agence de presse sénégalaise.
M. Kébé a cité la Grande mosquée de Dakar, inaugurée en 1964 en présence du roi Hassan II et du président sénégalais Léopold Sédar Senghor, comme un symbole fort de la relation exceptionnelle liant les deux pays. Il a également souligné le rôle pionnier de la confrérie tijaniyya dans le rapprochement entre les deux peuples, bien avant l’avènement des États modernes et des indépendances africaines.
L’islamologue a également rappelé les gestes historiques de respect mutuel entre les deux pays, tels que la mise en berne des drapeaux marocains suite au rappel à Dieu de Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh en 1997, et la visite officielle du roi Mohammed VI au Sénégal en 2015.
Selon M. Kébé, la relation entre le Sénégal et le Maroc est fondée sur une coopération institutionnelle concrète et durable, notamment dans les domaines de l’éducation, de la sécurité et de l’économie. Il a appelé à préserver cette relation, qui constitue un modèle de coopération intra-africaine, fondée sur l’histoire, la culture et les intérêts stratégiques partagés.
« Tout cela transcende largement les 120 minutes d’un match de football », a-t-il conclu, estimant que les tensions liées à la CAN 2025 sont « passagères ». « Dakar et Rabat ont toujours su dépasser les émotions du moment, pour préserver l’essentiel : une fraternité consacrée par l’histoire, sanctifiée par la prière et consolidée par des décennies de respect mutuel ».



