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Covid-19/ Sénégal: La FAO lance l’initiative «Le panier de la ménagère»

La Fao vise à protéger les systèmes alimentaires et améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de 300.000 personnes vulnérables.

Communiqué

 24 avril 2020, Dakar – Le Ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural (MAER), avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes) et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), a lancé officiellement l’initiative «Le panier de la ménagère» pour répondre à la crise du COVID-19 au Sénégal.

Depuis l’apparition du 1er cas positif de COVID-19 au Sénégal, le 2 mars 2020, l’État n’a cessé de multiplier les mesures visant à freiner la propagation de ce virus sur le territoire. Le Président de la République, Macky Sall, a décrété un ensemble de mesures fortes parmi lesquelles, l’État d’urgence, l’interdiction des rassemblements de foules entrainant le mauvais fonctionnement des marchés ruraux, le couvre-feu et l’État d’urgence limitant les échanges entre les régions, entre autres.

Ces mesures ont de conséquences négatives réelles sur les capacités de production des petits producteurs et de commercialisation de leurs produits. Près d’1 million de poulets et plus de 5200 tonnes de produits maraichers sont en souffrance du fait des difficultés d’accès aux marchés, plus de 1200 femmes ne parviennent plus à vendre leur production laitière. Par ailleurs, l’arrêt des exportations a entrainé un manque à gagner au secteur de la pêche qui a représenté 16 % des recettes totales des exportations nationales en 2018.

L’alimentation et l’agriculture durables ont un potentiel considérable pour revitaliser le paysage rural, assurer la croissance de manière inclusive et susciter des changements positifs chez les petits producteurs fortement impactés. De plus en plus d’efforts sont nécessaires afin d’assurer le bon fonctionnement des chaines de valeur alimentaire et de promouvoir la production et la disponibilité d’une alimentation nutritive, diversifiée et sans risque pour tous. En faisant ainsi, il est important de placer en priorité la santé des consommateurs et des travailleurs et d’adopter de bonnes mesures de salubrité comme les tests, la distanciation sociale et d’autres mesures d’hygiène.

Selon le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Moussa Baldé, «à ce stade, il est difficile de mesurer les impacts réels sur la santé publique, l’économie, l’environnement, et sur les moyens de subsistance des populations».

Il est d’avis qu’il faut «se poser d’ores et déjà des questions sur les implications alimentaires pour les Sénégalais, et aussi de contribuer à la réflexion globale sur la résilience et la durabilité de nos systèmes alimentaires dans la riposte au covid-19 et post covid-19».

 Production locale pour une assistance alimentaire à 300 000 personnes

 L’initiative «Le panier de la ménagère» entre dans le cadre de la mise en œuvre du plan de réponse des Nations Unies et a pour objectif  de protéger les chaines d’approvisionnement alimentaire et les producteurs locaux particulièrement les femmes et les jeunes afin d’apporter une assistance alimentaire aux ménages sénégalais qui pourraient être plus touchés par un confinement général de la population dans ce contexte de pandémie. L’initiative vise à contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages vulnérables situés en zones rurales, urbaines et périurbaines et affectés par l’impact du confinement.

Les petits agriculteurs vivant dans les zones rurales des pays en développement sont beaucoup plus menacés par l’insécurité alimentaire en raison notamment de leurs faibles revenus. Ce serait tragique si ce problème devait être exacerbé et leur capacité à produire de la nourriture réduite, à un moment où nous essayons d’assurer la continuité de l’approvisionnement alimentaire. Ainsi, Les enfants, les femmes et les jeunes sont les cibles de l’initiative conjointe «Le panier de la ménagère» qui vise à protéger la production locale et à faciliter l’écoulement des récoltes. Il permettra de renforcer l’accès aux aliments variés et diversifiés et l’état nutritionnel de 300 000 personnes, soit environ 37 500 ménages vulnérables. Le Programme soutiendra leurs capacités financières via des transferts monétaires inconditionnels et aidera à réduire leur exposition au COVID-19 en cassant la chaine de contamination possible lors de leur approvisionnement alimentaire dans les marchés, les tables de rue, les cantines, etc. Grâce à cette initiative, la rentabilité économique des activités d’au moins 1000 femmes productrices devront aussi être améliorée.

