Par Ch. Seck NDONG
La Coopérative d’habitat «Espoir 2000» tire la sonnette d’alarme. Plus d’un an après l’engagement du gouvernement actuel de restituer les terres attribuées au Pôle urbain de Bambilor-Diacksao sous l’ancien régime, les coopérateurs attendent toujours de pouvoir accéder à leur site de Noflaye.
Pr Lamine Gueye, Secrétaire général de la coopérative, dénonce des lenteurs administratives qui bloquent le processus depuis plus de 12 mois. «Le gouvernement actuel, par le biais du ministère de l’Urbanisme, a décidé de nous remettre nos terres. Nous sommes d’ailleurs sur le terrain. Mais jusqu’à présent, rien n’a été fait », affirme-t-il.
Un dossier qui dure depuis 2007
Selon les documents fournis par la coopérative, l’histoire foncière remonte au 30 juillet 2007 avec un protocole d’accord pour un contrat foncier entre le président de la coopérative et le propriétaire terrien M. Mamadou Boye de Rufisque. La superficie concernée est de 170 000 m², soit 17 hectares, pour 520 parcelles.
Le 28 septembre 2007, le Conseil rural de Sangalkam approuve une délibération, validée le 3 octobre 2007 par le sous-préfet représentant l’État. Le 13 août 2010, un protocole d’accord entre le président du Conseil rural et le président de la coopérative porte attribution du site dans le cadre de l’extension du village de Noflaye. L’arrêté portant autorisation de lotir N° 039/ARR/PCR est pris le 7 septembre 2009 et approuvé le 9 septembre 2009.
Des démarches en cours mais des délais qui s’allongent
Après avoir été dépossédés de ces terres au profit du Pôle urbain de Bambilor-Diacksao sous Macky Sall, les coopérateurs ont vu le gouvernement actuel annoncer leur restitution. Le 10 octobre 2024, le ministre de l’Urbanisme, M. Bala Moussa Fofana, demande par courrier N° 00812/MUCTAT/DGU/DAUR-CTIG du 3 septembre 2024 la mise à disposition de l’extrait du plan cadastral en format RRS04. La coopérative satisfait cette demande le 17 octobre 2024.
Le 31 octobre 2024, une demande de régularisation du site est adressée au Directeur général de l’Urbanisme et de l’Architecture, enregistrée sous le N° 2755. En juin 2025, le directeur reçoit les responsables pour annoncer la mise en place de commissions gouvernementales chargées d’étudier les demandes de régularisation. En décembre 2025, la même autorité les informe que la commission a terminé son travail : décision d’annuler les baux jugés injustement établis pour restituer les sites aux coopératives, aux extensions de villages et aux domaines agricoles. Les cas particuliers feront l’objet d’une étude cas par cas.
La procédure prévoit que le cadastre fasse l’état des lieux en commissions organisées autour des chefs de village pour confronter plans et surfaces. En cas d’incohérences, des corrections sont apportées avant transmission au service des domaines pour l’établissement des baux. C’est seulement après cette étape que la DESCOS délivre les quitus pour libérer les parcelles aux ayants droit.
«On est fatigué»
Sur le terrain, l’attente pèse lourd. « On est devenu vieux, certains ont pris la retraite, d’autres sont morts. Ceux qui avaient gardé un peu d’argent pour construire leur maison, aujourd’hui, commencent à absorber cet argent », confie Pr Lamine Gueye. La doléance est claire : activer le dossier et permettre un accès libre aux terrains.
Un plan d’action en préparation
Face à la situation, un plan d’action sera établi avec les acteurs concernés, coopératives et villages, pour pousser le gouvernement à diligenter la régularisation définitive de ce pôle urbain. Les responsables de la coopérative et le président de l’union régionale des coopératives travaillent ensemble pour que justice soit faite.



