Par A. L. NDIAYE (avec En Relief)
La «Maison des Nations Unies» de Diamniadio, inaugurée en 2023, devait être une vitrine de la diplomatie sénégalaise et un levier de développement économique et social. Mais les tensions actuelles entre l’État et l’ONU font planer la menace d’un départ de l’organisation vers d’autres capitales africaines.

Les atouts d’un hub onusien au Sénégal
Conserver le siège régional de l’ONU à Diamniadio représenterait pour le Sénégal un avantage considérable à plusieurs niveaux :
Rayonnement diplomatique: accueillir le centre névralgique de 34 agences onusiennes placerait le pays au cœur de la gouvernance mondiale en Afrique de l’Ouest et renforcerait son influence sur les grands dossiers régionaux.
Retombées économiques: plusieurs milliers de fonctionnaires internationaux, des budgets de fonctionnement annuels de plusieurs dizaines de millions de dollars et des services associés (hôtellerie, restauration, transport, immobilier) stimuleraient l’économie locale.
Emplois et opportunités: l’installation créerait directement et indirectement des milliers d’emplois qualifiés et offrirait des opportunités pour les jeunes diplômés sénégalais.
Image et attractivité: Diamniadio, conçue comme une ville nouvelle moderne, verrait son statut consolidé et attirerait davantage d’investisseurs étrangers.
Les risques d’un départ de l’ONU
À l’inverse, si l’ONU renonçait à s’implanter durablement à Diamniadio, les conséquences seraient lourdes :
Un gâchis financier: avec plus de 175 milliards de FCFA déjà investis dans le projet, l’abandon laisserait un « éléphant blanc » coûteux et sous-utilisé.
Un revers diplomatique: la perte du siège serait perçue comme un recul du leadership régional du Sénégal et un signal d’instabilité dans ses engagements internationaux.
Manque à gagner économique: la fuite des agences onusiennes vers Abidjan, Nairobi ou Addis-Abeba priverait le pays de flux financiers importants et d’une manne d’emplois directs et indirects.
Crise de confiance: ce départ risquerait d’entamer la crédibilité du Sénégal auprès de ses partenaires et investisseurs internationaux.
Un choix décisif pour l’avenir
Entre la volonté de renégocier certains accords et la nécessité de préserver les acquis diplomatiques, le Sénégal se trouve face à un dilemme stratégique. Trouver un compromis avec l’ONU apparaît désormais comme la seule voie pour éviter un revers historique et transformer Diamniadio en véritable capitale régionale de la coopération internationale.



