Le climat social se tend à la Société d’Exploitation du Train Express Régional (SETER). Le Collège des Délégués du Personnel a officiellement saisi les autorités compétentes pour notifier l’existence d’un différend collectif de travail. Une démarche qui intervient après plusieurs tentatives de dialogue et de négociation avec la Direction générale, jugées infructueuses par les représentants des travailleurs.
Le bras de fer entre les représentants du personnel et la Direction générale de la SETER semble entrer dans une nouvelle phase. Dans un communiqué adressé notamment au ministre chargé du Travail, au Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale ainsi qu’à l’Inspecteur du Travail compétent, le Collège des Délégués du Personnel annonce formellement l’existence d’un différend collectif de travail.
Les représentants des travailleurs expliquent cette décision par l’absence persistante de réponses qu’ils jugent satisfaisantes aux préoccupations collectives exprimées par le personnel. Ils affirment avoir privilégié, jusqu’ici, le dialogue social, les échanges et les négociations avec les différents niveaux de responsabilité de l’entreprise.
Des revendications qui touchent aux salaires et aux conditions de travail
Au cœur des préoccupations soulevées figurent notamment l’amélioration du pouvoir d’achat, des rémunérations et des avantages sociaux. Les délégués évoquent également les conditions de vie et de travail des salariés, ainsi que les questions liées aux plans de carrière et à l’évolution professionnelle.
La promotion, la classification, la mobilité et les mécanismes d’évolution salariale font également partie des sujets de préoccupation. Les représentants du personnel réclament davantage de transparence, d’équité et d’égalité de traitement dans ces différents mécanismes.
Le Collège des Délégués du Personnel dénonce par ailleurs des disparités dans le traitement des différentes catégories de travailleurs. Il s’interroge notamment sur la coexistence, au sein de la même entreprise, de régimes conventionnels distincts applicables à certaines catégories de personnel.
Pour les représentants des travailleurs, cette situation pose la question de l’équité de traitement, de l’harmonisation des droits et de la cohérence du cadre social applicable au personnel.
Le dialogue social jugé insuffisant
Dans leur correspondance, les délégués du personnel affirment que plusieurs démarches ont été entreprises auprès de la Direction générale. Des consultations, échanges et négociations auraient ainsi été engagés dans le but de trouver des réponses aux revendications formulées dans la plateforme revendicative des travailleurs.
Mais, selon le Collège, ces différentes initiatives n’auraient pas permis d’obtenir « des engagements concrets, précis et satisfaisants » sur les principales revendications.
Les représentants du personnel font ainsi état d’un « épuisement » des voies de négociation et de concertation engagées jusque-là. Ils considèrent désormais que le recours aux moyens d’action légalement ouverts aux travailleurs devient nécessaire.
Une démarche encadrée par la législation
Dans leur saisine, les délégués s’appuient notamment sur l’article 25 de la Constitution sénégalaise, qui reconnaît le droit de grève et le droit des travailleurs à défendre leurs droits par l’action syndicale.
Ils invoquent également les dispositions du Code du travail relatives au règlement des différends collectifs de travail, notamment les articles L.271 et suivants, ainsi que les dispositions de la Convention collective nationale interprofessionnelle portant sur le dialogue social et le règlement des différends collectifs.
La démarche engagée par les représentants du personnel se veut donc, selon le communiqué, inscrite dans le strict respect du cadre légal.
Vers une nouvelle étape du conflit social ?
La notification officielle d’un différend collectif marque une étape importante dans les relations entre le personnel et la Direction de la SETER. Elle ouvre potentiellement la voie aux procédures prévues par la législation en matière de règlement des conflits collectifs.
Pour l’heure, le Collège des Délégués du Personnel réaffirme sa détermination à défendre les intérêts collectifs des travailleurs, tout en indiquant avoir épuisé les différentes voies de dialogue et de concertation.
La suite dépendra désormais de la capacité des différentes parties à renouer un dialogue permettant de débloquer les revendications en suspens. À défaut, le dossier pourrait connaître de nouvelles évolutions dans le cadre des mécanismes prévus par le droit du travail sénégalais.
Il convient toutefois de souligner que le communiqué ne signifie pas, à lui seul, qu’une grève est déclenchée. Il formalise la notification d’un différend collectif et annonce la volonté des représentants du personnel d’utiliser les moyens d’action légalement prévus.
Par Assane Gaye

