Depuis l’indépendance, le Sénégal s’est distingué sur le continent par la solidité de ses institutions, la vitalité de son pluralisme et la tradition d’alternances pacifiques qui a fait sa fierté. Cet héritage, fruit de luttes menées par des générations de militants, de syndicalistes, de journalistes et de citoyens, nous semblait acquis.
Or, depuis l’arrivée du PASTEF au pouvoir, une inquiétude grandit : celle de voir l’alternance servir de tremplin à un PARTI-ÉTAT, où un parti confondrait sa cause avec celle de la nation, et où la contradiction, la critique et la dissidence deviendraient suspectes. Jusqu’où cette dérive peut-elle aller, et comment la République peut-elle s’en protéger ?
Nous verrons d’abord comment s’est dévoilé ce projet de PARTI-ÉTAT et ce qu’il menace. Nous montrerons ensuite comment l’invective et le populisme ont fracturé notre cohésion nationale. Nous défendrons enfin la nécessité d’un GRAND BLOC RÉPUBLICAIN, rassemblé autour du Président Bassirou Diomaye Faye, pour préserver les acquis démocratiques du Sénégal.
À son arrivée au pouvoir, le PASTEF a laissé apparaître, à travers les actes et les déclarations de son leader Ousmane Sonko, une ambition qui dépasse l’alternance : restreindre les libertés et instaurer un PARTI-ÉTAT. Cela revient à tourner le dos aux fondamentaux de la République démocratique pour installer une autocratie qui permettrait à un parti de s’éterniser au pouvoir et de réduire au silence toute voix discordante. Les signes ne manquent pas. Lorsque M. Sonko dirigeait l’administration, il a affirmé que le ministre de la Justice relevait directement de son autorité et devait appliquer ses injonctions.
Or, dans une démocratie digne de ce nom, la justice ne reçoit d’ordres de personne : c’est la condition même de l’égalité des citoyens devant la loi. S’en sont suivies des arrestations en série d’hommes politiques, de journalistes, d’activistes et de simples citoyens. Un parti qui confond l’État avec sa propre cause n’est plus au service de la nation : il se sert d’elle. Cette confusion est la matrice de toutes les dérives autoritaires, et l’histoire de notre continent comme du monde en regorge d’exemples. Le Sénégal, qui fut longtemps cité en modèle de stabilité démocratique, ne mérite pas de grossir cette liste.
Le mal n’est pas seulement institutionnel, il est aussi politique et moral. Un grand nombre de Sénégalais ont été embarqués derrière un projet qu’ils n’ont jamais vraiment vu ni compris. Malgré les incohérences, les reniements et les revirements, malgré un bilan à la primature que nous jugeons largement en deçà des promesses, beaucoup refusent de regarder la réalité en face. Défendre la République, c’est aussi avoir le courage d’appeler les choses par leur nom.
Les limites de la décence ont été franchies, et les réseaux sociaux ont fait de chaque citoyen un justicier ou un procureur. Intolérance, haine, dénigrement, insultes, médisances, manipulations : voilà le quotidien que l’on tente de nous présenter comme normal. Il ne l’est pas. Cette culture de la violence verbale précède souvent la violence physique, et elle abîme ce que nous avons de plus précieux : notre cohésion sociale, notre capacité à débattre sans nous haïr, à différer sans nous détruire.
Il faut accepter ce constat pour pouvoir le combattre. Le sectarisme, l’exclusion et le populisme sont en marche. Le populisme prospère sur la colère, qui est souvent légitime, mais il ne la soigne jamais : il l’exploite. Il désigne des ennemis, promet des solutions miracles et demande en retour une loyauté aveugle. Il divise la nation en « nous » et « eux », alors que le Sénégal s’est toujours construit sur le « nous » de tous ses fils et de toutes ses filles.
Nos confréries, nos familles religieuses, nos chefs coutumiers, nos syndicats, notre presse et notre société civile ont toujours fait office de remparts contre les excès du pouvoir. Ils ont été les garants d’une société où l’on se parle, où l’on se pardonne et où l’on se réconcilie. C’est cet équilibre social, forgé par des siècles de vivre-ensemble, que l’intolérance organisée cherche aujourd’hui à fissurer. Le défendre est un devoir patriotique.
Dès lors, il est d’un impératif national de constituer un grand bloc républicain pour sauver notre République. Ainsi, face à un tel danger, la ligne de partage a changé. La contradiction principale n’oppose plus le pouvoir à l’opposition, mais le camp de la préservation de la République à celui des promoteurs du PARTI-ÉTAT. Les partis traditionnels doivent en prendre acte et dépasser leurs divergences d’hier pour répondre à l’urgence d’aujourd’hui.
La vraie question est celle de la conservation des valeurs républicaines, de la démocratie et des institutions que le Sénégal s’est données au fil de luttes successives. Ce patrimoine n’appartient à aucun parti : il appartient à la nation tout entière.
Dans ce contexte, le Président Bassirou Diomaye Faye a pris ses responsabilités en se démarquant de la frange du PASTEF qui prône le PARTI-ÉTAT. Il appelle à un Sénégal réconcilié, juste, démocratique et prospère, et s’est engagé à faire respecter la Constitution, l’État de droit et la nature démocratique de la République, quitte à perdre d’anciens compagnons de lutte. Placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des loyautés partisanes est un acte de courage qui mérite d’être soutenu.
Nous appelons donc socialistes, libéraux, conservateurs, démocrates, citoyens de tous bords, jeunes et anciens, femmes et hommes, à se rassembler dans un GRAND BLOC RÉPUBLICAIN derrière le Président Bassirou Diomaye Faye, pour barrer la route aux promoteurs du PARTI-ÉTAT.
In fine, l’histoire jugera ceux qui auront défendu la République quand elle était fragile, et ceux qui auront détourné le regard. Chaque génération a son combat : celui de la nôtre est de préserver la liberté, la justice et la dignité pour lesquelles nos aînés ont tant donné.
Rassemblons-nous, avec lucidité et fermeté, mais sans haine. Le Sénégal est un et indivisible, et il restera une République démocratique.
Mouhamed Moustapha Diagne – Membre de KIIRAA