Les ménages bénéficiaires seront sélectionnés à partir du registre national unique et d’un ciblage communautaire qui va s’appuyer sur l’expérience de la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (DGPSN) et le registre unique dans les quartiers et les villages.

«Le panier de la ménagère est un pont entre les producteurs qui n’arrivent pas à écouler leurs produits alimentaires et les ménages qui sont en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle», a expliqué le Coordonnateur du Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et Représentant de la FAO au Sénégal, Gouantoueu Robert Guei.

«Le programme Panier de la ménagère rentre en droite ligne avec notre initiative appelé les femmes font partie de la solution. Les femmes font partie aussi bien des petits producteurs mais seront aussi des bénéficiaires » a indiqué la Directrice régionale d’ONU Femmes Afrique de l’Ouest et du Centre, Oulimata Sarr.

 «La réponse au COVID n’est pas que sanitaire. Nous devons faire en sorte de protéger les femmes et les filles affectées par la baisse des revenus, l’accroissement des tensions au sein des ménages et exposées au risque de violences basées sur le genre», a plaidé la Représentante Résidente de UNFPA, Cécile Compaoré Zoungrana.

Agir ensemble pour freiner le COVID-19

 FAO, ONU Femmes et UNFPA ont initié une action conjointe visant à renforcer la résilience des populations vulnérables, notamment les enfants, les femmes et les jeunes. Ces agences sœurs ont décidé de contribuer pour près de 450 millions de francs CFA pour renforcer les systèmes alimentaires à travers cette belle initiative. Pour assurer la cohérence des interventions, la mise en œuvre du programme sera assurée à travers des partenariats stratégiques avec le Ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural et celui de la Femme de la Famille et du Genre.

Pour plus d’informations sur la FAO au Sénégal! http: www.fao.org/senegal/fr/

« Nous sommes fièrement dans la mourridiya, la source de nos  paroles et actions »

Notre  regard est fixé vers un avenir réservé exclusivement à l’adoration d’Allah en se mettant au service de ses créatures pour sa seule face. Nous sommes  fièrement dans la mourridiya, la source de nos  paroles et actions . Nous nous réclamons de la famille “ euhlou tasawouf” mais respectons tous ceux qui prononcent “ la ilaha ila la Mohamadou Rassouloulahi “.
Nous vouons  un grand respect à la communauté chrétienne du Sénégal qui, pour nous  constitue un exemple de discipline, de sérieux et de convivialité. Encore plus immensément fiers de ce pays de “ la téranga “ où cohabitent dans la convivialité des ethnies, races et religions différentes, par le génie de nos ancêtres ont su créer cette atmosphère qui se pérennise .

Nous sommes des patriotes convaincus qui croient  à l’émergence, l’émancipation et l’épanouissement de son peuple. Il est temps pour nous d’opérer le réel changement que nous méritons à tous les niveaux de notre cher pays .
Pour cela nous avons une offre politique, une politique autrement que nous proposons à ce grand peuple sénégalais à travers la plate-forme MD ( Diom Dioup Diomb ). Nous avons confiance à notre peuple , ce peuple digne et patient mais qui sait dire non le moment venu.

