mercredi, septembre 9, 2026
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Économie bleue au Sénégal: Un atelier pour définir la stratégie nationale

Par Ch. Seck NDONG

Le Sénégal a lancé officiellement les travaux de formulation de sa Stratégie nationale de l’Économie bleue. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme continental de développement de l’économie bleue de l’Union africaine.

Le Directeur de Cabinet, Dr Mamadou Goudiaby a représenté le Ministre des pêches et de l’Économie maritime !

Le Sénégal dispose d’un littoral de 718 kilomètres et des écosystèmes riches, offrant des opportunités importantes pour le développement de l’économie bleue. Cette dernière englobe divers secteurs tels que la pêche, l’aquaculture, le tourisme côtier, le transport maritime et les énergies renouvelables marines.

Des défis à relever

Malgré son potentiel, l’économie bleue du Sénégal est confrontée à plusieurs défis, notamment la pression croissante sur les ressources halieutiques, la pollution marine et côtière, l’érosion du littoral et la vulnérabilité des communautés de pêche face aux changements climatiques.

Un engagement pour un développement durable

Le gouvernement sénégalais est déterminé à relever ces défis et à faire de l’économie bleue un levier de développement durable, de création d’emplois et de résilience climatique. La Stratégie nationale de l’Économie bleue vise à aligner la vision nationale sur les objectifs de la stratégie régionale de l’Union africaine.

Une approche transversale et inclusive

L’élaboration de la Stratégie nationale de l’Économie bleue repose sur une approche transversale et inclusive, impliquant tous les acteurs publics et privés. Cette démarche vise à identifier les priorités nationales, les opportunités et les contraintes propres au Sénégal, et à proposer des axes stratégiques adaptés au contexte socio-économique, écologique et institutionnel du pays.

Un soutien régional

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est engagée à accompagner le Sénégal dans la conception et la mise en œuvre de sa stratégie nationale d’économie bleue. La CEDEAO vise à bâtir un cadre harmonisé pour valoriser durablement les ressources aquatiques de la région tout en préservant la santé des écosystèmes.

 

Éliminatoires Coupe du Monde 2026: Le Sénégal termine en beauté

Sans commentaires pourrait-on dire !                       

En match comptant pour la 10e et dernière journée des éliminatoires de la coupe du monde 2026 qui sera organisée conjointement par les Etats Unis, le Canada et le Mexique du 11 juin au 19 juillet 2026, le Sénégal vient de terminer par une éclatante victoire face à son voisin la Mauritanie battue sans appel 4-0.              

Les Mourabitounes n’avaient tenu que pendant une mi-temps lorsque le stratège Sadio Mane transformait un coup franc direct bien exécuté au coin gauche du gardien adverse à la 45e mn.

Dés la reprise, les lions de la Teranga sont revenus des vestiaires avec des griffes acérées puisque c’est Sadio Mane qui va doubler la mise à la 49e mn sur une passe décisive de Pape Alassane Gueye.

Quand Sadio Mane est là, toute l’équipe est présente physiquement, mentalement et tactiquement!  N’en déplaise à ceux qui voulaient l’enterrer avant terme ou émettaient des critiques acerbes à son encontre. Ce n’est point reconnaissant pour tout ce que ce grand meneur d’hommes a fait et continue de faire pour l’équipe nationale du Sénégal !

A la 64e mn c’est le maestro Iliman Ndiaye qui, sur une action individuelle ratisse toute la défense pour planter un 3e but qui va freiner toutes les velléités offensives des Mauritaniens définitivement lessivés.

Le coup de grâce sera l’œuvre de Habib Diallo entré quelques minutes plus tôt qui marquera le 4e but à la 86e mn, comme il l’avait fait au match aller (1-0) joué le 9 juin 2024 chez l’adversaire

Le Sénégal sera donc au rendez- vous américain comme on s’y attendait puisque ni la RDC, encore moins le Soudan, le Togo, la Mauritanie ou le Sud Soudan, aucun de ses adversaires ne pouvait lui barrer la route.

Ce sera la quatrième fois et la troisième d’affilée (2002, 2018, 2022, 2026) comme le Cameroun seul l’a fait. Rappelons que dans ces éliminatoires, les lions du Sénégal ont fait un parcours sans faute.

Dix matches joués : 24 points, 7 victoires, 3 nuls, 0 défaite; 22 bus marqués, 3 encaissés, goal différence +19.  Notons que seule la RDC a marqué contre le Sénégal, 1 à l’aller à Diamniadio (1-1) et 2 à Kinshasa (2-3).

