vendredi, mars 6, 2026
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Le Sénégal, un pays économiquement, financièrement et socialement au bord du blocage !

Merci, mon cher ami, pour ta contribution et surtout pour les questions essentielles que tu poses.

  1. Une accusation politicienne aux conséquences économiques désastreuses

Une accusation à des fins purement politiciennes, animée par un esprit de revanche contre le régime de Macky Sall, nous a conduits à cette impasse économique, financière et budgétaire.

À l’époque, j’avais écrit un post pour dire qu’Ousmane Sonko venait «de marquer un but contre son camp» – contre le Sénégal, les Sénégalais et son propre régime.

  1. La prétendue “transparence” et ses effets dévastateurs

 La suite m’a donné raison.

Qu’a donc gagné le Sénégal dans cette fameuse “transparence” autour de la “dette cachée” révélée par l’actuel régime ?

Rien, sinon un bavardage nauséabond, malsain et dégradant pour la crédibilité internationale du Sénégal, de son administration et de ses élites.

Aujourd’hui :

Le taux de fiscalité est passé de 19 % à 23–30 % du PIB, supporté essentiellement par ceux qui produisent la richesse : entrepreneurs, travailleurs et consommateurs sénégalais.

  • Les subventions à l’énergie ont été réduites de 30 à 40 %, selon les projections du budget 2026, avec des conséquences négatives sur les tarifs de l’électricité, du gaz, des produits pétroliers et des transports.
  • La note souveraine du Sénégal a été dégradée sur les marchés financiers par les agences Moody’s et Standard & Poor’s.
  • Le taux d’endettement est passé de 75 % à 132 % du PIB en à peine 15 mois.
  • Un régime qui se réclame “souverainiste” court depuis plus d’un an derrière le FMI pour obtenir un accord de partenariat… en vain.

Résultat : un pays économiquement, financièrement et socialement bloqué depuis 15 mois !

  1. La dette “cachée” : un problème de méthodologie, pas de morale

 Les techniques et méthodologies de comptabilité nationale ne sont jamais neutres.

Le débat sur la “dette cachée”, qui nous empoisonne depuis plus d’un an, est avant tout une question de méthode.

Deux approches existent :

  • Le SIGFIP (Système Intégré de Gestion des Finances Publiques), utilisé par le régime du président Macky Sall.
  • Les IPSAS (International Public Sector Accounting Standards), adoptées par le régime actuel.

Ces deux méthodes ne donnent pas les mêmes résultats.

Chaque gouvernement est souverain dans son choix méthodologique. Si le précédent régime avait opté pour le SIGFIP, le nouveau peut préférer l’IPSAS, mais sans rétroactivité — un principe fondamental de droit.

Or, le régime actuel a adopté l’IPSAS et l’a appliquée rétroactivement à partir de 2019, avec le soutien du FMI, qui a curieusement changé de position après avoir validé la méthode précédente.

  1. Quelle méthode de calcul pour un pays pauvre comme le Sénégal ?

Le Sénégal n’a aucun intérêt, en tant que pays à faibles revenus, à adopter une méthodologie qui intègre automatiquement :

  • la dette des entreprises parapubliques,
  • et les lettres de confort accordées au secteur privé.

Une telle approche gonfle artificiellement le taux d’endettement, passé de 75 % à 132 % du PIB en seulement 15 mois.

Elle réduit la capacité budgétaire de l’État, donc ses investissements publics, qui représentaient 20 % de l’investissement global sous Macky Sall et sont aujourd’hui quasiment symboliques.

L’État, désormais incapable de garantir le parapublic ou de soutenir le secteur privé, freine la dynamique d’investissement nationale.

Notre secteur privé n’ayant pas encore atteint un niveau de maturité suffisant, il dépend encore du soutien de l’État.

Faute de cela, nous livrons nos marchés, pieds et poings liés, aux entreprises chinoises, turques, indiennes, marocaines, européennes, etc.

La souveraineté économique suppose des choix clairs, forts et efficaces en faveur du secteur privé national, à travers des mesures discriminatoires positives.

Le mode de calcul de la dette publique est, à ce titre, un levier essentiel.

  1. Le FMI : partenaire des créanciers, pas du développement

Le rôle du FMI n’a jamais été, ni hier, ni aujourd’hui, ni demain, celui d’un organisme de développement des pays pauvres. Nous le savons tous.

Sa mission principale est de servir les créanciers internationaux, en veillant à ce que nos pays soient en mesure de rembourser leurs dettes extérieures, quel qu’en soit le coût humain ou social.

C’est exactement ce que vit aujourd’hui le Sénégal : une asphyxie économique et sociale.

Enfin, lorsque Sonko parlait de “dette cachée”, il insinuait que les responsables de l’ancien régime avaient détourné ces fonds.

Or, ni lui, ni l’actuel régime, ni même le FMI n’évoquent plus cette thèse — faute de preuves.

Jummah Moubarak à tous !

Dakar, le 07 novembre 2025

Youssou Diallo

Président du Club Sénégal Émergent

 

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