3DMENT,
Cheikh Makhtar Hakim Diop
President du mouvement M3D
Diom Dioup Diomb

Conseil des ministres du Mercredi 27 Mai 2020; les nominations

Au titre des mesures individuelles, le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Docteur Paul FAYE, Enseignant–Chercheur à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural ;
Monsieur Cheikh NDIAYE, Inspecteur Principal du Trésor, matricule de solde N°604 445/E, précédemment Conseiller technique du Directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor au Ministère des Finances et du Budget, est nommé Coordonnateur de la Direction général de la Comptabilité publique et du Trésor, poste vacant ;
Monsieur Abdoulaye FALL, Inspecteur principal du Trésor, matricule de solde n°510575/A, précédemment Payeur général du Trésor, est nommé Trésorier général, Agent Comptable Central du Trésor à la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor du Ministère des Finances et du Budget en remplacement de Monsieur Adama Racine SOW admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
Madame Mame Diama DIOUF, Inspecteur principal du Trésor, matricule de solde n°604440/J, est nommée Payeur général à la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor du Ministère des Finances et du Budget, en remplacement de Monsieur Abdoulaye FALL, appelé, à d’autres fonctions.
Monsieur Papa NDIAYE, Inspecteur Principal des Douanes, matricule de solde N°510 969/H, précédemment Directeur régional des Produits pétroliers et Unités spécialisées, est nommé Directeur de la règlementation et de la Coopération internationale à la Direction générale des Douanes, en remplacement de Monsieur Malick MBAYE, appelé à d’autres fonctions ;
Monsieur Malick MBAYE, Inspecteur Principal des Douanes, matricule de solde N°604 437/B, précédemment Directeur de la règlementation et de la Coopération internationale à la Direction générale des Douanes, est nommé Directeur du Renseignement et des Enquêtes douanières, en remplacement de Monsieur Abdourahmane WADE, appelé à d’autres fonctions ;
Monsieur Abdou Khadre Dieylani NIANG, Inspecteur Principal des Douanes de classe exceptionnelle, matricule de solde N°513 577/B, est nommé Directeur du Contrôle interne à la Direction générale des Douanes, poste vacant ;
Monsieur Abdourahmane WADE, Inspecteur Principal des Douanes, matricule de solde N°604 124/G, précédemment Directeur du Renseignement et des Enquêtes douanières à la Direction générale des Douanes, est nommé Directeur des Systèmes informatiques douaniers, en remplacement de Monsieur Alioune DIONE, appelé à d’autres fonctions ;
Monsieur Saliou DIOUF, Inspecteur principal des Douanes , matricule de solde608856/E, précédemment Contrôleur interne à la Direction générale des Douanes, est nommé Directeur régional des Douanes du Sud-Est, en remplacement de Monsieur Georges DIEME, appelé à d’autres fonctions ;
Monsieur Ibrahima Faye, Inspecteur principal des Douanes, matricule de solde 606890/M, précédemment Directeur régional des Douanes du Centre, est nommé Directeur régional de l’Ouest, poste vacant ;
Monsieur Georges DIEME, Inspecteur Principal des Douanes, matricule de solde N°606 899/D, précédemment Directeur régional des Douanes du Sud-Est, est nommé Directeur régional des produits pétroliers et Unités spécialisées, en remplacement de Monsieur Papa NDIAYE, appelé à d’autres fonctions ;
Monsieur Bourama DIEME, Inspecteur Principal des Douanes, matricule de solde N°616 277/I, précédemment Contrôleur interne à la Direction générale des Douanes, est nommé Directeur régional des Douanes du Centre, en remplacement de Monsieur Ibrahima FAYE, appelé à d’autres fonctions ;
Monsieur Samuel Joseph Waly FAYE, Juriste, titulaire d’un diplôme d’Etudes Supérieures spécialisées (DESS) est nommé Directeur du Centre national de Formation des Techniciens des Pêches et de l’Aquaculture, en remplacement de Madame Tening SENE, poste vacant.

Concours coranique ‘’esprit d’espoir’’: Daroul Imane occupe les deux premières places

Le joueur sénégalais international, Idris Gana Gueye, a organisé un concours coranique (La plus belle récitation) pendant le mois sacré du Ramadan, et le concours a eu lieu à distance via sa page officielle sur (Instagram).

Le concours était supervisé par Hafiz Cheikh Muhammad El-Moudjtaba Diallo, avec les deux juges Hafiz Ousmane Busso et Hafiz Ousmane Yahya.

Le concours visait à:
1- Envoyez un esprit d’espoir au peuple sénégalais et encouragez-le à mémoriser le Noble Coran.

3-Diffuser la culture de l’utilisation des médias sociaux pour servir le noble Coran.

3- Expliquer l’importance de mémoriser et de réciter le Coran pendant le mois sacré du Ramadan

Le programme est financé par le joueur international sénégalais: Idris Gana Gueye, qui évolue actuellement dans l’équipe parisienne.  Il a entrepris ce travail pour son amour du Coran et son admiration pour le grand héros Mohamed El-Moudjtaba, et il (Moudjtaba) est le dernier à le convaincre de la magnificence de son idée et de sa proposition de rassembler le peuple  du Sénégal en lisant le Coran et en l’améliorant à travers les médias sociaux.