Terminons pour féliciter tous ceux ont contribué à ce brillant succès, avec mention spéciale au Coach Pape Bouna Thiaw et ses poulains dont Sadîo Mane, le capitaine Kalidou Koulibaly et tous les autres.

On n’oubliera pas le Coach Aliou Cissé qui a tout réussi avec cette équipe et qui a démarré ces éliminatoires avant de passer le témoin Bravo à tous et vive le Sénégal qui gagne!

 Le Vieux Sidy Malick Ndiaye

Fin d’hivernage à Kaffrine: Les récoltes déjà sur le marché de la région

Par Mohamadou SAGNE

À Kaffrine, les premières récoltes de cet hivernage qui vient de s’achever sont exposées un peu partout dans les différents marchés et autres points de vente de la région. Et cela depuis près d’une vingtaine de jours.

Que ce soient les épis de maïs verts, les gousses d’arachides (variétés hâtives), de niébé, les fruits de pastèque et la moisson du mil souna tous ces produits sont exposés sur les étals des revendeurs. Les consommateurs se frottent les mains surtout les amateurs de maïs et d’arachides grillés mais également de haricots (niébé).

Par ailleurs, il faut noter que le séchage et le battage de la Fâne d’arachide sont en cours avec la vente des premiers sacs de foin par les producteurs. Et, cela dans la quasi totalité des localités des trois départements de Kaffrine, Mbirkelane et Koungheul au grand bonheur des éleveurs.

Mais, il faut noter que pour cet hivernage en faisant une comparaison avec la saison écoulée, cela nous permet d’apprécier les hausses enregistrées dans les quotas de semences d’arachides et de fertilisants subventionnés mis en place dans la région de Kaffrine par l’Etat via le Ministère de l’agriculture de la sécurité alimentaire comme nous l’a indiqué le Directeur régional de l’agriculture de Kaffrine, Mamadou BADIANE.

C’est la même situation également pour l’Urée dont selon Mr BADIANE, « 3905 tonnes ont été acheminées contre 3435 tonnes en 2024-2025 soit une hausse de 470 tonnes. Pour les phosphates naturels qui sont toujours en cours de distribution. Une quantité de 3330 tonnes reçues cette année contre 140 tonnes l’année d’avant ».

Développement local à Merina Dakhar: Diokoul Tabby, un village enclavé qui aspire à des solutions

Les populations de Diokoul Tabby, un village de la commune de Mérina Dakhar, éprouvent d’énormes difficultés en raison de l’enclavement de leur terroir. La route reliant le village à Mérina Dakhar est très sablonneuse et longue de 6 km. Le maire Mamour Syll plaide pour la création d’un collège d’enseignement moyen (Cem) à Diokoul Tabby et la réalisation d’une piste de production pour désenclaver le village.

Mérina Dakhar compte 116 villages. Diokoul Tabby est un des villages les plus enclavés de cette commune à cause d’un probléme lié à son enclavement à cause d’un manque de piste de production. Pour rallier Mérina Dakhar, chef-lieu de commune, les populations de cette contrée éprouvent d’énormes difficultés. Longue de 6 kms, la route qui relié les deux localités est très sablonneuse. Mais ce qui constitue une réelle préoccupation des populations, c’est la situation de leurs enfants après l’entrée en 6ème. Ces élèves de ce village sont orientés au collège d’enseignement moyen (Cem) de Mérina Dakhar. Et cela pose un véritable casse-tête pour les parents de trouver des maisons d’accueil. Si certains élèves trouvent des maisons, d’autres sont obligés de faire le trajet quotidiennement.

Ce qui a amené le maire de la commune, Mamour Syll, a plaidé pour la création d’un Cem à Diokoul Tabby pour atténuer les souffrances des parents et des élèves. Sur la question relative à l’enclavement du village de Diokoul Tabby, Mamour Syll a également sollicité les autorités supérieures pour la réalisation d’une piste de production reliant ce village à Mérina Dakhar. Soucieux du bien-être de ses mandants, le maire Mamour Syll a mis l’accent sur ces deux préoccupations lors de la finale dont il était le parrain opposant Diokoul et Keur Diadia jouée dimanche dernier.

L’édile de la ville a profité de cette occasion pour rendre un vibrant hommage (« Sargal ») à l’ancien président de conseil rural de Mérina Dakhar, Makha Fall, qui a présidé aux destinées des populations de Mérina Dakhar de 1996 à 2009. Ce dernier a beaucoup contribué au développement de la localité. Très sensible à cette marque, Makha Fall a tenu à remercier le maire Mamour Syll pour cet acte de reconnaissance. Aussi, a-t-il formulé des prières à l’endroit du maire pourque le Tout-puissant lui donne la force de réussir sa mission.

