«Je n’ai rien à cacher, rien à craindre, rien à renier» —
Resté jusque-là silencieux par respect pour la justice, Pape Malick Ndour est sorti de sa réserve après les propos du Premier ministre et président du Pastef, Ousmane Sonko, sur le prétendu rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) à l’origine de son dossier judiciaire. Dans une mise au point ferme, l’ancien coordonnateur du Prodac dénonce une manipulation politique et apporte des précisions chronologiques pour balayer toute confusion.
Après plusieurs semaines de silence, Pape Malick Ndour a décidé de «remettre les pendules à l’heure».
Dans une déclaration rendue publique ce week-end, l’ancien ministre a réagi aux «propos injustes» du président du Pastef et Premier ministre en congé, Ousmane Sonko, qui a affirmé que son dossier judiciaire découlerait du fameux «rapport» de l’Inspection générale des finances (IGF). «Ces accusations sont fallacieuses, infondées et traduisent une volonté manifeste de travestir les faits», a-t-il déclaré d’emblée.
S’appuyant sur des éléments factuels, Pape Malick Ndour rappelle que le premier article de presse évoquant le rapport du Prodac date du 11 juin 2018, soit une année entière avant sa nomination à la tête du programme, survenue le 6 juin 2019.
«Comment un rapport évoqué un an avant ma prise de fonction aurait-il pu m’épingler ?» interroge-t-il, non sans ironie. L’ancien coordonnateur souligne également une autre incohérence : selon ceux qui brandissent la thèse d’un rapport de l’IGF, l’auteur supposé, Samba Laobé Dieng, est décédé en octobre 2018, huit mois avant sa nomination. «Faut-il comprendre que l’on m’accuse d’avoir été entendu par un homme disparu avant mon arrivée au Prodac ?», poursuit-il, dénonçant une manipulation «qui frôle l’absurde».
Pour lever toute ambiguïté, Pape Malick Ndour annonce qu’il saisira le ministre des Finances, Cheikh Diba, afin d’obtenir la preuve écrite qu’il était bien en poste au ministère entre 2013 et juin 2019, bien avant sa désignation au Prodac. Il compte également joindre à sa demande les comptes rendus des réunions de recettes hebdomadaires qu’il a tenues aux côtés de l’actuel ministre, alors directeur général des Finances.
«Je n’ai jamais été entendu par l’IGF, jamais rencontré un de ses enquêteurs. Je n’ai rien à cacher, rien à craindre et rien à renier», insiste-t-il, tout en réaffirmant sa confiance en la justice sénégalaise.
Et de conclure: «Ma seule exigence est celle de la vérité, face aux tentatives grossières de manipulation et d’instrumentalisation politique. La République mérite mieux que les approximations et les contre-vérités».
A. L. N. (avec En Relief)



