vendredi, mars 6, 2026
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Dembélé et Sylla: Deux économistes qui plaident pour la refondation l’Afrique

Face à un monde multipolaire qui menace de fragmenter l’Afrique, les deux économistes misent sur la jeunesse, demandeuse de panafricanisme, pour fédérer les nations et consolider l’unité africaine au-delà des seuls chefs d’État.

Du 25 au 28 octobre 2025, Dakar a été la capitale du panafricanisme, réunissant décideurs politiques, diplomates et intellectuels venus d’Afrique et d’ailleurs pour réfléchir sur le thème : “Repenser l’intégration régionale en Afrique : transcender les échecs du passé et se préparer aux défis d’un monde multipolaire”. Dans ce cadre, Demba Moussa Dembélé et Ndongo Samba Sylla ont dessiné les contours d’un panafricanisme moderne fondé sur la souveraineté, l’unité des peuples et le rôle moteur de la jeunesse.

Le Réseau africain d’International Development Economics Associates (IDEAS) a marqué un grand coup cette semaine en mettant le curseur sur les questions cruciales liées notamment aux recompositions géopolitiques au sein de la CEDEAO, à l’intégration régionale, à la souveraineté, etc. Cela est d’autant plus important qu’on assiste au recul du modèle libéral et à la recomposition géopolitique mondiale. Durant cette semaine, Demba Moussa Dembélé et Ndongo Samba Sylla ont fortement plaidé pour une refondation du projet africain.

Les deux économistes appellent à un panafricanisme fondé sur la maîtrise des ressources, l’unité des peuples et la mobilisation d’une jeunesse déterminante pour l’avenir du continent. L’économiste et directeur du Forum africain des alternatives, Demba Moussa Dembélé, est d’abord revenu sur l’évolution du concept de panafricanisme qui est passé d’un simple combat contre le racisme pour devenir un combat d’appropriation et de mobilisation des ressources des pays africains et des représentants de la diaspora pour transformer l’Afrique et consolider ses relations avec la diaspora.

Il s’agit surtout, selon Demba Moussa Dembélé, d’établir la souveraineté sur nos ressources et sur la définition de nos politiques de développement. À l’en croire, le monde est extrêmement complexe et les peuples africains doivent se solidariser pour sauver l’Afrique, d’une certaine manière, du pillage externe et essayer de mettre toutes ces ressources au service du développement des pays africains. Pour l’économiste, panafricain progressiste et révolutionnaire, les gens confondent souvent “démocratie” et “élections”.

“La démocratie n’est pas une élection. Et ce qu’on nous propose, c’est la démocratie libérale occidentale qui, en réalité, ne correspond pas à la réalité africaine. Pour parler de démocratie, il faut d’abord avoir la souveraineté. Nous devons aussi pouvoir définir nos politiques. Ce qui n’est pas le cas”, déplore-t-il. Le directeur du Forum africain des alternatives s’est également réjoui de cette ère souverainiste qui souffle dans la sous-région, que ce soit au Sénégal comme dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), à savoir le Burkina, le Mali et le Niger.

Selon lui, cette tendance souverainiste cherche à libérer nos économies de l’héritage colonial, notamment le modèle extraverti qui est l’exportation de matières premières. Non sans faire constater l’effondrement du système néolibéral qui se manifeste à travers l’élection de Donald Trump. Sa conviction : “nous sommes à l’ère de la montée irréversible du Sud global”.

Ndongo Samba Sylla : “…On aurait pu avoir une guerre entre pays voisins…”

Quant au Directeur Afrique de l’International Development Economics Associates (IDEAS), Dr Ndongo Samba Sylla, le monde est de plus en plus multipolaire et il y a un risque que l’Afrique soit fragmentée entre les blocs qui se constituent. Ainsi, dit-il, il faudrait que l’Afrique s’unisse. “Il faudrait tirer des leçons du passé, des expériences d’intégration que nous avons eues. Je pense qu’on a besoin d’avoir ces discussions franches pour dire ce qui n’est pas allé, ce qu’il faudrait faire pour qu’on soit ensemble”, a affirmé Monsieur Sylla.

Selon l’économiste, l’Afrique est un continent majoritairement jeune. “Le gouvernement actuel a beaucoup de popularité au sein de la population jeune. Et ces jeunes sont demandeurs de panafricanisme. On a parlé de ce qui s’est passé dans le cas des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). On aurait pu avoir une guerre entre pays voisins, mais on a vu partout que les populations africaines elles-mêmes ne voulaient pas de cette guerre, malgré les intentions de certains chefs d’État”, a-t-il relevé.

Ndongo Samba Sylla soutient en définitive que les gouvernants actuels doivent compter sur la jeunesse. “Il faudrait pouvoir utiliser cet atout pour fédérer les nations, parce que le panafricanisme, ce n’est pas seulement l’union des chefs d’État ou des États ; mais aussi c’est l’union des peuples”, a-t-il soutenu. Non sans indiquer que les peuples sont beaucoup plus avancés que les États. “Il faut que les États fassent également attention à ce que disent les peuples pour qu’on puisse avancer”, a-t-il renchéri.

 

 

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