Pour le maire, ces dignes fils du terroir que sont notamment Makha Fall, Aymérou Gningue, Talla Diouf constituent des exemples pour avoir tracé la voie qui mène vers le développement local. Aussi, a-t-il annoncé qu’il va organiser une cérémonie de « Sargal » pour rendre hommage à Mor Nar Guèye du village de Guetti Guèye.  Puis, il a tenu à saluer la mobilisation des populations de Kelle, des villages environnants et de la jeunesse. Il a également promis de clôturer le terrain de Diokoul Tabby avec bien entendu avec l’accord des responsables du terroir. Il faut noter c’est l’équipe de Diokoul qui a remporté le trophée de la finale. Et le maire a remis à chacune des 6 équipes en lice dans cette zone un jeu de maillots.

Oumar Ngatty BA

Discours de passation de service: Un engagement de nouveau DG de l’ADEPME pour l’avenir

Monsieur Alpha Thiam a pris officiellement les rênes de l’Agence de Développement et d’Appui aux PME (ADEPME) ce [date]. Dans son discours de passation de service, il a exprimé sa gratitude envers le Président de la République, le Premier Ministre et le Ministre de l’Industrie et du Commerce pour la confiance placée en lui.

Un nouveau positionnement stratégique pour le nouveau Directeur Général qui a souligné l’importance de l’ADEPME dans le développement économique et social du Sénégal. Il a réaffirmé l’engagement de l’agence à soutenir l’entrepreneuriat sénégalais, en particulier les PME, et à contribuer à la transformation économique inclusive et durable du pays.

Avec des objectifs ambitieux, M. Thiam a présenté les axes stratégiques de son plan d’action, qui visent à : – Renforcer la gouvernance institutionnelle et la compétitivité des PME ; – Accélérer l’accompagnement des PME à travers des services à forte valeur ajoutée et l’accès au financement ; – Promouvoir l’entrepreneuriat des personnes handicapées, des jeunes et des femmes en situation de vulnérabilité.

Un appel à l’unité et à l’action

Le nouveau Directeur Général a lancé un appel à l’unité et à l’action à tous les collaborateurs de l’ADEPME, ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers, pour relever les défis de la transformation économique et sociale du Sénégal. Il a souligné l’importance de travailler ensemble pour faire de l’ADEPME un modèle africain de performance, de solidarité et d’innovation.

Synthèse: Cheikh Seck NDONG

27ᵉ édition des Assises de l’entreprise: Un événement majeur pour le secteur privé sénégalais

Le Conseil national du patronat (CNP) du Sénégal prépare activement la 27ᵉ édition des Assises de l’entreprise, prévue les 16 et 17 octobre 2025 à Dakar. Cet événement majeur sera consacré à la souveraineté économique, à la compétitivité et à l’emploi durable.

Un dialogue entre le secteur privé et les pouvoirs publics

Les Assises de l’entreprise constituent un cadre privilégié de dialogue entre le secteur privé, l’État et les partenaires sociaux. Cette édition 2025 mettra l’accent sur les leviers de croissance inclusive et les mécanismes d’ancrage d’une économie autonome et pérenne.

Des thématiques clés

Les Assises 2025 aborderont plusieurs thématiques clés, notamment : – L’industrie, à travers la Carte Industrie 2025 ; – Le BTP, avec le programme Innovat ; – Le capital humain, le bien-être au travail et la santé au sein des entreprises ; – La transformation numérique et la modernisation des ressources humaines ; – La promotion de la formation durable.

Un engagement pour la transformation économique

Le CNP est pleinement engagé pour accompagner la transformation structurelle de l’économie sénégalaise. Les Assises de l’entreprise constituent un moment important de partage et de réflexion pour relever les défis de la croissance économique et de la création d’emplois.

Synthèse: Cheikh Seck NDONG

Olympiades scolaires à Keur Madiabel: un symbole fort d’une vision éducative

Keur Madiabel: L’esplanade de la mairie a vibré au rythme de la fête de l’excellence des Olympiades scolaires samedi dernier 11 octobre 2025.

Un événement devenu un symbole fort de la vision éducative portée par la commune à Keur Madiabel où, élèves, enseignants, parents, partenaires et autorités locales ont communié dans une ambiance à la fois festive et solennelle pour célébrer le travail, le mérite et l’engagement de toute la communauté éducative.

