Par Ch. Seck NDONG
Dakar accueille du 4 au 6 août 2025 un atelier régional de haut niveau sur la décarbonation du transport maritime. La rencontre vise à renforcer les capacités des experts africains sur les principes, concepts et mesures de réduction des émissions de GES dans le secteur maritime, en cohérence avec la stratégie 2023 de l’OMI.
L’événement, soutenu par l’Organisation maritime internationale (OMI) et plusieurs partenaires africains et internationaux, réunira pendant trois jours des experts, décideurs et professionnels du secteur maritime des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour renforcer leurs capacités sur les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur maritime. Le Directeur de Cabinet, Dr Mamadou Goudiaby, représentant le ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires a présidé l’ouverture officielle de cette rencontre de Dakar.
Alors que le commerce maritime représente plus de 90 % des échanges mondiaux, indique M. Bécaye Diop, Directeur général de l’Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM) du Sénégal, le secteur est sous pression pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES), responsables d’environ 3 % des émissions globales. La nouvelle stratégie adoptée par l’OMI en 2023 fixe un cap clair atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, avec des objectifs intermédiaires dès 2030.
L’Afrique, fortement exposée aux effets du changement climatique tels que l’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière, les inondations récurrentes et la variabilité climatique et engagée dans une dynamique de croissance économique, voit ses échanges commerciaux appelés à croître de manière significative avec la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Dans ce contexte, le continent doit impérativement adapter ses infrastructures portuaires et logistiques, renforcer ses cadres réglementaires et politiques, et développer les compétences techniques et institutionnelles nécessaires pour accompagner la transition vers un transport maritime plus durable, résilient et compétitif.
Ainsi, le transport maritime joue un rôle essentiel dans le commerce mondial et africain. Environ 90 % des échanges mondiaux sont assurés par voie maritime, représentant près de 10 milliards de tonnes de marchandises transportées chaque année. Mode de transport stratégique, il soutient la croissance économique, notamment en Afrique, où les économies nationales sont fortement dépendantes des échanges extérieurs.
L’Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), mis en œuvre par l’Union africaine, devrait stimuler les flux maritimes intra-africains, avec une hausse attendue de 62 % du fret maritime. Toutefois, ce développement soulève de nombreux défis : insuffisance des infrastructures portuaires, vulnérabilité aux chocs extérieurs, mais aussi pression croissante sur l’environnement.
Le transport maritime représente environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), un chiffre en augmentation constante, qui se classe parmi les plus importants émetteurs sectoriels. En réponse, l’Organisation maritime internationale (OMI) a adopté en juin 2023 une Stratégie révisée sur la réduction des émissions de GES, avec l’ambition d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Ainsi, les pays africains doivent anticiper ces évolutions réglementaires, saisir les opportunités liées à la transition énergétique et participer activement à la transformation durable du secteur maritime.
L’atelier vise à sensibiliser les acteurs publics et privés aux enjeux et opportunités liés à la décarbonation du transport maritime. Il s’agit aussi de soutenir l’élaboration ou l’actualisation des cadres réglementaires nationaux, en particulier à travers la transposition de l’Annexe VI de MARPOL. Il a aussi permis de fournir aux médias des outils de compréhension pour appuyer le plaidoyer en faveur de la décarbonation maritime.
Elle est organisée par le Gouvernement de la République du Sénégal, à travers l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM), en partenariat avec : – l’Organisation maritime internationale (OMI) ; – le Shipping and Océans Research Group (UCL) ; – l’Association des administrations maritimes africaines (AAMA) ; – l’Organisation maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (OMAOC) ; – l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ; – la Fondation des Nations Unies.
Environ 60 experts sont issus des administrations maritimes et portuaires et du secteur privé des pays francophones membres de l’OMAOC, notamment: Bénin, Cameroun, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Congo, Guinée, Guinée-Bissau, Mauritanie, Sénégal, Togo. Il y a des représentants des organisations régionales telles que l’AAMA, OMAOC, UCCA, AGPAOC, UEMOA, CEDEAO et CEMAC sont également présents.



