Richard-Toll: Les acteurs du secteur de la pêche continentale se sont réunis mardi dernier 11 novembre 2025 dans la salle de conférence « Mamadou Diallo » de Richard-Toll pour partager les résultats des études bioécologiques, halieutiques et socioéconomiques menées en vue de l’élaboration d’un plan de gestion durable des pêcheries du Lac de Guiers.
Organisé à l’initiative de la Direction des pêches continentales (DPC), avec l’appui technique de la FAO et du Centre de recherche océanographique de Dakar-Thiaroye (CRODT), cet atelier marque une étape déterminante dans la préservation de cet important écosystème aquatique.
Une ressource menacée mais encore pleine de potentiel
Le représentant de la FAO, M. Valério, a présenté le document intitulé « Initiative globale pour la gestion intégrée des ressources en eau et la pêche continentale ». Il a insisté sur la nécessité de combiner la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) avec des actions de reforestation autour des lacs et cours d’eau, afin de lutter contre la prolifération des cyanobactéries, nocives pour la santé humaine et animale.
De son côté, M. Mbow, représentant de l’Office des Lacs et Cours d’eau (OLAC), a réaffirmé l’engagement de son institution à œuvrer pour la sauvegarde du Lac de Guiers, notamment à travers des projets visant à améliorer la qualité et la disponibilité de l’eau.
Des études scientifiques pour mieux comprendre l’écosystème
Les chercheurs du CRODT ont, pour leur part, identifié quatre sites majeurs de reproduction des poissons, tout en dressant un inventaire des principales espèces présentes et de leur évolution. Ces résultats serviront de base scientifique à la future stratégie de gestion durable du lac.
Les communautés locales, regroupées au sein des Comités locaux de pêche artisanale (CLPA) de Dagana et Louga, ainsi que de l’Aire du patrimoine autochtone communautaire (APAC) du Lac de Guiers, ont réitéré leur engagement pour la préservation de la biodiversité et la gestion responsable de la ressource halieutique.
Le président de l’APAC, M. Magatte Diaw, a présenté le plan de zonage du site de conservation et plaidé pour l’aménagement des mares de Mayel, zones de reproduction naturelles initiées par les communautés elles-mêmes.
Un appui fort de l’État et de ses partenaires
Au nom du gouverneur de Saint-Louis, le préfet de Dagana a salué la mobilisation communautaire et réaffirmé l’accompagnement de l’État à toutes les étapes du processus.
La Directrice de la pêche continentale, Mme Fall Mbeugué Gaye, a pour sa part rendu hommage à l’engagement des femmes et des membres des CLPA de Louga et de Dagana. Elle a remercié la FAO et l’APAC pour leur appui constant, tout en inscrivant cette démarche dans la Vision 2050 portée par le président de la République, Son Excellence M. Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Elle a en outre instruit ses services régionaux et départementaux de poursuivre les rencontres de sensibilisation et de formation avec les communautés, afin de renforcer leurs capacités de gestion dans un contexte marqué par le changement climatique.
Des perspectives claires pour l’avenir
Les discussions ont permis d’identifier plusieurs actions prioritaires à entreprendre pour finaliser le plan de gestion : la mise en place d’un dispositif permanent de suivi des ressources halieutiques, la restauration des zones de reproduction, et la sensibilisation des acteurs sur les pratiques de pêche durables.
À travers cette initiative, la DPC et ses partenaires entendent faire du Lac de Guiers un modèle de gestion intégrée et participative des ressources naturelles, conciliant sécurité alimentaire, préservation de la biodiversité et résilience des communautés locales.
Synthèse de Mohamadou SAGNE