L’école au cœur du développement local

Placée sous le sceau de la reconnaissance et de l’émulation, cette cérémonie marque l’aboutissement d’un vaste programme d’Olympiades scolaires initié par la mairie. Une occasion pour les meilleurs élèves du primaire, du moyen et secondaire de rivaliser pendant plusieurs semaines dans des épreuves de questionnaire à choix multiples (QCM), de culture générale et de logique, reflétant la qualité de l’enseignement dans les établissements de la commune.

Le maire Abdoulaye Diatta, dans son allocution, a salué « la persévérance des élèves, le dévouement des enseignants et l’engagement des partenaires » avant de rappeler que l’éducation demeure la clé de voûte du développement de Keur Madiabel et la fierté de toute la communauté.

Des récompenses à la hauteur du mérite

La cérémonie a été marquée par la remise de sacs de fournitures scolaires, de bourses d’excellence aux meilleurs élèves, ainsi que des primes d’encouragement aux enseignants méritants.

Les meilleurs établissements de la commune ont également été distingués, notamment: l’école élémentaire Keur Madiabel 1 et le lycée Franco-Arabe, pour leurs performances remarquables tout au long de l’année scolaire.

Des enseignants exemplaires mis à l’honneur

La municipalité a également tenu à honorer trois figures emblématiques de l’éducation locale. Il s’agit de: Mr. Aladou Racine Diatta, pour son sens du devoir et sa rigueur pédagogique, Mr. Ibrahima Diaw, pour son engagement constant auprès des élèves et Mr. Mouhamed Thiam, pour la qualité de son encadrement et ses résultats exceptionnels.

Des distinctions qui viennent récompenser des années de service dévoué et d’investissement silencieux au profit de la jeunesse de Keur Madiabel.

Un partenariat fécond et porteur d’avenir

L’événement a également été marqué par la signature d’une convention de partenariat entre la commune et plusieurs institutions engagées dans la promotion de l’éducation et de la formation.

Cette dynamique témoigne d’une ambition collective, celle de faire de Keur Madiabel une commune d’excellence éducative et citoyenne, où chaque enfant trouve sa voie et où chaque enseignant est valorisé.

En clôturant la cérémonie, l’édile de Keur Madiabel a adressé un vibrant message d’unité et d’espoir à tous ses administrés. « Keur Madiabel est une terre d’intelligence et de solidarité. Nous continuerons à investir dans nos écoles, car chaque succès d’un élève est une victoire pour toute la commune », a-t-il souligné.

Mohamadou SAGNE

Le patriotisme circonstanciel du maire de Dakar Plateau ! (Par Abdou Khadre Gaye)

Une alternance politique est toujours porteuse de prodiges. De toutes les sortes, hélas ! Il est vrai aussi que le vocable patriotisme, de nos jours, au Sénégal, a perdu du sens. Il ne renvoie plus au désir de servir la patrie par un engagement citoyen volontaire et un comportement exemplaire, mais à un slogan, un sigle, une couleur, comme un teeshirt, un pin’s, une casquette qu’on enfile au gré des humeurs. Et le terrain politique prend des allures de cirque…

L’art du mensonge, du maquillage et de la roublardise

Et la politique, aujourd’hui plus qu’hier, pour bon nombre d’acteurs, est devenue l’art du mensonge, du maquillage et de la roublardise. Les politiciens des politicards, les militants des supporters, les citoyens des pions à jouer. Ainsi donc, après seize années passées à la tête de la commune du Plateau (pendant lesquelles il a occupé les postes de ministre de l’Environnement et de ministre de la Pêche), voici le maire qui pleure sur l’anarchie qui règne dans le centre-ville, à travers une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur, où il sollicite la mise en place d’une police municipale, non sans blâmer les prédécesseurs du ministre susnommés, ses ex-collègues, qui, ose-t-il écrire, « n’ont jamais répondu à mes interpellations ».

N’est-ce pas surprenant de la part de celui qui a donné à louer toutes les portions de trottoir disponibles du centre-ville, contribué à l’encombrement de ses rues et ruelles, favorisé sa « cantinisation », sa transformation en marché ? N’est-ce pas surprenant de la part de celui qui a tourné le dos aux quartiers démunis, négligé la sécurité et la qualité de vie des habitants, privilégiant la réfection de mosquées, la construction de soi-disant logements sociaux, les voyages à la Mecque et à Fez1, etc. ? Le voici, après s’être procuré chez les tabliers de Petersen un vivier électoral, au grand dam des riverains de Valmy, Escarfait, Grasland et L’Yser, qui s’en prend à ceux de Lat Dior, oubliant qu’il ne s’agit pas d’une bataille contre quiconque, mais d’engagement pour la ville. Mais d’amour de la cité.

