Ces hommes politiques qui ne se souviennent de Keur Massar qu’en période d’élections
Keur Massar, département jeune, dynamique et densément peuplé, est devenu ces dernières années une cible stratégique pour les partis politiques. Pourtant, au-delà des promesses de campagne et des cortèges électoraux, une réalité amère persiste : nombreux sont les hommes politiques qui n’y mettent les pieds que lorsqu’approche l’odeur des urnes.
Une présence politique à géométrie variable
Durant les cinq années de mandat, rares sont les visites officielles, les projets concrets ou les investissements structurels portés par ces leaders. Mais dès qu’une élection pointe à l’horizon qu’elle soit présidentielle, législative ou locale Keur Massar se transforme soudain en carrefour politique : meetings, distributions de tee-shirts, promesses en cascade, visites de terrain, selfies avec les jeunes… tout est bon pour capter l’attention d’un électorat souvent laissé pour compte.
Les populations, entre lucidité et lassitude
Les habitants de Keur Massar ne sont pas dupes. Beaucoup dénoncent cette attitude opportuniste qui réduit leur communauté à une simple “base électorale”. Dans les quartiers, sur les réseaux sociaux, dans les marchés ou au sein des mouvements citoyens, la colère gronde : « Ils viennent nous parler d’emploi, de santé, de routes, mais après les élections, on ne les voit plus », confie un jeune commerçant de Keur Massar Nord.
Des problèmes structurels toujours sans réponse
Inondations récurrentes, manque d’infrastructures sanitaires, écoles surchargées, chômage des jeunes… Les défis de Keur Massar sont nombreux et bien connus. Mais les politiques publiques peinent à suivre, et les plans annoncés restent souvent lettre morte. Le sentiment d’abandon se renforce, nourrissant à la fois la méfiance et la désillusion politique.
Vers une prise de conscience électorale ?
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour appeler à une responsabilisation citoyenne. Certains mouvements invitent les électeurs à ne plus accorder leur vote à ceux qui ne se souviennent de Keur Massar qu’en temps de campagne. D’autres plaident pour une émergence locale portée par les fils et filles de la commune, capables de défendre les intérêts de la population sur le long terme.
Keur Massar mérite mieux qu’une visite tous les cinq ans. Il est temps que les leaders politiques comprennent que la confiance d’un peuple ne s’achète pas avec des slogans éphémères. Et que les populations, elles aussi, réalisent leur pouvoir : celui de choisir des représentants sincères, proches, et engagés pour le développement durable de leur territoire.
Par Cheikh NDOYE