Le concours s’est déroulé parmi un grand nombre de participants dont les résultats sont les suivants:

1- Boune Oumar DIA (première place)

2- Musa Diallo (deuxième place)

3- Idris Mbeng (troisième place)

A noter que les 2 frères qui occupent les  premier place et deuxième place sont diplômés de l’Institut DAROUL IMANE de Sicap mbao Dakar dirigé et créé par Dr Mohamed Habiboullah Sy le maître de Mohamed Moudjtaba Diallo

La troisième place a été occupée par un étudiant sénégalais de l’Université du Koweït.

Félicitations à tous

Mohamed Moudjtaba Diallo

Cri de cœur du paysan bloqué à Dakar et ailleurs

A Monsieur le Président de la République 

Vous avez pris une très bonne décision d’assouplir les conditions de l’état d’urgence.

Dans le même esprit, vous avez demandé au gouvernement de prévoir les assouplissements nécessaires au transport public, afin de permettre aux travailleurs agricoles de rejoindre leurs localités.

Monsieur le Président, certes vous avez pris votre responsabilité pour protéger une couche vulnérable de la population (le paysan), mais votre volonté de vouloir bien faire n’a pas été respectée parce que le paysan reste toujours bloqué à Dakar et dans d’autres régions parce que l’interdiction de circuler de région en région n’est pas levée alors que l’hivernage s’annonce. Le paysan ne peut pas avoir facilement une autorisation de circuler. C’est pourquoi, Monsieur le Président, n’écoutez pas les politiciens de votre camp, ni ceux de l’opposition, ni les personnes influentes et trop aisées. La plupart parmi eux ne se soucient que de leurs propres intérêts. Ecoutez votre peuple dont la majorité est en phase avec vous.

Le paysan sait bien qu’il sera taxé de politicien alors qu’il ne fait pas parti d’aucun courant politique.

Monsieur le Président de la République, le paysan veut :

  • Retourner au village ;
  • Entretenir le matériel agricole ;
  • Reprendre les terres ;
  • Aller défricher ;
  • Semer le mil ;
  • Aller sauver les trois (03) hectares d’oignons qui sont entrain de pourrir dans le Gandiol.

Le paysan risque de rater une campagne agricole et il n’aura ni arachide, ni niébé, ni foin, ni mil pour nourrir la famille et les animaux. Ce rendez-vous de campagne agricole manqué va entrainer une famine dans le monde rural qui, je pense bien, va tuer beaucoup plus de personnes et d’animaux que le corona virus. Même les villes ne seront pas épargnées.

Monsieur le Président, le paysan vous lance un cri de cœur pour laisser les travailleurs circuler et mener leurs activités tout en respectant les mesures barrières édictées par les services de santé. Par exemple : le travailleur agricole qui doit quitter Fatick pour se rendre à Koumpétoum pour acheter des semences, comment y parvenir avec l’interdiction de circuler de région en région.

Le paysan se rappelle d’un brillant haut cadre de l’Administration à la personne du feu Djibo Leyty KA  qui disait :

« Si le pouvoir est trop fort, il nous écrase ;

S’il est trop faible, nous en périssons ;

S’il est équilibré nous y gagnerons »

Monsieur le Président, la courageuse décision prise pour gérer la pandémie prouve à suffisance que vous avez un pouvoir équilibré.

Du courage vous gagnerez la guerre.

Le paysan vous soutient.

Que Dieu protège le Sénégal !

Signé le paysan noir

Sénégal, le ……………………………….

«Les pays du Nord ne connaissent pas l’Afrique»; par Souleymane Bachir Diagne

Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne pose son regard sur la crise mondiale ainsi que sur les inégalités et préjugés qu’elle met à nu. Il rappelle l’urgence de décoloniser les imaginaires pour penser le monde de maintenant comme d’après.

Pourquoi l’Afrique, qui déjoue les pronostics fatalistes en résistant relativement bien au virus jusqu’à présent, est-elle toujours évoquée sous un prisme catastrophiste ? Pourquoi, dans les pays du Nord, ce sont les minorités, en particulier les Noirs, et les pauvres qui sont le plus durement frappés par le Covid-19 ?

Dans un entretien à Mediapart, le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne pose son regard sur la crise mondiale ainsi que sur les inégalités et préjugés qu’elle met à nu. Depuis New York où il vit et profite d’un congé sabbatique de l’université de Columbia pour terminer un ouvrage, l’auteur d’ En quête d’Afrique (s), coécrit avec l’anthropologue Jean-Loup Amselle (Albin Michel, 2018), rappelle l’urgence de décoloniser les imaginaires pour penser le monde de maintenant comme d’après.

