Les Journées de concertation sur le secteur de la communication, organisées par le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, ont été clôturées ce vendredi 20 juin. À cette occasion, Habibou Dia, directeur de la Communication, a réaffirmé la volonté du ministre d’accompagner les acteurs de la presse.
C’est un virage décisif qu’amorce le secteur de la communication et des médias. À l’issue de plusieurs journées d’échanges intensifs, les acteurs du secteur, encadrés par les autorités ministérielles, ont dressé un diagnostic sans concession: transformation numérique accélérée, précarité économique des entreprises de presse, montée en puissance de la désinformation… Les défis sont multiples, mais les ambitions sont claires. «Nous devons redonner à l’information une place centrale dans le pacte républicain», a affirmé Habibou Dia, représentant du ministère, soulignant la volonté partagée d’enraciner une presse libre, responsable et durable.
Ce dernier a salué la qualité des échanges, la pertinence des constats et surtout la volonté collective de faire progresser le secteur dans un esprit de responsabilité et de co-construction. «Ce ne sont pas seulement des idées ou des constats qui ont été relevés durant ces journées de réflexion, mais également des recommandations précises, des propositions structurées et des engagements forts », a-t-il ajouté.
Il a aussi annoncé la mise en place d’un comité permanent de suivi collégial, représentatif de l’ensemble des parties prenantes, pour assurer la mise en œuvre des recommandations formulées. Poursuivant son intervention, le directeur de la Communication a réaffirmé la volonté du ministre de soutenir la Commission nationale de la carte de presse et le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie (Cored).
« Nous sommes également déterminés à vous accompagner dans la professionnalisation du secteur, dans une logique d’équité territoriale, notamment par le renforcement des radios communautaires, et ce, dans un esprit d’ouverture à des opportunités économiques et financières, mais dûment encadrées», a souligné M. Dia.
Au nom du ministre, il a réitéré l’engagement des autorités à rester aux côtés des acteurs de la presse, dans un climat de transparence et de dialogue, afin de concrétiser les points de consensus et de poursuivre les discussions sur les sujets en suspens.
Les Journées de concertation du secteur de la communication, une initiative portée par le Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. L’événement réunit des experts, professionnels des médias, acteurs du numérique, universitaires, représentants d’institutions publiques et de la société civile, avec un objectif central : poser les bases d’une réforme en profondeur de la presse et du numérique au Sénégal.
Selon Habibou Dia, directeur de la Communication, cette démarche s’inscrit dans une instruction du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et vise à proposer des solutions concrètes aux nombreux défis du secteur : meilleure régulation, pérennité économique des médias, développement de l’audiovisuel, encadrement des plateformes numériques, entre autres. «Cette réflexion nous concerne tous. Les médias n’appartiennent pas uniquement aux professionnels du secteur, c’est un bien commun de tous les Sénégalais », rappelle-t-il.
Pour Moustapha Cissé, président du Syndicat des professionnels de l’information du Sénégal (SYNPICS), ce rendez-vous est historique, au vu de la crise profonde que traverse le secteur de la presse: salaires impayés, licenciements, faillites, et un profond découragement chez les journalistes. «Nous ne voulons plus de discours. Nous voulons des actes forts pour sauver le secteur», martèle-t-il. Il plaide pour un nouveau cadre juridique, une autorité de régulation indépendante, et des règles claires concernant les aides publiques et la publicité.
Ces journées de concertation sont perçues comme une opportunité décisive pour relancer une presse libre, forte et durable, au service de la démocratie. Les propositions issues des travaux seront transmises au chef de l’État en juillet, et sont très attendues par les acteurs du secteur.



