L’annonce de la tenue simultanée, le 8 novembre, de deux manifestations d’envergure – l’une initiée par le camp majoritaire sur l’esplanade du Stade Léopold Sédar Senghor, l’autre par la coalition de l’opposition à Sacré Cœur – instaure un climat de tension qui compromet sérieusement la stabilité et la cohésion sociale de la Nation.
Cette conjoncture, marquée par la simultanéité et l’antagonisme, est intrinsèquement périlleuse. Elle génère un risque élevé de débordements, de confrontations, et d’une escalade susceptible d’engendrer des répercussions désastreuses pour la sécurité de nos concitoyens.
Le Sénégal peine à se relever des récents traumatismes qui ont ébranlé son tissu socio-économique. Nous supportons collectivement le lourd tribut de cette crise sans précédent. L’impératif premier de tout citoyen étant de prôner la concorde et de consolider la cohésion nationale, il est de mon devoir d’émettre cette alerte. L’histoire ne doit pas être une simple réminiscence, mais une leçon indélébile ancrée dans la conscience de tous.
Le peuple sénégalais est universellement reconnu pour sa tolérance, sa propension au dialogue et sa résilience face aux épreuves. J’exhorte l’ensemble des militants, des citoyens et des entités de la société civile à :
- Garantir la discipline : Si les rassemblements sont maintenus, l’observation stricte de la discipline est essentielle. Abstenez-vous de répondre aux provocations. Votre engagement doit demeurer pacifique et empreint de dignité.
- Protéger l’économie : Les travailleurs, les opérateurs économiques et les ménages vulnérables requièrent impérativement la stabilité pour leur relèvement. L’instabilité politique est l’antithèse absolue de la prospérité économique.
- Préserver l’héritage : Notre modèle démocratique, fondé sur le respect mutuel, constitue un patrimoine sociétal qu’il est impérieux de défendre.
Aujourd’hui, il est impératif que l’ensemble des acteurs politiques, sans distinction d’appartenance, reviennent à la raison et fassent preuve d’un sens aigu des responsabilités. L’aspiration légitime à un Sénégal développé commande l’identification de mécanismes de régulation sociale et la consolidation de la paix.
À cet égard, je rappelle aux responsables politiques que leur rôle ne se limite pas à la conquête ou à la conservation du pouvoir. Il consiste, avant toute chose, à garantir la paix civile. La quête ou la consolidation du pouvoir ne sauraient en aucune manière justifier la mise en péril de la vie des Sénégalais ni la fragilisation des fondements de notre République. Humblement, je leur recommande d’agir avec sagesse.
Aux organisateurs des deux camps, je demande solennellement de placer la Nation au-dessus de toute considération partisane. Le Sénégal transcende nos divergences. Sauvegardons notre concorde.
Cheikh Sanou Mône Diouf
Mbokatoor Maasir
cdiouf70@yahoo.fr



