Dakar: Après plusieurs années de turbulences internes, le Parti socialiste (PS) s’affiche à nouveau comme une force politique prête à renouer avec son rôle d’alternative nationale. La récente décision de justice, qui a confirmé la légitimité de sa direction, marque pour ses responsables le point de départ d’un «nouveau chapitre» dans l’histoire du parti.
Pour Abdoulaye Wilane, porte-parole du PS, l’épisode judiciaire n’est pas qu’un règlement de procédure. « C’est la consécration de notre attachement au droit et à la démocratie interne. Nous pouvons désormais nous consacrer à l’essentiel : reconstruire le lien de confiance avec les Sénégalais. », se lâche-t-il.
Le parti entend ainsi renouer le dialogue avec les citoyens autour des préoccupations majeures du moment. L’emploi, le coût élevé de la vie, la sécurité et l’amélioration des services publics. Abdoulaye WILANE de réaffirmer comme, « une force d’expérience et de valeurs au service du peuple ».
2029 en ligne de mire, mais sans précipitation
Interrogé sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2029, Abdoulaye Wilane se veut prudent. Selon lui, « parler de candidature aujourd’hui serait prématuré. Ce qui importe, c’est de restaurer une offre politique crédible, collective et sérieuse. »
Le calendrier interne du PS prévoit un congrès en 2026, puis les élections locales de 2027, considérées comme « la première étape de la reconquête politique ». L’objectif reste clair : présenter un candidat socialiste à la présidentielle de 2029, mais sur la base d’un projet fédérateur et d’un consensus démocratique.
Place à la jeunesse et à la relève
La relance du parti passera aussi par le rajeunissement de ses instances. Le porte-parole appelle à détecter et former de jeunes militants de 16 à 25 ans pour assurer la continuité du mouvement.
« Chaque responsable adulte doit identifier et encadrer les bourgeons socialistes de demain», plaide -t-il, invitant également les anciens cadres et les héritiers des grandes figures socialistes à « s’unir pour redresser le pays et sauver le Sénégal ». Une commission de relance achèvera bientôt ses travaux pour orienter les réformes internes et moderniser le fonctionnement du parti.
Un regard critique sur la gouvernance actuelle
Abdoulaye Wilane n’a pas ménagé le gouvernement, qu’il accuse de manquer de cohérence et de vision économique : « Le gouvernement parle davantage qu’il n’agit. Résultat : le chômage augmente, les prix flambent, et le secteur privé s’essouffle. » Le PS plaide pour un État stratège, orienté vers la production, la stabilité économique et une fiscalité équitable, plutôt qu’un État justificateur focalisé sur la communication.
“Dette cachée” : un débat de méthode plus que de fond
Sur la polémique autour de la « dette cachée », le porte-parole du PS appelle à la nuance. Selon lui, le bond du ratio d’endettement du Sénégal — passé de 73 % à près de 130 % du PIB- s’explique principalement par un changement de méthode comptable intervenu en 2024.
Ce recalcul, conforme aux nouvelles normes du FMI (MSFP 2014), inclut désormais les dettes des entreprises publiques (SENELEC, PETROSEN, La Poste) et les arriérés budgétaires jusque-là exclus des comptes nationaux. « Ce n’est pas une découverte de dettes cachées, mais une sincérisation des comptes publics », insiste Abdoulaye Wilane, appelant à « restaurer la vérité des chiffres pour préserver la crédibilité du Sénégal et la confiance de ses partenaires ».
Un retour aux sources pour une alternative républicaine
Fort de son héritage historique et de son expérience gouvernementale, le Parti socialiste veut désormais redevenir un acteur central de la vie politique. Son ambition: proposer une « alternative républicaine » fondée sur la justice sociale, la transparence et la stabilité. « L’avenir commence dès maintenant », conclut Abdoulaye Wilane, convaincu que le PS peut, d’ici 2029, redevenir le moteur du redressement national.
Par Mohamadou SAGNE