Le voici, après seize années passées à la tête de la commune, incapable de mettre à profit l’attractivité culturelle de la municipalité la mieux dotée par l’État central en infrastructures et espaces de diffusion de la culture (des galeries, des musées, des théâtres, etc.) Le casseur du marché Sandaga contre l’avis des experts2 ne sait que faire de ce potentiel. Il ne sait que faire des plages du Plateau, que faire de sa façade maritime. Il ne sait guère comment redorer le blason de « la capitale de la capitale » ni comment « débalafrer » ses rues et réinventer ses penths, pas même comment réinstaller sur le trône l’avenue George Pompidou, la reine des rues dakaroises, défigurée, méconnaissable, abandonnée.

Le voici ndeysaan ! qui use de subterfuges, s’applique un fond de teint trop marqué, enfile un masque trop grossier, balbutiant un chant oublié, gigotant des pas de danse trop longtemps négligés. Le voici, après avoir donné le nom de l’avenue Faidherbe au président Macky Sall, pour seulement lui plaire, qui poursuit son œuvre de renommage des rues sans concertation avec les populations, sans vision claire, sans maîtrise, et de façon trop massive. Un seul objectif l’anime : surfer sur une idée du nouveau régime, pas mal en soi, mais qui demande prudence et intelligence : la décolonisation des noms des rues. Car, faudrait-il savoir : quelle rue rebaptiser ? Pourquoi ? Quel parrain choisir ? Pourquoi ? Quels équilibres respecter ? Quelles redondances éviter ? Etc.

Doublons inutiles, interrogations et frustrations légitimes

Hélas, il décolonise, monsieur le maire, qui ne songe guère à remplacer les caïlcédrats morts ou vieillissants du centre-ville plantés par le colonisateur, à débarrasser Reubeuss des rues à flaques d’eau, à délivrer Niaye Thioker de l’insécurité des environs du tribunal, à soulager les souffrances des plus pauvres… Il décolonise, monsieur le maire, sans réfléchir, créant ce faisant, sans s’en rendre compte, des doublons inutiles, des interrogations et des frustrations légitimes. Et de la surenchère. Il ignore qu’il ne s’agit pas de changer de nom pour changer, d’honorer pour honorer, mais de raconter la ville, de lui réinventer un visage sonore, de semer des graines d’avenir. Sûr qu’il ne comprend pas, peut-être ne connaît même pas, ces mots de Mamadou Diop, ancien maire de Dakar, notable lébou, sur sa ville de cœur : « Dakar accueille l’Europe, sourit aux Amériques et exprime la générosité de tout un continent tendu au banquet de l’universel. »

Le maire du Plateau ignore que le Plateau a une histoire imbriquée dans l’histoire de Dakar, du Sénégal, de l’Afrique et du monde. Il ignore que l’enracinement n’exclut pas l’ouverture et qu’il existe des personnalités qui appartiennent à toutes les nations et qui peuvent être célébrées partout. Il ignore qu’en Europe et ailleurs des rues portent des noms d’Africains, de Sénégalais, et qu’il y a des chefs religieux, dignitaires, intellectuels et artistes de ce pays dont les noms peuvent être gravés sur les plus fiers frontons au monde. Il ignore qu’en matière de toponymie de rue, les plus humbles, parmi lesquels se rencontrent maintes pépites d’or, ont aussi leur place, ainsi que les valeurs de civilisation et événements historiques à promouvoir. Il ignore que donner un nom aux rues c’est bien, renommer ce n’est pas mal, mais améliorer le cadre de vie c’est beaucoup mieux. Parce qu’une rue peut n’avoir pas de nom ou être désignée par un simple numéro ou par une lettre d’alphabet ou autre chose. Parce que les populations s’occupent toujours de nommer les lieux 3.

Mais un cadre de vie insalubre, c’est impossible à vivre. Un quartier sans assainissement est un supplice. Il ignore surtout que les noms des rues finissent par devenir une sorte de mélodie à jouer avec intelligence, à l’instar des touches d’un piano trop sensible ou d’un tambour sacré. Car réels sont les risques de cacophonie, de confusion, de perdition et de déperdition. Or, s’il avait choisi, dès le début de son mandat, de rebaptiser une rue par année, ou même deux, il en serait présentement à seize, ou trente-deux, et aurait eu le temps, à travers un groupe de travail représentatif et de larges concertations4, de prendre en charge le sens, la pertinence, la portée et la diversité du choix des appellations par une communication appropriée.