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, l’Afrique n’est évoquée qu’à l’aune d’un présent et d’un futur horribles, comme si le continent était voué à ne connaître que catastrophes et hécatombes. Pourquoi ce regard sempiternellement alarmiste et négatif du Nord sur l’Afrique ? 

Souleymane Bachir Diagne :La première grande raison à cela, c’est la force de l’habitude et la force du préjugé. Préjuger, c’est juger à l’avance. Dès lors qu’on juge à l’avance ce qu’est l’Afrique qu’on croit connaître, évidemment les mêmes images, les mêmes stéréotypes reviennent : que c’est nécessairement un continent pour lequel il faut avoir de la compassion, un continent enfoncé dans une pauvreté qu’on ne considère même plus comme conjoncturelle, le lieu de maladies. Ces images, qui sont anciennes, fonctionnent malheureusement encore dans l’inconscient de beaucoup.

Donc les épidémies sont souvent associées à l’Afrique. L’idée que l’effort africain, la capacité de réponse de l’Afrique ne comptent pour rien tient à la force du préjugé. D’où ces discours catastrophistes à l’arrivée du Covid-19 : « Cela va être un désastre, un cataclysme incontrôlable. » Cela dit, les infrastructures sanitaires sont dans un état de sous-équipement qu’il ne faut pas nier. Si on compte en nombre de lits, de respirateurs, les États africains n’auraient pas été en mesure de supporter la même courbe de la pandémie qu’ont connue les pays européens ou les États-Unis.

Ces discours réducteurs m’inspirent une réflexion plus générale. Paradoxalement, alors qu’il y a eu la relation coloniale qui pourrait laisser penser qu’il y a une meilleure connaissance de l’Afrique, les pays du Nord ne connaissent pas l’Afrique. Beaucoup n’ont pas vu les progrès accomplis en Afrique ces dernières décennies. L’Afrique aujourd’hui, ce sont des classes moyennes, plus éduquées, qui se sont malgré tout développées et qui sont aussi un pouvoir d’achat.

Le pays qui s’en est rendu compte d’abord, c’est la lointaine Chine, qui est venue s’y installer et y investir massivement. En venant en Afrique, elle a ramené tout le monde, d’autres pays sont venus mais pour être en compétition avec elle. En s’investissant en Afrique, la Chine a créé la rupture avec l’idée que n’étaient possibles avec le continent que les liens traditionnels dans la continuité coloniale ou des liens de compassion, dans une relation humanitaire.

Les origines de tant de préjugés sont-elles à chercher dans le passé colonial ? 

Toute la littérature coloniale – le fameux livre Heart of Darkness (Au cœur des ténèbres) de Joseph Conrad est emblématique –, représente l’Afrique comme le continent où sévissent toutes les maladies, des maladies mortelles pour les Européens, le lieu par excellence de l’infection. C’est ce regard colonial qui se traduit dans ces préjugés sous diverses formes à l’occasion de cette pandémie.

On a vu ces médecins chercheurs français de l’Inserm considérant sur un plateau de télévision que l’Afrique était un réservoir de populations disponibles pour des essais cliniques. L’Afrique est toujours réduite à sa démographie, avec la crainte que celle-ci n’aille se déverser sur l’Europe, opérant un grand remplacement. C’est la première obsession des prospectivistes à propos de l’Afrique.

C’est une Afrique évidemment totalement mythique qui ne correspond pas à l’Afrique d’aujourd’hui, qui a des problèmes bien réels, des infrastructures sous-développées inacceptables, mais qui est aussi une Afrique avec des alternances démocratiques, des États plus légitimes, qui ont su gérer la pandémie avec des moyens limités, une jeunesse qu’il faut mettre à l’école, à laquelle il faut donner de l’emploi mais qui est innovante. Autant d’atouts que le monde ne veut pas voir, souvent à cause du paravent des stéréotypes.

Comment rompre avec ce regard qui perdure à travers les âges, comment décoloniser les imaginaires ? 

