Dakar, le 25 mai 2025 – La consternation et l’indignation ont gagné le monde de la santé au Sénégal à la suite de la mort tragique de Mamadou Samba Diallo, Infirmier Chef de Poste (ICP) dans le district sanitaire de Koungheul, rattaché à la région médicale de Kaffrine.
Ce drame survenu dans la nuit du 20 au 21 mai a provoqué une vive réaction du Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS), qui a décrété une journée noire ce 25 mai pour protester contre l’insécurité chronique dans les établissements de santé du pays.
Yankhoba Fall, Secrétaire général adjoint national du SUTSAS et secrétaire de l’Union régionale de Dakar, s’est exprimé avec émotion: «La population sénégalaise, tout comme les travailleurs du secteur de la santé, se sont réveillés avec une grande amertume. Nous dénonçons avec la plus grande fermeté cet acte de barbarie. Il est inadmissible que des agents qui se sacrifient nuit et jour pour la santé des populations soient livrés à eux-mêmes, sans sécurité, sans logement, parfois même sans salaire».
Mme Saly Ka, sage-femme au district sanitaire de Keur Massar et Secrétaire générale du SUTSAS de la localité, alerte: «À Keur Massar comme ailleurs, nous sommes sous menace constante, qu’elle vienne d’agresseurs ou même de certains patients. Ce n’est pas la première fois qu’un incident grave survient. Il est urgent que l’État prenne ses responsabilités».
Dans leur slogan «Jub, Jubeul, Jubanti », les syndicalistes interpellent directement le Président de la République et le gouvernement, les exhortant à garantir la sécurité du personnel soignant dans les 14 régions et les 79 districts sanitaires du pays. Ils réclament notamment la présence systématique d’agents de sécurité dans les centres de santé, à l’image de ce qui se fait dans les préfectures. «Si rien n’est fait, nous n’excluons pas de passer à la vitesse supérieure. Trop, c’est trop !», a prévenu Yankhoba Fall.
Malgré les menaces, les agents de santé continuent de se rendre au travail, d’assister les femmes en couche dès 4 heures du matin, de soigner les malades, avec un sens du devoir admirable. Le SUTSAS insiste: cet engagement mérite reconnaissance, protection et meilleures conditions de travail.