Mais rebaptiser aussi massivement en fin de troisième mandat, c’est là une belle preuve d’insincérité. Et un précédent dangereux. Imaginons : si tous les maires du département se lançaient dans le jeu, sans concertation, sans coordination, chacun suivant son bon plaisir, son intérêt propre, quel imbroglio ce serait pour notre ville si assoiffée d’ordre et de discipline ? Mais, qu’est-ce qui fait donc courir monsieur le maire ? Je ne sais pas. Et je ne ferai pas d’hypothèse, pour l’heure. J’attends la tempête. Rappeler seulement, pour finir, cette vieille sagesse léboue : « Lorsque la gestion du bien commun est confiée à une équipe dirigée par un responsable élu, celui-ci doit savoir qu’il n’est pas propriétaire, mais mandataire, et respecter et consulter ses mandants. »

Abdou Khadre Gaye

Écrivain, président de l’EMAD

1/ En fait, le maire a préféré à son accession à la tête de la municipalité, entre autres, supprimer les colonies de vacances et lancer les pèlerinages à Fez.

2/ Des architectes et des artistes (Annie Jouga, Mamadou Berthe, Jean-Charles Tall, Viyé Diba, Moussa Ndiaye, etc.) s’étaient mobilisés pour défendre le bâtiment classé patrimoine historique. Ils avaient appelé à sa restauration, jugée plus avantageuse à tous les points de vue. Car, argumentaient-ils, « c’est une aberration que de casser un monument qui tient debout pour reconstruire du neuf ». Et à quel coût ?

3/ La toponymie traditionnelle nomme les maisons, les quartiers, les arbres, les plages, parfois les rues, les coins de rue, et même les arrêts.

4/ Le maire déclare dans une intervention avoir mis en place une commission depuis 2020 qui a travaillé sur la question, dont personne n’a jamais entendu parler ni ne connaît la composition, que personne n’a jamais vu, ni lu, ni entendu. 

 

Industrialisation du sport au Sénégal: le modèle à l’épreuve de la réalité- (Par Makhète Djité)

Tout est parti d’un débat en apparence anodin: la hausse du prix des billets pour le match Sénégal Mauritanie.

Une décision économique défendable, selon certains, mais socialement contestée par d’autres. Entre logique de rentabilité et attachement populaire au football, la polémique a révélé un malaise plus profond : celui du modèle économique du sport sénégalais.

Derrière la question du ticket à 3 000 ou 5 000 francs, c’est en réalité tout le débat sur l’industrialisation du sport qui s’invite dans l’espace public.

Peut-on continuer à gérer le sport comme un simple service public financé par l’État, ou faut-il en faire une véritable filière économique capable de créer des richesses, des emplois et de l’innovation ?

C’est ce changement de paradigme que prône le président de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Fall, qui appelle à “mettre en cohérence la passion et l’économie”.

Mais entre vision politique, contraintes budgétaires et attentes populaires, le pays peine encore à définir un modèle solide et équilibré d’industrialisation du sport.

Le volontarisme d’un État bâtisseur

Il faut le reconnaître : jamais le Sénégal n’a autant investi dans ses infrastructures sportives. Le Stade de Diamniadio, l’Arène nationale, la réhabilitation des stades régionaux, les académies de football et la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 témoignent d’un engagement réel de l’État.

L’idée est claire : poser les fondations d’une économie sportive capable de générer richesse, emplois et opportunités pour la jeunesse.

Mais si le béton est bien posé, le modèle économique, lui, reste encore flou.

Comment transformer ces investissements colossaux en une filière rentable et durable ?

Pour y parvenir, il n’est pas inutile d’observer ce qui se fait ailleurs sur le continent. Deux pays, notamment, offrent des modèles inspirants : le Maroc et l’Afrique du Sud.

Le Maroc, une longueur d’avance

Le Maroc a réussi là où beaucoup hésitent encore. En vingt ans, le royaume a bâti un écosystème sportif complet : infrastructures aux normes internationales, politique de formation ambitieuse, gouvernance modernisée et vision économique assumée.

Le Complexe Mohammed VI de Maâmoura illustre cette transformation. Il ne s’agit plus seulement d’un centre d’entraînement, mais d’un véritable pôle industriel du sport, intégrant recherche, management, marketing et accompagnement des talents.

Les clubs marocains, comme le Wydad ou le RS Berkane, sont désormais gérés comme des entreprises structurées, capables de générer leurs propres revenus grâce au merchandising, à la billetterie numérique et à des partenariats solides.

Le Maroc a compris une vérité essentielle : le football peut être une industrie, et non un simple loisir financé par l’État.

Ce modèle intégré, où chaque maillon — formation, gestion, communication, monétisation — est connecté, a permis au royaume d’anticiper les défis que le Sénégal commence seulement à affronter.