Les imaginaires vont se décoloniser tout seul. On l’a vu avec les réactions suscitées après les propos de ces chercheurs. Il ne s’agit pas d’implorer le monde de regarder l’Afrique autrement. Il s’agit pour les Africains eux-mêmes d’imposer au monde que l’Afrique d’aujourd’hui est une Afrique qui croit en ses capacités, ses forces, avec laquelle on doit compter et qui tient son propre discours sur soi. L’Afrique doit cesser d’être l’objet du discours des autres pour se dire elle-même dans ce qu’elle est et l’avenir qu’elle s’ouvre.

Comment observez-vous cette pandémie à l’échelle du monde depuis New York, où vous vivez et êtes confiné depuis maintenant deux mois ?

Aujourd’hui, les États-Unis sont parmi les plus touchés par l’épidémie au monde. L’État de New York où je suis est celui qui compte le plus de morts [plus de 20 000 avec un confinement prolongé jusqu’au 28 mai – ndlr]. Cette pandémie a un côté égalisateur : ce ne sont pas seulement les pays les plus mal lotis, ou les moins puissants ou les plus pauvres qui sont frappés, c’est tout le monde qui a été frappé. Le pays le plus puissant au monde a été obligé de marquer une pause, comme le reste de l’humanité. C’est un phénomène extraordinaire.

Pour quelqu’un comme moi, c’est aussi un moment privilégié pour étudier une réalité très importante : la valeur d’un bon gouvernement. Et je suis aux premières loges pour étudier cela dans l’État de New York. Nous sommes dans une époque du triomphe du capitalisme global où on a chanté à l’envi qu’il fallait le moins d’État possible, que la vraie gouvernance du monde devait être celle des marchés, le rôle des États étant réduit au minimum. Cette pandémie nous enseigne leur importance.

Dans une crise aussi importante, les populations elles-mêmes demandent que l’État devienne ce qu’il a à être : le protecteur des citoyens. On a vu en temps réel la capacité des gouvernements d’inspirer ou pas confiance, d’informer pleinement ou pas les citoyens afin qu’ils puissent adopter les comportements individuels et collectifs qui soient des réponses à la crise, ce qui n’allait pas de soi. L’État de New York aura donc été bien gouverné, de ce point de vue.

De Chicago à la Seine-Saint-Denis, le Covid-19 exacerbe les inégalités notamment raciales. Pourquoi ce sont les minorités, en particulier les Noirs, et les pauvres qui sont le plus durement frappés par le virus ?

Il est très important d’insister sur ce constat car des théories absolument fantaisistes circulaient et affirmaient que les Noirs étaient les mieux protégés de cette pandémie. Non seulement ce n’était pas vrai mais c’est tout le contraire. On savait que les inégalités sont très importantes dans notre monde et qu’elles se creusent, mais la pandémie a mis à nu ce qu’elles signifiaient vraiment.

Ce sont des inégalités devant la vie et la mort. Lorsque les questions vitales se posent, ce sont les plus pauvres qui paient le plus grand prix. Et ce sont donc les personnes racisées, comme on dit, qu’on retrouve plus nombreuses parmi les victimes, car ce sont elles qui souffrent le plus de la pauvreté. On ne peut pas nier les caractéristiques ethno-raciales de la pauvreté.

Qui plus est, les plus pauvres, et donc les racisés, sont les travailleurs essentiels. Quand on demande à tout le monde de se réfugier chez soi pour échapper à la maladie, on leur demande à eux de monter au front. Car ils font tourner les bus, les métros, les hôpitaux, les commerces, etc. Ils sont exposés deux fois : à cause des inégalités qui étaient déjà là et en se retrouvant en première ligne.

Beaucoup souffrent d’ailleurs de comorbidités, car la pauvreté et les inégalités dégradent et précarisent la santé. La précarité fait boule de neige lorsqu’une pandémie comme le Covid-19 éclate. Il est impératif que les leçons soient tirées de cette pandémie et qu’on s’attaque à ces inégalités.

Contrairement aux pays anglo-saxons comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, les statistiques dites ethniques sont interdites en France. C’est un frein pour appréhender les inégalités ?

Il y a quelque chose de généreux dans l’idéal de ne voir que des citoyens et non des couleurs de peau. Mais il faut aussi pouvoir nommer les problèmes et en prendre, littéralement, la mesure, pour s’y attaquer. Et avoir un instrument d’évaluation de l’efficacité des mesures prises.

Le monde d’après qui vient est-il en mesure de tirer les leçons de ces inégalités ? 

