La COALITION «DIOMAYE PRÉSIDENT» EN RECOMPOSITION
Moins de 72 heures après la sortie musclée d’Ousmane Sonko au «Téra meeting», où il rejetait toute tentative de remplacement d’Aïda Mbodj à la présidence de la coalition «Diomaye Président», le chef de l’État a tranché.
Par lettre datée du 10 septembre 2025, Bassirou Diomaye Faye a mis fin à la mission d’Aïda Mbodj et désigné Aminata « Mimi » Touré pour conduire la réorganisation politique du mouvement présidentiel. Une décision qui consacre un tournant majeur dans les rapports entre les deux têtes de l’exécutif.
C’est un acte politique fort, aux allures de désaveu. Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement mis fin à la mission d’Aïda Mbodj à la tête de la coalition «Diomaye Président». Dans une correspondance datée du 10 septembre 2025, le chef de l’État a salué l’«engagement» et le «dévouement» de l’ancienne ministre, tout en annonçant la désignation de Mimi Touré pour conduire la nouvelle phase de la coalition, désormais placée sous le signe de la «restructuration et de l’efficacité opérationnelle».
Selon les termes de la lettre, le président Faye estime que la coalition doit se réorganiser afin d’être « plus opérationnelle, mieux structurée et pleinement performante, au service du projet commun ». Une feuille de route qui confie à l’ancienne Première ministre la lourde tâche de rebâtir le socle politique du camp présidentiel, dans un contexte marqué par des tiraillements internes et des signaux d’essoufflement.
Mais la décision intervient dans un climat politique déjà tendu. Samedi dernier, lors de son meeting de Téra, le Premier ministre Ousmane Sonko avait mis en garde contre «des manœuvres visant à écarter Aïda Mbodj» de la présidence de la coalition, martelant qu’il ne saurait «l’accepter». Trois jours plus tard, le chef de l’État prend le contre-pied de cette déclaration, en officialisant la nomination de Mimi Touré à la tête du processus de refondation.
Dans sa lettre, Diomaye Faye justifie sa décision par la «léthargie» et les «facteurs de division» persistants au sein de la coalition, malgré «l’intérêt croissant de nouvelles personnalités politiques» souhaitant la rejoindre. Un constat d’échec collectif, que le président entend corriger par une restructuration «marquée du sceau de l’ouverture et de la recherche de l’efficience».
La désignation de Mimi Touré, figure politique expérimentée, ancienne superviseure générale de la campagne présidentielle de mars 2024, apparaît ainsi comme un signal fort de reprise en main. «Je ne doute point que son expérience, son engagement et son esprit fédérateur nous seront d’un grand apport», souligne Diomaye Faye, précisant que cette refonte doit aboutir à une coalition «plus forte, au service de la vulgarisation positive de l’action gouvernementale conduite par le Premier ministre Ousmane Sonko».
Reste à savoir comment ce dernier accueillera cette décision, perçue par beaucoup comme un coup d’autorité présidentiel dans la gouvernance politique du duo exécutif. Une chose est sûre : entre fidélité politique et logique de pouvoir, la coalition «Diomaye Président» entre dans une nouvelle dynamique politique
A. L. NDIAYE (avec En relief)