L’Afrique du Sud, la référence continentale

Sur un autre registre, l’Afrique du Sud incarne depuis des années la réussite économique du sport africain.

Depuis la Coupe du monde 2010, le pays a su capitaliser sur ses infrastructures pour attirer les investisseurs et structurer un environnement professionnel et rentable.

Sa Premier Soccer League (PSL) est aujourd’hui la plus prospère du continent : droits télévisés valorisés, marché du sponsoring dynamique, clubs financièrement stables.

Mais l’exemple sud-africain va plus loin : il montre que la diversification est la clé. Rugby, cricket, golf ou sport automobile ont chacun développé leur propre filière économique, faisant du sport une véritable industrie transversale qui irrigue l’économie nationale.

Cette pluralité fait de l’Afrique du Sud un laboratoire de la sport-économie, où la performance sportive se double d’un réel impact sur l’emploi, le tourisme et l’innovation.

Le Sénégal entre vision et déséquilibre

Comparé à ces modèles, le Sénégal avance avec prudence, parfois même avec hésitation. Les réformes législatives sur la gouvernance, la valorisation des droits immatériels et la professionnalisation des fédérations témoignent d’une volonté de modernisation.

Mais la dépendance aux subventions publiques demeure forte, freinant l’autonomie financière des clubs et des fédérations.

La billetterie reste artisanale, les droits télévisés sous-exploités et le merchandising quasi inexistant.

La polémique récente sur la hausse du prix des billets l’a encore démontré : une décision économiquement rationnelle, mais mal expliquée, révélant un déficit de communication entre institutions sportives et public.

Pourtant, le potentiel est immense : une jeunesse passionnée, des talents exportés, des infrastructures modernes et une diaspora dynamique.

Ce qu’il manque, c’est une stratégie cohérente pour articuler tous ces leviers dans une vision économique globale.

Vers un modèle sénégalais inclusif

Le Sénégal ne doit ni copier le Maroc, ni imiter l’Afrique du Sud. Il doit inventer son propre modèle, adapté à ses réalités économiques, culturelles et sociales.

Ce modèle doit s’appuyer sur : La professionnalisation des clubs et fédérations selon des standards modernes ; Le développement de centres régionaux de performance pour réduire les déséquilibres territoriaux ; L’ouverture au secteur privé et à la diaspora pour le financement et la gestion des infrastructures ; La diversification des sources de revenus : billetterie numérique, droits d’image, contenus digitaux, produits dérivés ; Et surtout, la préservation de l’accès populaire au sport, socle de sa légitimité et de son identité.

Le sport, nouvelle frontière économique

Faire du sport une industrie, c’est repenser tout un écosystème : formation, emploi, culture, innovation, diplomatie.

Le Sénégal n’en est qu’au début, mais les bases sont posées.

Reste à relier la passion du peuple à la rigueur de la gestion, à faire du stade non plus un lieu de dépenses, mais un espace de création de valeur et d’inspiration nationale.

C’est à cette condition que le pays pourra parler, un jour, d’un “modèle sénégalais d’industrialisation du sport” : un modèle où l’excellence sportive rime avec développement économique, inclusion sociale et fierté nationale.

Makhète Djité

Memos

Directeur cams

Programme « ensemble plus résilient » Fimela: Une délégation Luxembourgeoise séduite par les activités génératrices de revenus des femmes et des jeunes

Fimela: Dans le cadre du programme « Ensemble plus résilient », une délégation du ministère des Affaires étrangères et européennes du Luxembourg a effectué une visite de terrain dans la zone de Fimela (département de Fatick).

Ceci, pour évaluer les avancées du projet piloté par l’association Actions climat pour le développement de l’éducation citoyenne (ACDEC). Un projet qui vise à renforcer la résilience des communautés à travers l’autonomisation des femmes et des jeunes pour la période 2023-2027. Particulièrement dans les villages ciblés de Fimela, de Djilor, Ndangane, Yayeme, Marlodjie et  Kobongo qui abritent les principaux bénéficiaires qui développent  des activités génératrices de revenus.

Ainsi, sur le terrain, à Yayeme, Ndangane Sambou et Djilor comme modèle, la délégation Luxembourgeoise a pu se rendre compte de visu, l’engouement suscité autour des fermes intégrées, des activités génératrices de revenus, ainsi que des initiatives de transformation de produits locaux portées principalement par ces cibles précitées.

« La délégation est très satisfaite de ce qu’elle a vu sur le terrain par rapport aux résultats qui sont palpables en droite ligne avec les objectifs fixés au démarrage du programme », a déclaré Siricondi Diallo, le secrétaire exécutif de l’ACDEC.