Il serait absurde et stupide de revenir au monde d’avant. D’abord parce qu’il ne reviendra pas. Après la pause, on ne va pas redémarrer les moteurs et trouver l’économie au même stade. Une profonde crise socio-économique nous attend. Il faut prendre des mesures très importantes pour que la pauvreté et les inégalités soient combattues. Entre les nations et en leur sein.

Un monde qui aurait tiré les leçons de la pandémie, c’est un monde où la dette des pays pauvres sera effacée sans atermoiement. Ce n’est pas de la compassion mais une mesure de sagesse. Si, ces dernières décennies, on a vu une Afrique émergente, il est temps de penser le vrai partenariat avec l’Afrique, une Afrique qui contribue à l’avancement économique de tout le monde : le préparer, c’est aider au redémarrage du continent en levant le fardeau de la dette.

L’économie, ce n’est pas seulement la compétition capitaliste, des taux de croissance, mais ce que l’on a appelé le développement humain, et je souligne le mot « humain ». Il faut reconstruire le monde sur cette base, non pas au sens humanitaire de la compassion mais bien au sens « humain », qui redonne son sens à l’humanité.

Que peut la philosophie en ces temps bouleversés ? 

Nous vivons une époque où il faut explorer philosophiquement les sagesses contenues dans toutes les régions du monde, dans tous les espaces où les humains pensent, réfléchissent à la vie, à la mort, à leur signification. Nous devons repenser beaucoup de choses, notamment notre lien à la nature. Cette pandémie révèle la crise écologique qui était déjà là, ces blessures que nous n’arrêtons pas d’infliger à la nature.

Il faut réfléchir à ce que signifie inscrire l’humain dans la nature, le replacer dans le vivant, et non pas, pour reprendre Descartes, le considérer comme un maître et possesseur de la nature qui s’arroge le droit de la transformer en ressources naturelles. Il est important ainsi de décoloniser nos esprits y compris sur ce terrain-là.

 

Covid-19 & Korité: «Ziarra» du ministre de la Santé aux personnels loin de leurs familles

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale s’est rendu ce dimanche à l’hôpital général Idrissa Pouye de Grand Yoff (Hogip), pour apporter son réconfort aux membres du personnel médical qui passent la Korité loin de leurs familles.

Abdoulaye Diouf Sarr a commencé sa visite par le  service de radiologie. Afin de ne pas gêner le fonctionnement des services, le ministre a rencontré une équipe réduite de médecins et d’infirmiers pour un bref échange dans une ambiance de « ziarra ».
À cette occasion, le strict respect des gestes barrières a été observé. Diouf Sarr et ses collaborateurs portant des masques, n’ont pas été au contact de patients. Diouf Sarr leur a transmis le message du président de la République, par téléphone.
Avant d’adresser un message de soutien et de reconnaissance à des personnels fortement mobilisés, en pointe du dispositif sanitaire. Les blouses blanches et la tutelle ont fait un bref point sur la situation de l’épidémie et le matériel de protection.
Les médecins ont remercié l’autorité sanitaire pour l’acquisition du matériel de renforcement de mesures de protection autour d’eux.

Covid-Sénégal: 83 nouveaux cas testés positifs, 59 nouveaux guéris et 15 cas graves en réanimation.

Sur 1091 tests réalisés, 83 sont revenus positifs au coronavirus soit un taux de positivité de 7,60% ce lundi 25 mai 2020.

Il s’agit de 79 cas contacts suivis et 4 cas issus de la transmission communautaire répartis comme suit :Scat-Urbam (1), Cité Apecsy (1), Rufisque (1) et Thiès (1).
59 patients ont été testés négatifs et déclarés guéris.
15 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation.
A ce jour, le Sénégal compte 3130 cas positifs dont 1515 guéris, 35 décès, 1 évacué et 1579 encore sous traitement.

Covid-19 Sénégal: 97 nouveaux cas testés positifs, 60 nouveaux guéris et 11 cas graves 

Sur 1199 tests réalisés, 97 sont revenus positifs au coronavirus soit un taux de positivité de 8,09% ce vendredi 22 mai 2020.

