Dans un communiqué qui nous est parvenu, ce vendredi 08 aout 2025, le COSEPS dénonce les résultats « inadmissibles » des examens de certification d’État en santé et interpelle les autorités pour une réforme urgente.
Le Collectif Sénégalais des Chefs d’Établissements Privés de Formation en Santé (COSEPS) exprime sa vive consternation face aux résultats catastrophiques de l’examen de certification d’État de la session 2024, touchant les sages- femmes, les infirmiers et les assistants infirmiers. Le COSEPS dénonce un « séisme silencieux » qui révèle des dysfonctionnements systémiques graves au sein du dispositif d’évaluation.
Des chiffres d’une « incompréhension totale ».
L’analyse des résultats, dont les chiffres sont sans précédent, est alarmante :
- Diplôme d’État de Sage-Femme : Un taux d’admissibilité national de seulement 0,70 %, avec 15 admises sur 2 131 candidates.
- Diplôme d’État d’Infirmier : Un taux de réussite national de 4,58 %.
- Diplôme d’État d’Assistant Infirmier : Un taux de réussite national de 7,15 %.
« Ces résultats ne sont pas seulement catastrophiques, ils sont inadmissibles et insupportables, » déclare Par M. Abdoulaye GAYE, Président du COSEPS. « Ils sont en déphasage avec les immenses efforts consentis par les étudiants, les formateurs et les familles, sans compter l’appui des programmes nationaux d’aide à la réussite (Projets C2C et AQSIS), qui ont accompagné les établissements privés dans l’amélioration de la qualité de la formation de leurs étudiants. Il est impossible que le niveau de tous les étudiants, qu’ils soient issus du privé ou des Centres de Formation de l’État (CRFS), soit si bas. »
Un dysfonctionnement systémique plutôt qu’une simple défaillance.
Selon le COSEPS, ces résultats ne peuvent être imputés à une seule cause. Ils sont la manifestation de dysfonctionnements profonds que le Collectif dénonce et documente :
- Le non-respect des principes de docimologie :
Les sujets d’examen et les grilles de correction sont jugés inadaptés et ne reflètent pas les compétences réelles acquises par les étudiants.
- Des suspicions de partialité et d’iniquité :
Les observations de nos représentants lors des corrections soulèvent de sérieux doutes sur l’équité du processus.
- Un manque d’harmonisation :
Des disparités de résultats extrêmes d’un centre à l’autre mettent en lumière un manque d’uniformité dans le dispositif d’évaluation.
Appel à une concertation urgente et à des réformes.
Face à l’urgence de la situation, le COSEPS refuse de se contenter de simples discussions et appelle à des actions concrètes. Le collectif a adressé une lettre d’interpellation au Secrétaire Général du Gouvernement et au Ministère de la Santé pour exiger :
- Une concertation interministérielle (Ministères de la Santé, de l’Enseignement Supérieur et de la Formation Professionnelle) pour une révision globale du système de certification.
- La revue des modalités de sélection des sujets d’examen et la normalisation de la correction.
- La suspension de la participation des établissements du COSEPS à la deuxième session tant que des garanties de transparence et d’équité ne sont pas obtenues.
Le Secrétaire Général du COSEPS, M. Dramane TOURE, rappelle que l’inaction est une faute et que le silence serait complice. Il est du devoir de tous les acteurs de garantir que les futurs professionnels de santé du Sénégal soient évalués de manière juste et rigoureuse.
Le COSEPS informe l’opinion publique qu’un point de presse sera tenu juste après le Magal afin d’apporter davantage de détails, d’explications et de propositions sur les résultats des examens de certification et les réformes attendues. Les membres de la presse et les parties prenantes seront conviés à y prendre part.