Un taux d’exécution de 58% après trois ans

Avec un taux d’exécution de 58% après trois ans de mise en œuvre, le projet avance à un rythme encourageant. Et c’est dans le village de Yayème, à quelques encablures de Fimela que la délégation Luxembourgeoise a pu mesurer l’impact tangible du programme « Ensemble plus résilient », mis en œuvre par l’association: Action Climat pour le Développement, l’Éducation et la citoyenneté (ACDEC) en partenariat avec Frères de hommes (FDH), Luxembourg.

À Ndangane, par exemple, une unité de transformation portée par un groupement de femmes est en plein essor. Leur présidente, Mme Binta SARR a souhaité devant les partenaires un soutien renforcé en équipements et en outils de production. Ce qui permettrait à ces actrices locales de franchir un cap significatif dans leur autonomisation économique.

« D’ailleurs, 28 jeunes entrepreneurs, dont 16 femmes, bénéficient directement du projet en développant des initiatives qui changent leur quotidien et celui de leurs communautés », soulugne Mr Siricondi Diallo.

Mr Birame Senghor, le président du conseil d’administration de ACDEC, représentant en même temps le maire de la commune de Fimela a exprimé toute sa reconnaissance aux membres de la mission Luxembourgeoise.

Dont selon lui « le séjour a été un moment fort de partage et d’écoute mais surtout d’évaluation et de confiance mutuelle ».

Le Pca de ACDEC a poursuivi en laissant entendre que, « grâce aux délégués du Luxembourg, nous avons pu mesurer les progrès accomplis depuis le début du projet. Notamment des femmes plus fortes à travers leurs activités, des jeunes plus motivés, des groupements plus organisés mais aussi et surtout une population qui croit désormais en la force du travail collectif ».

Du chemin reste à parcourir

Mais, pour le president du conseil d’administration de Acdec, Birame Senghor, « nous savons qu’un long chemin reste encore à parcourir et c’est bien pourquoi, à travers cette seconde phase, nous exhortons la partie Luxembourgeoise à poursuivre et à renforcer ce partenariat avec ACDEC, articulé autour de trois (3) axes prioritaires. Notamment,  le soutien aux initiatives locales créatrices d’emplois, la protection de l’environnement et des ressources naturelles et le renforcement des capacités des acteurs communautaires pour une gouvernance locale efficace ».

Du côté des partenaires luxembourgeois, la satisfaction est également de mise. Rodriguez Georges membre de la délégation, a salué l’engagement des équipes sur le terrain, tout en mettant en lumière l’énergie des femmes bénéficiaires :

« Ce qui m’impressionne le plus, c’est la passion avec laquelle les femmes s’expriment. Leur engagement est profond, inspirant, et témoigne du changement en cours. »

Des perspectives d’extension tracées

La visite a également ouvert la voie à de nouvelles perspectives de coopération. Les échanges avec les partenaires présents ont mis en évidence le potentiel de synergies entre ACDEC et d’autres ONG, luxembourgeoises ou locales, en vue d’une mise à l’échelle du projet vers d’autres zones telles que Niodior, Dionewar, Falia, et même Moundé.

« Nous réfléchissons déjà à une extension du programme. L’idée est là, et nous sommes en train de concevoir un projet similaire pour renforcer et étendre notre action », a assuré M. Diallo.

À l’issue de cette mission, le message est clair : ACDEC agit concrètement pour le développement local, en mettant l’accent sur l’autonomisation des femmes, le renforcement des capacités des jeunes, et l’adaptation des communautés aux enjeux climatiques. Le soutien continu de ses partenaires internationaux semble plus que jamais consolidé.

En tout cas, la délégation est très satisfaite de ce qu’elle a vu sur le terrain. Les résultats sont palpables et en droite ligne avec les objectifs du programme. Selon Mr Siricondi Diallo, secrétaire exécutif de l’ACDEC, « trois ans après le lancement du projet, le taux d’exécution atteint de 58 %, suit un rythme jugé encourageant par les parties prenantes.

Une dynamique de changement durable

Et, en plaçant l’autonomisation des femmes, le renforcement des capacités des jeunes et l’adaptation aux enjeux climatiques au cœur de son approche, l’ACDEC s’impose comme un acteur clé du développement local.

À l’issue de cette mission, un constat s’impose : les efforts conjoints entre acteurs locaux et partenaires internationaux portent leurs fruits. Et l’engagement du Luxembourg, à travers ce programme, renforce cette dynamique de changement dans le cadre du développelent durable.

Reportage de Mohamadou SAGNE

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