Il s’agit de 83 cas contacts suivis et 14 cas issus de la transmission communautaire répartis comme suit : Cambérène (1), Derklé (1), Cité Bissap (1), Yoff (1), Guédiawaye (4), Almadies (1), Ngor (1), Liberté 4 (1), Avenue Lamine Guèye (1), Keur Massar (1) et Touba (1).
60 patients ont été testés négatifs et déclarés guéris. 11 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation.
A ce jour, le Sénégal compte 2909 cas positifs dont 1311 guéris, 33 décédés, 1 évacué et 1564 encore sous traitement.

Respirateur artificiel: L’Ept de Thiès cherche des moyens pour produire à l’échelle industrielle

  Comme toutes les écoles et universités du pays, l’Ecole polytechnique de Thiès (Ept) a fermé provisoirement ses portes dans ce contexte de lutte contre le Covid-19. Mais ses enseignants ne sont pas en «chômage, Certains se concentrent sur la recherche. C’est ainsi qu’en un temps record, un groupe de quatre enseignants-chercheurs a conçu un respirateur artificiel afin de contribuer à l’effort de guerre contre le coronavirus. Le prototype est actuellement complet et fonctionnel. Ils sont dans les démarches pour une validation par les médecins et les plus hautes autorités du pays. «Nous espérons que ça se fera dans les jours qui viennent, a rassuré Dr lbrahima Guèye, enseignant-chercher à l’Ept de Thiès. Pour l’instant, le laboratoire ne dispose que du matériel pour faire des fabrications d’ordre prototypage. «Pour une chaine industrielle plus importante, il faut renforcer l’équipement. Nous avons fait une note d’expression de besoins qui est remise à qui de droit. Une partie du matériel a été commandée. Si tout est réuni, nous pourrons fabriquer quelques dizaines par semaine.

Mais tout dépendra de la configuration finale de l’industrialisation. Si nous faisons un prototype qui fonctionne bien, l’autorité peut décider d’introduite le nombre qu’il veut. S’il a les moyens de mettre toutes les infrastructures industrielles qu’il faut, nous pouvons même fabriquer jusqu’à une centaine ou plus par semaine», a fait savoir Dr Guèye par ailleurs, responsable du laboratoire de fabrication «Fab Lab».

Pour l’enseignant-chercheur, cela ne nécessite même pas de très gros moyens. «Quelques millions peuvent suffire. Mais tout dépend du dimensionnement. Par exemple, si l’on veut fabriquer 50 par semaines, le coût des installations en termes de matériel n’atteint pas les 50 millions de FCfa. Ce n’est pas cher. Et si vous en fabriquez beaucoup, vous amortissez le matériel très vite», a-t-il estimé. Ses autres collègues qui contribuent à ce projet sont les Docteurs Ahmed Mouhamadou Wade, Mamadou Lamine Diagne et Ousmane Seydi. Cela fait deux semaines seulement quand ils ont commencé à travailler sur cet appareil. «Nous sommes partis d’un article scientifique qui a été publié dans une revue de la communauté des anesthésistes où l’on montre les principes de base pour concevoir un respirateur. Comme les étudiants étaient restés chez eux dans ce contexte de maladie, nous nous sommes concentrés sur cette problématique. Nous avons essayé de concevoir l’appareil en suivant les indications données dans l’article scientifique», a expliqué Dr Ibrahima Guèye.

Selon lui, il y a d’abord une première étape de conception où il fallait réfléchir sur le fonctionnement de l’appareil et les différents composants, Ensuite, la fabrication des pièces nécessaires et l’identification des différents éléments électroniques: la motorisation, la carte ou micro- contrôleur, etc. Il y a enfin, l’étape de l’assemblage et des tests. Par la suite, nous sommes allés à l’hôpital régional de Thiès pour discuter avec les gens qui travaillent avec les respirateurs pour voir ce qu’on attend de cet appareil médical. Au fur et à mesure, nous intégrions les remarques pour l’améliorer. C’est ce qui a abouti à ce prototype fonctionnel», a soutenu le chercheur.

Mais aujourd’hui, il est difficile d’avoir certains équipements nécessaires à la fabrication d’autres prototypes. Des commandes ont été faites, le matériel est en cours d’acheminement. «C’est ce qui a un peu bloqué le travail pour l’instant. Mais nous avons un prototype fonctionnel et au complet, et d’autres qui ne sont pas achevés faute de matériels disponibles», a-t-il regretté.

 

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