Louga – L’adjoint au gouverneur chargé du développement a ouvert samedi les concertations régionales des états généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme en plaidant pour une territorialisation renforcée des politiques publiques
Papa Léity Mar estime que la culture, l’artisanat et le tourisme constituent des piliers essentiels du développement socio-économique de la région de Louga. S’exprimant à l’ouverture des concertations régionales des États généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme (EGCAT), il a insisté sur la nécessité de replacer la culture au cœur des stratégies de développement territorial. «Aucun processus de développement durable ne peut être envisagé sans une prise en compte sérieuse des réalités culturelles locales », a-t-il déclaré.
La rencontre a réuni autorités administratives, élus territoriaux et acteurs culturels, artisanaux et touristiques venus des départements de Louga, Linguère et Kébémer. Pour Papa Léity Mar, cette initiative répond à une attente de longue date des professionnels du secteur, qui réclamaient un cadre national de concertation et de réflexion.
Mieux connaître les potentialités locales
L’adjoint au gouverneur a salué les échanges qui ont permis, selon lui, de mettre en lumière les potentialités des 55 collectivités territoriales de la région. Il a plaidé pour que l’État se dote d’une cartographie exhaustive des sites et richesses culturelles afin d’orienter plus efficacement les politiques publiques et les investissements.
Les recommandations issues des travaux portent notamment sur le renforcement de la gouvernance territoriale, la création d’antennes départementales ou régionales dédiées aux services culturels et touristiques, et le recrutement de ressources humaines qualifiées.
Papa Léity Mar a pointé le déficit de moyens logistiques et humains. Il a déploré qu’un seul chef de service régional du tourisme couvre actuellement trois régions administratives, une situation jugée incompatible avec les ambitions de promotion touristique des territoires.
Financement et simplification administrative
Sur le financement, il a appelé à une « discrimination positive » en faveur des artisans âgés de plus de 40 ans. Selon lui, ces derniers atteignent souvent leur pleine maturité professionnelle à cet âge mais restent exclus des mécanismes de financement orientés majoritairement vers les jeunes et les femmes.
Il a également demandé un assouplissement des procédures administratives liées à l’obtention de licences et d’autorisations dans les secteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme, estimant que les lourdeurs freinent les initiatives locales et le développement économique.
Évoquant les atouts religieux et culturels de Louga, carrefour des foyers mourides, tidianes et khadres, il a souligné que cette richesse immatérielle constitue un levier majeur d’attractivité touristique. « Les touristes ne viennent pas seulement voir nos immeubles, mais surtout découvrir ce qu’ils ne trouvent nulle part ailleurs », a-t-il affirmé.
Les concertations régionales des EGCAT se poursuivent dans les autres régions du Sénégal. L’objectif est de contribuer à l’élaboration inclusive des futures politiques publiques dans ces secteurs stratégiques.

Massylla Moustapha Diongue
Correspondant à Louga



